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« ALLEZ RP BANDE DE PIGNOUFS »
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 Just A Little Girl < PV Leechy >

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MessageSujet: Just A Little Girl < PV Leechy >   Jeu 19 Aoû 2010 - 3:43

{ Just A Little Girl *



    « Cause all of this is all that I can take
    And you could never understand the demons that I face
    So go ahead and bat your eyes and lie right to the world
    For with everything you are, you're just a little girl
    »

    Deux heures du matin, Forteresse Grise. Tout était silencieux. Normal, c’était la nuit. Tous les Sangraves dormaient. Idem pour les Nonsos esclaves. Il y avait, bien sûr, les habituels insomniaques qui se promenaient dans la forteresse. Et les «couche-tard ». Comme le Maître des Sangraves, par exemple. Habituellement, son heure de coucher se situait à une heure du matin. Mais cette nuit, bien qu’il fût fatigué, Magister n’avait pas envie de dormir. Couché dans son grand lit, les paumes de ses mains sous sa nuque, il relaxait, terriblement décontracté. Mais il ne voulait pas s’endormir. Pourquoi ? Disons juste qu’il ressassait encore une fois ses souvenirs les plus douloureux. Il n’était pas masochiste, mais c’était le seul moyen pour lui de ne pas oublier qu’il avait une vengeance à accomplir. Car après toutes ces années, il était si facile de tout laisser tomber. De basculer du « bon côté ». Mais ce terme était si puéril. Car tout dépendait du point de vue de chacun. Du point de vue de Tara Duncan, par exemple, c’est Magister le méchant, qui n’arrête pas de monter combine sur combine. Du point de vue de Magister, par contre, c’est Tara la méchante, qui est l’amie des dragons et qui refuse de s’ouvrir les yeux. Au fond, la vie n’était que points de vue. D’accord, c’était bien beau tout cela, mais tenait-il vraiment à philosopher à deux heures du matin ? Pas tellement, non.


    Donc, Magister pensait à son passé. Et cela faisait mal. La haine s’emparait de lui chaque fois qu’il y pensait. Comment la vie pouvait-elle être aussi injuste ? Pourquoi certaines personnes devraient mener une vie facile, alors que d’autres se tuaient pour vivre ? Pourquoi la vie était-elle une voleuse ? Pourquoi lui avait-elle volé… son innocence ? Son bonheur ? Sa vie ? Bien évidemment, tout était la faute des dragons – ou pas – mais la vie y était certainement pour quelque chose. Pas le destin. Mais la vie. Que voulez-vous ? Quand on a des remords, on cherche toujours à trouver un coupable autre que soi-même. Magister ne faisait pas exception à la règle. Ah ! Si tout était à refaire… Si… ! L’homme masqué soupira, puis se dressa sur son séant. Il se sentait engourdi. Peut-être qu’en marchant un peu… Il joignit la pensée au geste et décida de sortir de sa chambre. Non, de ses appartements. Il traversa le petit salon privé, où, il se souvenait, il avait déclaré pour la première fois sa flamme à cette chère Selena Duncan. Il s’arrêta, posa une main gantée sur le haut d’un fauteuil, et s’abandonna à ce souvenir, un parmi tant d’autres.

    Ce jour-là se déroulait deux ou trois ans après la mort de Danviou. À cette époque, les jumeaux Jar et Mara n’étaient encore que des bambins. Il avait plu toute la journée et tout le monde s’était bien ennuyé. Une journée bien tranquille. Sauf pour lui. Ce matin-là, il avait compris qu’il ne pourrait pas tenir une journée de plus sans qu’elle ne le sache. Toute la journée, donc, il avait hésité. Un dilemme… amoureux. Ha, ha, il se souvenait, il s’était dégoûté lui-même… Parce qu’il avait toujours – et il l’avait toujours actuellement – Amavachirouchiva dans son cœur meurtri. Devait-il tout avouer à Selena, sa prisonnière, ou bien tout garder pour lui ? Finalement, pendant le souper (enfin, dîner pour les Français :p) le chef des Sangraves avait pris sa décision. Il allait tout lui dire à… l’élue de son cœur. Après le repas, il l’avait invitée dans ses appartements. Méfiante, elle avait accepté. Magister se remémorait sa nervosité, alors ! Avec Amava, lui dire qu’il se consumait d’amour pour elle avait été facile, car ils étaient les meilleurs amis du monde. Mais avec Selena, c’était plus risqué. Était-ce parce qu’il avait tué son amant et qu’il l’avait enlevé, elle ? Peut-être bien, hein… x) Alors, une fois confortablement installés dans le salon privé, Magister s’était mis à… à lui dire qu’il ne regrettait pas de… de l’avoir kidnappée. Oups, grosse erreur. Selena l’avait comme… mal pris. Il se souvenait encore de ce qu’elle lui avait crié : « Quoi ? Tu ne regrettes pas de m’avoir enlevée ? Non, mais ! ». L’homme avait alors grimacé, furieux contre lui-même. Il avait ensuite soupiré, puis carrément avoué : « Je ne regrette rien, ma douce, parce que… je t’aime ». Selena en était restée bouche bée. Silencieuse. Ne comprenant rien. Il s’était alors levé, puis lorsqu’il était passé à côté d’elle, peiné de sa réaction, quelle n’avait pas été sa surprise lorsqu’il avait senti sa chaude main se poser sur son bras ! Il s’était arrêté, espérant… Mais la réponse avait été glaciale : « Mais moi, je ne t’aime pas. Je ne te pardonnerai jamais. Jamais, t’entends ? ». Et elle était partie, le laissant bouche bée à son tour.

    Magister eut un sourire triste à ce souvenir, puis reprit son chemin. Il savait qu’elle ne lui pardonnerait jamais, mais il persistait. Il la voulait, cette femme. Rien que pour lui. Dommage, cela ne risquait pas de marcher. L’homme masqué continua de promenade nocturne. Il ne rencontra personne. Il devait bien être deux heures et quart, à présent. Bah, aucune importance, au fond. Il était assez grand maintenant pour choisir son heure de coucher, non ? Magister, les mains dans les poches, avançait toujours, les pans de sa robe grisepresquenoire virevoltant à chaque pas. Son corps se détendait peu à peu, échappant aux engourdissements de tout à l’heure. Devait-il retourner à sa chambre ? Hum, non. Pas tout de suite. Et puis, à force de marcher, son besoin de sommeil semblait l’avoir déserté. Tant mieux. Mag’ arriva devant une porte. De bois. Il tourna la poignée et entra. Ah, bien sûr, le salon « public », ouvert à tous les Sangraves, quand ces derniers avaient le temps de se reposer entre deux missions suicidaires. Bien entendu, les Nonsos n’y avaient pas droit. Le Maître des Sangraves décida de rester un peu, puis de repartir dans sa chambre après. Et puis, ici ou ailleurs… Il y avait là maints fauteuils et deux divans. Quelques tables basses sur lesquels étaient posées quelques bouquins inintéressants. Dès qu’il avait pénétré dans la pièce, une faible lumière, une lumière tamisée, s’était allumée au plafond. Magister se laissa tomber dans un grand fauteuil gris.

    Ah, ce qu’il n’avait pas hâte à demain. Encore des Sangraves à envoyer un peu partout sur le continent, afin de constater à quel point les dragons les manipulaient comme des pantins. Comme des pions sur un échiquier. Encore des Sangraves à torturer parce qu’ils étaient soit trop énervants, soit trop incompétents. Bref, joie totale. Parfois, il se demandait s’il pouvait arrêter tout cela. Il était rendu si loin, à présent… Et puis, le règne des reptiles volants allait bientôt arriver à échéance. Ce serait la fin. Le rideau tomberait sur sa victoire. Il eut un ricanement triste. Et après ça ? Rien du tout. Il se serait vengé, mais lentement, un sentiment de vide s’emparerait de lui. Et il serait perdu. À jamais. De toute façon, n’était-il pas déjà perdu quand il avait touché la maudite chemise démoniaque ? Ah, détail futile, finalement… * Amava, tu me manques. Nos journées passées ensemble, en secret, me manquent. Ton écoute me manque. Tu savais si bien m’écouter. Et tu savais toujours quoi me dire pour me remonter le moral. Oui, tout cela est parti en fumée * songeait-il avec nostalgie. Son amitié pour la dragonne avait été très forte. Son amour, aussi. Au fil des années, il avait appris à ne pas montrer ouvertement ses émotions. Mais puisqu’il était seul, là… Il pouvait bien se laisser aller, un peu, du moins. Oui, mais si quelqu’un entrait ? Ce qu’il s’en fichait. Il était un humain. À quoi cela servait, de cacher nos émotions ? Il avait le droit de pleurer. D’accord, cela ne faisait pas très viril. Mais qu’importe ? La vie était dure. C’était un fait. Rester insensible aux obstacles que cette vie nous envoyait était bien trop difficile. Alors, il suffisait de se laisser aller et de se redresser après. De gravir la colline et de vivre. Vivre n’était pas un cadeau, mais un fardeau. Voilà la vérité. Ça, au moins, les dragons ne l’avaient pas cachée aux humains…

    Des larmes, salées et tristes, coulèrent sur ses joues et moururent aux creux de ses lèvres. En tant qu’ancien guerrier – comment, ancien ? Il l’était toujours, nameho ! – il les chassa aussitôt de son visage. Le dos de sa main était maintenant mouillé. Il l’essuya, ça aussi, sur ses vêtements. Heureusement qu’il avait son masque ; comme ça, si quelqu’un entrait… Ah, là, là ! Faible. Voilà comment il se sentait. Étranges pensées de la part d’un homme qui possédait de la magie démoniaque en lui. Mais c’était ainsi. Il reprit son souffle régulier, mais la tristesse, elle, refusa de partir. Bien sûr… Cela aurait été trop beau pour être vrai ! Il devait maintenant être deux heures et demie. Et le sommeil revenait à la charge. D’accord, il avait compris, il allait aller se coucher. Au moment où il allait se lever pour rejoindre ses appartements, il entendit des bruits de pas venant du couloir. Génial. Il n’était tellement pas d’humeur à parler. Ou, du moins, le croyait-il…



Anciennement Magister, Birthday, Timothy & Neal (2010-2012)
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Mamie Acacia

ʜeaʀ мe ROAR

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Age du personnage : 26

Couleur de magie : Blanche.
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Moyen


Métier : Exploratrice et justicière?
Résidence : Sur le dos de mon éléphant rose.
Dans le sac : Mon didgeridoo sur le dos et un tomahawk à ma taille.


MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Ven 20 Aoû 2010 - 23:49

Lyoree songeait , installée contre la fenêtre de sa chambre . Elle était enfin arrivée ici . Durant tout le voyage , elle avait trainé le cadavre de sa première victime . Un adolescent . Un ami . Et elle n'avait pas hésité à le tuer . Pourquoi aurait-elle du hésiter ? Elle voulait atteindre son but , non ? Alors , ami ou pas , elle l'avait tué . Pour elle . Pour atteindre son but . Quelque part , elle se disait que l'acte avait été purement égoïste . Mais après tout , n'était-elle pas connue pour son égoïsme ? Personne n'était parfait , et certainement pas elle . Et c'était ça , son défaut . L'égoïsme . Il n'y avait pas que ça , évidemment . Elle avait bien plus de défauts que de qualités . Ou alors elle ne les avait pas encore trouvé , ces qualités . Enfin , elle n'avait éprouvé aucun remords à livrer le corps de son vieil ami , le traitre Jiao Nako . Elle se sentait même débarassée d'un lourd fardeau . Oui , il avait été son premier ami avec Alya . Mais c'était aussi le seul qui l'avait vu pleurer . Un adolescent en fuite , témoin d'une chose qu'il n'aurait jamais dû voir . Elle ne l'aurait pas supporté . Pour elle , pleurer était quelque chose de faible . Elle aurait voulu pleurer , ça , oui , elle aurait vraiment voulu pleurer , dans ces moments là où elle repensait à tout ce qui lui était arrivé . Sa vie rythmée par ce passé , évidemment , elle ne pouvait qu'y penser , constamment . Du coup , elle avait tout le temps envie de pleurer . Seulement , par fierté , elle ne pouvait pas se permettre le moindre moment de faiblesse . Surtout que quand elle pleurait , cela lui rappelait son enfance au Continent Interdit . Et ça ne faisait qu'empirer sa tristesse .

Mais aussi , et rien que d'y penser lui donnait la nausée , Jiao l'avait . . . embrassé . Ca , il n'aurait jamais dû le faire . Son premier baiser s'était envolé . Sans goût , sans avenir . Un baiser amer qu'elle refusait de se remémorer . Elle qui avait perdu tout sentiment depuis bien longtemps , elle ne pouvait pas comprendre ce qui l'avait poussé à agir ainsi . Pourquoi avoir fait ça ? Il ne l'avait jamais aimé et il ne la connaissait pas du tout . Ce n'était qu'une façade . Ce qu'il voulait , c'était la comprendre . Elle était sure et certaine qu'elle l'avait intrigué . Mais à quel point . . . Quel genre d'humain était-il , finalement ? Il avait gaché sa vie au service des Sangraves , s'était renfermé sur lui même et avait sans doute passé des années seul , isolé . Pourquoi avait-il rejoint les Sangraves , d'ailleurs ? Pour la puissance? Retrouver quelque chose qu'il avait perdu ? Ou bien , peut être que c'était une longue histoire . Une dette . Mais une question la tourmentait . Avait – il vraiment déjà aimé quelqu'un? Cette question restera sans doute sans réponse . . . Peut être aimait – il Alya . . . Mais pourquoi se préoccuper du traitre ? Ce lâche était mort . Elle ne regrettait aucunement de l'avoir tué . C'était de l'histoire ancienne .

Et Alya . Avec Jiao , ils s'amusaient bien , ces deux là . Et , étrangement , elle avait la manie de toujours se retrouver avec eux . Dans n'importe quelle situation . Était-ce le hasard ? Bon , évidemment , il était un peu tard pour réfléchir à tout ça . Mais ça l'avait beaucoup intrigué , et aujourd'hui encore , elle était curieuse de savoir . Alya . . . Elle était encore là , elle . Que faisait-elle en ce moment ? Sans doute qu'elle la detestait , maintenant que Lyoree avait tué celui qu'elle aimait . Et encore , « Detester » . . . le mot était sans doute bien faible . La haine que l'elfe éprouvait pour elle , elle l'avait bien vu . Cela se voyait dans le moindre de ses gestes , dans son regard et dans sa voix . Mais elle n'était pas réciproque . Lyoree aimait beaucoup Alya . Elle était la seule personne qu'elle considérait comme une amie . Et en aucun cas elle ne voulait que son amie ne finisse comme elle . L'état dans lequel elle se trouvait à la mort de Jiao l'avait depassé . Elle s'était presque reconnue , elle , lorsqu'elle était censée avoir tué Jay , son frère . Abattue , une pointe de folie qu'elle se connaissait bien , le coeur remplis de haine , de regrets qui ne s'éteindront jamais .

De regrets ? Un rire sinistre s'étrangla dans sa gorge et la jeune femme ferma les yeux un court instant pour se calmer , un sourire fin se tordant doucement sur ses lèvres . Des regrets ! Allons bon , quels regrets ? Lyoree n'avait aucun remords à avoir tué , et elle était bien contente d'avoir réussit à en arriver là . Lorsqu'elle rouvrit ses paupières , son sourire disparut et son regard s'arrêta sur le ciel qu'elle fixa à travers la fenêtre . Il faisait noir , dehors . La nuit , quoi . Un temps parfait pour son humeur noir . Ressasser le passé ne lui servait peut être à rien et lui ruinait peut être son moral , mais cela la rassurait , cette mélancolie qui s'emparait d'elle lorsqu'elle y repensait . Oui , cela la rassurait . Cela lui rappelait qu'elle avait des émotions . Qu'elle était humaine . Car elle avait tendance à se sentir différente . Seule , isolée , elle vivait sans famille et sans proche . Alors elle s'efforçait d'y rester indifférente , mais cela lui donnait l'impression qu'on la fuyait . Et que fuit-on ? Un monstre , sans doute . Un monstre qui avait déjà tué plusieurs fois . Sans remords . Mais ce n'était pas ce qu'elle était , elle en était sure . Du moins , elle refusait d'admettre le contraire . Qui voudrait d'un monstre , après tout ? Personne .

Quand elle repensait à sa famille , son indifférence l'étonnait elle même . Elle n'avait absolument aucun souvenir de ses parents . Avaient-ils été gentils ? L'avaient-ils protégés ? Ou bien l'avaient-ils lâchement abandonnée ? Ses derniers souvenirs remontaient à l'Arène , où elle avait '' tué '' son frère cadet . On lui avait forcé la main . « Ecoute , gamine . C'est soit toi , soit lui . Et si vous ne combattez pas , ce sera vous deux . Compris ? Offrez nous donc un beau spectacle , il serait dommage de mourir aussi jeune . . . » avait dit l'un des loups qui l'avait poussé à l'intérieur de l'arène . Elle se souvenait parfaitement de ces paroles , et elle ne les oublieras sans doute jamais . L'odeur âcre du sang , le sable sec et dur qui l'empêchait de se déplacer correctement , la foule qui acclamait les deux victimes à se battre en duel jusqu'à la mort , la dague qui lui avait servie à achever Jay . . . elle se souvenait de tout . Et surtout la vision du corps inanimé qu'elle avait mutilé , maculé de sang , tout comme ses mains à elle , et le couteau qu'elle avait lâché . Le spectacle avait été effrayant et dur . Elle était encore très jeune à l'époque , mais ils n'avaient pas daignés y prêter attention . C'était à cause d'eux si elle avait vécu tout ça . Et c'est bien pour ça qu'elle ne leurs pardonnera jamais . Ces ordures lui avaient volés son innocence et avaient anéantis sa joie de vivre . Si ils n'avaient pas été là , elle aurait sans doute vécu heureuse aux côtés de sa famille et n'en serait jamais arrivé là . C'est pour ça qu'elle les haîssaient et c'est pour ça qu'elle comptait autant se venger . Raison de sa présence ici , chez les Sangraves . Plus que tout , elle voulait leurs faire payer tout ce qu'elle a enduré , son enfance détruite , son adolescence cauchemardesque et toutes ces cicatrices qu'elle cachait toujours soigneusement sur son dos . Elle n'en avait jamais parlé à personne , et ne l'avait montré à personne , mais sur son dos étaient restées toutes les blessures qu'elle gardait du Continent Interdit . Et c'était laid . Très laid . Mais même la magie n'arrivait pas à les cacher .

La jeune femme soupira en y repensant , se releva et se dirigea vers la porte . Absolument aucune envie de dormir . Errer dans la forteresse lui ferait sans doute passer le temps . Quelle heure était-il , déjà ? Quoi qu'elle s'en fichait complètement . Elle avait l'habitude , la louve , de trainer très tard ( Ou très tôt ) la nuit . Elle dormait rarement , de toutes façon , et avec tous ces souvenirs qui revenaient , elle n'en avait absolument aucune envie . Et puis à quoi bon se reposer si on est pas fatigué ? C'était inutile . Elle sortit simplement , jetant un œil dans le couloir . Vide . Le couloir était vide . Il était donc si tard que ça ? La lycanne avança sans trop se presser dans les couloirs de la forteresse . Elle ne croisa personne , comme elle s'y attendait . Les chemins n'étaient pas éclairés et elle eut un peu de mal à s'y retrouver . Pourquoi a t-il fallut qu'elle sorte ? Encore perdue , encore ! « Félicitation , Lyoree , tu viens de prouver une fois de plus ton incapacité à t'orienter correctement . » songea-t-elle . Elle tenta un couloir faiblement éclairé , puis un autre plus sombre , et encore un autre . . . Non , elle était définitivement perdue . Pour changer . Lyoree décida d'avancer sans trop chercher . Elle finirait bien par retrouver son chemin , non ? Elle marcha un petit moment . Tout était vraiment sombre , dans cette forteresse . Enfin , elle ne s'en plaignait pas du tout . Elle se plaisait bien ici . Elle avait l'impression que cet endroit lui était familier , et pourtant , il n'en était absolument rien . Après quelques minutes à tenter de trouver des repères ou quelque chose qui l'aiderait à s'orienter , elle arriva dans un couloir encore plus sombre . Et à l'autre bout de ce couloir . . . de la lumière ! Elle n'était donc pas la seule qui n'arrivait pas à dormir , ici . Tant mieux , quelque part . Elle se serait sentie bien seule , sinon . Elle s'approcha silencieusement , sans pour autant chercher à cacher sa présence . Elle resta un court instant devant la porte sans oser dire quoi que ce soit puis , ne percevant aucune réaction , se décida et frappa doucement à la porte .

« Puis-je entrer ? » murmura-t-elle .
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MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Dim 22 Aoû 2010 - 21:08


    D’accord, les bruits de pas étaient à peine perceptibles. Mais il les avait bien entendus. Normal, comme vous le savez, puisque c’était la nuit. La nuit, il était rare de ne pas entendre le monde marcher. Alors, voilà, il avait entendu quelqu’un s’approcher. Qui ? Un ou une Sangrave, selon toute vraisemblance. En effet, les Nonsos devaient tous dormir à cette heure-ci. Et ils craignaient tous de rencontrer les « méchants » sortceliers, alors ils se tenaient à carreau et restaient sagement dans leurs lits douillets. Avec raison. Donc, il devait s’agir d’un (e) Sangrave. Génial. Avec la petite scène émouvante qu’il venait de faire, parler avec quelqu’un, quelle que puisse être son identité, ne lui tentait vraiment pas. Parler avec quelqu’un comme à un égal, s’ouvrir à l’autre… Non merci. Et puis, si c’était bien un de ses « soldats gris », il ne s’agissait nullement d’un égal. Il pourrait tout simplement lui ordonner de s’en aller. Pourquoi se sentait-il obligé, tout d’un coup, d’être amical et tout, et tout ? Parce que, en fait, il ne devait pas l’être. Montrer un petit peu trop de familiarité, d’amitié avec une personne, c’était démontrer nos faiblesses. Lors d’une mission, cela pouvait se révéler fatal. Valait mieux laisser crever nos soi-disant compagnons et réussir la mission. Ou l’objectif, si vous préférez. Par exemple, entre la vie d’un Sangrave et l’obtention d’un objet démoniaque, le choix de Magister était fait.

    Et puis, les Sangraves, en s’engageant sous ses ordres, acceptaient de subir une mort… douloureuse. C’était leur destin. Peuh, le destin. Encore une chimère. Il ne serait pas surpris de savoir que le destin était une idée des dragons. C’est sûr que cette idée était exagérée. Mais quand même. Croire que notre vie est déjà tracée d’avance… Non, très peu pour lui. On pouvait changer le destin. En choisissant ci ou ça, on changeait notre vie. Ah, super. Voilà qu’il se remettait à philosopher. Si on lui demandait : « Et vous, Magister, que faites-vous lorsque vous êtes insomniaque ? », il répondrait : « Oh, moi, je philosophe, et vous ? ». Il répondrait ça, ou bien : « Allez donc voir ailleurs si j’y suis ». Le tout accompagné d’un certain doigt levé en l’air. Ben quoi ? Il n’avait pas à être poli avec les parasites.

    Magister, avant de répondre (car il fallait bien répondre, sinon, comment expliquer le fait que les lumières soient allumées ?) toucha de ses mains – non gantées, pour une fois – son visage. Ouf, les larmes étaient parties ! Certes, on n’aurait pas pu les voir. Mais il se serait senti mal à l’aise. Il regarda ses mains, fascinés. On pouvait voir ici et là des callosités, souvenirs de lointains combats. L’homme secoua la tête. Ordre à lui-même : ne plus penser au passé. Sinon… Quoi, comment, sinon ? Il n’y pensait plus, point à la ligne. Ce n’était pas si compliqué. Il lui suffirait de parler une minute ou deux, puis d’annoncer qu’il allait faire dodo. Voilà. Mag’ se carra dans son fauteuil de manière confortable. Et répondit courtoisement, chose très surprenante, au murmure :

    « Tiens, je ne suis donc pas le seul à souffrir des joies de l’insomnie. Entre donc »

    Bon, peut-être que la femme – car après tout, il savait faire la différence entre une voix de femme et une voix d’homme – était une Vampyre et que, non, elle ne souffrait pas des… joies de l’insomnie, parce que, justement, c’est une Vampyre. D’un autre côté, les Vampyrs ne passaient-ils pas la nuit dehors ? C’était le cas de Selenba, le Chasseur, en tout cas. Mais, bon. La fille souffrait aussi peut-être bel et bien de l’insomnie et avait cru que cette lumière allumée signifiait : « Avis aux Insomniaques de la Forteresse Grise : réunion dans le salon public ». Il eut un sourire sans joie pour son propre humour. Comme son fauteuil faisait dos à l’entrée de la vaste pièce, il ne put découvrir l’identité de la femme. De toute façon, elle allait bien s’approcher de lui. Après tout, elle était venue. Elle viendrait à lui. Son masque miroitant n’exprimait actuellement aucune émotion. Il n’était ni joyeux, ni triste. Ni en colère. Juste OK.

    Il se souvenait de la dernière fois qu’il s’était senti ainsi avant ses mésaventures avec la chemise démoniaque. Cela se passait au Dranvouglispenchir, évidemment. (Et c’est reparti pour un flash-back !) Comme à tous les jours là-bas – ou presque – il faisait chaud. Mais cette journée-là, il faisait super chaud. Le genre de journée où se promener tout nu semble normal. Toute la journée, il était resté sagement à l’ombre, redoutant les rayons du soleil. Ce dernier avait fini par descendre. Le jour tombait. C’était toujours à ce moment-là que sa Amava arrivait, une fois libérée de ses tâches en tant que sœur du roi des dragons. Et elle vint. Et elle râla. (« Pourquoi je suis obligée de me taper toute cette paperasse ? C’est ch… ») Magister, un sourire aux lèvres, joignit ses lèvres aux siennes, pour la faire taire. C’est ainsi qu’ils se couchèrent, par terre, la tête de l’un posée contre la tête de l’autre. Les mains entrelacées. C’était ce genre de moment que le jeune couple appréciait. Pour être heureux, ils n’avaient besoin que de leur présence mutuelle. Ils contemplèrent, ravis, le soleil disparaître à l’horizon, laissant une trace rougeâtre dans le ciel. Voilà la vraie définition du bonheur : être en présence de celui ou celle qu’on aime. C’était ce bonheur qu’il avait perdu à jamais. Il se sermonna : * Okay, okay, fini de penser au passé. Être nostalgique ne mènera à rien *

    L’homme tourna sa tête en direction de la grande fenêtre, au fond de la pièce. Le ciel devait être étoilé. S’il n’y avait eu cette fille, il aurait ordonné à la lumière de s’éteindre complètement, afin de contempler le spectacle. Un spectacle merveilleusement féérique. Voir des milliers de petites lumières scintillantes sur un fond de toile de jais. Sourire au passage d’une étoile filante. Faire naïvement un vœu secret, espérant qu’il se réalise un jour. Il avait déjà entendu une phrase assez poétique, qui lui avait bien plu. Il fouilla dans ses souvenirs confus, puis trouva : « La nuit a des milliers d’yeux, le jour n’en a qu’un ; et cependant l’éclat du monde s’éteint quand meurt le soleil. L’esprit a des milliers d’yeux, le cœur n’en a qu’un ; et cependant l’éclat de vie s’éteint quand l’amour n’est plus ». Génial, avec ça, c’était clair, il allait repenser à sa vie d’avant. Oui, sa vie d’avant. Sa jeunesse. D’accord, il était encore jeune. Mais, enfin, penser à la fin de son adolescence, quoi. Ah ! Ces longues heures dédiées à l’entraînement physique. Le bon vieux temps. Bon sang. On allait le prendre pour un vieillard impotent, s’il continuait à parler… enfin, à penser ainsi !

    Oui, la nuit était douce. Dehors, les Chatrix continuaient leur ronde, prêtes à pourchasser quiconque s’aventurant dehors à cette heure. Drôlement efficaces, ces Chatrix. Il y avait une semaine ou deux, un très jeune Sangrave, de l’âge de Mat’ environ, avait tenté de s’enfuir de la Forteresse. Lorsque Magister, suite à l’incident, avait interrogé ses camarades, ces derniers avaient prétendu que ce jeune garçon leur avait dit qu’il avait eu tort, qu’il avait mal choisi sa… carrière. Résultat : il avait projeté de s’enfuir pendant la nuit, seul, à l’insu de tous. Malheureusement comme ce garçon était nouveau dans la place, il ignorait que les Chatrix surveillaient les environs… vingt-six heures sur vingt-six. Grave erreur. Les bestioles, contentes de s’être trouvées une victi… une pro… quelqu’un, avaient sauté dessus. Le pauvre. Il n’avait pu rien faire, largement surpassé en nombre. Oui, très efficace, ces Chatrix. Trop efficaces, même. Magister, lui, n’aurait pas acheté le gamin. Il l’aurait torturé pour lui faire comprendre que la fuite et la trahison étaient à oublier. Ensuite, il l’aurait laissé dans sa cellule. S’il aurait survécu à ses blessures : tant mieux. Si ce n’était pas le cas : tant pis. Ce n’était qu’une personne de moins dans ce bas monde. Le respect de la vie, qu’elle soit humaine, dragonne, et cetera, il l’avait perdu. De toute façon… Une vie de plus, de moins, qu’est-ce que ça faisait ? D’accord, ça faisait pleurer la famille et les amis. Bah, au fond, lorsqu’on pleurait pour la mort d’une personne, on ne pleurait pas pour elle. Mais pour nous. C’était vrai ! On pleure parce qu’on ne reverra plus jamais la personne en chair et en os. On pleure pour soi-même, toujours. C’était de l’égoïsme. Mais tout le monde l’était. Ça, c’était une chose certaine. Certes, certains l’étaient plus que d’autres. Et certains l’étaient moins que d’autres. Toutefois, l’égoïsme restait.

    Bon, il pourrait ajouter, à sa liste de choses qu’il faisait lorsqu’il était insomniaque : « Faire de la psychologique ». Ben quoi ? Tant qu’à rien faire, on pensait. À tout et à rien. On se remémorait des souvenirs, comme il venait de le faire. On songeait au futur. Eh oui, eh oui. Que se passera-t-il dans vingt ans ? Dans dix ans ? Dans une année ? Dans une semaine ? Demain ? Dans une heure ? Dans une minute ? Voire dans une seconde ? Serait-il mort avant ses ennemis ? Serait-il tombé avant de voir la dernière lueur de vie s’éteindre de leurs prunelles ? Qu’adviendra-t-il du grand Magister ? Questions bien intéressantes. Auxquelles les réponses demeuraient inconnues. L’inconnu était parfois… effrayant. Certes, le chef des Sangraves avait rarement peur. (En fait, c’était surtout lui qui inspirait la peur !) Mais ne pas savoir ce qui va se passer après la lecture du dernier chapitre de notre vie était… pour le moins troublant. Savoir que le bouton « Rewind » est inaccessible. Que seul « Play » est disponible. Mais sans le « Stop ».

    Finalement, il ferma les yeux, revenant peu à peu à la réalité. Le salon était toujours faiblement éclairé et, si ça se trouvait, la jeune femme était, elle aussi, toujours présente. Adouci par ses souvenirs mélancoliques, dans le sens qu’il n’était pas frustré de voir quelqu’un arriver, il commenta, faisant toujours dos à la personne :

    « Belle nuit, n’est-ce pas ? »

    Entendons-nous : ce côté sociable et amical ne lui allait pas bien du tout ! D’ordinaire, il était toujours… froid, sadique, cruel. Cette nuit-là, il parlait d’une voix douce, quasiment efféminée. Comme si la nuit, il changeait ! Ou peut-être qu’il était trop fatigué pour jouer son rôle de Méchant. Alors, derechef, il se laissait aller. Devenait… gentil. Ah, pour une fois qu’il était gentil avec quelqu’un. Enfin, Selena étant une exception. Quoique, non, il n’avait pas toujours été gentil avec elle. Rappelons aux lecteurs qu’il avait tué Danviou et qu’il avait aussi failli enlever Tara. Mais, mis à part ça, il s’était toujours comporté de façon respectueuse avec la jeune femme brune. Il ne l’avait jamais agressée sexuellement, par exemple (même si le désir avait été et était encore là… Haha, pauvre Leechy, je la persécute encore !) Malheureusement, ce n’était guère réciproque (dans le sens que Selena ne l’aime pas, et non dans le sens qu’elle a envie d’être agressée sexuellement, hein). Un jour, peut-être, viendrait, où elle l’accepterait et lui pardonnerait. (Dans ses rêves, oui !) Bref, oui, en cette belle nuit autremondienne, le Maître des Sangraves devenait sympa et discutait amicalement avec quelqu’un. Vous ne le croyez pas ? Et pourtant ! C’est sûr que, dit comme ça, ça semble irréalisable. Mais, que voulez-vous ? On a tous nos moments de faiblesse, qui nous prennent par surprise.
    Ses bras accotés aux… accoudoirs du fauteuil gris, ses longues jambes étendues devant lui, la tête levée en direction du plafond, Magister jouissait tout simplement de la vie, sa tristesse l’ayant enfin déserté. Elle s’en était allée, rejoignant le passé et toutes ses horreurs. La fatigue prenait lentement le dessus sur lui. Si la conversation ne reprenait pas, il allait probablement sombrer dans le sommeil. Ce qui serait bête, surtout en face de la Sangrave. Vous imaginez la scène ? Elle s’approche et… trouve son Maître endormi. Est-ce que les appareils photos existaient sur AutreMonde ? Enfin, avec son masque, Magister ne courrait pas vraiment de danger de ce côté-là. Quoique, peut-être que si. Lorsque vous voyez un homme dont la tête, masque ou pas, est couchée sur sa poitrine, on peut en déduire qu’il est endormi. Ah, super. Étouffant un bâillement, il tourna enfin la tête en direction de la Sangrave. Étonné, il la reconnut aisément. Lyoree. Lyoree Di Sielle. Une nouvelle Sangrave. Elle s’était engagée tout récemment, donc, et Magister se souvenait qu’il lui avait même… souhaité la bienvenue. Wow. Il était super sympa, finalement, quand il le voulait !


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MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Jeu 26 Aoû 2010 - 2:48

La jeune femme sourit et avança doucement dans la pièce . Elle n'était pas du tout fatiguée et n'aurait regagné sa chambre pour rien au monde . Bon , évidemment , elle ne s'attendait pas du tout à se retrouver dans une situation pareille . La revoilà face au Maître des Sangraves , et en pleine nuit , qui plus est . Mais au moins elle n'était pas toute seule , voyons le bon côté des choses . Elle s'installa tranquillement sur l'un des divans gris et tourna la tête vers la large baie vitré . Oui , la nuit était particulièrement belle , ce soir là . Il faisait un peu frais , mais le spectacle était magnifique . Elle se remémora la dernière fois qu'elle avait vu un ciel comme celui-ci . C'était en Krasalvie , où elle avait rencontré un vampyr . A vrai dire , Lyoree avait rarement eu l'occasion d'admirer le ciel . Elle restait la plupart du temps à l'intérieur et sortait très peu . Si elle pouvait , oui , elle profiterait sans doute bien plus du monde extérieur . Mais craignant toujours de mauvaises rencontres , elle restait chez elle . Certes , cela pouvait être étrange pour une demi-lycanne , mais elle n'y prêtait guère attention .

Ce qu'elle trouvait étrange , c'était de réaliser à quel point elle pouvait être curieuse . L'envie la dévorait presque de savoir qui se cache derrière le masque du maître des sangraves . Peut-être le connaissait elle – même de réputation - , si ça se trouvait ? Ou bien c'était un parfait inconnu , c'était tout aussi probable . Mais ça ne l'empêchait pas d'être curieuse et elle ne pouvait pas nier qu'il l'intriguait beaucoup . Son sourire disparu . Qu'avait-il vécu , pour en arriver là ? Ce devait être laid . Comme elle , quelque part . Vivre des cauchemars , vouloir comprendre à tout prix pour en arriver là , avec ce foutu désir de vengeance . Elle connaissait ça . Mais qu'est-ce que , lui , avait vraiment vécu ? Si ça se trouve , c'était encore pire que ce dont elle se souvenait de son enfance . Ces monstres étaient impitoyables . Elle n'osait pas imaginer de quoi ils seraient capables . Elle en avait eu un avant-gout et ça lui suffisait .

Son regard se posa sur Magister . Lyoree songea que même avec l'éclairage tamisé , la pièce restait assez sombre , et elle avait du mal a le distinguer avec ses yeux fatigués . Enfin , ce n'était pas plus mal . Parce qu'elle se sentait franchement bien intimidée , là , toute seule avec lui . Il était plus grand , plus puissant , impressionnant . Imprévisible , même . S'il elle se doutait qu'elle trouverait quelqu'un à cette heure si tardive , elle ne s'attendait absolument pas à le rencontrer , lui . Comment pouvait-elle imaginer un moment pareil , après tout ? La jeune femme baissa les yeux et fixa . . . le sol , les bras tendus sur ses genoux . A dire vrai , elle était assez tendue , la lycanne . Penser à autre chose , penser à autre chose . . . Bon . Ok . Pas si facile que ça , en fait . Et puis quoi , elle allait se remémorer sa vie toute la nuit ?

« Je n'en avais jamais vécu d'aussi douces . » répondit-elle simplement d'une petite voix .

Oui , ce serait bien si elle pouvait sortir un de ces jours . Elle voudrait bien revoir certaines personne . Mais à présent , elle allait devoir être bien plus vigilante lorsqu'elle sortirait . Les Sangraves n'étaient pas très bien vu , alors si déjà avant elle avait une assez mauvaise réputation , même si ils ne sauraient pas qu'elle servait la cause de Magister , elle risquait d'avoir du mal à se faire respecter . Comment réagiraient tous ceux qui la connaissait ? Elle avait rencontré tant de monde , ces derniers mois , qu'elle avait du mal a imaginer . Quelque part , elle s'en foutait totalement , de leurs réactions . Enfin . . . a part certains . Ava , par exemple . Comment réagirait-elle si elle se rendait compte que son amie avait finalement atteint son but ? D'ailleurs , qu'était-elle devenue , depuis la dernière fois ? Elle ne l'avait plus vu depuis un bon moment . Peut être cherchait-elle toujours son but , ou bien avait-elle trouvé un objectif . Voir même , peut-être avait-elle trouvé le bonheur . Lyoree était curieuse de savoir ce qu'il en était et se promit , plus tard , de la retrouver et de prendre de ses nouvelles . La dernière fois qu'elles s'étaient vues , c'était en compagnie d'Alya et . . . d'Ulumius . Oui , lui aussi , il était mort . Comme Jiao .

Mais lui , il avait choisit sa mort et s'était suicidé . Elle n'y était pour rien cette fois , et aurait même préféré qu'il renonce à cette idée , mais il était bien trop tard , elle ne pouvait pas changer le passé . Un mort de plus , oui . Dommage . Elle aimait bien Ulumius , même si il avait tenté d'intervenir dans ses petites affaires avec Jiao et qu'il avait essayé de l'arrêter sur la voie des Sangraves . Un souvenir comme un autre . C'est tout ce qu'il était devenu . Mais quand elle y repensait , cela devait en attrister d'autre . Ava et Alya , par exemple . Surtout Alya , avec la perte de Jiao . La pauvre devait être dans un état impossible . Elle avait perdu beaucoup dans cette histoire . Sans doute lui en voulait-elle . Haha . Oui , elle risquait de lui en vouloir beaucoup . . . Elle avait quand même tué son amour . Et détruit ses espoirs , d'une certaine façon . Ce qui était amusant , c'est que Lyoree avait presque pitié d'elle et de sa souffrance . Alors qu'elle-même avait vécu bien pire que cela . Mais qu'est-ce qu'elle croyait , l'elfe ? Que Lyoree était la seule fautive , dans tout ça ? Et puis quoi encore ? Elle avait obéis , rien de plus et rien de moins que ça . C'était elle qui avait choisit de le tuer , certes . Mais Jiao n'avait pas à quitter la forteresse . Si elle ne s'en était pas chargée , un autre sangrave l'aurait fait . Pourquoi Alya persistait-elle à croire qu'il aurait pu avoir une moindre chance face à eux ?

Un espoir inutile . C'était sans doute ça . Un espoir désespéré , une dernière pensée avant que tout ne s'effondre . Après tout , que lui restait-il ? Ava ? Si elle avait bien comprit , ces deux là ne se voyaient plus . Alors il ne lui restait donc rien ? Et zut , elle repartait encore une fois dans ses lamentations . Et puis pourquoi elle compatissait ? Ce que vivait Alya n'était rien par rapport à ce que elle , elle avait vécu . Mais elle devait reconnaître qu'il fallait qu'elle oublie . Enfin non , qu'elle arrête d'y penser . Oublier , ce n'était pas possible , pas envisageable . Après tout ce qu'elle avait vécu , comment pourrait-elle oublier ? Tss , pensée bien naïve de sa part en réalité . Des fois , Lyoree se trouvait elle même bien futile , avec ces pensées idéalistes qui lui traversaient l'esprit de temps à autre . Mais qui n'en avait jamais eu ? Enfin , sans doute était-ce la jeunesse . Cette envie irrésistible d'imaginer un monde parfait , elle l'avait déjà eu quand elle était plus petite . Quand elle était encore innocente . Mais envie qu'il lui était passé bien vite avec toutes les horreurs qu'elle avait vu .

En vérité , la jeune femme n'a jamais éprouvé particulièrement d'affection envers quelqu'un . Son frère ou sa sœur , elle n'avait pas eu le temps de les connaître . Alya la haïssait . Ava ne lui donnait plus aucune nouvelle . Aaron et Sai . . . des connaissances , simplement . Et sinon . . . Elle ne connaissait pas vraiment d'autres personnes , ces gens avec qui elle avait passé sa dernière année étant pour la plupart morts prématurément de sa faute parce que soit elle ne les aimaient pas , soit ils étaient trop énervants . Lyoree attendait finalement toujours de rencontrer quelqu'un avec qui elle s'entendrait . Et d'ailleurs , elle commençait sérieusement à douter que ce jour arriverait , à force d'attendre , d'attendre et d'attendre encore . C'est comme l'amour . Ça finirait en miette , forcément . Elle allait bien finir par s'y habituer , de toute manière . Et puis au moins elle n'était pas toute seule , il devait bien y avoir d'autres personnes comme elle dans cette forteresse . Avec l'impression que tout espoir l'avais déserté , elle ne devait pas être la seule qui avait cette pensée .
Mais à quoi songeait-elle encore ? Penser à autre chose , s'était-elle dit , hein . Bien sur , super simple apparemment . A quoi pouvait-elle bien penser de positif ? Elle n'avait pas l'embarras du choix , sa vie n'ayant été qu'un ramassis de cauchemars du passé jusqu'à présent . Bon , oui , elle avait atteint son objectif . Elle allait pouvoir se venger . Et puis quoi ? Qu'est-ce qu'elle fera , après ça ? Elle n'aura plus personne , plus aucun but , aucun objectif à accomplir , et plus aucun foyer . Au final , Lyoree se sentait super pessimiste et super perdue . Elle avait raison , après tout . Qu'est-ce qu'elle fera une fois que tout ça sera terminé ? Aucune idée .

« Avez-vous déjà eu l'impression que votre vie n'aurait jamais pu être pire ? »
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MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Dim 29 Aoû 2010 - 20:13


    La voix de Lyoree, faible, lui parvint. Il grimaça machinalement. Oui, c’était une belle nuit. En profiter seul, c’était bien, mais à deux, c’était mieux. Heu… Enfin, il aimait être seul – quasiment toujours – mais si on voulait lui faire la conversation, soit il se mettait sur son Mode Sociable, soit sur son Mode Associable. Au choix. Et cette nuit, il penchait plutôt, étonnamment, sur le premier mode. Pourquoi donc ? Pourquoi avait-il envie de mieux connaître cette fille ? Peut-être pas de connaître sa vie de A à Z, mais… Oui, il ne pouvait le nier : simplement connaître les grandes lignes de sa vie pouvait être intéressant. Parce que, tant qu’à ne pas parler… Elle était venue ici, c’était donc qu’elle ressentait, elle aussi, le besoin ou le désir de parler à quelqu’un. Autrement, elle ne serait pas venue le rejoindre. Elle aurait passé son chemin, quoi. Mais elle ne l’avait pas fait. Alors, ils se retrouvaient là, à parler de la douce nuit qu’ils vivaient. Pathétique, oui. La jeune recrue sembla, alors, perdue dans ses pensées. Ah, comme lui, juste avant qu’elle arrive, au fond. Cela arrivait à tout le monde. On devenait mélancolique, à ne songer qu’au passé. Des vagues de souvenirs vous assaillaient sans prévenir et pouf ! Vous étiez perdu pour des heures. Et non, l’homme masqué n’allait pas recommencer ce manège. À force, cela devenait… énervant. Il n’aimait pas être nostalgique, abattu inévitablement par une myriade de remords et de regrets. D’ailleurs, le résultat – mouillé – n’était guère sympathique… Pas de quoi être fier.

    Pour une fois respectueux d’autrui, il ne parla pas, ne dérangea pas Lyoree qui n’avait pipé mot depuis quelques minutes. Il retint un bâillement qui n’était vraiment pas le bienvenu. Il lui fallait se reposer, aller dormir. Pourtant… Non, il ne voulait pas. Son besoin de sommeil combattit vaillamment sa volonté. Et perdit. Il allait rester dans le salon, bon. Pire : il voulait rester dans le salon. La raison de cette décision le déroutait lui-même. Avait-il tant besoin que cela de parler ? Mais parler de quoi, au juste ? Et puis, toute la journée, il avait bien parlé. « Fais ci, fais ça ». «Un mot de plus et je te tue ». « Meurs donc ». Ce genre de sympathiques phrases. Certes, il n’avait jamais réellement de vraies conversations amicales. Tout simplement parce qu’il n’avait pas d’amis. La chose le fit arquer un sourcil. Des amis. Qu’est-ce que c’était, l’amitié ? À quoi cela servait-il ? À rien, au fond. Et c’était si encombrant, des amis. Toujours à vous coller les baskets. Et il fallait être hypocrite, lorsqu’on avait des amis. Parce que lorsqu’on ne voulait plus les voir, il fallait inventer un prétexte pour pouvoir s’en aller. D’accord, il l’avouait : il était très indépendant et individualiste. Et des amis, il n’en avait pas besoin. Même gosse, il préférait jouer seul. Et maintenant, oui, il pouvait le dire : il était carrément seul. Refermé sur lui-même. Il avait perdu tous ceux qui comptaient pour lui. Tous les êtres qui lui étaient chers. Partis. Alors, oui, il était seul au monde. Avait-il nécessairement besoin d’amis ? Question à laquelle il ne trouva, malheureusement, pas de réponse.

    Assise de manière assez raide, voire coincée, la Sangrave ne parlait toujours pas. Bah, qu’aurait-elle pu bien dire ? Bonne question. Et puis, c’était de la pure rhétorique, alors pas besoin de répondre, hein. Pourtant, il allait devoir parler. Répondre à la question posée. Car Lyoree venait de lui demander quelque chose. Quelque chose d’assez… d’assez, oui, personnel. Il resta quelques secondes figé, ne sachant quoi dire. Non, mais, c’était quand même une question… étrange de la part d’une personne à laquelle on n’a parlé que deux fois. C’était intime, ça. Parler de sa vie, se confier. Ce n’était pas le genre de trucs que vous faites dans la rue ! Non, bien sûr que non. Toutefois, la curiosité pouvait être un facteur dans ce qui poussait Lyoree à changer ainsi de sujet de conversation. La curiosité. Que voulait-elle savoir, exactement ? La vie de son Maître ? Ha, ha ! Elle pouvait tout aussi bien aller demander à Tara de devenir Sangrave, tiens ! Parce qu’il n’avait pas l’intention de parler de sa vie. Il y avait simplement pensé à l’instant et cela lui avait fait mal. Il n’avait pas envie de recommencer. Mais la moindre des politesses l’obligeait à répondre. Comment ? La… politesse ? Il ne connaissait pas. Il était rarement poli. Ou sinon, c’était ironique. Enfin. Il pouvait bien répondre à l’interrogation de la Sangrave. Ça ne coûtait rien.

    « Bien sûr. Maintes fois. Pourquoi ? », répondit-il d’une voix fluide, mais amère.

    Génial, il faisait des rimes. Non, franchement, il s’en fichait comme de sa première victime. Le « pourquoi » était en fait… automatique, machinal. On faisait tous ça. Après avoir donné une réponse, on demandait le pourquoi de la question. Par pur réflexe, voilà. En tout cas, cela prouvait qu’elle venait de penser à son propre passé. Et que son passé, sa vie, ne devaient pas être roses. Avait-elle l’intention d’en parler ? De l’assommer avec mille et une histoires navrantes et tragiques ? Personnellement, cela ne l’intéressait guère. Ou plutôt : il ne voulait juste pas entendre ça. Autre chose, d’accord. Mais pas ça. Parce qu’après, il serait quasiment obligé de parler de son histoire, à lui. Bien sûr, il pourrait mentir. Mais à quoi bon ? Que pourrait-il bien dire, comme mensonge ? « Oh, moi ? J’ai eu une vie bien banale ». Banale, mon œil ! S’il avait eu une vie banale, il ne porterait pas ce masque. S’il avait eu une vie banale, il n’aurait pas sous ses ordres des Sangraves. S’il avait eu une vie banale, il ne serait pas infecté de magie démoniaque. S’il avait eu une vie banale, il ne serait pas obligé de se cacher. Bref, vous avez compris.

    Son visage, masqué bien entendu, se pencha vers le sol, vers ses pieds. Non, il n’était pas banal. Son nom ? Inconnu. On l’appelait Magister, c’était tout. On ne savait rien de lui. Et on ne saurait rien. Pas avant… l’accomplissement de sa vengeance. Sa vengeance… Qu’on en parle donc ! Tout d’abord, il prévoyait tuer la majeure partie des dragons, sur AutreMonde et sur Dranvouglispenchir. Les survivants, qui auraient survécu parce qu’il l’aurait bien voulu, seraient parmi les royautés dragonnes. La famille royale, quoi. Dommage que leur ancien roi, celui-là même qui l’avait tant fait souffert, soit mort. Tué par son ancien… mentor : Maître Chem. M’enfin, bref. Ce qui avait été fait avait été fait. La famille royale, donc, serait torturée à mort. Sa vengeance serait sanglante. Puissante. Destructrice. AutreMonde serait sous son joug, le joug magisterien. Une nouvelle ère commencerait. Les faibles seraient exécutés sans pitié. Les forts le rallieraient. Les Sangraves domineraient ce monde. Non, TOUS les mondes de l’univers. Enfin, à part les Limbes, disons. Mais AutreMonde, la Terre, le Dranvouglispenchir… tout ça serait sous son contrôle. Lui, au moins, ne cacherait rien à ses « sujets », comme les gros reptiles le faisaient actuellement. Non, il leur dirait tout. Et clairement. Genre : « si vous ne m’aimez pas, je ne vous aime pas et vous allez mourir sous peu, merci et bonne journée ». Les humains triompheraient. Quant aux autres races… Ils seraient probablement confinés par millier dans des camps de concentration, genre la Seconde Guerre Mondiale, sur Terre. Certes, les dragons étaient ses ennemis, pas les autres races. Mais pourquoi garder des humanoïdes sur des planètes supposées être des territoires humains ? Voilà son plan. Bien sûr, il lui faudrait avoir accès aux autres objets démoniaques. Grâce à Tara. Ha, ha ! Il l’avait oubliée, cette petite cona… se ! Oui, elle, il lui réservait un traitement… spécial, après avoir capturé les objets démoniaques. Comme elle était puissante, elle résisterait longtemps. Il pourrait donc se permettre de la malmener un peu. Et la forcer à tuer ses propres amis dans d’atroces souffrances. Et sa famille. Excepté Selena, évidemment. Bon, Selena, il y reviendrait plus tard. Parlons donc de Tara. Alors, si elle refusait de tuer ses proches, il les tuerait à sa place, devant les yeux horrifiés de l’adolescente. Peut-être, alors, demanderait-elle à ce qu’on l’achève. Chose que Magister ne ferait pas. Il la laisserait souffrir. Ensuite de quoi, il la tuerait, après des mois et des mois d’angoisse et de remords. Mwa haha. Revenons à Selena. Ouh, rien qu’à la pensée de son nom, il tressaillit. Agréablement. Ce qu’il ferait de cette brunette aux yeux si profonds qui l’enjôlaient chaque fois… Il la forcerait à l’aimer, voilà ce qu’il en ferait. Comment ? Oh… Heu, bonne question. Il verrait. Mais s’il y avait bien une chose dont il avait besoin, c’était de son amour. Il en avait marre, qu’elle le rejette sans cesse. Pourquoi des tas de femmes Sangraves s’intéressaient à lui, genre Houna, et pas Selena ? C’était si… injuste.

    Il se tourna derechef vers son interlocutrice. Leur silence respectif pesait. Avant de laisser Lyoree s’expliquer sur les raisons d’une telle question, il murmura, nihiliste à fond :

    « Ma vie n’est qu’un cauchemar, de toute façon »


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MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Mer 1 Sep 2010 - 20:59


< C'est le cas de tout le monde , ici , j'imagine . > répondit-elle d'une voix légère , presque tremblante en dépit de ses efforts .

Lui-même ne pouvait pas nier . Personne ne pouvait vraiment avoir une vie parfaite et encore moins les sangraves . Si ils sont ici , c'est qu'ils cherchent forcément quelque chose . Et ce manque prouvait bien qu'ils ne pouvaient pas être heureux . Elle , elle voulait sa vengeance . Surtout ça . Mais peut-être aussi attendait-elle de rencontrer des personnes qui ne la rejetterai pas pour ce qu'elle est ou ce qu'elle a fait , qui le savait ? Personne , et certainement pas elle . Lyoree ne savait pas trop ce qu'elle cherchait , à vrai dire . Et puis qu'allait-elle faire après ? Rien . Elle n'en avait aucune idée . Peut être qu'elle finira quand même seule . A force , elle s'y était habitué , donc elle s'en fichait . La solitude , elle la connaissait bien , pour l'avoir côtoyé si longtemps . En fait , elle n'y avait jamais vraiment réfléchis , mais elle réalisait qu'elle en savait peu sur elle même . Elle savait qu'elle n'allait pas bien , ça , c'était une certitude . Et après ? Elle était légèrement folle sur les bords . Elle avait tué et y avait trouvé du plaisir . Cela faisait d'elle une malade ? Certainement pas . Peut-être que c'était comme ça qu'on la voyait . Une malade en quête de vengeance et de tuerie . Ou bien peut-être aussi qu'on le voyait comme la victime qu'elle a toujours été ? Oui , une victime de la haine de ces serpents . Elle ne les comprenait pas . Pourquoi avoir fait ça ? A quoi cela leurs avait servis , de maltraiter les gens comme ça pendant aussi longtemps ? A quoi ? Elle aurait vraiment voulut savoir , connaître la réponse . Mais « Pourquoi » . . . Ce mot revenait trop souvent . Elle se posait énormément de question mais n'avait aucune réponse . Peut-être qu'elle devrait arrêter de toujours se poser des questions . Peut-être ? Ce mot aussi , il revenait trop souvent . Et puis , ce n'était pas elle qui s'était décidé à arrêter d'y penser ? Non , il fallait qu'elle s'obstine à y penser .

C'était énervant . Oui , elle tournait en rond , elle repensait sans cesse à la même chose . Le passé , le passé et encore le passé . Ne pouvait-elle pas changer de disque , un peu ? Et puis pourquoi se mettait-elle à parler toute seule dans sa tête , hein ? Et encore ce pourquoi . . . La jeune femme retint un souffle agacé . Était-elle en train de devenir folle ? Non . . . Elle l'était déjà . Ahah . Oui , bien sur , folle . Après tout , où était passé sa raison , son innocence ? Elle n'en avait plus , envolé . Et maintenant , tout ce qui lui restait , c'était sa folie . Sa folie et sa tristesse . C'est vrai , puisqu'elle ne cessait d'y penser , il devait bien y avoir une raison . Nulle autre chose à quoi penser , par exemple . Oui , c'était sans doute ça . Et puis . . . Et puis elle avait l'impression de s'égarer , maintenant . Quand réussira-t-elle enfin à penser à quelque chose de positif ? Ça devenait vraiment agaçant , ça , elle tournait en rond , pensait et repensait à la même chose constamment . Et qui plus est , quelque chose de pas franchement très gai . Qui lui faisait même mal rien que de s'en remémorer les morceaux . Et puis pourquoi elle ressassait systématiquement le passé ? La vie est belle , quoi . Elle est ici , à la forteresse , en tant que Sangrave . Elle a atteint son objectif . Et puis zut ! Bon , ok , elle restait toute seule . Mais elle avait touché son but , n'était-ce pas le principal ? Elle devrait s'en réjouir , mais alors comment cela se faisait qu'elle persistait à repenser à sa vie d'antan ? C'était si . . . inutile . Si faible . Oui , voilà , faible . Et elle ne se savait pas si négative . . . A croire qu'elle ne se connaissait vraiment pas , finalement . Et puis , c'était bien possible , hein . Elle avait tellement changé , tellement vécu durant ces dernières années que rien ne lui semblait impossible . Elle avait tout vu . Du moins , elle croyait avoir tout vu . Et c'était un fait qu'elle ne devait ignorer .

< La simple pensée qu'elle puisse être pire me semble irréalisable , et pourtant je suis persuadée qu'il n'en est rien . >

La phrase définissait assez bien son point de vu actuel sur son existence . Tout ça à cause d'eux . Elle voulait vraiment leurs faire comprendre ce que ça faisait . Bon , c'est sur qu'elle voulait aussi les tuer , les torturer , les mutiler , les . . . bref , les faire souffrir , quoi . Autant qu'ils l'ont fait souffrir , elle . Et là , peut-être , ils comprendront . Ce serait , à son avis , la seule façon pour qu'ils se rendent compte du mal qu'ils ont fait . Elle n'osait même pas se souvenir de la douleur qu'elle avait éprouvé là-bas . Une souffrance sans nom . Elle grimaça en y repensant et décida de mettre ça définitivement de côté pour ce soir , puis s'adossa au divan gris et contempla le ciel une seconde fois . Elle appréciait toujours de regarder la nuit , comme ça . N'en ayant rarement eu l'occasion auparavant , la jeune femme trouvait ça particulièrement plaisant . Et si rester enfermée ne la dérangeait pas vraiment , il était cependant vrai aussi qu'il lui arrivait d'avoir envie de sortir un peu , pouvoir admirer les merveilles du monde extérieur et changer d'air . Les forêts , la ville , c'était tout ce qu'elle avait connu , mais elle n'avait jamais été plus loin que ça . Elle avait visité la Krasalvie récemment aussi , même si elle n'avait aucunement aimé ce côté lugubre et qu'elle n'appréciait pas particulièrement les vampyrs . En fait , le seul vampyr qu'elle puisse supporter n'est qu'une connaissance et n'était pas dans un meilleur état qu'elle . De la pitié , sans doute . C'est le seul sentiment qu'elle puisse espérer .

D'ailleurs les personnes qu'elle respectait se faisait vraiment rares . . . Alya , Ava . . . Qui d'autre ? Bon , Magister aussi , évidemment . Mais après . . . Personne d'autre en fait . Trois personnes . Ca faisait beaucoup , oui oui . Sachant que pour Alya , ça ne tenait pas vraiment du respect . C'était plus . . . de la compassion , peut être . Ou bien encore une fois de la pitié , finalement , qui sait ? Parce que Lyoree avait une part de responsabilité dans la situation de son amie . Bon . . . Oui , c'était entièrement de sa faute . Mais qu'est-ce qu'elle y pouvait si cette elfe avait tenté de lui résister ? Elle , elle avait simplement voulut s'amuser , juste ça . Drôle de façon de s'amuser , dira-t-on , enfin . . . De toute façon , Lyoree est bizarre . Tout le monde le sait . Enfin , si elle écoutait les autres , elle irait loin . . . " Désagréable , têtue , cruelle et impitoyable " serait les mots qu'elles entendrait le plus souvent . Puis , pour le reste , eh bien . . . On pouvait la définir comme insensible . Mais après tout , comment pouvait-elle encore avoir de véritables sentiments avec une vie pareille ? Quelque part , elle se disait que c'était pareil pour tout le monde . Il suffit qu'un simple évènement tourne mal et ça peut vous gâcher entièrement l'existence . C'était ça , la vie .

[PS= Désolé , c'est court mais manque de temps et d'idées ,_,]
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MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Sam 11 Sep 2010 - 18:36



    « i’m so glad that you’re my friend, i know our friendship will never end »

    La phrase que Lyoree venait de prononcer lui fit arquer les sourcils. La vie de tous les habitants de la Forteresse Grise était-elle à l’image de sa vie, à lui ? Les choses qu’il avait affrontées, surmontées, traversées étaient-elles vraiment semblables à celles de ses Sangraves ? Ceux-ci avaient-ils un but dans la vie, ou bien ne suivaient-ils que le parcours chimérique de la quête de pouvoir ? Car, en effet, obtenir le pouvoir absolu était un privilège auquel peu d’individus avaient accès. Privilège ou… malédiction ? Car oui, lorsqu’on en était rendu à cette étape ultime, lorsqu’on était rendu en haut de la pyramide monarchique (enfin, façon de parler), le parcours qu’on laissait derrière soi n’était bien souvent guère joli. Meurtres, complots, manipulations, cicatrices à jamais marquées… Non, c’était bel et bien une malédiction, une conséquence de maints événements qu’on ne pouvait prévoir, envisager. Le pouvoir, c’était délicieux. C’était avant tout se sentir supérieur. Au-dessus des autres. Le pouvoir, c’était se sentir puissant et admiré. Le pouvoir, c’était dangereux, aussi. Cela corrompait tout le monde. Il fut surpris de penser une telle chose. Cela voulait donc dire qu’il était corrompu ? Sans doute, oui. En fait, c’était carrément une évidence. Il donnait la réplique à Tara Duncan et forcément, il avait le mauvais rôle dans la pièce. Il l’assumait, oui. Même si cela ne paraissait pas. Il était cruel, méchant : il avait changé de camp parce qu’il avait lui-même changé. Des événements imprévus s’étaient malencontreusement glissés dans sa vie et le résultat était sombre, mélancolique. Et faisait partie du passé, à présent. Sauf que ce qu’il avait accumulé n’avait pas disparu. Le pouvoir, toujours le pouvoir. Si lui était corrompu, les hauts dirigeants des pays d’AutreMonde l’étaient donc aussi ? Sans aucun doute. Et le roi des démons ? Bien sûr. Le défunt roi des dragons… Non, tous les dragons des mondes entiers ? Pff, la question ne se posait même pas, tant la réponse était évidente !

    Les minutes passèrent, tranquilles et silencieuses, chacun transporté par ses propres pensées, certes nullement roses. Puis, Lyoree prit derechef la parole, ajoutant que la vie pouvait certainement être pire, plus pire qu’actuellement. Elle n’avait pas tort. Sauf que les choses avaient commencé à changer, ces dernières années. Les Sangraves faisaient peu à peu leur place sur la scène internationale. Ils étaient puissants, destructeurs. Ils ne rigolaient pas. Avant, les Sangraves n’étaient considérés que comme des sortceliers peu importants, que des trouble-fêtes, une poignée d’hommes et de femmes ayant comme but la domination du monde et la disparition de la race dragonne. Lorsqu’il pensait à cela, il ne pouvait s’empêcher de sourire. Tristement, s’entend. Il ne pouvait pas, ne savait plus, sourire gaiement. À l’origine, les Sangraves n’étaient qu’une petite dizaine. Des sortceliers, qui, comme leur chef, avaient été surentraînés par le dragon bleu, Maître Chem, dans le but de vaincre une fois pour toutes les démons. Des sortceliers qui s’étaient vivement rebellés contre leur professeur. Au départ, ce n’était que cela. Des rebelles, des renégats. Sauf que le nombre massif d’imbéciles ne recherchant que le pouvoir avait augmenté le recrutement ces dernières années. Finalement, les Sangraves désiraient donc aussi gouverner sur AutreMonde. Personnellement, cela ne le dérangeait guère. Il aimait dominer de toute façon. Mais il n’avait pas voulu le pouvoir pour être à la tête de la planète magique, mais pour se venger. Cela, peu de gens le savaient. On le croyait tous dingue de pouvoir. Mais non, mes cocos. Derrière ce masque se cachait un homme avide de vengeance. Dont la vie avait été détruire en entier. Donc, peut-être que la vie pouvait être davantage pire que maintenant. Mais il fallait être optimiste et voir le bon côté des choses. Ah, ha, choses dont il devait se rappeler lorsque les choses tourneraient mal ! Bien, bien. Il fronça les sourcils, pensant toujours aux propos de la Sangrave. En fait, si les choses pouvaient aller plus mal, c’était probablement à cause de Tara. Il ne voyait personne d’autre de suffisamment puissant pour lui barrer la route. Et qui disait Tara disait dragons. Car la blondasse était copine, copine avec ces reptiles cracheurs de feu. Pauvre idiote ! Quelle inconscience ! Il fallait vraiment lui ouvrir les yeux, à celle-là. Sauf que, comment faire ? Même s’il lui parlait pendant des heures, elle ne pourrait pas comprendre. Non, parce qu’elle n’avait pas vécu d’expériences aussi traumatisantes que la sienne. Et puis, ce qu’elle était têtue ! Bon, peut-être qu’en l’envoyant au Dranvouglispenchir… Ah, c’était vraiment du grand n’importe quoi, ça ! Il était vraiment fatigué, finalement…

    « Si la situation actuelle empire, ce sera à cause des dragons », siffla-t-il, haineux, en se croisant les bras. « C’est toujours de leur faute. Toujours. Si tu savais à quel point je les… »

    Il vint pour terminer par : « hais », mais se ravisa. Que faisait-il là ? Allait-il se mettre à raconter sa vie ? Non, certainement pas. Il grimaça, regrettant d’avoir abordé le sujet délicat des dragons. Car parler de lui, de sa vie, à Lyoree Di Sielle… non merci. Il la connaissait à peine ! Ce n’était qu’un de ses subalternes, rien de plus. La seule relation qu’ils auraient se limiterait à celle de chef à soldat. Voilà. Il n’avait pas besoin de se confier à autrui. Il n’avait pas envie qu’on s’attriste sur son sort. Tout ce qu’il voulait… Hum, que voulait-il, au juste ? Se venger ? Déjà dit, ça. Retourner en arrière, revoir ceux qu’il aimait, retrouver sa vie d’antan ? Tellement impossible. Mais il était tellement, tellement, tellement prêt à tout abandonner là, à quitter tout ce fichu pouvoir rien que pour les revoir ! Juste une dernière fois. Pour leur montrer à quel point il les aimait. Les avait aimés, plutôt. Les serrer contre lui, humer leur odeur si particulière. Redevenir normal, même si ce concept était sujet de grands débats inutiles. La vie était une voleuse. Il la détestait. Il ne la quitterait qu’une fois sa vengeance accomplie. Vengeance, vengeance, vengeance… Rien que ce mot-là dans la tête. Et une fois vengé, là, il pourrait mourir. Et la domination d’AutreMonde ? Il s’en fichait. Il ne serait jamais plus heureux, de toute façon. Et il devait avouer n’avoir guère envie de contrôler tous les peuples. Ce serait d’ailleurs idiot. Il tuerait les dragons parce que « ces derniers les contrôlent » pour finalement contrôler à son tour les peuples d’AutreMonde. Un peu de logique, s’il vous plaît, merci !

    Certes, il était cruel. Sadique. Sans pitié avec les faibles. Méchant. Mais au fond, n’importe quel homme ayant vécu ce qu’il avait vécu serait devenu ainsi. Pas trop, trop le choix. Voir de ses propres yeux l’amour de sa vie mourir. Se faire torturer quasiment à mort par des bestioles qui se croient supérieures alors qu’il n’en est rien. Être obligé d’enlever la vie de son propre Familier. Obtenir le pouvoir démoniaque et être marqué d’un cercle rouge. Se faire corrompre. Les gens changeaient inévitablement. C’était un constat. Les événements les changeaient. Est-ce que changer, c’était le mal ? Non, bien sûr que non. Et puis, toutes ces questions philosophiques étaient inutiles. Car tout dépendait du point de vue de chacun. Mais ça, c’était déjà un sujet dont il avait pensé à maintes et maintes reprises. Pas besoin de tout recommencer. Fermant les yeux (même si son interlocutrice ne pouvait le voir), il se reprit, plus doucement, de son habituelle voix de velours liquide :

    « Si tu savais à quel point je les hais, Lyoree. Ils m’ont tout pris. Ma vie n’est que solitude éternelle et épisodes désastreux. (Il soupira.) J’ignore pourquoi je te parle de tout cela. Nous nous connaissons à peine. Pourtant… Oui, pourtant, j’ai l’impression que tu puis me comprendre. Ai-je tort ? »

    Il cessa sa petite tirade, se passant la main dans les cheveux. Pourquoi parlait-il de ça à Lyoree, hein ? Mystère et boule de gomme. Peut-être parce que dans les yeux de la jeune femme brillait un éclat de résignation désespéré. Peut-être parce qu’elle avait perdu des êtres chers, elle aussi. Elle avait dit que tous les Sangraves avaient une vie cauchemardesque. Ce devait donc être son cas à elle aussi, de toute évidence. Souhaitait-elle en parler ? Il y avait quelques minutes, il n’aurait même pas voulu en entendre parler. Sauf que l’ambiance avait changé. Il avait l’impression assez absurde qu’ils pouvaient se confier… se confier des… des choses. Cela était-il donc de… l’amitié ? Oh. Ami avec l’un de ses Sangraves. Étrange idée. Cela voudrait donc dire qu’il ferait du favoritisme envers cette femme ? Oh, pas question. C’était un soldat, elle aussi, comme les autres. Et il se doutait bien que s’il ne la considérait pas comme une Sangrave, on serait peut-être jaloux. Car oui, être ami avec Magister offrait certainement des avantages. Ami avec Magister. Magister. Être ami. Avec Magister. Avec cet homme démoniaque. Possible, pas possible ? Aucune idée. Le chef des Sangraves, depuis Amava, n’avait pas tissé de liens amicaux avec autrui. Il avait évité. Et il n’avait pas le temps. Et voyait mal avec qui il pourrait être ami. Au final, la réponse était ses Sangraves. Ah, mais c’était trop absurde. Et en voulait-il, des amis ? Il n’en voulait pas avant. Mais maintenant ? Avait-il besoin, avait-il envie, de se confier à une personne digne de confiance ? Ce genre d’individus était si rare !

    Il mit son bras contre son ventre. L’autre était à la verticale, prenant appui sur le premier bras. La paume de sa main posée sur sa joue, il… réfléchissait. Encore. Il hésitait, surtout. Sa haine était bien ancrée en lui, mais tout cela ne le mènerait à rien. Il avait besoin d’être… conseillé sur quoi faire. Il n’en avait plus, des idées. Pour des plans machiavéliques. Oh, bien sûr, Snow pourrait l’aider. Mais ce n’était qu’un bras droit, qu’un soldat au fond. Que sa fille. Fille dont la venue au monde était une erreur. Mais le passé était le passé. Alors, vers qui se tourner ? Personne, il n’y avait personne. Personne, non, personne depuis le jour maudit où tout lui avait été enlevé. Chiotte. Cesserait-il de ressasser tout cela ? Il avait beau dire que le passé était le passé et blablabla, mais les souvenirs le rattrapaient toujours, le faisaient souffrir. Des visions horribles du passé, mais oh combien claires ! Il s’en souvenait. Et, derechef, il se laissa aller à ces images.

    Il ouvrit les yeux. Il y était toujours. Confiné dans cette minuscule pièce. Pièce qui puait le sang, la pisse. Voire la peur. Il était toujours enchaîné, bien sûr. Aucune surprise là. Il baissa la tête et sentit le sang qui n’avait pas encore coagulé, sur son front, couler jusqu’à ses yeux, le faisant pleurer. Les larmes, salées, se mêlèrent au liquide vermeil et coulèrent lentement sur ses joues. Spectacle assez particulier. L’homme était attaché au mur, par des chaines d’acier. Ses mains, ses pieds étaient prisonniers de l’étau d’un métal inconnu des AutreMondiens. Un matériau sans doute « Made in Dranvouglispenchir ». Mais malheureusement trop solide pour qu’il puisse s’échapper. Dommage. Puisque la pièce n’avait pas de fenêtres, l’homme ne pouvait déterminer si on était le matin, l’après-midi ou le soir. Tout ce qu’il savait était qu’il avait dormi bien trop longtemps. Tout ce qu’il savait était affreux. Son masque, cadeau d’Amava, était toujours bien en place. Parfait. Oh, non. Amava. Pas ça. C’était la veille que tout s’était joué. Et il avait perdu. Trop perdu. Le frère de sa bien-aimée, c’est-à-dire le roi de ces pilleurs de trésors, l’avait assassinée. Tout simplement. Il avait été présent. Les coups avaient été durs. Et la pauvre dragonne n’avait pu se protéger à temps. Elle avait trépassé.

    Peu après, on l’avait capturé, mis dans cette pièce, attaché, et le supplice avait débuté. Un dragon blanc et vert était entré, transportant avec lui maints instruments de… torture. La suite avait été plus ou moins claire. Il savait ce qu’on lui avait fait, mais la douleur du décès d’Amava, en même temps, le hantait. Il s’était laissé faire, se contentant de hurler toute sa rage, sa colère, sa frustration, sa douleur, sa peine. Il avait récolté une belle collection de blessures, des entailles faisant éclater les veines jusqu’aux cassures d’os. Le tout accompagné de questions du dragon auxquelles il valait mieux ne pas répondre. Il avait donc passé une nuit fort agitée, après, son corps meurtri pendant aux chaines. Il avait appelé, même si cela était vain, son amour, mais évidemment, nul ne lui avait répondu. Heureusement, il n’était pas seul. Son cher Hûûû était toujours en vie. Pour l’instant, se doutait-il. Car hier, lorsque le maudit dragon blanc et vert avait approché un scalpel, enfin ce qui ressemblait à un scalpel, il s’était mordu la langue, faisant jaillir le sang, mais pas trop quand même. Juste pour ne pas hurler de peur. Car il avait ressenti toute la peur du serpent comme si elle avait été la sienne. Il n’osait pas imaginer ce qui se serait passé si on avait vraiment touché à Hûûû… La douleur aurait été insupportable ! Et elle allait l’être, malheureusement.
    L’homme laissa les larmes couler. Le masque les dissimulerait, de toute façon. Il pleura silencieusement, effrayé de la suite des événements. Tout s’était passé si vite ! Comment avait-il pu en arriver là ? Si seulement il n’était pas venu ici… Soudain, des pas retentirent dans le couloir. L’homme masqué retint son souffle. La porte, devant lui, s’ouvrit brusquement. Le même dragon qu’hier, avec les mêmes instruments – mais essuyés, wouah, merci – entra. Il ricana :

    « Ha, ha ! Pauvre petit humain ! Tu n’as qu’à répondre à mes questions et tout ira bien. Tes souffrances cesseront, pour toi et ton serpent.
    - Vous mentez
    , parvint à dire l’homme, le souffle court.
    -
    Serais-tu donc assez idiot pour ne pas répondre à mes questions ? Notre bien-aimé roi attend des réponses de ta part, jeune humain.
    - Il sera déçu, je le crains »
    , répondit-il avec tout le courage qu’il pouvait.

    Car il savait ce qui se passerait ensuite. Et il n’eut pas tort. Ses cris de peur se muèrent en hurlements de douleur pure. Des cris… quasiment animaux. À donner la chair de poule. Les instruments de torture lui ouvraient le ventre, déchiquetant tout sur leurs passages. Le sang n’en finissait pas de gicler. Et lui restait tellement, oh, tellement impuissant là-dedans ! Avec une haine croissante. Et Hûûû, qui, dans sa cage, se tortillait, impuissant lui aussi devant les souffrances de son compagnon. La journée allait être longue.

***


    Il laissa échapper un gémissement de dépit. Il devait le faire. C’était maintenant ou jamais. Le dragon n’était pas là, lui était sur le bord de rendre l’âme et Hûûû se mourrait aussi. Sauf que la chemise venait de réapparaitre, comme miraculeusement. C’était sa chance. De fuir à jamais ce calvaire. Il ignorait combien de temps il avait passé là. Son corps, maculé de sang, était brisé. Il lui fallait partir ! Mais point sans son Familier. Il en mourrait pour de bon, sinon. Il venait de se libérer, grâce à de la magie pas très nette et la voie était libre. Vite, quitter cet endroit ! Sa petite voix intérieure ne cessait de lui souffler cela. Pourtant, il ne se résolvait pas à partir de là. Hûûû en mourrait. Le voyage lui serait fatal. Mais il ne pouvait vivre sans lui ! Trop douloureux. Son âme serait divisée en deux. Il n’avait pas le choix. Il devait partir sans son compagnon animal. Mais, par amour pour le reptile, il n’allait pas le laisser aux mains de ces monstres. Il allait devoir rendre service à son fidèle ami. Le seul ami qui lui restait. Après ça, il serait seul. À jamais.

    Mais c’était ça ou laisser les dragons s’occuper personnellement de Hûûû. Et ça… pas question. Jamais ! Alors, il prit dans ses mains ensanglantées le corps déjà immobile de l’animal mauve et noir. Il l’approcha de son visage masqué. L’embrassant malgré le sang. Le serrant contre lui. Sentant son cœur battre, oh, si faiblement ! Battre une dernière fois. Malgré lui, les larmes se mirent à couler. Comment pouvait-il faire une telle chose ? Le choc allait le tuer en retour ! Mais avait-il le choix ? Absolument pas. Il chuchota donc, la voix tremblante : « Adieu, Hûûû. Je suis désolé ». Et, tandis que ses mains s’éclairait d’une nouvelle magie, de la magie incroyablement noire, il crut entendre, au loin : « Moi aussi. Adieu ! Adieu ! ». La magie démoniaque éteignit la dernière étincelle de vie de l’animal. Et Magister ne sentit plus jamais la voix, ni la présence d’Hûûû dans son esprit. Le corps inerte de son Familier gisait à ses pieds.

    Il revint brusquement au présent. Et, chose étonnante, il sentit… des larmes couler silencieusement sur ses joues. Oh non. Pas devant… Lyoree ! Mais c’était plus fort que lui. Ce souvenir, il n’y avait pas pensé depuis des années. Juste de repenser avec attention à toute la souffrance et le désespoir qui l’avaient envahi à ce moment-là ! Il avait cru mourir ! Le passé était le passé, c’était vrai. Mais c’était si cruel ! Comment avait-il survécu jusqu’ici ? La réponse était simple. Il avait tout simplement fait souffrir autrui. Transmettant toute sa rage sur ses victimes, attendant d’appliquer la loi du talion sur ses tortionnaires. Mais le vide éprouvé depuis ce jour maudit ne l’avait pas quitté. Il faisait du mal aux autres, pour pourrir la vie des autres, comme on avait pourri la sienne. Et puis, il se souvenait qu’il avait aussi – enfin, c’était un de ses Sangraves qui avaient fait le sale boulot, qui avait d’ailleurs crevé – torturé heu… comment s’appelait-il, déjà ? Ah oui ! Galant, le pégase Familier de Tara. Il s’était beaucoup diverti durant ce spectacle macabre. Sauf que, n’empêche, il avait eu un petit pincement au cœur en entendant crier sa pire ennemie. Il y avait eu, dans sa voix, la même, oh oui, la même détresse qu’il avait éprouvée jadis. Il chuchota, encore un peu plongé dans le passé, avec douleur :


    « Ce sont des monstres, Lyoree. Des monstres, te dis-je »


    Il se mordit la lèvre inférieure, regrettant d’en avoir trop dit. Et ces foutues larmes, là, qui coulaient comme un robinet… Quelle honte. Bah, vive le masque, hein !



Anciennement Magister, Birthday, Timothy & Neal (2010-2012)
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Mamie Acacia

ʜeaʀ мe ROAR

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Age du personnage : 26

Couleur de magie : Blanche.
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Moyen


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Résidence : Sur le dos de mon éléphant rose.
Dans le sac : Mon didgeridoo sur le dos et un tomahawk à ma taille.


MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Ven 24 Sep 2010 - 20:24

La jeune femme retint son souffle . Il avait vécu la même chose ? Pas la même chose ? Ça devait néanmoins être tout aussi horrible . Des dragons étaient là dessous . C'était forcément horrible . . . Des monstres impitoyables , qui ne reculaient devant rien pour leurs propres profits . Voilà comment elle les voyait . Ils devaient payer pour ce qu'elle avait supporté durant ces 18 années passées là-bas , mais aussi pour ce que ses congénères avaient , eux , supportés avec elle . Elle les haïssait plus que tout , elle aussi . Plus que n'importe qui et n'importe quoi . Et personne n'aurait pu imaginer à quel point elle voudrait les détruire . . . Un par un , se venger sur eux , leurs faire subir tout ce qu'elle avait subit , les faire souffrir comme elle avait souffert , meurtrie et accablée d'un crime qu'elle n'avait pas commis ; Celui de son jeune frère , qui semblait avoir trouvé la mort sur le sol couvert de sable froid et grisâtre de l'arène . Elle avait été torturée , soumise en esclavage par ces monstres et avait vécu une vie atroce pendant 18 ans de son existence . Lyoree se souvenait parfaitement , malgré elle , comment chaque jour , elle les suppliait ; « Tuez-moi ! Je n'en peux plus , assez ! TUEZ MOI ! » . Comment chaque jour , elle espérait . D'un espoir fou , mais vain , hélas ; Ce moment qu'elle attendait tant ne vint que bien trop tard . Elle avait dors et déjà perdu la raison , hurlant sa peine et se débattant violemment contre les barreaux de son foyer inconfortable . Finalement , elle s'était calmée , pleurant pendant plusieurs jours elle et sa défunte famille . Après quoi elle avait tenté d'oublier . Mais aujourd'hui , elle était là non pas pour pleurer mais pour se venger . Et rien ni personne ne la fera reculer . Jamais elle n'aura pitié . Après tout , n'avait elle pas cette réputation de n'éprouver aucun sentiments ?

Enfin , elle devait avouer que cela l'avait touché . Seul ? Et qui lui dit qu'il était seul ? Elle aussi , elle pensait être seule . Mais on lui tendait la main . Suffirait-il que quelqu'un lui tende la main pour qu'il réalise qu'il n'est pas seul ? Elle aussi voulait se venger . Elle aussi se sentait seule . Elle aussi avait beaucoup perdu et n'avait finalement plus rien . Elle aussi , enfin , avait souffert . Énormément souffert . Mais pourquoi y repenser ? Le passé est le passé et le présent est le présent . Vivre sa vie à l'instant présent , n'était-ce pas ce qu'elle avait entendu ? Et puis , c'était si triste , si terne , de se contenter de vivre dans le passé , en se remémorant chaque jour les atrocités que l'on pouvait avoir subit . . . Qu'avait-il vécu , lui ? Qu'est-ce que les dragons lui avaient fait ? Ce devait être terrible . Aussi horrible qu'elle . . . ? Les larmes lui montèrent aux yeux en y repensant . Ces monstres ne cesseront-ils jamais de faire du mal aux autres ? Se croiraient-ils si supérieur pour se permettre ça ? Elle les détestait , ça oui , elle les détestait . Elle les haïssait , même . Jamais elle n'avait éprouvé autant l'envie de tuer quelqu'un . Si seulement elle pouvait . . . Mais elle n'était pas capable à elle seule . C'est pour cette raison qu'elle avait rejoint les Sangraves . Et voilà qu'elle se retrouvait à discuter avec Magister , seul à seul , en pleine nuit vers 2 ou 3 h du matin . De quoi être vachement intimidée , en fait . Surtout pour quelqu'un qui n'a pas pour habitude d'avoir une véritable vie sociale . La jeune femme devait avouer qu'elle était un peu mal à l'aise . Et mélancolique . Et elle compatissait avec la douleur qui semblait agiter son Maître . C'était dur , de se rappeler . Mais elle ne voulait pas que quelqu'un d'autre souffre à cause d'eux . Elle ne le supporterait pas .

Poussée par sa volonté , Lyoree se leva et avança lentement vers son interlocuteur . Sa vision était brouillée par les larmes qui lui montaient au yeux mais ne coulaient pas . Tant de souffrance . . . Personne ne devrait avoir vécu ça . C'était inimaginable . Alors qu'elle s'arrêta devant lui , les larmes coulèrent enfin . Le visage sombre , elle s'affaissa contre le fauteuil et passa ses bras dans son dos , entrainant celui qui était son maître dans une étreinte froide et triste . Jamais elle n'avait autant éprouvé le besoin de parler , de chérir à nouveau . Ne plus se sentir seule . Elle ne réalisait pas bien ce qu'elle faisait . Ses larmes , salées et amères , glissèrent sur ses joues et finirent par s'écraser au sol . Elle n'en pouvait plus , supporter d'être seule , détestée . Elle avait beau dire que ça ne la dérangeait pas , qu'elle n'y trouvait rien de vraiment désagréable , elle restait tout de même bien attristée à l'idée qu'on la fuisse de cette façon . N'avait-elle pas le droit à une seconde chance? Lui aussi , il peut encore être aimé . Lui aussi avait le droit de vivre – ou revivre - ça . Il n'était pas tout seul . Vraiment pas .

< Retirez ce que vous venez de dire . Il vous reste quelque chose . > murmura-t-elle avec peine d'une voix tremblante . < Vous êtes en vie et vous avez encore des sentiments . >

Parler . Dire ce qu'elle pensait , ce qu'elle pense . Elle ne l'avait jamais fait , renfermée et repoussée . Elle n'en avait même jamais eu l'occasion . Alya ne l'aurait pas écoutée . Elle , elle se foutait sans doute complètement de la jeune femme . Peut-être même qu'elle se réjouirait si Lyoree mourrait ? Après tout , elle la haïssait tellement . . . La haine n'était pas une chose simple . C'était sans doute encore plus difficile à comprendre que l'amour , l'amitié ou n'importe quel autre sentiment . Vivrait-elle autre chose que la haine ? Elle qui n'avait jamais véritablement éprouvé d'affection envers quiconque , elle qui n'existait que pour se venger , pour faire payer à ces monstres , allait-elle trouver une autre raison de rester en vie , un jour ? Cet espoir lui semblait si irréel , si impossible . . . Un espoir vain , en vérité .

< Je ne me considère même plus comme encore vivante . Je n'ai rien perdu ; je n'avais rien depuis le début . >

Facile de deviner qu'elle avouait avoir vécu sur le continent interdit . Que cela pouvait être d'autre ? Peut-être que lui ne comprendrait-il pas . Peut-être qu'il ne voudrait pas chercher à comprendre . N'avait-il pas déjà assez de problèmes avec les siens ? Néanmoins , elle , elle ne pouvait s'empêcher de compatir . Elle savait ce que c'était que de vivre ainsi , caché , à ressasser le passé à la moindre occasion . Était-ce de la pitié ? Ou bien parce qu'elle se reconnaissait ? La lycanne balaya ces deux pensées et resserra son étreinte . Jamais plus elle ne voulait se sentir seule .
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MessageSujet: Re: Just A Little Girl < PV Leechy >   Lun 27 Sep 2010 - 3:42

« In this moment that we both ignore the truth
It’s all over
I feel your heart against mine
So take a breah and close your eyes
»,
A Boy Brushed Red Living In Black And White – Underoath



    Les larmes coulaient sur ses joues. Il ne bougeait pas. Il se repliait sur ses souffrances, ses peurs, ses douloureux souvenirs. Il était, comme certains diraient, dans sa bulle. Une bulle constituée de malheurs. Une existence ratée. Des envies de carnages sanglants. Une peur qui jamais se s’éteindrait. Une solitude éternelle. Que personne ne pourrait combler. Être seul. Pas de famille. Pas d’amis. Rien. Que le Néant. Et le cauchemar qui vient avec. Il évitait de regarder la jeune femme. Il n’avait pas envie de lui faire face. Il n’avait pas peur d’elle – loin de là – mais il se sentait mal à l’aise de s’exprimer avec ces larmes qui trahissaient ce qu’il ressentait à ce moment précis. Il avait juste… oui, presque honte de se laisser aller ainsi. Habituellement, il ne le faisait jamais. Habituellement, il dominait tout son petit monde – les Sangraves – et tuait les êtres nuisibles – les Sangraves inefficaces – tout en s’efforçant de se venger. En vain. Il avait déjà lancé des attaques contre les reptiles, mais cela n’avait guère fonctionné. Toujours, oh oui, toujours, ils reprenaient le pouvoir, contrôlaient tout AutreMonde, tous les univers, et cela le mettait, lui, dans un courroux terrible ! Non, mais, pour qui se prenaient-ils, ceux-là ? C’était un jeu, pour eux, ou quoi ? Ils voulaient jouer ? Eh bien ! Qu’ils sachent que ce petit jeu-là se jouait à deux, voire à plusieurs. Les ennemis du Maître des Sangraves étaient toujours à découvert. On savait précisément qui ils étaient. Le contraire n’était pas vrai. Personne ne savait qui il était, lui. Et c’était très bien ainsi. Cela n’était pas près de changer.

    Il sentit alors une présence, mélancolique et désespérée, près de lui. Relevant la tête, il fut surpris de voir là Lyoree. Bon, c’est sûr, on était trois heures du matin : il était donc peu probable qu’une tierce personne soit entrée. Disons plutôt qu’il était surpris de voir que Lyoree s’était levée. Pour venir jusqu’à lui. Mais chiotte. Que fichait-elle là ? Si proche ? C’est alors qu’il les remarqua. À cause des ombres, on voyait mal, mais à présent, l’homme voyait tout. La jeune femme… pleurait, elle aussi. Pourquoi donc ? Qu’avait-il pu bien dire qui ait pu la bouleverser à ce point ? Il avait parlé de sa vie passée. Des dragons. C’était pratiquement tout. Alors quoi ? La Sangrave avait-elle été émue par son passé ? Peu probable, pas avec le peu qu’il avait dévoilé. C’était donc… les dragons ? Quoi ? Pas elle aussi ? Hum, d’un côté, c’était probable. Les sauriens étaient nombreux et nombreuses également étaient leurs victimes, éparpillées un peu partout à travers le monde. Les victimes du Continent Interdit, par exemple. Il avait assidûment suivi cette affaire-là à l’époque grâce aux bulletins de nouvelles quotidiens, sur sa boule de cristal. Huhu. Parce que c’était à cause de lui que tout s’était déclenché. N’était-ce pas lui qui avait kidnappé Betty – à défaut de kidnapper Tara – et qui l’avait emmenée sur ce continent maudit ? Bref, tout ça pour dire que Lyoree faisait-elle partie de ces victimes de la déchue et… décédée Reine Rouge ? C’était possible. Mais il n’avait pas envie d’obtenir confirmation. Si elle souhaitait lui en parler, qu’elle lui en parle ! Il n’allait pas la forcer.

    Magister la regardait à présent droit dans les yeux. Ses yeux à lui étaient plissés, humides d’eau salée. Que voulait-elle faire, enfin ? Puis, il eut la réponse : elle s’assit à ses côtés. Dans le même fauteuil. Grand, le fauteuil… on va dire, hein. Elle venait d’entrer dans sa bulle dépressive. De son plein gré. Devenus dépressifs à ne songer qu’au passé, ils étaient maintenant rassemblés. Deux âmes égarées. Qui ne demandaient qu’à être aimées. Un jour, ils le seraient. Ce jour était proche. Car leurs vies s’étaient entrelacées. Tout simplement. Et ce fut confirmé lorsqu’elle se pencha vers lui. Se pencha, se pencha, se pencha… Puis ouvrit ses bras, affectueuse (pour une fois, imaginait-il), enserrant avec une compassion tout à fait authentique son corps puissant. Il l’avouait : elle l’avait vraiment surpris, là. Il ne s’y attendait vraiment pas. Aussi tressaillit-il. Il n’était VRAIMENT PAS habitué aux démonstrations affectives, alors… C’était quasiment nouveau, ça. Et encore… Jadis, il n’aimait pas trop les câlins et tout le tralala. Et aujourd’hui ? Il n’en recevait jamais. Sauf là. En ce moment même. Il ignorait quoi dire, quoi faire. Surtout que celle qui lui faisait un câlin était… Lyoree. Vous savez bien, la Sangrave qu’il avait engagée il y a peine… quoi ? Une semaine ? Faut croire qu’il ne perdait pas son temps, Mag’… Tsst. Enfin, la Sangrave souffla des mots. D’espoir. Des mots que jamais il n’aurait cru entendre. De la bouche de quiconque. Alors oui, c’était une surprise. Les mots en eux-mêmes l’étonnaient. Il lui restait encore quelque chose ? Ah oui. Il lui restait sa vie. Il était… vivant. Pour certains, c’était une malédiction. Oui, il avait vécu des événements indépendants de sa volonté. C’était donc quelque chose, ça ? Quelque chose de pas bien beau, il le craignait. Et que lui restait-il donc ? Des sentiments. Alors là, c’était à s’en décrocher la mâchoire.

    Des sentiments. En avait-il réellement encore ? Ou bien Lyoree voulait juste lui remonter le moral ? Peut-être, aussi, qu’elle ne le connaissait pas suffisamment. Elle ne l’avait pas vu agir en tant que Méchant. Les seules fois où elle avait eu l’occasion de lui adresser la parole était lors de son arrivée à la Forteresse et en ce moment. Elle ne l’avait pas vu se mettre en une colère noire, le genre de moment où tuer devient une nécessité. Un besoin fondamental. Alors comme ça, elle croyait naïvement qu’il avait encore des sentiments ? Naïvement ? Pas tant que cela. Car il avait… pleuré, non ? N’étaient-ce pas des sentiments, ça ? Une manifestation de la tristesse d’avoir tout perdu. Et son amour pour Selena. C’était des sentiments et elle le savait. Aussi bien le dire tout de suite : Lyoree avait raison. Seulement, il lui en coûtait de l’avouer. Ces dernières années, il s’était emmuré dans cette prison glaciale, faisant taire ses sentiments. Il ne voulait pas être faible. Mais il devait se rendre à l’évidence : au plus profond de lui, il le savait. Il était faible. Rien qu’une victime des dragons, et puis voilà. Hum, était-ce une justification de ses actes, ça ? Il l’ignorait. Et s’en fichait démoniquement. Huhu.
    Lyoree poursuivit sa petite tirade émouvante. « Je n’ai rien perdu ; je n’avais rien depuis le début ». Cette phrase était assez significative. Mais il ne s’en soucia guère. Si elle souhaitait en parler davantage, qu’elle le fasse. Comme il se l’était dit, il n’allait pas la forcer. Pour le moment, il ne disait rien. Il se contentait d’apprécier cet élan de sympathie. Et voilà qu’elle l’enserrait davantage. La faire lâcher prise brutalement n’était pas vraiment une bonne idée. Et puis… il n’en avait pas envie. Ha ! Pour une fois, oui ! De la paume de sa main, il essuya les larmes, avec une grimace. Il avait l’impression d’être un gamin. C’était dingue, brailler de même. Et surtout, inutile. Mais cela lui avait fait du bien. Il allait mieux. Un peu mieux, disons. Sauf que la fille, là, collée contre lui, n’allait pas bien. Que faire ? La consoler ? Comment ? En lui parlant ? En se taisant ? En la prenant dans ses bras ? En général, il ignorait les gens déprimés. Qu’ils dépriment donc ! Lui, il avait d’autres trucs – genre, comploter des plans machiavéliques dont le taux (élevé) de « foirage » s’élevait à 90 %, voire plus – à faire de sa vie. Il n’était pas habitué à réconforter les gens. Et le rôle, franchement, ne lui seyait vraiment pas. C’était un rôle trop… gentil. Mais… il sentait que… chacun avait besoin de l’autre. De leur présence mutuelle.

    Alors, « spontanément », en ayant au préalable roulé les yeux, pour la forme, il prit Lyoree dans ses bras. Ainsi restèrent-ils, comme soudés l’un à l’autre. L’un tentant de réconforter l’autre. Magister ferma les yeux, posant son menton contre l’épaule de la lycanne. Il n’avait pas l’intention de s’endormir, rassurez-vous. Juste de se reposer. De profiter du moment présent. Il n’avait pas eu de tel moment depuis un bon bout déjà. C’était étrange. Quiconque entrant dans cette pièce et le voyant enlacé à Lyoree croirait avoir la berlue. C’était quasi impossible. Le Maître des Sangraves qui réconforte la nouvelle recrue, voyez-vous cela ! (Wohh, le « chouchoutisme » !) Toutefois, cela lui faisait du bien. Et à Lyoree aussi, il en était presque sûr. Ils se connaissaient à peine, mais croyaient déjà se connaître, se comprendre. Une intense complicité. Cela lui rappelait… la première fois qu’il avait rencontrée sa dragonne préférée… Bien sûr, cette fois-là, ils ne s’étaient pas fait un câlin pour se réconforter ! Elle était bien trop joyeuse pour cela. Elle aimait… ou plutôt, avait tellement aimé la vie… Et tout ça était un chapitre de jadis. Et encore une fois, malgré lui, la plaie se rouvrit. Coulèrent derechef non du sang vermeil, mais des larmes salées et chaudes. Les larmes trempèrent un peu la robe de sortcelier de Lyoree. Lui en voudrait-elle ? Il espérait bien que non. Ah, et puis slurk ! Elle n’était pas superficielle, cette fille-là. Elle ne pouvait l’être. Il ne s’éloigna nullement. Mais répondit, d’une voix brisée :

    « Je suis encore en vie et j’ai des sentiments, oui. Et puis… »

    Il vint pour ajouter quelque chose, mais se retint. Il se demandait si ce qu’il allait dire ferait… faux. Comme avec Selemba, genre. Était-il en train de manipuler la brunette ? Pas sûr… Non, il était sincère, pour cette fois. Pas comme avec le Chasseur. Avec cette dernière, tout ce qu’il disait sonnait faux. « Va faire ci, va faire ça ». Même ses « je t’aime » pour davantage la manipuler étaient limite ridicules. Mais la Vampyr semblait s’en accommoder. Mais avec Lyoree, c’était… différent. Ce n’était pas de l’amour (huhu, pas encore), mais le début d’une grande amitié. Enfin, c’est ce qu’il croyait. Car celle qu’il aimait ne l’aimait pas et tout. C’était compliqué. Peut-être pourrait-il se confier à la lycanne à ce sujet. Un de ces jours… Peut-être ne comprendrait-elle rien. Comment et pourquoi aimer un être que vous avez tant fait souffert ? C’était débile. Et pourtant. C’était ainsi. En tout cas. Sa phrase était inachevée. C’est donc de manière tout à fait sincère que Magister dit à Lyoree :

    « … Je t’ai, toi »

    Okay, c’était peut-être un peu trop, ça. Mais il avait eu envie de le dire. Parce qu’il avait l’impression, la très bizarre impression que elle seule pouvait vraiment le comprendre. Irait-il jusqu’à prétendre avoir besoin d’elle ? En tant que Sangrave, oui. En tant que… autre chose, non. Et toutes ces démonstrations d’affection, n’était-ce pas trop tôt pour une seconde rencontre ? Sans aucun doute. Mais ils se comprenaient mutuellement. Ils n’avaient pas vécu les mêmes horreurs, non, mais presque. Ils avaient les mêmes ennemis. Et ensemble, ils triompheraient. Pour l’instant, Mag’ sourit (oui, même si son interlocutrice ne pouvait le voir), puis se décolla doucement. Il s’essuya encore les joues, agrippa la main de la jeune femme, puis la serra fort dans la sienne. C’était bon, comme moment. Presque magique.

    Et le moment (presque) magique fut gâché par son bâillement. Car oui, il bailla. Très impoli, mais compte tenu de l’heure à laquelle ils se trouvaient, aucune surprise. Cela signifiait qu’il était temps d’aller faire dodo. Avait-il envie de dormir ? Heu, en toute franchise… oui. Alors, les nouveaux amis allaient se dire « au revoir ». À moins que Lyoree ne vienne dormir dans ses appartements… Ha, ah. [Dormir, j’ai dit, hein… Pervers repérés !] L’homme masqué tourna son masque vers elle, hésitant à demander… Ah, là, là, que c’était dur, de socialiser !

    [HJ : Arf, désolée de jouer Mag’ aussi « gentiment », je me rends bien compte que je le joue TRÈS mal dans ce RP… Mais j’assume et j’ai hâte que tu me répondes =P]



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