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 Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]

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MessageSujet: Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]   Mer 26 Jan 2011 - 3:37

Got no Friends, Got no Lover


« No one cares when you’re out on the street
Picking up the pieces to make ends meet
No one cares when you’re down in the gutter
Got no friends got no lover
»

    Il regarda fixement les deux figurines de plastique, posées devant lui. À ras le sol. Recroquevillé sur lui-même, les deux bras posés sur ses genoux et le menton par-dessus, il réfléchissait à la suite de l’intrigue. Son regard fatigué errait sur le sable qui hésitait entre le brun et le jaune. Il était seul au terrain de jeux. Comme d’habitude. S’il y avait eu quelqu’un, cela ferait un certain temps qu’il serait parti de là. Il se serait enfui, plus précisément. Sans oublier d’emporter avec lui ses jouets, surtout ses figurines. Ceux-ci l’aidaient à vivre, d’une certaine manière. Ils étaient sa seule consolation. Il ne s’en plaignait pas. Il se contentait de ce qu’il avait. Il n’était pas quelqu’un de jaloux ou d’envieux. Par contre, il était clairement (et précocement) agoraphobe, voire ermite. Les seuls contacts qu’il avait avec autrui se résumaient à ses parents et parfois au reste de sa famille : un oncle éloigné, une tante excentrique. Et d’autres individus sans importance. Il avait donc souvent comme seule compagnie ses parents. Et encore. Si seulement il leur adressait la parole comme tout enfant dit normal le ferait ! Lui, il préférait rester seul en permanence. Seul. À vivre dans son propre monde, avec tous ses jouets et ses idées étranges. Donc, il ne parlait pas beaucoup. Il était même surprenant qu’il dise une phrase complète au cours d’une journée. Il était spécial. Mais ses parents jugeaient qu’en grandissant, il changerait bien. L’adolescence n’apporte-t-elle pas le besoin inévitable de former un gang ? Pour le moment, il était un peu tôt pour en parler : il n’avait que six ans. Mais ce jour viendrait forcément. L’enfant grimaça. Sous son expression boudeuse fourmillait mille et une questions : comment allait-il tuer celui-ci ? De façon rapide ? Ou lente ? Quelle arme allait-il utiiser ? La tête bizarrement penchée sur le côté, il prit brusquement la figurine la plus près de lui. Une fille blonde aux yeux bleus. Eh bien, Barbie allait y passer. Il fixa ses yeux foncés sur la petite figurine. Ce n’était pas exactement une poupée classique ; elle était plus petite et les traits étaient plus grossiers. Le garçon sourit sans joie. Il serra le jouet dans sa petite main. De l’autre, il attrapa la seconde figurine. Sourire éclatant (dégueulasse), cheveux bruns et courts. Voici Ken. Il fit bouger ce dernier en disant d’une fausse voix grave et menaçante : « Tu dois mourir ». Ce fut le tour de la fille de parler. L’enfant parla d’une voix très aiguë, ce qui fut davantage réussi que la précédente réplique : « Quoi ? Mais… Je… Non, NON ! ». Barbie s’éloigna, Ken la suivit. Puis Ken prit entre ses mains puissantes le cou fragile de Barbie. Il serra, serra, serra. Étouffa. Tua. Théâtralement, l’enfant lança la figurine fille au loin. Il improvisa une musique « d’horreur » pour souligner la scène. Toujours avec un sourire sans joie sur les lèvres, il se leva, ne prit pas la peine d’enlever le sable collé à ses pantalons. Ken dans sa main, il courut jusqu’à une ville miniature, constituée uniquement de bouts de bois. Il s’était inspiré d’une photo aperçue à la télécristal un soir, lors d’un reportage de Flash AutreMonde traitant de la différence entre les Nonsos et les Sortceliers. L’image l’ayant le plus marqué était une très grande ville avec de colossales tours. Il ne se souvenait pas du terme exact, mais ça ressemblait à « pultigne ». Après le reportage, il avait eu tout plein d’idées pour une nouvelle histoire. Bref, dans sa ville miniature, les pultignes étaient presque aussi hauts que sa tête. Ça lui avait pris un temps fou à construire, mais peu importait. Bâtir l’environnement propice à ses histoires était primordial. Évidemment, l’utilisation (modérée) de la magie l’avait aidée. L’enfant fit courir Ken sur le sable tout en fredonnant une musique d’action. Puis il fit décoller la figurine. Sa main décrivait des arcs de cercle, des loopings. La figurine volait au-dessus des grosses tours. Il cria ensuite : « La fin du monde ! ». Avec des bruitages très répétitifs et basiques, il détruit toutes les tours, une à une, la figurine toujours dans sa main. Une fois le « carnage » achevé, il arracha la tête de la figurine et jeta les morceaux par terre. La scène venait de prendre fin.

    Timothy était assis à une des petites tables du modeste café originalement nommé « Café Magique ». La sienne était posée contre une grande fenêtre sale. Le plancher, loin d’être en meilleur état que la fenêtre, était fait de grosses planches de bois. La lumière ne tenait qu’à la lumière des lunes satellites, qui venait de dehors. Ce n’était pas le café le plus accueillant de Tingapour. Mais il était peu fréquenté, ce que Timmy appréciait. Assis vers l’avant, sur sa chaise, les yeux à demi clos, il tenait à deux mains, pour se réchauffer, sa tasse de café magique. Depuis une semaine, AutreMonde gelait. Alors qu’on faisait ce qu’on pouvait pour se réchauffer. Les grands cafés tingapouriens étaient équipés d’une haute technologie avec un système de chauffage confortable. Mais au Café Magique, c’était différent, étant donné que c’était un petit commerce dirigé par une bonne femme assez faible en magie. Enfin, c’était ce qu’elle disait à tous les (rares) clients qui venaient au comptoir. « Désolée s’il fait froid, mais ma magie, je la garde pour moi. Mais prenez un bon café chaud, ça vous ravigotera ». Mais on se doutait bien que ce n’était qu’une Nonsos qui faisait de son mieux pour vivre parmi toutes les misères de la vie. Donc oui, l’endroit était froid. Et désert. Hormis Tim et la bonne femme, personne. Ça ne dérangeait pas l’homme. Même que ça l’arrangeait bien. Il n’aimait pas la compagnie. Si un autre client était là, ce dernier aurait sans doute voulu engager la conversation. Une situation à éviter. Il n’avait rien à dire de toute façon. Il n’avait jamais rien à dire, pour être exact. Se passant la main dans ses cheveux décoiffés – comme d’habitude – il serra les dents. La chaleur du café ne parvenait pas à le réchauffer. Il but une longue gorgée du liquide brûlant et un sentiment de béatitude l’envahit. Mais de courte durée. Une fois la gorgée bue en entier, le froid revint, mordant.

    La bouche tirée vers le bas, il lorgna la rue tranquille, dehors. Quelques passants, sans plus. Aucun ne s’arrêtait pour boire un café ou manger un petit quelque chose en ce matin glacial. Tant pis. Ce n’était pas Tim qui allait les inviter. Brassant sa tasse blanche avec lenteur, il se replongea avec délice dans son jardin secret : ses pensées imprécises, ses histoires déjantées et sans aucun sens. Pourquoi, à l’instant, venait-il de penser à un épisode de son enfance ? Pourquoi les histoires sombres et destructives qu’il créait pour s’amuser jadis revenaient le hanter ce matin ? Était-ce un signe ? Ah oui, mais un signe de quoi ? Non, mais trop n’importe quoi. Il tenta d’imaginer vite fait une courte histoire sanglante pour lui faire oublier « l’incident ». Il tourna la tête vers la proprio’. Une bonne grosse femme en robe à pois. Si, si. La robe était rose flash et les pois, verts flash. Cela aurait pu être cocasse, mais pas pour Timothy. Il ne riait jamais de l’accoutrement des autres. Pas assez immature pour, sans doute. Et puis, quand on approchait d’un demi-siècle de vie passée, ça pouvait être très louche. Mais bon, à chacun son genre d’humour, n’est-ce pas ? Se moquer des vêtements d’autrui ne faisait pas partie de son genre à lui, c’est tout. Bon, cette histoire. Il se concentra et se visualisa en train de se lever. Et de marcher vers la femme, derrière le comptoir. De fredonner. « Voulez-vous voir mon arme, gente dame ? Allez, allez, regardez, contemplez ; Observez de vos yeux ma lame ; Oh non, cessez ainsi de pleurer ; Sinon, sans pitié je vous tuerai ». Des rimes enfantines. De son passé, de son enfance. Tous ses souvenirs d’enfance s’étaient donné le mot, ou quoi ? Secouant la tête, il reporta son attention sur son café. Qui refroidissait de minute en minute. Il vint pour boire, puis se ravisa. Il tourna derechef la tête vers la femme. Cette fois, de ses gros yeux ronds, elle le regardait. Avec un rictus, il remplaça ses yeux par des points d’interrogation. Car elle devait se poser des tas de questions au sujet de son unique client. Un client bien taciturne. Lorsqu’il avait commandé son café, c’était à peine s’il l’avait saluée. En fait, non, il ne l’avait pas saluée. Il avait juste dit : « Un café ». C’était tout. Quel effronté. Et comme l’homme n’était plus vraiment jeune, malgré cette coiffure absurde, elle ne pouvait blâmer (cette fois) la jeunesse d’aujourd’hui. Lorsqu’elle lui avait répliqué avec un sourire : « Bonjour monsieur, du sucre avec votre café ? », il n’avait même pas souri. Juste dit : « Oui ». Ce devait un homme très secret. Tim rit intérieurement, alors que son visage demeurait blasé. Elle pouvait bien penser ce qu’elle voulait, celle-là. Il ne lui adressa pas le moindre signe. Pas un hochement de tête, pas un sourire. Juste une grimace.

    Soudain, l’imprévu arriva. Quelqu’un entra dans le café. Tim grommela intérieurement. Ce n’était pas le cas de la grosse femme, qui s’empressa d’accueillir son nouveau et second client de la journée. Le vieux punk baissa la tête vers son café. Il ne faisait vraiment pas chaud, ici. Prenant une gorgée du café, il se demanda s’il valait mieux remettre son manteau, pour ne pas prendre froid, quand même. Pas qu’il se souciait vraiment de sa santé. Et de toute façon, grâce à la magie, les maladies étaient vite éradiquées. Mais il n’aurait peut-être pas dû se contenter d’une chemise légère, aussi jolie soit-elle. C’est vrai, il n’accordait pas beaucoup d’importance à son apparence (ça se voyait au premier coup d’œil) mais celle-là, elle lui plaisait bien. Une chemise noire avec des rayures grises. Étouffant un bâillement, il reporta son attention au dehors. Une fine neige avait commencé à tomber. C’était beau. C’était même… romantique. Ça lui rappelait douloureusement Mary. Sa Mary, même si aujourd’hui, elle était dans les bras d’un autre. Maintenant qu’elle lui avait brisé le cœur ainsi que toutes ses illusions, il évitait l’amour comme la peste. Idem pour toutes les situations à connotation amoureuse, romantique, etc. Quant aux situations à connotation sexuelle, on n’en parlera pas… De toute façon, il finirait bien ses jours seul. Ça ne le dérangeait pas. Il l’avait toujours été, seul. Depuis le début de son existence. C’était son choix, après tout. Il n’avait pas besoin de quelqu’un dans sa vie. Il se débrouillait fort bien seul. Puis, lorsqu’il vint pour prendre une autre gorgée de thé, il se rendit compte qu’il n’en restait plus une seule goutte. Mais il gelait toujours. Il avait le choix : partir se réchauffer chez lui, ou rester dans ce café minable. La solution la plus confortable était évidemment la première option. Mais rester là où il était n’était pas si mal non plus. C’est sûr que la chaise sur laquelle son derrière était posé avait connu de meilleurs jours. Mais là, il était à l’abri du vent et de la neige, même si ici aussi la température n’était pas très haute. S’il rentrait chez lui, dans son appartement au cœur de Tingapour, il lui faudrait sortir et affronter le climat rigoureux. Bon, il allait commander un second café, puis il rentrerait se réchauffer plus adéquatement par la suite. Il se leva péniblement. Quitter sa chaise inconfortable, mais chaude, était difficile. Le visage digne d’un enterrement, il alla au comptoir, où la grosse madame nettoyait celui-ci. Il commanda d’une voix amorphe :


« Un second café, s’il vous plaît »


    Il attendit, le regard vide, que sa tasse bouillante atterrisse sur le comptoir. Pendant ce temps, il observait avec peu d’intérêt les affiches collées au mur, Des affiches ternes, apparemment vieilles. Des affiches de films, remarqua-t-il. Le premier était un film commercial, très en vogue il y avait de cela quelques années : Pirates des Brumes, tourné dans l’Océan des Brumes. La seconde affiche était encore plus vieille : L’Empereur des Anneaux, un film d’action acclamé par le public. Tim allait découvrir encore d’autres films connus, mais sa commande arriva à cet instant. L’homme remercia la grosse femme d’un signe de tête et paya en même temps son deuxième café. Il s’en alla à sa table avec ce dernier, rêveur. Il sentait qu’il avait besoin de changements. Jusqu’à maintenant, la vie qu’il menait lui plaisait. Mais une espèce d’intuition lui soufflait qu’il était loin d’être comblé. Ça le rendait heureux, certes. Mais comblé ? Non. Le problème, c’était… comment changer ? Il était hors de question qu’il se mette à fréquenter des gens. Il pouvait bien sûr abandonner son poste de Haut Mage d’Omois. Ce qui était utopique. Il faisait du bon travail. Lisbeth ne le laisserait pas partir sans une très bonne raison. Peut-être qu’elle ne le laisserait pas partir tout court. En outre, il était incertain de la suite des événements, de son avenir. C’est sûr que la moitié de sa vie était déjà (loin) derrière lui. Toutefois, il lui restait au moins une bonne trentaine d’années à vivre. Voire plus. Voire moins. Ce qu’il ferait de ces années, il n’en savait rien. En quoi était-il doué ? Lui-même l’ignorait encore. Il but une gorgée de son café. Le chaud liquide descendit dans sa gorge, le réchauffant. C’était un matin comme n’importe quel autre, mais Timmy n’avait guère envie de commencer à déprimer. Ce n’était pas non plus son genre. Bien sûr, ça lui arrivait, comme à n’importe qui. Mais ce n’était pas un dépressif (à noter qu’il y a une différence entre une déprime et une dépression), malgré ses airs de dépressif. Enfin, c’était une autre histoire.

    La tête posée dans le creux de sa main, il soupira. Le froid était toujours aussi omniprésent.



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Ryû Shitsumeisha

Protecteur aveugle
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Couleur de magie : Bleue très foncée
Niveau de magie :
  • Elevé
Niveau de combat :
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Métier : Protecteur mercenaire
Résidence : Une maison au Dranvouglispenchir, mais il n'y est jamais.
Dans le sac : Juste de quoi assurer sa survie.

Affinités : Pas de lien en particulier. En tant qu'éternel voyageur, ses liens se font et se défont assez rapidement.

MessageSujet: Re: Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]   Mer 26 Jan 2011 - 15:13

Solitary Ground

<< I follow elusive paths
Oh, it seems they've been written in stone

And the door to a new life is closing so fast

Burning the bridges will not bring me back >>


Les choses et les gens suivaient leur cours, sans jamais s'arrêter, sans jamais prendre le temps de se stopper. Une éternelle course vers l'avant, vers ce qu'il y a après, sans jamais prendre le temps de voir ce que l'on a laissé avant. Cette manière de vivre semblait logique pour tout le monde, et personne ne trouve à y redire. C'est la voie normale des choses. Cela a toujours été ainsi et le sera toujours. Pourquoi devrait-on s'inquiéter du passage du temps ? De toute manière personne ne peut l'empêcher et personne ne peut lutter contre. Quoique l'on soit on peut toujours avancer vers l'inconnu, un pas après l'autre, une journée après l'autre, jusqu'à ce qu'elles deviennent des semaines, des mois, des années, des décennies, des siècles et voir même quelque fois des millénaires. Une course vers sa fin. C'était ce que faisaient toutes les races, tous les individus et cela sans distinction, sans même s'en rendre compte semblait il. Au contraire beaucoup de races avaient l'habitude de fêter ce qu'ils appelaient des anniversaires. Une révolution d'une année passée à aller toujours plus de l'avant.

Mais lorsque le temps passait et que l'on devenait plus sage, on pouvait être en droit de s'interroger sur l'utilité de ce passage, de cette pression invisible que subissaient les êtres vivants à se diriger vers ce qui serait la fin de la route. Certaines proverbes que le jeune homme d'apparence avait entendu l'avaient amenés à sourire, parce que d'un coté ils étaient largement incomplets. Comme le bonheur est un voyage et non une destination. En fait c'était bien plus que ça. Les personnes ne s'en rendaient pas compte, prises dans différentes routines mais la vie complète était un voyage permanent. Un voyage vers l'avant, comme une longue ligne droite mais que l'on aperçoit pas réellement parce que sur cette ligne droite se répète souvent les mêmes choses. Prenons un cas en particulier pour prouver ses paroles : les nonsos.

A leur naissance les nonsos non encore vraiment conscients passent leur temps entre manger, découvrir leur petit univers et dormir avec quelques pauses nauséabondes. Plus tard, alors qu'ils ont un peu vieilli, ils découvrent un nouveau lieu à ajouter à leur univers, l'école. Qui se déclinera sous différents noms au fur et à mesure qu'ils vieilliront, mais une nouvelle routine se mettra en place : se préparer à aller en cours, asister aux cours, faire ses devoirs, se divertir, manger, profiter un peu de la soirée, et dormir. Cela recommencera le lendemain. Au passage il commencera à se socialiser, à rentrer dans le moule de ceux qui sont plus vieux, dans la bonne manière de se comporter, ou bien rentrera dans le moule de eux qui disent ne pas y rentrer mais qui n'ont fait que suivre un autre modèle en réalité sans en avoir conscience. Une fois adulte, l'école deviendra le travail, et les occupations tourneront au fur et à mesure vers le fait de fonder une famille, pour laisser une trace quelque part après soi, parce que les gens ont conscience de ne pas être éternels. L'enfant est devenu parent à son tour, et son enfant vivra les mêmes choses alors que l'adulte continuera de prendre son tapis roulant qui l'emmène sans le laisser voir qu'elle approche vers ce qui sera sa disparition totale. Alors quel est le but d'une vie ? Sans doute n'en a-t-elle pas d'autres que de finir. L'autre sens de la vie, c'est à nous de lui donner, en faisant quelque chose qui semble nous correspondre.

Alors que Ryûchirikouvou marchait, dans un noir des plus complets sous une météo pour le moins relativement froide mais qui ne le dérangeait pas, il cherchait sans doute quel serait le sens que lui pouvait donner à sa vie maintenant. Sous ses pieds le dragon entendait crisser la neige, drôle de petite chose qu'il avait découvert pour la première fois lors d'un de ses voyages sur Terre. De ce qu'il pouvait en dire, cette manifestation ne se produisait que lorsque la température était assez basse et l'air plus ou moins humide. Il n'en connaissait ni la forme ni la couleur mais Ryû pouvait affirmer cependant que cette chose était très petite, froide et fondait très vite pour devenir de l'eau si elle était en contact avec quelque chose de chaud comme une paume humaine. Les gens autour de lui semblaient se presser les uns contre les autres pour se tenir un peu plus chaud vu qu'il sentait des odeurs par groupe de deux. Des couples ou des membres de la même famille, ou simplement des amis qui savaient qu'en agissant ainsi ils lutteraient plus aisément contre cette température que lui ressentait à peine en réalité. D'ailleurs ses vêtements pouvaient peut-être paraitre étrange pour ceux qui s'étaient équipés des manteaux bien chauds, des écharpes, des gants, des bonnets et des chaussures épaisses. Le reptilien sous apparence humaine lui portait ce que les humains auraient appelé une tenue "rebelle". A savoir des baskets, un jean, un maillot et un manteau en cuir avec une légère partie faite en laine au niveau du col. Enfin se trouvait toujours sur ses yeux une paire de lunettes de soleil que tout le monde associe généralement bien vite à sa canne pour en déduire qu'il est aveugle. Ce qui est une réalité mais qui ne l'empêche guère de savoir parfaitement se déplacer sans s'il l'avait voulu puisqu'il était aussi sous cette apparence un maitre du sabre. Mais rien de tout cela ne lui donnait d'indice sur ce qu'il ferait maintenant de son existence qui se continuait depuis si longtemps qu'il aurait eut largement le temps de connaitre des générations d'humains et de voir leur société évoluer sous peine qu'il ait encore ses yeux. Mais pour le moment rien de tout cela ne semblait important. Le dragon avait juste soif et rentra dans un établissement après avoir sentit en émergeant l'odeur du café.

Ryû entra donc dans cet établissement et fit tinter la clochette qui se trouvait à l'entrer en faisant ceci. Dans la pièce dont il entendit le bois travailler légèrement sous son poids il ne percevait que quelques odeurs différentes. La première était sans doute celle qui lui avait permit de savoir qu'il s'agissait d'un lieu où l'on pouvait boire des boissons chaudes venait du café tenu par quelqu'un dans cette salle. Se trouvait ensuite celle de cette personne en train de boire cette décoction chauffée, un homme de ce qu'il percevait à l'odeur et un magicien de haut niveau à ce qu'il ressentait émanant de lui même si cela était dissimulé. Une autre devait sans doute correspondre à un produit de nettoyage au citron et enfin la dernière qui s'était dirigée vers lui semblait appartenir à une femme au niveau de magie tellement inexistant qu'elle ne pouvait être que nonso et qui à son accueil devait être la gérante de ce petit établissement. Un sourire poli apparut sur son visage.


- Bonjour. Pourrais-je avoir un arabica je vous prie ?

La femme accepta sans souci puis voyant la singularité de son client lui demanda s'il avait besoin d'aide pour aller jusqu'à une chaise qu'il refusa poliment. Les gens avaient toujours ce genre de réaction envers lui généralement. A croire que le fait d'être aveugle rendait tout le monde compatissant à cet "handicap". S'il avait voulu le dragon aurait parfaitement put soigner ses yeux et récupérer le sens de la vue. Mais cela ne lui était plus utile. Ses quatre autres sens palliaient sans aucun problème ce que la plupart considéraient comme un manque important. Il était vrai que la plupart des choses de ce monde étaient basées sur la vue dans la vie de tous les jours. Mais pour quelqu'un comme lui qui passait généralement son temps à combattre d'une manière ou d'une autre, ce n'était pas vital. Au contraire plus sensible à son environnement de par son entrainement il se révélait souvent meilleur au corps à corps que les voyants et plus fort en magie du fait de sa nature. Le second client vint reprendre un café et s'installa de nouveau à sa table. N'ayant guère grand chose à faire, Ryû partit jusqu'à lui sans aucun problème de mouvement une fois son Arabica obtenu.

- Puis-je m'assoir à votre table ou bien cela ne vous sied-t-il guère ?




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MessageSujet: Re: Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]   Sam 29 Jan 2011 - 21:22

    L’avantage d’un établissement modeste était que les prix des consommations étaient également modestes. Les clients n’avaient donc pas besoin de dépenser tout leur argent pour apaiser leur soif ou leur faim. Bien évidemment, et loin d’être à la surprise générale, la qualité desdites consommations était à la hauteur des prix offerts. Il n’était donc pas étonnant que son deuxième café soit fade. Chaud, certes. Brûlant, même. Mais délicieux ? C’était discutable. Toujours assis à la même table, à côté de la fenêtre poussiéreuse, le Haut Mage d’Omois regardait son breuvage avec réticence. Son premier café avait été, pourrait-on dire, parfait. Ou près de. Pas trop fort, ni trop fade. Cette fois, l’équilibre n’était plus. Le fade remportait la manche. Et ce malgré le sucre contenu dans la boisson chaude. D’accord, il n’en mourrait pas. N’empêche, il s’agissait là une déception. D’un autre côté, ça le motiverait peut-être à quitter l’endroit. Parlant de motivation de partir… En voici une bonne. Timmy la remarqua et se retint de ne pas soupirer d’exaspération. Un homme, jeune d’apparence, s’était avancé jusqu’à sa table. De plus, il portait des verres fumés, masquant ses yeux. Un jeune homme snob, pensa-t-il aussitôt. Cependant, après quelques secondes d’observation méfiante, l’homme se dit que, peut-être, il était aveugle. Les non-voyants ne portaient-ils pas, parfois, des verres fumés ? Quoi qu’il en soit dans le cas de ce jeune, ce dernier était venu lui parler. Une situation bien embarrassante pour le Timothy. En effet, il détestait parler. Il se contentait de réponses brèves aux questions posées, si questions posées il y avait, bien entendu. Car certains individus prenaient un malin plaisir à étaler leur petite vie inintéressante à ceux qui préféraient garder le silence lors d’une conversation. Certes, cela permettait d’alimenter la conversation. Mais quel ennui ! C’est pour ça qu’il évitait les gens. Bon, dans une grande ville comme Tingapour, difficile d’éviter les gens. Mais en général, on ne venait pas lui parler. Parfois, même, on l’évitait. Remarquez que ça le réjouissait bien. Alors quand ce grand bonhomme vint lui adresser la parole, il se renfrogna.

    Sa question le fit sourire. Intérieurement, s’entend. L’autre lui posait une question. Pouvait-il s’asseoir à sa table, oui ou non ? Il lui donnait le choix. Ça lui rappelait un souvenir lointain de son adolescence. Une fois, à bord d’un des nombreux tapis magiques publics d’Omois, il avait fait la « rencontre » d’une jeune fille, à peu près de son âge. Les passagers du tapis étaient secoués de tout bord tout côté parce que le tapis en question était vieux. Enfin, plus que vieux. Archaïque, dépassé, préhistorique. Et comme il ne datait pas d’hier, parfois, on avait l’impression qu’il hoquetait. Comme ça, sans avertissement. Il se soulevait d’au moins vingt centimètres à chaque deux minutes, surprenant les passagers. Bref, alors que les occupants du tapis magique reprenaient leur souffle et un rythme cardiaque normal, à un des arrêts dudit tapis, une jeune fille embarqua. Ses traits physiques étaient flous pour Tim, mais il se remémorait avec facilité sa voix nasillarde et ô combien énervante. Le tapis était rempli à craquer et malades étaient les malheureux pour qui il n’y avait plus de sièges disponibles. Ladite fille, assez hautaine, chercha des yeux et en vain un siège. Puis elle posa les yeux sur ce jeune adolescent aux allures de zombie, au fond. Avec un sourire narquois, se souvenait Timmy, elle était venue jusqu’à lui. Et avait posé son maigre fessier sur ses jambes. Incrédule, il avait tenté de la décoller. Impossible. Elle s’agrippait à lui en riant follement. Et les ricanements des autres étaient loin de l’aider. Inutile de dire que le zombie avait très, très, très hâte de débarquer du tapis volant. Malheureusement, à son arrêt de tapis, comme la harpie était encore soudée à lui, il n’avait pu se lever. Il avait donc dû refaire le parcours entier du tapis. Le pire, c’était qu’il avait revue plus tard cette vile créature. Il s’agissait en fait d’une amie de Mary, son ex petite amie. Mais sotte comme elle était (l’amie, pas Mary), elle ne le reconnut pas et la rencontre se déroula fort bien. C’était, bien sûr, un souvenir désagréable. Il n’avait jamais compris pourquoi, mais son air boudeur et malheureux attirait les gens, au contraire de ce qu’il aurait pu penser. Il intriguait les gens. Un peu trop. Soit on se moquait de lui, soit on cherchait à comprendre le pourquoi de sa tristesse. Et de son désir de rester seul en permanence. Il se demandait vraiment quand on cesserait de s’intéresser à lui de la sorte. Quand donc on lui ficherait la paix. Un rêve bien utopique.

    Pour en revenir au moment présent, cette fois, il pouvait soit accepter, soit refuser. Normalement, il aurait direct refusé. Il n’avait pas vraiment envie de causer. Surtout à un inconnu. Non, en fait, il n’avait pas envie de causer, point. Ni à un inconnu, ni à un collègue, ni à un ennemi. À personne. Et puis, de quoi parleraient-ils donc ? Mais Timothy décida d’être poli (adolescent, il lui était arrivé de ne pas répondre aux questions) et d’accepter. Il ne parlerait pas, espérant que l’autre comprendrait et s’en irait après quelques minutes. Ben quoi ? On n’avait plus le droit d’espérer ? Enfin, le message était quand même clair. Quand tu ne parles pas, c’est soit que tu n’as rien à dire, soit ça ne va pas, soit tu n’aimes pas ton interlocuteur, soit tu n’aimes pas parler. Et il est quand même rare qu’on veuille rester en présence d’un inconnu taciturne. Parfois, ça met les gens mal à l’aise, le silence. Pour Timothy, le silence lui convenait à merveille. Comme ça, pas besoin d’ouvrir la bouche. Tu te tais, plongé dans tes propres pensées. Pour en revenir à l’instant présent, le Haut Mage fit un effort pour sourire. Pour parler franchement, cela ressemblait davantage à un rictus qu’à un véritable sourire. Pas grave. Il ajouta d’une voix égale :


« Oui. Vous pouvez. »


    Il l’observa, cette fois sans sourire. Sa tête ne lui disait rien. Il était possible que ce soit un collègue, car Timmy fuyait les siens et ainsi, ne leur adressait pratiquement jamais la parole. L’Impératrice, au courant de cette… particularité, l’envoyait souvent pour des missions en solitaire. Parfois, on chuchotait qu’il s’était trompé de vocation, que le métier de Voleur Patenté, travail plutôt solitaire, lui aurait davantage convenu. C’était possible. Mais être Voleur Patenté impliquait souvent de se mêler parmi la foule, pour voler un truc. Et comme notre Tim était agoraphobe, cela n’aurait pas été super. Il cessa de regarder son interlocuteur. Il baissa les yeux, trouvant soudainement que contempler la table était très, très intéressant. En fait, il n’avait jamais été doué pour communiquer. Et même aujourd’hui, ça l’handicapait affreusement. Il avait de la difficulté à trouver les bons mots, à transmettre une idée, une pensée, un désir, un sentiment, etc. à l’oral. Quant à l’écriture, valait mieux ne pas aborder ce sujet épineux. Il avait une écriture assez particulière… indéchiffrable. Et comme l’écriture avait un lien direct avec la lecture, précisons d’emblée qu’il détestait lire. Il n’était pas un érudit. Heureusement qu’il n’était pas un Vampyr. Il aurait alors été la risée, voire la honte de la race…



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Dans le sac : Juste de quoi assurer sa survie.

Affinités : Pas de lien en particulier. En tant qu'éternel voyageur, ses liens se font et se défont assez rapidement.

MessageSujet: Re: Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]   Sam 29 Jan 2011 - 23:32

Certaines choses étaient inévitables de par le monde. On ne pouvait pas empêcher le jour de suivre la nuit, le temps de passer, les saisons de se succéder, la mort d'arriver et tout un tas d'autres choses. Parmi celles-ci se trouvait le fait que de manière majoritaire les voyants considéraient la cécité comme l'un des handicaps les plus gênants pour ceux qui étaient capables de se déplacer car alors à leurs yeux tout leur monde devenait un obstacle dont ils ne pouvaient plus voir les formes et risquaient de se cogner, de se tromper dans le choix de leurs courses, de donner trop d'argent pour payer des courses et de se faire arnaquer par des gens peu scrupuleux qui profiteraient de ce qui était à leurs yeux une faiblesse. Mais c'était le point de vue, expression humaine qui prenait tout de suite un coté ironique alors que l'on parle de ceux qui l'ont perdue justement, des gens dits normaux et donc qui n'avaient aucun de leur cinq sens de déficient.

Pourtant à une époque lointaine de celle-ci, le dragon avait pensé comme eux. Que cela risquait de lui causer plus de torts que de bienfaits et que sa vie serait sans doute bien plus limitée à partir de là. Ces pensées inexactes lui avaient traversé l'esprit alors que lui-même s'était retrouvé plongé dans les ténèbres par l'action d'un de ses congénères. A l'époque, habitué comme tous les autres à voir le monde par ses yeux et ce pendant sept cents ans, ce qui est n'importe qui l'admettrait une durée non négligeable, le reptilien s'était demandé comment il allait pouvoir s'adapter à cette nouvelle situation. Cela lui demanda du temps et de la patience. Beaucoup de temps. Non pas que cela soit impossible à réaliser en peu, c'est juste son coté perfectionniste qui le poussa à être tellement sur de ses autres sens et à les pousser si loin dans leur acuité qu'à dire vrai maintenant la vue serait sans doute plus une gêne qu'autre chose.

Après un léger temps de silence que Ryûchirikouvou interpréta rapidement comme le fait que son interlocuteur devait l'observer, premier réflexe des voyants puisque selon de drôles de théories qu'il avait entendu sur la planète bleue les vêtements seraient un moyen de faire savoir à l'extérieur à quel classe de personnage l'on appartenait et donc quel type de comportement l'on était possible d'adopter et amenait ainsi ceux-ci à se faire une première idée de la personne avant même tout contact avec celle-ci. Dans ce cas quel sorte d'habits devrait porter un dragon en étant humain sachant que même cette physionomie qu'il adaptait n'était qu'une manière d'avoir une apparence et donc d'être reconnu par les autres alors qu'ils étaient parfaitement capable d'en changer à loisir ?, celui-ci l'autorisa à s'assoir à cette table ce qu'il fit donc sans plus de cérémonie, posant sa canne à coté de lui et buvant une tasse de son breuvage. Celui-ci n'était pas idéal mais bon, ce n'était pas comme-ci cela était vraiment ce qu'il recherchait. Du moment que sa boisson le désaltérait comme elle était sensée le faire, ce serait suffisant.

Tiens donc, surprenant. Cela faisait plus de trente secondes qu'il était assis à cette table et la question fatidique n'était pas encore tombée. Véritablement étrange. D'habitude tous se précipitaient sur cette particularité pour en faire un sujet de conversation, tenter de savoir comment cela se faisait il qu'il soit aveugle et surtout désire le rester alors qu'il serait simple de redevenir un voyant grâce à la magie. La personne face à lui ne semblait pas vraiment encline à parler ou engager la conversation. Peut-être s'apprêtait il à partir et donc que se relevant d'ici peu de temps il ne voyait pas l'utilité de démarrer un semblant de conversation qui devrait de toute manière se finir bien trop vite. La seule source de bruit venait de la nonso s'agitant à son travail et de la musique en provenance d'installations sans doute plus ou moins bien intégrées dans le décor qui laissait une petite ambiance de fond et donnant une idée approximative des goûts musicaux de cette personne sans pouvoirs magiques, cela expliquant sans doute la température sensiblement égale à celle de l'extérieur mais qui ne la dérangeait pas.




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MessageSujet: Re: Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]   Lun 18 Avr 2011 - 19:50

Le bruyant silence se prolongeait, douce et innocente mélodie. La bouche de l’homme demeurait close. Ses yeux de raton laveur fixaient sans émotion le visage de son interlocuteur. Un inconnu, un être qui embaumait le mystère. Son identité importait peu. Connaître une personne relevait de l’inutilité la plus totale. Plus vite le Haut Mage s’éclipserait, plus heureux serait-il. Il s’avéra que ce moment arriva plus tôt que prévu. La sans doute Nonso vint vers eux, blême. Sa peau cireuse contrastait avec ses yeux d’ébène. Elle annonça d’une voix faible et rauque la fermeture de l’échoppe. Elle ne se sentait pas bien et ces messieurs seraient bien gentils s’ils partaient le plus vite possible. Le mouton noir se leva prestement, abandonnant son café. Il allait pouvoir fuir l’autre sans que cela passe pour un geste impoli. L’étranger avait sans doute mieux à faire que de suivre dans les rues de Tingapour un Haut Mage décoiffé et horriblement ennuyant. Tim jeta quelques modestes pièces de crédits-muts sur la table. Sans un regard, sans un mot, il partit.

Les rues de la cité s’animaient. Une légion de commerçants proposaient divers items, certains alléchants, d’autres répugnants, à la foule compacte. Une cacophonie de voix agressantes emplissait les oreilles du Haut Mage découragé. Il détestait les troupeaux de gens. Il tremblait légèrement, suait à grosses gouttes et respirait difficilement, fidèle à ses vieilles habitudes d’agoraphobe. Le seul point positif : jamais le punk aux lunettes fumées ne pourrait le suivre dans cette forêt hostile. Les dents serrées, Tim se mit à marcher lentement. Ses yeux fuyaient ceux d’autrui. L’homme évita une rue bondée de magasins et de gens et tomba sur une meute de tapis volants colorés. Il pouvait revenir à son appartement à bord de l’un d’eux. Le prix exigé était raisonnable, après tout. Décidé à cesser au plus vite cette torture psychologique, Timothy fonça vers un tapis noir et blanc conduit par un vieil homme. Il lança d’une voix pressée son adresse au conducteur et se recroquevilla à l’arrière du tapis volant. L’engin s’éleva avec assurance et rejoignit l’aire de vol. Timothy observait avec souci le champ humain sous lui. Soudain, des cris explosèrent à proximité. Les yeux écarquillés, le Haut Mage crut son dernière heure arriver. Devant lui, un tapis volant non identifié les chargeait à une vitesse folle. Il ne posa pas de question. Il suivit son instinct et activa un petit Transmitus bien pratique. Aussitôt, le conducteur beuglant et Tim furent transférés à terre, au milieu d’une foule paniquée. Le tapis ne survivrait pas, mais tant pis. Le Haut Mage atterrit maladroitement et se foula le pied droit. Grognant de douleur, il jura tout bas. Il leva ensuite les yeux. Le tapis fou, apparemment hors de contrôle, fonçait maintenant sur un autre tapis, conduit par une jeune et jolie blonde. Elle assistait, impuissante, à sa fin imminente. Elle n’avait pas le temps de faire quoi que ce soit. Elle hurla. Et se tut lorsque la collision l’assomma. Le soleil l’aveuglant, Timothy plissa les yeux. Il distingua des ombres pleuvoir du ciel. Un homme roux s’écrasa soudainement sur le sol. Entièrement désarticulé, il fit crier d’horreur les hommes et les femmes les plus sensibles. Une boule de chair sanguinolente. La blonde suivit peu après. Elle alla choir sur le cadavre du rouquin et, bien que son atterrissage fût moins violent, la foule comprit que l’accident lui avait été fatal. Théâtralement, les deux tapis endommagés par la violence du choc recouvrirent leurs propriétaires.

Les témoins muets observaient le macabre spectacle. Un peu à l’écart, Tim reprenait son souffle. Une inquiétude coupable d’avoir survécu se mélangeait à sa souffrance physique. Le conducteur du tapis qu’il avait miraculeusement sauvé était sain et sauf et se prosternait littéralement à ses pieds, le bénissant. Gêné, Tim lui demanda de se relever. Le conducteur s’inclina et partit rejoindre ses collègues qui avaient assisté à la scène. Se retrouvant seul, Tim chercha des yeux un visage connu, espérant qu’une âme altruiste vienne lui jeter un Reparus, ensuite de quoi il irait voir les cadavres de plus près. Il aperçut alors l’homme qu’il avait rencontré au café tout à l’heure. Grimaçant, le Haut Mage se dirigea vers lui, clopin-clopant. D’une voix faible entrecoupée de gémissements de douleur, il demanda :

    « Pouvez-vous me lancer un Reparus je vous prie ? »


[HJ : Huhu, désolée du « léger » retard… ! C’est plutôt court venant de ma part, mais j’ai évité les phrases superflues x).]


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Ryû Shitsumeisha

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Couleur de magie : Bleue très foncée
Niveau de magie :
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Niveau de combat :
  • Elevé


Métier : Protecteur mercenaire
Résidence : Une maison au Dranvouglispenchir, mais il n'y est jamais.
Dans le sac : Juste de quoi assurer sa survie.

Affinités : Pas de lien en particulier. En tant qu'éternel voyageur, ses liens se font et se défont assez rapidement.

MessageSujet: Re: Got no friends, got no lover [Tsuchiii 8'D]   Mar 19 Avr 2011 - 12:03

Le silence. La plupart du temps selon les situations les gens interpréteraient cela comme l'absence de tout bruit, le fait que rien ne se fait entendre. Voilà ce qu'était le silence. Pour d'autres, il s'agissait surtout dans un domaine particulier d'une absence de réponse particulière. Mais pour le dragon, le silence pouvait être et se révélait souvent en réalité être une forme de réponse. Puisqu'il existait bien des types de silences. Le plus simple était celui qui comme ici voulait tout simplement dire que l'on ne souhaitait pas parler ou répondre à quoique ce soit, Le sens était clair, net, précis, et compréhensible de tous. Après selon les situations celui-ci pouvait se traduire sous différentes formes : une hésitation face à une personne considérée comme supérieure d"une manière ou d'une autre, une réflexion sur la manière de formuler une éventuelle hypothèse ou vérité, afin de ne pas blesser ou de la rendre le plus acceptable possible ou encore un embarras face à une personne aimée par exemple. Toutes les situations pouvaient donner des silences complètement différents.

Mais en attendant cette absence de paroles vocales pouvait conduire les personnes à une conversation mentale ou une réflexion sur certaines choses les concernant directement ou sur les éléments alentours bien plus importante qu'en temps normal. Ce calme resta établi jusqu'au moment où la tenancière de l'endroit les pria tous les deux de sortir, puisqu'elle allait fermer boutique, ne se sentant guère au mieux de sa forme. Ryû finit donc sa boisson d'une traite avant de la payer et de partir à la suite de son voisin de table, lui souhaitant au revoir et une bonne fin de journée par politesse, même si au vu ou plutôt à l'entendu de son état, cette humaine était sans doute malade. Bon que faire maintenant que cette pause était terminée ? Sans doute le dragon devrait il se mettre à réfléchir à l'endroit où il allait devoir loger cette nuit, afin de ne pas se retrouver avec tous les hôtels complets. Bien qu'éventuellement dans ce cas là un transmitus lui permettant de se rendre dans la nature et le fait de prendre sa forme originelle suffiraient amplement à ce qu'il soit à son aise. Mais bon, ce n'était pas forcément le comble de la discrétion.

C'est ainsi que l'être reptilien rejoignit donc les rues principales, toujours bondées à l'image d'une boite de sardine, et d'où venaient une cacophonie de bruits, d'odeurs et de ressentis différents. Si Ryûchirikouvou ne s'y était pas adapté depuis le temps, cela aurait sans doute été une véritable torture auditive pour lui. Maintenant avec de l'entrainement, celui-ci arrivait à distinguer chaque son, de manière à pouvoir en isoler un seul si nécessaire. Chose qu'un voyant aurait sans doute bien eut du mal à faire. Mais alors qu'il se dirigeait vers un hôtel pour se réserver une chambre, après avoir demandé la route, une série de bruits pas très appréciables, suivis de hurlements multiples et de l'odeur du sang le firent se figer et changer de direction. Manifestement quelque chose de grave était arrivé. Ne prenant guère attention de ne pas paraitre pour quelqu'un de classique le dragon aux écailles couleurs de neige sous forme humaine passa par les toits pour rejoindre les lieux du drame. Des gémissements qu'il entendait à l'odeur du sang présente, les victimes devaient être nombreuses et plus encore les plaies. Mais alors qu'il allait se rapprocher d'un premier groupe, pour les aider, celui-ci entendit une personne arriver en boitant ou plutôt presque en trainant l'une de ses jambes et une voix lui demander de l'aide par un reparus.

Le Shitsumeisha le fit sans une hésitation, reconnaissant aisément la voix de son voisin de table quelques minutes auparavant, même pour le peu de mots qu'il avait prononcé. De plus son odeur ne laissait véritablement aucun doute. Par contre malgré tout ce qu'il percevait, celui-ci avait du mal à comprendre ce qui avait bien put se passer en ces lieux pour que l'odeur du sang notamment soit si forte.


- Qu'est ce qui se trouve devant nous ? Je sens le sang tout autour de nous, et à entendre les nombreux gémissements, il doit y avoir de nombreux blessés. Un accident ?

C'était ce qu'il y avait de plus logique à supposer, même si cette classification restait pour le moins très généraliste parce que presque toute chose pouvait être classée comme étant un accident justement. C'était bien le problème de ce terme, d'un coté bien utile mais de l'autre contenant une telle quantité de choses hétéroclites que cela ne donnait aucune réponse précise à la personne originaire du Dranvouglispenchir pour avoir des détails sur tout ça.

- Pourriez-vous me faire un descriptif précis de la situation, afin que je sache en quoi je puis être utile à résoudre la situation et surtout aider le maximum de personnes ?

Sa cécité pouvait en fait finalement être un obstacle, dans une situation comme celle-ci. Parce qu'alors la créature légendaire, du moins pour les humains de la Terre se trouvait dans l'impossibilité d'agir si une personne n'acceptait pas de lui servir d'yeux pour qu'il puisse prendre conscience de l'ampleur de la situation, et donc savoir comment agir.




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