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 Vitesse de Croisière [PV Milana]

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Rain


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MessageSujet: Vitesse de Croisière [PV Milana]   Mer 6 Oct 2010 - 22:51

[Finalement j'ai pas fait exactement comme j''avais dit, désolée X)]

Vitesse de Croisière.
PV Milana Nan'Llema.


    Le tangage et le roulis, doux, berçaient la traversée lente. Ce n'était pas vraiment une croisière. Ce n'était pas non plus une mission. C'était un simple entre deux. Rain se demandait encore vaguement comment elle était arrivée sur ce bateau, mais franchement, s'y trouver ne lui déplaisait pas. Ses pas l'avaient guidée jusqu'au port, et elle avait trouvé l'embarcation belle, et intéressante – intriguante – en un point, mais elle n'avait pas réussi à mettre le doigt sur quoi. C'est aussi ce pour quoi elle s'était embarquée. Pour découvrir ce qui pesait sur ce bateau. Peut être était-ce simplement des sorts de protection pour le rendre plus solide. Peut être autre chose. La jeune Sortcelière ne savait pas. Et elle voulait savoir. Avec l'aide de quelques crédits-mut, elle n'avait pas eu trop de problèmes pour se faire accepter à bord. Et à part une attaque de pirates, ou une tempête, elle ne voyait pas vraiment à quel genre de dangers elle pourrait avoir affaire en mer. Et pour être franche, elle s'en fichait éperduemment. Elle portait une entière confiance en sa magie et était pertinnement certaine de pouvoir se tirer d'à peu près n'importe quelle situation. Aucun souci pour elle donc. Appuyée contre le bastingage, sur le pont supérieur, elle avait vaguement balayé du regard l'activité qui régnait à cet étage. Des marins s'activaient près des voiles, des passagers se promenaient, discutaient, ou se dirigeaient vers le cabine, guidés aimablement par le capitaine du navire. Rien de bien exceptionnel, donc. Et Rain avouait qu'une petite traversée tranquille comme ça, si elle pouvait le rester, lui plaisait bien. Non pas que sa vit soit très stressante, ça non. Mais quand même. Prendre un bon bol d'air quand on vivait le plus souvent dans le Palais d'Omois, c'était profitable. Et Sepia, le Familier, était bien d'accord avec son amie. Assis sagement à côté d'elle, et trop petit pour voir par dessus le pare-fou/suicidaires, il pouvait cependant admirer le paysage par l'intermédiaire de la jeune Sortcelière qui lui laissait voir ces belles images depuis ses pensées, en temps réel. Les yeux du Familier étincelaient de joie.

    Rain sourit et observa la mer, d'un bleu éclatant sous le ciel turquoise parsemé de nuages vaguement gris, moutonnant dans les cieux infinis comme une petite bande d'amis. Les flots se soulevaient et retombaient régulièrement en une longue houle que le bateau suivait sagement, dans un grand fracas de coque retombant brusquement dans l'eau, laissant derrière lui une traînée d'écume blanche magnifiquement pure. Sur la crête des vagues, illuminées d'argent par le ciel, dansaient des reflets et des embruns volaient. Dans les creux, des ombres fugaces se mouvaient et disparaissaient avant qu'on aie pu les identifier. Les profondeurs abyssales de la mer inquiétaient passablement, insondables et dangereuses, mais peu importait. Perchée fièrement sur le pont du bateau, c'était comme si Rain se sentait intouchable, reposée par le calme du bruit régulier de l'onde pure venant s'écraser contre le bois dur du bateau, et par le bohneur tranquille qui émanait de son familier. Le vent fouettait son visage, faisant voleter ses mèches toutes d'argent nimbées. D'ailleurs, ce vent ne s'était-il pas renforcé ? Elle sortit de sa rêverie. Elle s'était enfoncée dans l'absence plus longtemps, et plus profondément que ce qu'elle croyait. Un instant, elle avait perdu la conscience du monde autour d'elle. Ou même plusieurs poignées de minutes. En effet, le temps avait brusquement changé, comme ça lui arrive en mer. Les nuages gris éparses s'étaient faits plus épais et opaques, et avait recouvert entièrement le ciel comme un voile lourd et inadéquat. De plus, ils filaient vite et loin, comme fuyant une force invisible. Le vent qui avait beaucoup forci. C'était ce qui avait tiré Rain de son monde de rêves. Le mouvement lent du bateau s'était fait plus saccadé, l'état de la mer ayant changé. La houle s'était faite plus serrée, plus rapprochée, les vagues plus hautes et leurs brisures plus cassantes, des diadèmes d'écume couronnant les risées innombrables. Sepia lui aussi venait de se réveiller, et du souci se faisait clairement lire dans son esprit.

    Plusieurs personnes couraient sur le pont, la plupart se réfugiant dans les cabines. Les matelots se dépéchaient d'affaler les voiles, parfois à grands renforts de magie de diverses couleurs. Le capitaine hurlait des ordres, autant pour mettre ses passagers à l'abri que pour assurer la bonne marche des opérations. Rain le comprenait. Elle n'aurait pas aimé qu'un tel bateau avec autant de passagers dedans fasse naufrage. C'était carrément utopique ce genre de délires. Mais bon. Tout pouvait arriver. Le capitaine l'avisa et il courut vers elle, essouflé d'avoir tant de choses à penser pour gérer tout son petit monde. Il lui demanda, poli mais pressant, d'aller se réfugier dans une des cabines, lui précisant un numéro. Woa, Rain aurait sifflé, admirative, si elle n'avait pas eu conscience que la situation était grave. Le capitaine se souciait encore des numéros de cabine de ses passagers avant de les évacuer du pont. Remarque, c'était peut être mieux pour éviter l'anarchie. La jeune Sortcelière se retint de hausser les épaules avec dédain, pensant malgré tout qu'il se faisait un peu trop de souci pour rien, et se dirigea vers ladite cabine, Sepia sur les talons. Il lui renvoyait des sentiments interrogatifs, du genre « qu'allait-il se passer à présent ? » Mais conservait le calme qu'il avait hérité de l'adolescente. Elle lui tapota l'aile et, ouvrant la porte et la refermant en coup de vent, histoire qu'une malheureuse rafale ne l'arrache pas, elle s'engouffra dans le couloir, son pantalon ample et son T-shirt du même acabit cessant de battre tels une voile mal tendue au gré des rafales. Elle s'autorisa un soupir, se rendant compte que la puissance du vent l'avait vaguement empêchée de respirer au gré de ses courants d'air, et parcourut le couloir tout en observant attentivement les plaques qui numérotaient les cabines. Evidemment, elle n'était pas seule, loin de la. Beaucoup de personnes, humains surtout, se pressaient pour trouver la cabine qui leur avait été attribuée en urgence, et l'on entendait beaucoup de discussions animées provenant de toutes parts, chacun y allant de son petit mot sur la plus ou moins méchante tempête qui se préparait. Sans écouter aucunement, sachant elle même à quoi s'en tenir, Rain repéra enfin la cabine de son malheur et sans réfléchir, ouvrit la porte et entra. Elle avoua qu'elle n'avait pas songé qu'il puisse déjà y avoir quelqu'un dedans. D'ailleurs elle crut en premier lieu qu'il n'y avait personne. Puis elle aperçut quelqu'un, une simple humaine comme elle. Simple n'était jamais vraiment le mot sur autre monde, mais il lui paraissait malgré tout adapté. Un instant désappointée par la présence de la jeune fille – elle n'aimait pas la compagnie forcée lorsqu'elle ne connaissait pas les concernés – elle força une salutation polie à sortir de ses lèvres.

    « Bonjour... »

    Elle resta debout, presque bêtement, plantée à côté de Sepia. Elle ne sourait ni ne grimaçait, non, une expression indéfinissable barrait ses lèvres et ses yeux d'un gris bleu infini. Elle espérait que ce n'était pas quelqu'un de trop bizarre. Elle espérait que c'était quelqu'un qui n'allait pas essayer pendant trois heures de débuter une conversation avec elle. C'était tout. Elle espérait que la tempête se termine bientôt, et qu'elle pourrait retourner bien tranquillement méditer sur le pont. Juste ça.


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Pavlina Wood


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MessageSujet: Re: Vitesse de Croisière [PV Milana]   Ven 8 Oct 2010 - 19:59

Se détacher du monde. Oublier. Sans doute était-ce la meilleure solution.
Milana ferma ses paupières avec une lenteur finie, s'efforçant de laisser dériver ses pensées vers d'autres horizons. Non, elle ne se trouvait pas du tout sur une embarcation de bois ornementé quelque peu démesurée, embarcation tanguant -ou plus exactement imitant les montagnes russes- sur les eaux pourtant calmes de l'immense étendue turquoise que laissait voir la mer d'Aquaria. Bien évidemment, la quasi-totalité des passagers trouvaient sans doute le paysage magnifique, admiraient certainement la beauté de l'écume explosant en embruns semblant d'argent sous les reflets du soleil, s'amusaient sûrement à essayer de deviner quelles étaient les gigantesques ou minuscules créatures aquatiques dont l'ombre se découpait de façon floue sur les eaux par endroits presque transparentes. Quelques magnifiques bllls dont il serait possible d'en capturer quelques uns pour les installer dans sa luxueuse piscine intérieure à mosaïque carrelée ? Terrifiant kraken dont les ténébreuses tentacules pourraient se glisser insidieusement sur le ponton et attraper par la cheville quelques bambins pour en faire leur repas ? Ou peut-être même... une de ces colossales balboune qui daignerait faire l'honneur aux passagers curieux d'écouter un de ses inoubliables mélodies ?
Milana s'en fichait éperdument. Sa longue chevelure noire formant comme un rideau autour de son visage pale, la tête entre les mains, elle s'était assise -ou plutôt à moitié allongée- contre le bastingage. Certes, le roulis du bateau était d'une douceur tranquille, mais pour une jeune sortcelière malade à la simple idée de prendre la mer... cela équivalait -comme dit précédemment- à des montagnes russes particulièrement.... maladives. Lïn, l'aigle royal de familier, avait fermement accroché ses serres au rebord de bois sombre. Bien qu'il ne partagea pas la peur, et le mal de mer très développé, de sa compagne d'âme, il préférait ne pas tomber à l'eau. Simple question d'esthétisme, les plumes trempées, puis froissées, ne faisaient jamais bon effet. Et il n'était pas certain de pouvoir déployer ses ailes et de corriger sa trajectoire avant d'avoir atterri dans les eaux d'Aquaria. Ou dans la machoire d'un kraken, tout dépendait.

Ses sens étrangement démultipliés, tout semblait trop bruyant à Milana. Les conversations que tenaient les mères de famille sur divers sujets -allant des quelques dernier produits ménagers jusqu'aux mauvais choix politiques qu'avaient pu prendre l'impératrice Omoisienne, ou celles qu'avaient engagés de séduisants hommes d'affaires accoudés à la balustrade auprès de tout aussi jolies jeunes femmes minaudant et battant des cils. Les cris des enfants courant sur le ponton supérieur, ou même sur tout les autres, alors qu'ils jouaient à des jeux tels que "BSH contre brigade noire, à l'attaque !". Les hurlements du capitaine destinés aux marins affairés. Les lassants conseils de Lïn pour mieux respirer, car il avait pris depuis quelques temps la mauvaise habitude de se prendre pour un professeur de yoga -précisons bien qu'il n'avait jamais suivi le moindre cours. Même les passagers qui se dirigeaient vers leurs cabines ou quelques amis aperçus plus loin semblaient faire trembler le sol, les secousses se répercutant jusque la jeune fille brune. Peut-être seulement psychologique, mais tout semblait accentuer son mal de tête. Son mal de ventre aussi. Son mal de... fatigue ?
Mais quelle idée avait-elle eu de monter sur ce ridicule bateau ! Certes, elle n'avait pas tellement eu le choix. Il avait bien fallu qu'elle respecte les ordres, qu'elle accomplisse la mission, sinon elle aurait pu dire adieu au petit pécule d'argent ! Mais tout de même, devoir se faire passer pour une innocente et discrète touriste Lancovienne, et prendre un de ces à la fois luxueux et superficiel, mais aussi mystérieux et fascinant bateau, et faire croire qu'il s'agissait pour elle d'une simple croisière... c'était tout de même exagéré. Arrivée au port, elle n'avait eu aucun mal à trouver le navire décrit par sa patronne. On ne pouvait passer à côté de ce gigantesque paquebot vaguement inspiré de ceux des pirates, avec une proue ouvragée. Cependant, même l'ensemble était magnifiquement ornementé, et la clientèle était elle que la sortcelière n'avait plus eu aucun doute après avoir aperçu une île miniature dont les palmiers étaient agitées par une brise imaginaire, et autour de laquelle de minuscules oiseaux multicolores tournoyait... qui était en vérité un chapeau dit "à la dernière mode d'Omois" d'après la femme sur-maquillée qui avait... hum... l'honneur de le porter.
Milana se tira brusquement de ses pensées moqueuses et de ses plaintes informulées, ouvrant brusquement les yeux. Était-ce une bonne chose de garder les paupières closes ? Le tangage du bateau ne se faisait-il pas plus sentir lorsqu'on quittait du regard les eaux calmes d'Aquaria ? La jeune fille se redressa maladroitement, ce qui ne fit qu'accentuer cette irritante envie de vomir à tout bout de champ.
"Lïn ? Ça t'embête si on retourne dans la cabine ? J'aimerais bien agoniser en paix."
L'aigle hocha le bec. Il aurait préféré rester sur le pont à respirer cet agréable air marin qu'on ne trouvait pas dans la capitale, mais il était conscient que ce même air faisait "agoniser sa maîtresse"
S'envolant d'un battement d'aile, il se dirigea vers la porte entrouverte qui donnait sur le couloir. Milana le suivit, manquant tomber à chaque pas, sa robe de sortcelière balayée par la brise devenue vent léger en l'espace de quelques minutes. Retourner à l'intérieur n'arrangea pas le mal de la jeune fille, qui se disait cependant que ce serait tout de même mieux que de s'étouffer avec moitié avec de l'air salé. Regardant d'un air absent les portes qui s'alignaient de chaque côté de l'étroit couloir aux murs lambrissés de bois bleuté, ce fut Lïn qui désigna de la serre la cabine destinée à sa maîtresse.

Milana eut un léger froncement de sourcil en apercevant un deuxième lit, mais n'y prêta pas plus qu'une seconde d'attention. Elle se sentait trop mal pour espérer que sa colocataire ne souffre pas elle aussi des mêmes symptômes, et apprécie de rester sur un ponton mal abrité et frisquet. La jeune fille brune se laissa tomber sur le lit aux épaisses et confortables couvertures. Elle aurait sans doute accordé plus de reconnaissance à sa patronne de lui avoir réservé une place dans un tel bateau dans d'autres circonstances, mais préféra prendre un grimoire au hasard dans la valise qu'un employé avait déposé là, et commença sa lecture. Ou plus exactement s'efforça de lire afin d'oublier ses soucis, ce qui était à la limite de l'impossible.
La sortcelière dut s'endormir, Lïn à ses pieds, car lorsqu'elle retrouva ses esprits elle eut l'impression que les montagnes russes devaient appartenir à un parc d'attraction bien plus dangereux. Ou peut-être que son wagonnet avait déraillé. Le bateau tanguait bien trop dangereusement, elle entendait les vagues s'écraser contre la coque du navire et les cris à la fois calmes et quelque peu affolés du capitaine, qui conseillait aux passagers de joindre leurs cabines au plus vite. Milana dut rassembler tout son courage pour quitter son agréable position, et regarder par le hublot le plus proche. Les moutonneux nuages qui parsemaient le ciel quelques temps plus tôt étaient devenus une couvertures grise et noire cachant le ciel bleu, et la jeune fille n'aurait pas été surprise de voir quelques éclairs traversaient cette épaisse couche. Cependant, le tonnerre n'avait pas encore daigné participer au concerto qu'offrait les vagues se fracassant et le roulis du bateau. La demoiselle brune retourna s'allonger contre ses coussins, son livre toujours sur les genoux, mais dut malheureusement lever les yeux lorsque la porte de la cabine s'entrouvrit.
Maudite soit la personne qui osait la troubler dans son agonie...


-"Bonjour... "
Milana jeta un regard quelque peu dédaigneux -et absent- à la jeune fille au teint blafard qui se tenait juste devant la porte. Sa chevelure argentée cascadait le long de son dos alors que ses yeux d'un bleu étrange brillait d'une lueur tout aussi mystérieuse. Du moins était-ce l'avis de Milana, qui en remarque même pas le surprenant familier qui accompagnait la très... attendue colocataire.
-"Hum... Bonjour."articula d'une voix désintéressée la sortcelière brune avant de se replonger dans le livre qu'elle ne lisait pas.
Car à moins que la jeune fille ne soit une apprentie-chaman, Milana avait peu envie d'engager une conversation avec elle. Quoi qu'elle soit obligée de parler pour savoir quelles études faisait la nouvelle arrivante. Mais pas question de perdre le peu de force dont elle disposait encore pour en savoir plus sur la vie d'une inconnue.
Et comme le fit insidieusement remarquer le sournois Lïn, l'indifférence de la jeune fille semblait partagée...

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Rain


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MessageSujet: Re: Vitesse de Croisière [PV Milana]   Sam 9 Oct 2010 - 19:11

On ne retient pas l'écume,
Dans le creux de sa main.



    L'autre personne présente était étendue sur un des deux lis meublant la cabine exigüe, couchée parmi les couvertures froissées, un livre ouvert posé retourné sur ses genoux. Elle n'avait pas l'air spécialement bien en point, le visage légèrement pâle. Rain n'eut pas besoin de beaucoup de culture pour deviner de quel mal souffrait la jeune fille : Mal de Mer. Il était certain que se trouver dans ce bateau qui dansait de tous côtés ne devait pas être excellent pour les personnes souffrant de ces maux dus à un mauvais sens de l'équilibre. Rain elle même, peu de temps après avoir salué et tandis que la personne inconnue ne semblait guère pressée de répondre, fut déstabilisée par un coup de houle plus fort qui ébranla le preux navire et ne dut son salut qu'au montant de la porte auquel elle se rattrapa au dernier moment. Sepia, lui, cramponna ses griffes au plancher, quitte à y creuser quelques trous, afin d'éviter de glisser, et il regarda sa compagne d'âme d'un air vaguement anxieux, son regard doré se perdant dans des affres de troublante incompréhension. Rain fronça les sourcils. Sepia n'avait pas vraiment l'habitude d'être anxieux. Il lui ressemblait plutot, calme et confiant. Avait-il préssenti quelque chose que les humains étaient incapables de saisir ? Inquiétée par le comportement presque alarmant de son familier, Rain éluda le bonjour faiblard et hésitant que finit par lui lancer l'occupante des lieux. Par bohneur, elle non plus nen semblait pas prompte à discuter inutilement. Ca, ça n'allait pas sans réjouir la jeune Sortcelière plus ou moins avide de silence – enfin, ça dépendait des moments. - Mais la, la jeune fille qui séjournait dans la cabine à son arrivée ne lui inspirait pas spécialement confiance. Son Familier, un aigle royal majestueux, était juché sur le lit et n'avait pas bougé d'un pouce, semblant au moins aussi désinteressé que sa propriétaire.

    Rain ne dit rien et s'assit par terre à côté de Sepia, alors qu'un nouveau coup de mer avait encore failli la jeter au sol sans qu'elle ne puisse résister. C'était sacrément agaçant. Si cette tempête se prolongeait, elle devrait peut être réfléchir à un sort qui lui permettrait de rétablir un minimum son équilibre, histoire de pouvoir faire deux pas sans se retrouver lamentablement échouée au sol. Enfin, si ce n'était pas le bateau qui terminait échoué. Par ce que si ce gros machin de croisière se décidait à aller jouer les épaves sur un banc de sable, il faudrait une sacrée dose de magie pour l'en dissuader. Peut être que si il y avait d'autres Sortceliers sur le bateau, ce dont elle se doutait bien vu le nombre de Sortceliers en autre monde, ils pourraient éviter ce genre de catastrophe en unissant leur magie, mais ça restait quelque chose de peu fiable. Elle préférerait ne pas avoir à devoir essayer ce genre de sauvetage d'urgence, ça ne lui plaisait vraiment pas. Elle avait déjà peur que cette tempête puisse lui porter quelque préjudice. Elle écouta un instant le bruit des vagues s'écraser contre la coque, qui semblait ainsi horriblement fine et fragile – tout en sachant pertinnement que la magie protégeait ce bateau un minimum, comme tous ceux qui naviguaient, mais en ignorant néanmoins jusqu'ou ces sorts pouvaient êtres efficaces – tout en imaginant la houle longue crêtée de saccades moutonneuses qui se lançait à l'assaut du bateau, automatique. La pièce était plongée dans la pénombre, les nuages gris masquant le soleil, et l'inconnue ne s'était pas donné la peine d'allumer une lampe inexistante, à ce que Rain en voyait. N'y avait-il donc pas de moyens de s'éclairer ici, ou était-elle supposée utiliser la magie ? Estimant que la lumière n'était pas quelque chose de primordial, elle ignora le problème et demeura dans l'ombre. Posant une main sur la tête de son Familier qui semblait de plus en plus apeuré, lui demandant doucement ce qu'il lui arrivait, si il avait senti quelque chose au niveau de la météo ou quoi que ce soit.

    Il lui fit parvenir une myriade d'informations confuses, d'où semblaient émerger quelques certitudes. Ce Familier avait un certain don pour ressentir les choses, pour saisir les ambiances et analyser ce qui l'entourait, et il était un ami précieux – Rain ne savait pas comment elle se débrouillerait sans lui – ainsi, la peur de son Familier ne faisait que lui donner de l'inquiétude inutile. D'après le Familier d'encre, la tempête risquait d'empirer encore, se transformant peut être en un bel orage de mer. Associant l'image du bateau à celle du vent, il avait aussi songé qu'il y avait malgré tout peu de chance que l'embarcation se retrouve malmenée à un niveau inacceptable. Il se garda bien d'expliquer qu'il n'en était pas certain, mais Rain l'avait compris à demis-mots, de toutes manières. Il songeait aussi que la fille allongée malade sur le lit là bas ne lui inspirait pas confiance. Qu'elle était un peu bizarre peut être. Rain était bien d'accord avec lui sur ce point, il n'y avait pas à en douter. Serrant les dents car sentant malgré tout un mal de tête poindre, bien que son sens de l'équilibre semblât plus fiable que celui de l'adolescente HS là bas, Rain s'appuya contre le mur, sans se préoccuper d'ailleurs que cela puisse lui donner un quelconque air bête, incapable, ou autre défaut du même acabit. Docile, Sepia s'assit à côté d'elle, posant la tête contre son épaule et observant avec une attention fixe la jeune fille mal en point. Agacée par le silence trop pesant, Rain finit par lacher, de mauvaise grâce :

    « C'est sur ... que t'as pas l'air d'aller bien. Tu voudrais un Reparus ou un truc du genre ? »

    En effet, Rain n'avait pas peur de dévoiler son statut de Sortcelière à de parfaits inconnus. Ca ne pouvait faire de mal à personne. Et si c'étaient des ennemis potentiels qui se rebellaient immédiatement, l'adolescente avait suffisament confiance en son pouvoir pour se savoir capable de les tuer, de les assomer, ou au moins de leur faire suffisament mal pour se donner le temps de fuir, selon leur puissance. Elle ne portait pas d'habits de Sortcelière car elle trouvait ça trop voyant – surtout la robe des Sortceliers d'Omois – et pas toujours pratique. Elle y préférait largement ses propres ensembles improvisés le plus souvent. Rain avait peut être un peu peur de la tempête. Mais elle n'avait pas peur des gens.

    Dans la pénombre, ses yeux brillèrent, et les lèvres pincées, elle attendit patiemment une réponse. Ou l'absence de réponse. Drôle d'ambiance.


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MessageSujet: Re: Vitesse de Croisière [PV Milana]   Dim 10 Oct 2010 - 19:52

Esprit changeant.
Quelque part dans l'incommensurable profondeur de sens que pouvaient receler ces deux simples mots, à l'apparence pourtant si insignifiante, se trouvait peut-être le seul et unique moyen de résumer Milana Nan'Llema, la jeune et étrange sortcelière au caractère insondable.
Esprit changeant.
Si l'on en croyait les apparences, la demoiselle brune pouvait paraître aussi simple qu'il l'était possible sur Autremonde. Goutte d'eau dans l'océan des extravagances qui emplissait cette exceptionnelle planète. Il était tellement facile de croire qu'elle n'était pas bien différente des autres. Aisé d'imaginer qu'elle se considérait, comme beaucoup d'autres, une des âmes les plus malheureuses de ce bas monde, alors qu'en vérité elle n'avait pour principal soucis que de faire un choix tous les matins devant une garde-robe débordant de vêtements qui allaient sans doute y rester, et chercher désespérément un de ces jeunes hommes prétentieux et superficiels que la plupart des jeunes filles voulaient comme petit ami. Qu'il était accommodant de penser que Milana avait juste de quoi être une amie potable, avec qui faire des duos de plaintes en tout genre entre deux entraînement de sortilèges aurait été une habitude !
Esprit changeant.
La jeune fille brune avait peu de chance de devenir "une amie potable". Elle était trop instable, trop... étrange. Son caractère pouvait se modifier de façon si brusque que ça en était terrifiant. Ses pensées pouvaient aussi glisser insidieusement vers une autre mentalité, et alors surprendre par le brusque retournement de situation qu'elles engendraient. La demoiselle était en permanence en pleine métamorphose, que ce soit pour des choses futiles et sans importance... ou des affaires qui méritaient bien plus d'attention.
Milana Nan'Llema pouvait se lever un matin, l'esprit vague, et arriver devant son armoire en se demandant faiblement ce que c'était. Et ensuite enfiler les premiers bouts de tissu non identifiés qui étaient parvenus à se faire une place dans sa main égarée, pour enfiler par-dessus sa robe de sortcelière -et ainsi cacher en partie la catastrophe née de ce moment de totale indifférence pour son apparence. D'autres jours cependant, la jeune fille pouvait se dresser devant la garde-robe de bois sombre avec des pensées toutes autres, et devenir alors plus critique qu'une de ces rédactrices de mode terriennes, un de celles qui faisaient et défaisaient les réputations des grands couturiers. Elle se mettait alors à métamorphoser les pièces usées et maintes fois portées, terriblement démodées, qui emplissaient la moitié de son armoire, et lorsque ses désirs de styliste étaient enfin assouvis, elle passait aux essayages et une bête de mode sortait alors dans les couloirs. Chose superficielle, certes, mais preuve de l'esprit changeant de Milana.
Cependant, si la jeune fille changeait d'avis, de façon de penser et de manière de vivre bien plus souvent que l'impératrice d'Omois se teignait les cheveux, des choses bien plus graves venaient à être transformées du jour au lendemain. Des choses d'une importance capitale, telles que... son clan. La sortcelière pouvait être un matin à deux doigts d'intégrer un fan-club de Tara Duncan et son magicgang -ou presque- et le lendemain se retenir de courir à la forteresse grise pour devenir Sangrave.
Et bien que tous ces changements puissent faire rire, l'esprit de la jeune fille n'entraînait pas les personnes qu'elle avait pu rencontrer à lui accorder leur confiance. Bien au contraire, qui voudrait pour ami quelqu'un de si fragile psychologiquement, mentalement? Qui voudrait pour ami quelqu'un dont l'on ne cesserait de craindre qu'elle nous trahisse... pour ses ennemis?
Oh oui, personne ne voudrait d'une telle amie. La seule qui pouvait la considérer comme telle, hormis Lïn -Milana baissa les yeux vers son aigle, puis vers ses poignets étrangement tatoués- c'était celle grâce à qui -ou à cause de qui- elle avait ces glyphes gravées à jamais dans sa peau pâle. Indéniable preuve de confiance.

Et c'est ce même esprit changeant qui amena Milana à se tirer de ces étonnantes pensées pour se concentrer sur sa colocataire, son ennui, sa souffrance et sa totale indifférence se transformant en une curiosité sans limite.
La raison de ce brusque changement ? Le familier de cette dernière, dont l'étrange apparence lui avait été transmise par Lïn, qui était tout simplement intrigué par l'étonnant animal.
On aurait dit... un petit dragon. C'est la première pensée qui s'imposa dans l'esprit de la jeune fille, qui s'était légèrement penchée sur le côté pour mieux observer la bête qui s'était assise à côté de sa maîtresse, appuyée elle-même contre son lit. Les ailes membraneuses étaient effectivement semblables à celles des démesurées créatures avides d'or, mais il était bien évident qu'il ne s'agissait pas d'un bébé dragon. Bleu et noir, ses yeux dorés contrastaient avec ses sombres écailles et brillaient d'intelligence. Ses pattes griffues semblaient aussi puissantes que les impressionnantes serres de Lïn, et sa surprenante queue pouvait sans doute elle-aussi servir d'arme. "Cet animal doit être un familier fabuleux, se dit intérieurement Milana. Inhabituel, redoutable et brillant, tout ce que j'aime !"
Cependant, l'aigle royal n'était pas de cet avis, et fit bien sentir sa jalousie par des images particulièrement significatives, comme des victoires écrasantes durant des combats meurtriers, où son agilité et sa force triomphaient -bien évidemment- toujours.
La jeune fille brune rit mentalement et commença à réconforter son familier, lorsqu'une brusque secousse fit tanguer le bateau dangereusement. La sortcelière perdit alors tout son intérêt pour sa colocataire. Ses conjecturations sur l'étrange couleur de sa chevelure ? Disparues. L'attention qu'elle accordait aux indéfinissables sentiments qui traversaient son regard ? Disparue. Sa curiosité à l'égard du mystérieux familier ? Disparue. Seul les divers problèmes engendrés par le mal de mer occupaient désormais ses pensées.

La peur gagnait Milana, alors que les vagues démesurées s'écrasaient avec de plus en plus de violence contre la coque du navire. Le roulis, le tangage, non seulement la terrifiait, mais en plus faisait dangereusement croitre ses diverses nausées. Allait-elle avoir droit à un bel orage de mer ? Épuisée, les mains crispées autour de son ventre, ce fut un soulagement pour la jeune fille d'entendre la voix de sa colocataire s'élever. Avec peu d'entrain, elle lui proposait "un Reparus ou un truc du genre".
Milana leva la tête avec lenteur, alors que son aigle reprenait ses conseils de yoga. L'envie de rire revient brusquement, ce qui ne fit qu'aggraver cette horrible envie de vomir qui l'accablait depuis... bien longtemps déjà. La demoiselle brune imaginait sa pâleur, son air de grave malade sur son lit de mort, et se dit qu'elle ne devait sans doute pas faire bonne impression pour une première rencontre. Il s'agissait toujours de pensées futiles dans ce genre qui lui venaient à l'esprit dans de telles situations.
Alors que les secousses se faisaient de plus en plus insistantes, et que Lïn en venait à lui ordonner d'adopter la position du Lotus pour détendre son karma, la jeune fille lâcha d'une voix éteinte :
-"Je... j'accepterais volontiers un Reparus s'il-te-plaît."
Elle eut un faible sourire :
-"J'obtiendrais sans doute de meilleurs résultats qu'en suivant les conseils destinés à calmer mon karma dispensés par mon familier."rajouta-t-elle sans se soucier de paraître quelque peu... étrange.
Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur alors qu'elle manquait tomber de son lit, le bateau ayant dangereusement penchée suite à une vague... sans doute aussi haute qu'un dragon, le hublot n'ayant laissé voir que de sombres abîmes bleu marine parsemées d'ombres noires durant quelques secondes.
Le grimoire qu'elle lisait -ou du moins faisait semblant de lire- s'écrasa à terre dans un bruit sourd, et ce n'est qu'à ce moment là que Milana se rendit compte qu'elle le tenait à l'envers depuis qu'elle s'en était servie comme alibi pour garder le silence.
Alibi très crédible, soit-dit en passant.
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Vitesse de Croisière [PV Milana]
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