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 After the Mission ~ Mary & Lisbeth

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MessageSujet: After the Mission ~ Mary & Lisbeth    Dim 20 Mar 2011 - 19:09

I would try to change
           things that killed our love ~


    « Is there really no chance
    To start once again
    I'm loving you »

    Les yeux clos, il se sentit revivre. La douleur afflua subitement. Une horrible nausée empoisonnait son corps et sa conscience. Une vague envie de vomir lui monta à la gorge. Sa jambe droite était emprisonnée dans un plâtre épais et complexe. Tout son être semblait engourdi. L’homme parvint avec un râlement d’agonie à ouvrir les paupières. Une lumière aveuglante illumina son visage vert tirant sur le gris. Il ferma aussitôt les yeux. Ça lui faisait mal. Il voulut se dresser sur son séant, mais renonça en sentant un feu consumer son ventre. Grimaçant, il cligna des yeux. Où se trouvait-il ? Il se souvenait confusément des récents événements. Il savait qu’il était parvenu à la Forteresse Grise sans encombres. Malheureusement, à cause d’Eddy, son Famlier, qui avait éternué, on l’avait découvert assez rapidement. Deux Sangraves, sur l’ordre du terrifiant Magister, l’avaient enfermés derrière les barreaux. Lorsqu’il aurait le temps, le chef des Sangraves l’interrogerait sur sa présence inopinée. Angoissé, le Haut Mage s’était résigné à attendre tandis que son chien ne cessait de s’excuser mentalement. La nuit venue, des explosions avaient interrompu le calme nocturne. Parmi la fumée et les cris, ses deux coéquipiers étaient entrés dans la prison. Rapidement, ils avaient libéré leur collègue emprisonné grâce à une clé passe-partout. Les trois hommes s’empressèrent de fuir les lieux. La mission était ratée, ils avaient attiré l’attention et ne pourraient pas récolter davantage d’informations. Mais le retour ne se déroula pas comme prévu. Non seulement se perdirent-ils parmi tous ces dédales d’obscurs couloirs, mais en plus des Sangraves leur tombèrent dessus à maintes reprises. L’alerte rouge avait été donnée. Des intrus dans la Forteresse, des intrus dans la Forteresse ! Ce qui devait arriver arriva. Tom, le plus jeune des Hauts Mages de la mission, agit impulsivement devant toutes ces masses de sortceliers masqués. Il manquait d’expérience et avait sérieusement commencé à paniquer. Malgré les protestations des deux autres, surtout de Timothy, le jeune homme usa d’un sort puissant et efficace, mais terriblement ravageur pour celui ou celle qui s’en servait. Tous les Sangraves à proximité furent cramés vifs. Il y eut des cris, des pleurs, des supplications. Mais Tom fut impitoyable. Malheureusement, ce sort avait puisé dans ses dernières forces. Il s’effondra sur place et Johnny, l’autre Haut Mage constata avec détresse son décès. Déjà, d’autres arrivaient encore. Tim et Johnny devaient partir. Sinon, c’était la mort. Les deux hommes coururent avec hâte vers ce qu’ils croyaient être la sortie. Misère ! Un cul-de-sac ! Drôle de forteresse, tout de même, y bâtir des culs-de-sac était assez étrange et… frustrant en l’occurrence ! Les deux hommes revinrent sur leurs pas. Allaient-ils périr ici ? Soudain, Tim aperçut une fenêtre au détour d’un couloir. Pas le choix : ils devaient sauter. La chute ne serait peut-être pas mortelle étant donné qu’il y avait un genre de ruisseau qui serpentait tout en bas. Il fallait prendre le risque. Sans hésiter, Johnny fonça, tête baissée. La vitre fragile vola en éclat. Timothy le suivit avec son chien dans les mains en apercevant des Sangraves arriver. Et en effet, l’impact de sa chute fut moindre grâce à l’eau. Les deux Hauts Mages, autant soulagés que surpris de toujours être en vie, préparent le Transmitus qui allait les renvoyer illico à Tingapour. Mais le terrain était sauvagement protégé par des Chatrix, des créatures putrides et sans merci, au service de Magister. De plus, comme les ténèbres engloutissaient tout, ils étaient davantage vulnérables. Cela fut confirmé lorsqu’une Chatrix bondit sur Timothy. Johnny s’empressa d’aider son collègue. Mais l’horrible bête avait eu le temps d’agripper l’homme par la jambe droite et de la lui mordre férocement. Un sinistre craquement déchira la nuit. Tim hurla en trébuchant face contre terre. Alors que Johnny s’occupait de la première Chatrix, il en vint une seconde. Celle-ci prit l’homme dans sa gueule et le balança au loin. Le Haut Mage sentit des côtes se briser. Ensuite, il dut perdre conscience, car il ne se souvenait plus de rien à partir de ce moment.

    Timothy gémit en mettant sa main contre sa bouche. Il allait vomir, c’était certain. Que s’était-il passé ? Comment avait-il survécu ? Où était Johnny ? Était-il mort, lui ? Tim balaya toutes ces questions certes inquiétantes et parvint à se mouvoir dans le lit blanc. Il ouvrit la bouche et un liquide visqueux jaillit aussitôt. Tout cela se retrouva sur le sol de pierre. Toussant, Timothy tenta d’oublier son dégoût… en vain. Il ne pouvait pas effacer ce qui s’était passée cette nuit. Enfin, cette nuit-là, car peut-être était-il resté plus longtemps qu’il ne l’imaginait dans cet état ? À cette pensée, une vague de honte le submergea. Chiotte, qu’allait dire l’Impératrice ? Qu’allait-elle penser de lui après ça ? Le but de la mission avait été clair : glaner le plus d’informations possible et ce, sans se faire repérer. Or, il n’avait pas glané grand-chose et s’était magistralement fait repérer ! Bravo, le grand. Enfin, elle pourrait le voir comme une preuve de son incapacité à communiquer. D’un autre côté, dès le début, Tom et Johnny avaient travaillé ensemble, en laissant Tim seul. Ça l’avait arrangé… jusqu’à ce qu’il se fasse emprisonné. Alors la communication n’avait pas été au top, il fallait l’avouer. Soudain, le Haut Mage prit conscience de l’horrible réalité. Son collègue était décédé. Tom avait risqué sa vie pour eux, il s’était sacrifié pour le bien de la mission. Il connaissait les risques, les dangers de ce sortilège. Pourtant, il n’avait pas hésité une seconde à le faire. Super, que dirait Lisbeth ? La mission avait échouée et un trépas était à déplorer. Enfin, peut-être qu’en voyant son état, elle serait plus indulgente. Mais il en doutait vraiment beaucoup. Sa supérieure n’avait pas tendance à diriger en suivant ses sentiments, aussi forts soient-ils. Timothy l’avait toujours connue froide et meneuse. Elle savait manip… contr… diriger son peuple avec habileté. Il l’admirait beaucoup pour ça. Contrairement à lui, elle s’imposait. Bref, c’était une femme remarquable qui ne laissait personne indifférent. Un peu partout sur AutreMonde, on se demandait non sans malice la raison de son célibat… prolongé. Depuis le décès de l’ancien prince consort, Lisbeth ne semblait nullement attirée vers un homme… ou une femme (ben quoi, on sait jamais). Si elle le désirait, elle pouvait se marier dès le lendemain. C’était l’Impératrice d’Omois, non ? Ah, c’était beau le pouvoir ! Une notion abstraite attirante certes, mais futile aux yeux de l’homme. Lui, il se contentait de ce qu’il avait. Le reste, il n’en avait pas tellement besoin. Un homme pragmatique, en somme. Mais qui stressait quand même à la simple pensée d’une rencontre avec l’Impératrice.

    Peu à peu, il s’habituait à la lumière du jour. Il constata qu’il se trouvait dans une vaste salle aux murs blancs. L’un d’eux était en fait une grande vitre par laquelle venait toute cette clarté. Tim tourna avec précaution sa tête. Il se trouvait dans un grand lit. Autour de lui, d’autres lits. Tous vides. Les couvre-lits étaient assez originaux. Sur l’un d’eux, remarqua Timothy avec amusement, était dessiné la tête de Lisbeth elle-même. Et plus loin, il y avait la tête de la princesse héritière, Tara Duncan, une gosse que Tim se ferait un plaisir de ne pas rencontrer. Lui et les enfants, ça ne collait pas ensemble. Déjà, avec Cassie, l’ambiance n’était pas super. Il baissa les yeux et vit que Chem, sous sa forme de dragon bleu, lui souriait sur son propre couvre-lit. Souriant, Tim secoua lentement la tête. La nouvelle décoration de l’hôpital du palais était bien sympathique. Finalement, il les aperçut. Tiens, c’était curieux. Un bouquet de roses rouges trônait sur la table de chevet. Juste à côté, une petite carte. En lettres moulées était écrit : « prompt rétablissement ; je passe te voir bientôt, xxx ». Haussant les sourcils, Tim se retint de ne pas éclater de rire. Eh bien, ça sortait de l’ordinaire. Qui lui avait envoyé ça ? La seconde partie de la carte, pouvait-on dire, disait clairement que le destinateur lui était intime. Le tutoiement était en soi-même une preuve. Hum, Cassie ? Hem, peu probable. Très peu probable, en fait. Sa Première ne lui témoignait pas une grande affection, parce que lui-même ne lui en témoignait aucune. Et les « xxx » à la toute fin tournait en dérision cette hypothèse. Bon, aucune importance. Soudain, la porte d’entrée s’ouvrit et un vieil homme entra. Tim reconnut en lui le médecin du palais. « Ah, bonjour ! Vous êtes enfin réveillé, Wallander ! Figurez-vous que vous avez été dans le coma pendant une semaine ! ». Le Wallander faillit s’étrangler de stupeur. Une semaine d’inconscience ? Bon, c’est sûr que ça aurait pu être pire, genre un mois. Mais quand même ! Que s’était-il passé, demanda-t-il sans ambages. « Ah, ces fichues technologies ! Dans mon temps, j’vous dis pas… » Tim réitéra sa question, cette fois avec impatience. « Le Transmitus automatique n’a pas très bien fonctionné, Wallander. Le pauvre Johnny est bien revenu à Tingapour, mais sans ses bras ni ses jambes. Il est dans un sale état. Il nous a dit, pour Tom. C’est une bien grosse perte que cela. Quant à vous, vous avez été sauvagement agressé par des Chatrix. Quatre côtes et une jambe cassées en tout. Sans parler de ce coma, conséquence d’un traumatisme profond, Je… » À ce moment, le docteur aperçut la belle tache de vomi sur le sol. Il ajouta : « Ah, vous êtes malade en plus ». Il continua à parler de ci et de ça, mais Timothy ne l’écoutait plus. La mission était donc un véritable désastre. Lisbeth allait le tuer. Avant de s’en aller, le docteur lui fit avaler deux comprimés au goût répugnant en répétant « que c’était pour son bien ». Ben oui. Étonnamment, il se sentit mieux quelques minutes plus tard, mais la fatigue refusa de le quitter. Fidèle fatigue ! Le guérisseur soupira et lui annonça qu’il devrait rester au lit durant les prochaines semaines, ensuite de quoi il pourrait recommencer à marcher. Certes, AutreMonde était développée technologiquement parlant, mais la guérison était un processus naturel qui demandait du temps. Finalement, Timothy aurait droit de recevoir des visites (s’il en avait) cet après-midi. Pour le moment, il avait besoin de repos. Avec maintes précautions, l’homme s’installa confortablement (dans la mesure du possible avec un plâtre et des côtes cassées) et s’endormit dès qu’il ferma les yeux.

    Il se réveilla en sursaut. Il avait rêvé. Son songe était flou et imprécis. Il ne se souvenait que de Lisbeth qui se promenait à dos de Chatrix et de Cassie qui lui avouait son amour. Drôle de rêve, quand même. Et assez immoral concernant sa Première… Il ne saurait l’interpréter et n’en avait guère l’envie. Il constata que son Familier dormait aussi, au pied de son lit, puis consulta son accréditation en grimaçant de douleur : 14h30. Et encore aucune visite. Pas de surprise là. Il était loin d’être le plus populaire des Hauts Mages. C’est alors qu’il l’aperçut. Elle lui faisait dos, regardant à travers la grande vitre. Une femme de petite taille. Qui avait de beaux cheveux bruns magnifiquement bouclés. Elle était reconnaissable entre mille. Jamais il n’aurait cru qu’il la reverrait un jour. Et surtout pas dans les circonstances actuelles ! La vie nous réservait toujours des surprises… Et ça expliquait les fleurs et la carte. Mais en même temps, ça lui paraissait si surréaliste. Si impossible. Pourquoi était-elle revenue ? Pourquoi avait-elle eu envie d’aller visiter l’un de ses ex à l’hôpital ? Et la question la plus importante de toutes : pourquoi continuait-il, comme un idiot, comme un fou, à l’aimer comme au premier jour ? Il essaya tant bien que mal de refouler toute la nostalgie qui lui montait aux yeux. Il ne pipa mot. Inutile, dérisoire. Il se contentait de l’admirer de loin, cloué au lit.

    [HJ : Bon, ben comme on s’en doute, à toi de répondre d’abord, Mary <3 J’ai trouvé plus intéressant et amusant que Mary soit la première visiteuse, car la réaction de Lisbeth en arrivant et en les voyant tous les deux risque d’être particulièrement marrante…]



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Mary Williams


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Métier : Future Haute-Mage et travailleuse à mi-temps au Spachoune Gourmand 8D
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MessageSujet: Re: After the Mission ~ Mary & Lisbeth    Mer 23 Mar 2011 - 17:37

Mary Williams … dormait. Pas vraiment étonnant, puisqu'il était à peine six heures. Dans quelques heures, elle serait debout et la vie suivrait son cours ordinaire.

**
Love, only love ...

Mais le destin en avait malheureusement (ou heureusement ?) décidé autrement. Alors qu'elle était plongée dans un rêve bizarre impliquant des cannes à sucre géantes (allez savoir où elle allait chercher tout ça … ), son télé-cristal … se mit à sonner. « Mais c'est pas vrai, ça … » marmonna-t-elle, la tête dans le potage. Elle chercha à tâtons le petit objet, bien décidé à rembarrer le plus sèchement possible l'imbécile qui l'appelait à cette heure-ci. Simon, à côté, grommela quelque chose et plongea la tête sous l'oreiller. Mary trouva enfin le bidule et décrocha.

« Quiçé » demanda-t-elle en articulant le mieux qu'elle put.
« Mary ! J'ai une grande grande grande nouvelle, il faut que tu m'écoutes ! Mary, tu es là ? » caqueta son interlocutrice.

« Oh mon Dieu, pas elle … » songea la jeune femme en passant la main dans ses bouclettes histoire d'y voir plus clair. Clara était une de ses meilleures amies et Mary l'aimait beaucoup. Mais là, ce n'était pas le moment.

« Clara » marmonna-t-elle « Tu es au courant que, là, il est six heures du … »
« Ouiiii, je sais ! » la coupa-t-elle « Il est six heures huit et tu dors à coup sûr, mais c'est super important ! »

Clara vivait à Omois. Avec le décalage horaire, il devait être midi là-bas. Mary soupira, exaspérée. Son amie était la commère du coin, la grande bavarde et la radoteuse professionnelle. Des « trucs super importants », il y en avait souvent. Mary bailla, histoire de signifier qu'elle aimerait bien retourner aux pays des songes d'ici peu, et dit :

« Pour que tu m'appelles à cette heure-ci, j'espère que c'est parce que l'Impératrice t'as demandé en mariage. »
« L'impé … (elle rit) Ce que tu es bête, Mary, cette femme est insensible comme un roc, et méchante, alors ! C'est une grosse vache de première ! Je t'avais raconté comment Marc, l'autre jour, avait été … »
« Clara, viens en au fait »

La jeune femme n'avait qu'une envie : se recoucher. Simon était complètement réveillé, maintenant, et la regardait avec insistance, genre « quand est-ce que tu raccroches ».

« Oui, oui … » fit Clara « Timothy est mort ! »

Mary ne bougea pas, ne réagit pas. Elle lâcha le cristal qui alla se perdre sous les draps. La jeune femme avait l'impression d'avoir été heurtée par … par quelque chose. De lourd, de dur, inacceptable. Tim. Mort. Finit. Timothy. Mort. Son Timothy. Enterré. Toutes ces images se succédaient dans sa tête, lui donnant la nausée. Simon la regardait bizarrement, elle devait avoir pâli. La voix de Clara se fit alors entendre.

« Mais non, je plaisante ! Il est seulement blessé, au Palais … c'est le moment idéal pour tenter de recoller les morceaux, nan ? … Allez, à plus ! »

Et, consciente qu'elle allait se faire massacrer, Clara raccrocha immédiatement. Mary recommençait tout juste à respirer, les mains tremblantes. Timothy était encore vivant, alors … Elle avait eu si peur. Puis la suite lui monta à l'esprit : blessé … Tim était blessé. Comment Clara était-elle au courant ? Était-ce grave ? Elle faillit la rappeler pour savoir mais renonça.

« Qui c'était ? » demanda Simon.
« Personne … enfin si, Clara. »
« Qu'est-ce qu'elle a, encore, cette idiote ? »
« Son frère est gravement malade, au bord de la mort … elle a besoin de moi, je dois y aller. »

Elle sortit du lit, sa décision prise.

« Mais il n'est que six heures … »
« Il est douze heures à Omois, je te rappelle » répliqua-t-elle sèchement.
« Pff … On s'en tape de son frère … »

Et Simon se retourna, décidé à se rendormir. Parfois, il mettait réellement Mary sur les nerfs avec sa bêtise et son égoïsme. Timothy était ô combien plus généreux, plus intelligent, plus … Aheum, ne nous égarons pas. L'amour de Timothy faisait partie du passé, n'est ce pas ? Elle essayait de s'en convaincre mais réalisa que là, elle était sur le point de lui rendre visite. « Pas grave, on aura qu'à dire que c'est en tant qu'amis ». Ça lui faisait une bonne excuse. Après tout, les personnes normales, après une rupture, restaient souvent en contact amical. Certes, Timothy n'était pas exactement ce qu'on appelle « normal » mais ça n'empêchait pas pour autant qu'ils se parlent à nouveau. Bref. Mary, plongée dans ses pensées, enfila rapidement le premier pantalon qui lui passa sous la main et sa robe de Mage. Elle ne prit pas la peine de se coiffer ou de se maquiller, fourra son télé-cristal et une barre chocolaté dans sa poche avant de courir vers la porte.

« Mary ? »

Elle s'arrêta net. Simon venait de l'appeler. Un frisson lui parcourut l'échine et elle ravala bruyamment sa salive : et s'il avait entendu la conversation ? Il ne la laisserait pas partir ainsi, possessif comme il était.

« Oui ? »


Elle était prête à … courir, s'il le fallait.

« Ton pantalon. Il est à l'envers. »


Et il replongea dans son demi sommeil. Mary jura et, de mauvaise humeur, fit disparaître le pantalon dérangeant. Sa robe était assez couvrante ainsi, et on était en été, ça ne choquerait personne. Elle sortit en trombe de la maison et courut jusqu'à la première Porte de Transfert. La cité était encore endormie, elle ne croisa personne. Heureusement que la Porte était ouverte vingt quatre heures sur vingt quatre.

« Omois, Ville de Tingapour ! »
hurla-t-elle au Gardien.


Can break down the walls someday ...


Elle avait décidé de passer d'abord par la ville, car les arrivées directes au Palais étaient contrôlées et que, n'étant sur aucune liste, elle risquait fort de se faire embrocher par des Thugs trop zélés en arrivant. Elle se re-matérialisa donc à Tingapour, en plein milieu de la ville, près du marché. Il était bien midi, et le soleil avait atteint son zénith. Elle dut fermer les yeux quelques secondes, éblouie par la soudaine clarté, tandis que ses tympans tentaient de s'habituer au brouhaha des rues. Lorsqu'elle rouvrit les paupières, ça allait déjà un peu mieux. Elle tourna la tête et repéra le Palais sans grande difficulté : toujours aussi immense, aussi coloré, aussi démesuré. Lorsqu'elle était avec Timothy, ils vivaient à Omois mais ne sortaient quasiment jamais. Aussi, la jeune femme ne connaissait pas la ville le moindre du monde et son sens de l'orientation des plus déplorables ne l'aiderait pas. Que devait-elle faire ? Aller voir Timothy ? Trouver Clara ? Elle qui, d'habitude, était toujours vive et pleine d'initiative se sentait … perdue. Comme écrasée par cette grande ville et par la pensée de Timothy blessé. « Ressaisis toi, ma vieille … ». Elle parcourut le paysage du regard. Elle était au milieu d'une place. Une place avec des tas de gens. Tim n'aurait pas apprécié. B*rdel, pourquoi ne pensait-elle qu'à lui ? Ça virait à l'obsession, là … Elle venait le voir en amie, A-M-I-E, elle devait arrêter de ressasser le passé. Ce n'était que du passé, P-A-S-S-E, avec un « P » comme « Plus aucune importance ».

Elle verrouilla son cœur et se mit en marche. La politesse voulait qu'on ramène des fleurs aux malades, et Mary était polie. Elle se mit donc à la recherche d'un fleuriste. Il y en avait plusieurs sur l'avenue, elle n'avait que l'embarras du choix. Elle rentra finalement chez le premier venu et se décida pour un bouquet de roses rouges qu'elle trouva particulièrement beau. Mary adorait les fleurs terriennes et les préférait largement à celle d'AutreMonde, un peu … agressive à son goût. Elle savait – évidemment – que les roses rouges était une preuve d'amour et de passion, mais Tim n'était pas au courant. Et puis, c 'était joli, le rouge, non ? Mais plus elle s'avançait vers le Palais, plus ses certitudes vacillaient. Qu'allait dire Tim ? Et si, entre temps, il avait découvert le langage des fleurs ? Et s'il pensait qu'elle l'aimait encore ? Elle ne voulait pas qu'il se fasse d'idées … Alors pourquoi venait-elle ? Il aurait fallut qu'elle reste chez elle, avec son Simon et sans plus penser à Timothy. Elle n'était plus sensée l'aimer ! Désorientée, elle se laissa tomber sur .. sur quelque chose qui ressemblait vaguement à un siège et couvrit son visage de ses mains. « Mais qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je fais … ». Elle avait toujours été trop impulsive, surtout en amour, mais ça ne lui avait jamais causé de torts. Pourquoi, soudain, elle était aussi … paumée dans ses sentiments ? Elle jeta violemment le bouquet au sol, espérant que les fleurs s'abimeraient, mais ce n'en fut rien. Évidemment. Les fleurs vendues ici étaient trafiquées pour durer longtemps et résister aux chocs. « Saloperie ! » cria Mary au bouquet.

Elle avait un profond besoin de se défouler, là. Un profond besoin d'effacer Timothy de ses pensées. Elle avait comprit qu'elle ne serait jamais amie avec lui. Soit elle l'aimerait, soit elle détesterait. Pas d'intermédiaire. Si elle voulait le voir, c'était logiquement qu'elle l'aimait. « Merde, merde, quoi … » Un passant, surpris, se retourna vers la jeune femme qui s'était levée et s'appliquait à shooter de toutes ses forces dans les roses. Lorsque le bouquet ne ressembla plus à rien, elle était un peu calmée. Elle essuya avec sa manche les larmes sur son visage. Ça faisait du bien, de frapper quelque chose. Beaucoup de bien. Plus qu'à rentrer au Lancovit. Elle écrasa une dernière fois les roses et se remit en marche. Elle ne devait plus y penser, rentrer chez elle, retrouver Simon. Il y avait une fête en centre-ville, ils s'y rendraient, ce serait sympa. Elle était à mi-chemin de la Porte de Transfert lorsque son télé-cristal sonna à nouveau. Elle décrocha, priant pour que ce ne soit pas Clara. Et Dieu l'écouta, ce n'était pas Clara.

Il s'agissait du chaman en chef de l'hôpital du Palais d'Omois. L'homme ne s'encombra pas de politesses et alla droit au but. Ils avaient un certain patient du nom de Timothy Wallander qui n'avait que trois numéros dans son télé-cristal : celui de l'Impératrice, pour ses missions, celui d'un type weird qui avait répondu « Je suis occupé avec ses moutons et ses balles de golf, allez vous faire » à l'appel, et, enfin, celui de Mary. En gros, Tim, seul et blessé, lui faisait pitié et pensait qu'une visite lui ferait certainement très plaisir [Pas de pensées tordues è__é]. La jeune femme eut un petit sourire en songeant que l'homme ne connaissait pas du tout Timothy. Puis il raccrocha et, à nouveau, Mary se retrouva face à un choix désagréable. Timmy ou pas Timmy ? Maintenant qu'elle avait bien calmé ses nerfs, rendre visite à son ex ne lui semblait pas une si mauvaise idée. Elle se retourna vers le bouquet en pièce. En fait, il n'aurait peut-être pas de fleurs, le Timmy. Elle s'agenouilla sur le sol en espérant trouver au moins une fleur intacte. Bizarrement, une bonne partie était encore dans un état convenable. Elle leva les yeux au ciel : ses fleuristes trafiquaient vraiment tout …


... I will be there, I will be there ...


Un peu plus tard, elle arriva au Palais et, dans un élan de courage, demanda au gardien de l'infirmerie si elle pouvait voir Timothy Wallander. Il lui répondit poliment que son patient dormait et qu'il ne fallait pas le déranger. Mary sourit poliment. Il était encore temps pour partir et rentrer au Lancovit. Elle serra le bouquet encore plus fort et les épines s'enfoncèrent dans sa main.

« Pourriez vous … lui donner ceci. Dites lui que c'est de la part de … de … »


Elle ne finit pas sa phrase. Pas envie, pas la peine. Ce type ne pouvait pas comprendre. Elle incanta et une petite carte apparut ; un autre sort et les mots « Prompt rétablissement, je passe te voir bientôt. XXX » se gravèrent sur le papier qu'elle replia. Pas de nom, juste cette petite phrase. Ça faisait un peu « allumeuse », mais qu'importe. Timothy était un grand maladroit des mots, il comprendrait certainement qu'elle ne voulait pas passer pour telle. Elle tendit les fleurs au gardien et lui demanda de la contacter lorsque Tim se serait réveillé. Que pouvait-elle faire, en attendant ? Elle n'avait pas envie de se balader, pas envie de boire un coup … envie de rien. Elle tourna en rond pendant une dizaine de minutes, marchant comme un zombie dans l'immense Palais avant de ratterir devant l'infirmerie. Elle soupira et s'assit en tailleur sur le sol. Le gardien leva les yeux de son télé-cristal lorsqu'il la vit.

« Mademoiselle … Ça va ? »
« Oui, oui, j'attends juste pour Timothy Wallander …  »
« Oh, ce Haut Mage, une sale affaire … j'ai cru comprendre que toute son équipe est morte lors de la mission qu'il devait effectuer et qu'il a bien faillit y passer. Ça fait près d'une semaine qu'il est dans le coma. Il doit être bouleversé, le pauvre. Vous voulez boire quelque chose ? »

Et le gardien lui adressa un sourire charmeur. Pitié, pas ça. Le coup de la drague, elle le connaissait trop bien : un coup, un rendez vous, une nuit. Et elle n'avait franchement pas la tête à ça.

« Pas tout de suite … » sourit-elle, polie, avant d'ajouter : « Quelle était cette mission ? Et qui étaient les équipiers ? »
« Je n'en sais rien » répondit le gardien « Que vous est-il arrivée à la main ? »

Mary baissa les yeux et réalisa qu'elle avait toujours la paumé tâchée de sang et parsemée de coupures. Les roses ont des épines, que voulez vous.

« Rien, ça va, ne vous inquiétez pas. Je peux entrer, maintenant ? »

Le gardien semblait voir les choses d'un autre œil. Un œil où il sortait avec Mary. Mais il répondit gracieusement que, oui, elle pouvait entrer. Elle entra timidement dans la pièce toute peinte en blanc. Autant de clarté faisait du bien et changeait des habituelles couleurs du Palais surchargé. Timothy avait vu les fleurs – la carte était dépliée – mais s'était rendormi, une joli flaque verte à ses pieds. Mary détourna les yeux et se concentra sur son ex. Il était dans un état critique : la jambe et les côtes plâtrées, le visage amaigri et les cheveux encore plus en pétard que d'habitude. Elle détourna à nouveaux les yeux et se dirigea vers la fenêtre. Celle ci donnait sur les Jardins du Palais, somptueux. Elle se perdit dans leur contemplation, baignée de lumière. Elle se sentait bien, dans le silence. Apaisée. Était-ce la présence de Timothy ? Elle ne savait pas et ne voulait pas savoir, elle était si bien …

...


Il y eut un mouvement, juste derrière. Timothy. Elle ne bougea pas mais sentit son cœur accélérer. Que dire, maintenant ? Le petit texte qu'elle avait préparé mentalement lui semblait bien dérisoire. Elle inspira un grand coup et se retourna. Timothy l'observait, bouche bée, comme s'il n'en croyait pas ses yeux. Elle sourit, pas vraiment naturellement, puis entreprit de réciter son texte :

« Timothy … On m'a appelé ce matin pour me dire que tu n'allais pas bien et j'ai décidé de venir parce que … parce que je pense qu'on devrait rester amis. Pas ensemble, hein, juste amis. Je ne veux pas que tu … qu'on se fasse d'illusion, c'est bien finit, mais je tenais à venir pour rassembler les morceaux … Tu … tu vois ce que je veux dire ? »

« Génial, Mary ». Elle avait commencé son entrée en scène avec un « je t'aime plus, hein, rappelle toi », c'était franchement idiot. En plus, elle avait bégayé et avait parlé sans aucune assurance. Timmy n'avait pas encore réagit et elle doutait que sa réaction soit positive. Après ça, elle ne pourrait pas lui en vouloir … Elle s'approcha un peu de son lit et eut un sourire crispé.

« J'espère que … tu vas bien et que … tu n'as pas trop mal … »

La charismatique Mary s'était complètement rétamé, c'était le cas de le dire. Elle serra les poings, ce qui empira la douleur dans sa paume, et baissa les yeux, incapable de soutenir le regard de Tim plus longtemps.




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Métier : Imperatrice d'Omois
Résidence : Les scoops vous tiennent au courant, non?
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Affinités : Mary Williams : Rivale. Bitch sournoise et encore plus capricieuse que moi.
Timothy Wallander : Amour. Décédé il y a peu.
Calista Manticore : Connaissance. Je l'ai sauvée d'une folle furieuse de vampyre BSH.
Birthday : Haine. Il a tué l'homme que j'aimais.
Assia: Ma soeur.
Dylinrae: Exaspération. Que dire de plus? Elle m'a sauvée je la respecte, mais entre ses expériences de droguée et ses remarques déplaisantes . . .
Alvina: Connaissance. Elle travaille sous mes ordres avec sa meute.


MessageSujet: Re: After the Mission ~ Mary & Lisbeth    Dim 27 Mar 2011 - 11:27

"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé."

Tout n’était que folie. Elle était complètement folle. Folle et perdue. Jolie mélange et grand n’importe quoi. Elle, la froide et implacable Impératrice d’Omois ? Elle n’était même plus capable de se concentrer pendant 5 minutes et était complètement perdue dans un monde qu’elle avait elle-même construit durant des années? Incroyable. Elle devenait ce qu’elle évitait à tout prix. Elle était ce qu’elle évitait à tout prix. Pitoyable. Et elle n’arrivait pas à se reprendre. En fait, elle ne savait même pas si elle voulait vraiment se reprendre. Elle ne le voulait peut-être pas, mais elle le devait. Le devoir avant tout. Principe qu’on lui avait enfoncé dans la tête depuis qu’elle était gosse. Principe auquel elle se tenait depuis toujours. Principe vital. Et le devoir lui disait de se reprendre. Il le lui imposait. Et vite. Elle n’allait certainement pas se plaindre sur ses obligations d’Impératrice, elle avait depuis longtemps accepté et compris ce qu’elle répétait à sa nièce depuis que cette dernière était arrivée à Omois : « c’est ton destin » . Elle était Impératrice, et même si elle avouait que parfois l’idée lui plaisait beaucoup, elle ne changerait pas de métier si elle en avait l’occasion. Etre Impératrice était, certes, pesant, et demandait pas mal de sacrifices, mais elle avait également des avantages non négligeables. De toute manière, elle ne savait rien faire d’autre que gouverner. Elle se demandait bien ce qu’il lui arriverait si jamais elle se transformait en simple habitante d’Omois, avec ses manières snobes et son caractère capricieux.

Mais enfin, que faisait-elle ? Tout d’abord cette elfe, Dylinrae. Malgré sa terrible insolence, son goût prononcé pour l’alcool et parfois même pour la drogue, elle ne l’avait toujours pas renvoyée. Pourquoi ? Par ce que cette dernière l’avait sauvée d’un coup d’état en tuant sa sœur et se vidant de son sang toutes les 5 minutes. Et là, l’Impératrice ne pouvait se résoudre à la renvoyer. Elle s’était même surprise à penser que cet acte de sa part aurait été cruel. Trop cruel. Depuis quand avait-elle peur d’être cruelle ? Cependant, elle excusait ses sentiments par les souffrances qu’avait endurée Dylinrae. Et puis, Lisbeth jugeait trop immoral d’abandonner quelqu’un qui l’avait aidée et même sauvée lorsqu’elle était en danger. C’était . . . trop moche. Alors, elle avait laissé passer cela. Pire, elle ne pouvait s’empêcher, au fond, d’apprécier cette elfe. Le monde ne tournait plus rond.

Ensuite, comble du comble, elle était tombée folle amoureuse d’un hibou. Quoi ? La comparaison est assez ressemblante. Un haut mage d’Omois, disons, avec cernes et manque terrible de communication. Original non ? Et pourtant elle l’aimait. Elle s’en était rendu compte comme ca, d’un coup. Alléluia. La personne dont elle était tombée amoureuse était originale, mais la façon dont elle s’en était rendu compte l’était plus encore. Elle s’était même demandé si un sort n’était pas passé par là. Mais ca aussi c’était complètement stupide. Son trône était muni d’un système de défense très . . . complet. Un sort aurait été vite détecté, si toutefois il avait réussi à franchir la défense dudit trône. Et là, alarmes et encore alarmes. Elle ne pouvait pas dire le contraire, elle était très bien protégée. Quelle idée, tout de même. Amoureuse de Timothy Wallander. Si jamais cet amour avait été réciproque, cela aurait fait de lui son prince consort. Et franchement, elle le voyait très mal à cette place, lui qui détestait prendre la parole. Il se serait fait harceler par les scoops, le pauvre. Cela aurait fait jaser pas mal de monde aussi, tout Omois s’en serait donné à cœur joie. De toute façon, elle doutait fortement que ce haut mage éprouve des sentiments pour elle. Ils étaient certainement trop différents. Ce qui, en passant ne l’avait pas empêchée de tomber amoureuse de lui. Bah, elle pourrait toujours compter sur son physique. Elle était belle, et ca, elle le savait parfaitement. Elle avait aussi beaucoup d’argent et de pouvoir. Ce n’était pas rien. Cependant, le haut mage ne semblait pas attiré par cela. Au contraire, il semblait se contenter de ce qu’il avait sans rien vouloir d’autre. Elle trouverait bien un moyen de . . .

« Votre Majesté Impériale ? »

« Oui ? »

« Concernant la mission à la forteresse grise […] »

**

Agression par des Chatrix. Quatre côtes et une jambe cassées. Coma causé par un traumatisme profond. Sans parler des conséquences de cette désastreuse mission sur les collègues de Timothy. Un mort, et l’autre avec des membres manquants ou je ne sais quoi. Elle n’avait pas vraiment tout compris , ayant arrêté d’écouter les explications du chaman après qu’il lui ait expliqué le cas de Timothy. Elle avait une réunion importante dans moins d’une heure, mais elle restait clouée sur sa chaise, regardant d’un air morne le jardin impériale dont on avait une vue imprenable de sa suite. Mais pourquoi elle l’avait envoyé dans une telle mission ? Pourquoi ? Elle était parfaitement au courant de ce pourquoi. Elle l’avait envoyé participer à une mission de groupe pour qu’il communique avec ses collègues. Qu’il ne se la joue plus solitaire. Suite à des plaintes des collègues de Timothy, et à sa propre envie de le voir changer. Ce qu’elle était inquiète. Et s’il en mourrait ? Elle se demandait bien comment elle réagirait à l’annonce de sa mort. Elle avait déjà perdu trop de gens à qui elle tenait, elle refusait que Timothy meure lui aussi. Il venait tout juste d’être transféré au palais, elle n’avait pas vraiment beaucoup d’informations à son sujet. Pourvu qu’il survive. « Survis abruti. C’est un ordre. ». Cependant, elle ne pouvait pas dire le contraire, la mission de Timothy avait été un véritable désastre. Une catastrophe. C’était peut-être une preuve de l’incapacité du haut mage à travailler en équipe. Elle l’avait pourtant cru capable d’effectuer une mission de groupe. S’était-elle trompée, ou était-ce simplement un énorme coup de malchance de la part de Timothy ? La première hypothèse lui semblait la plus probable, même si elle n’avait pas envie d’y croire. Peut-être que le haut mage était irrécupérable au fond. Toutefois, quelque chose la poussait à croire que non. Elle n’aurait su dire quoi. L’intuition peut-être. Mais cela ne changeait rien au fait que le haut mage allait vraiment devoir songer à le lui prouver, car il risquait sérieusement son poste . Certes c’était une mission assez risquée, mais l’équipe envoyée était constituée de hauts mages. Une équipe très compétente par définition. Bon sang, quand aurait-elle les détails de cette mission ?

« Votre Majesté Impériale, la réunion va bientôt commencer. »

Cela voudrait dire qu’à son réveil –si jamais il se réveillait- l’Impératrice devrait décider du sort de Timothy, alors qu’elle était loin d’avoir envie de le faire. Elle aurait plutôt préféré l’envoyer en vacances tranquille à Aquaria, que de se fâcher contre lui. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas se permettre d’être guidée par ses sentiments. Bien dommage. En tout cas . . .

« Votre Majesté Impériale, la réunion va . . . »

« J’ai entendu. »

« Euh . . . »

« Dites à mes ministres que ladite réunion est annulée, j’ai à faire. »

Bon, elle déciderait du sort de Timothy plus tard. Pour l’instant, elle s’accordait le droit de s’inquiéter.

**

Une semaine était passée. Les guérisseurs étaient optimistes au sujet de Timothy. Il n’allait pas tarder à se réveiller. Probablement dans les jours qui allaient suivre. Lisbeth en était considérablement soulagée. Entre temps, elle avait pu se faire une idée assez précise de ce qu’il s’était passé lors de la mission à la forteresse grise. Timothy avait été capturé et enfermé dans la prison de la forteresse. Ses deux coéquipiers l’avaient délivré mais la situation s’était compliquée. Leur évasion ne s’était pas passée comme prévu. Il y’avait dans le tas une histoire de sort dangereux pour le sortcelier le lançant, ayant causé la mort d’un des hauts mages. Le plus jeune. Cela faisait parti des risques du métier, mais ca en restait tout de même une perte regrettable.

**

La nouvelle lui parvint en début d’après-midi. Timothy venait de sortir de son coma et il était bien vivant, fortement abimé, mais bien vivant. Il sembla à l’Impératrice que le soleil brillait plus fort que d’habitude. Au moins, pas besoin de crème solaire sur Autremonde. Elle sentait revenir de loin son mode ‘happy flower’, qui ressortait lorsqu’elle était réellement contente. Et en l’occasion, elle était réellement contente. Un énorme poids s’ôtait de ses épaules. Elle se demanda si elle pouvait lui rendre visite maintenant . . . Timothy ne serait pas très très content de la voir, il venait de sortir d’un coma en ayant totalement loupé sa mission et redoutait certainement un coup de colère de sa part, mais elle s’en fichait. Elle avait bien envie de lui rendre visite point. Elle se mit donc en route, marchant rapidement dans les couloirs du palais. Souriante. Elle gardait cependant ce qu’elle devait lui dire en tête. Bah, elle pourrait bien le lui dire plus tard, il venait de reprendre conscience, ce n’était pas vraiment le moment de le réprimander. Le guérisseur avait bien précisé qu’il avait besoin de calme. Déjà que l’arrivée de l’Impératrice n’était pas une chose particulièrement calme pour le guérisseur . . . Presque arrivée à destination, Lisbeth fut étonnée d’entendre une voix, derrière la porte. Timothy avait de la visite ? Etonnant. Une voix de femme. Curieuse, l’Impératrice plissa les yeux.

« J'espère que … tu vas bien et que … tu n'as pas trop mal … »

C’était une femme de petite taille. Avec de beaux cheveux bruns bouclés et un teint pâle. Ce n’était pas un canon de beauté, mais l’Impératrice admettait qu’elle avait un certain charme. Mais ce n’était pas tout, sinon, Lisbeth ne se serait pas occupée d’elle plus que ça. C’était tellement évident que cela en faisait peur : ladite brune aimait Timothy. Ca crevait les yeux. Quoi, ils étaient en couple ? Ca ne lui allait pas, mais alors pas du tout. Elle n’aurait jamais cru avoir de la concurrence sur ce point. Elle regarda avec un drôle d’air la brune. Avec un peu de chance, ses sentiments n’étaient pas partagés. Elle riva alors son regard bleu marine sur Timothy. Un sentiment complètement idiot s’empara alors d’elle. Évidemment, vous savez déjà ce que c’est : la jalousie. Car elle l’avait bien vu, dans les yeux de Timothy, que ce dernier était aussi fou amoureux de son interlocutrice. Et merde alors. Pour une fois, elle aurait préféré que Timothy soit un associable complet, pour qu’elle n’ait pas de rivale et pas de concurrence. Pas possible. Ils étaient en couple l’espèce de brune et lui ? Depuis combien de temps ? Heureusement que les regards ne tuaient pas, car ladite brune serait morte foudroyée depuis une bonne dizaine de minutes. Avoir une Impératrice jalouse sur le dos n’était pas un bon plan pour elle. Lisbeth s’imagina un instant la faire assassiner. Ça aurait été si bien. . . Aheum. C’était tout de même étrange, que cette femme ait utilisé un ton si hésitant pour parler à Timothy si ils sortaient ensemble. Peut-être s’étaient-ils disputés avant que le haut mage parte en mission. Ohh, le scénario si romantique. Laissez-moi rire. Elle hésita un instant à entrer et à troubler leur moment magggiiiiqqquuuee. Puis, elle poussa la porte qui s’ouvrit dans un grincement presque provocant. Elle lança à l’interlocutrice de Timothy un regard digne d’une sérial killeuse et dit :

« Timothy ! Quel plaisir de vous voir enfin réveillé . . . » en insistant bien sur le ‘enfin’.

Elle était trop énervée par sa découverte pour se montrer aimable, aussi le ton de sa voix ne sembla pas particulièrement sympathique. Mais elle s’en fichait complètement. Il fallait bien que quelqu’un joue le rôle du méchant dans ces émouvantes retrouvailles. En l’occurrence, elle jouait parfaitement ce rôle, et était bien décidé à continuer jusqu’au bout. L’abrutie de brune qui se tenait devant elle lui lança un regard étonné du genre: « Diantre, mais que fait l’Impératrice iciii ! ». Dieu qu’elle avait l’air gourde.



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MessageSujet: Re: After the Mission ~ Mary & Lisbeth    Lun 18 Avr 2011 - 19:51

Les souvenirs nébuleux de son songe s’estompaient peu à peu de son esprit. Ses yeux à moitié clos et sa bouche légèrement entrouverte n’offraient pas un portrait des plus soignés. Mais l’homme ne s’en préoccupait guère : il y était habitué. Son regard admiratif et craintif scrutait une vision du passé qu’il croyait enterrée à jamais. Mary. Des milliers de détails déferlaient dans sa tête. Son rire enjôleur. Sa voix caressante. Ses gestes sensuels. Ses rares mais charmants froncements de sourcils. Son sourire taquin. Pourtant, il ne la reconnaissait pas. Bien sûr, il savait qu’il s’agissait de son ex petite amie. Mais apparemment, les années l’avaient façonnée : désormais plus calme, elle semblait même gênée. Le Haut Mage abandonna son expression hébétée après quelques secondes. Mary s’exprimait avec hésitation. Et ce qu’elle lui disait faisait hausser les sourcils de Timothy. Pourquoi revenir vers lui après l’avoir jeté comme une bouse de traduc ? Jamais elle n’avait manifesté le désir de rester son amie. Un matin, elle avait brisé leur relation. Le soir, elle se trouvait déjà au Lancovit. It was all over. Il en avait eu la nette impression au cours de l’année qui avait précédé leur rupture. C’était toujours comme ça. Une intuition qui vous avertissait de la fin imminente. Le comportement de l’autre, peut-être. En tout cas, le passé appartenait au passé. Malheureusement, la présence de Mary le lui faisait ressasser. Que disait-elle, maintenant ? Rassembler les morceaux. Réparer les pots cassés, autrement dit. Bonne initiative, restait à savoir si elle allait réussir à le faire. Tant d’années les séparaient de leur dernière conversation. La dernière phrase, ponctuée de bégaiements, dessina sur son visage fatigué une ébauche maladroite de sourire, vague parent de la grimace.

    « Oui », répondit-il simplement.


Oui, il savait que tout était bien terminé. Oui, il savait qu’il l’aimait encore. Oui, il savait qu’elle ne l’aimait plus. Oui, il savait qu’il avait commis des erreurs. Tout cela, il le savait parfaitement. Mais jamais il n’avait réussi à accepter la décision et le départ de Mary. Il avait plus ou moins essayé de retomber en amour par la suite, mais aucune femme n’était comparable à Mary. Alors, désespéré, il avait tu son cœur et ouvert les bras à la solitude. Au célibat. Plus jamais il ne s’éprendrait d’une femme. Trop douloureux. Parlant de douleur, sa jambe plâtrée commençait sérieusement à le démanger. Signe de guérison ?

    « Je vais bien. (Puis, après un moment : ) Mais je pourrais aller mieux. (Un autre moment passa : ) Et toi ? »


C’était bien lui, ça : parler avec lenteur, comme s’il réfléchissait. Mary constaterait qu’il n’avait pas changé sur ce point. Enfin, il serait plus exact d’affirmer qu’il n’avait pas changé d’un iota. Pourquoi s’obstiner (vainement) à changer qui il était alors que celle pour qui il le faisait te quitte ? En outre, hormis Mary, son comportement n’avait pas dérangé quelqu’un… Bon, il y avait eu les Hauts Mages « anonymes » qui s’étaient plaint à l’Impératrice de son incompétence à travailler en équipe. Un instant, il se demanda ce qu’ils avaient pensé de l’échec de sa mission d’équipe. De toute façon, ils pouvaient aller se faire voir, Tim se fichait bien d’eux et de leur chialage de gamin. Le gros problème était bien évidemment Lisbeth. Dans la mesure du possible dans sa situation de blessé, il allait l’éviter. Simplement pour demeurer en vie. Il était déjà assez amoché comme ça à son goût. Parce que vu l’échec de la mission chez les Sangraves, il ne donnait pas cher de sa peau ! C’était la première fois qu’il manquait ainsi à son devoir de Haut Mage, autrement dit sa tout première grosse foirade, et ce ne serait pas une très bonne idée de l’inclure dans son CV… L’Impératrice était reconnue pour faire suer les incompétents. Il allait donc y goûter. Super, il était vraiment enthousiaste à l’idée de la rencontrer dans les prochains jours.

À sa grande surprise, il vit Mary baisser les yeux devant lui. C’était une première. Habituellement, c’était lui qui devenait intimidé par sa forte personnalité. Il ne savait pas quoi dire. Il n’y avait rien à dire. Valait mieux se taire que de parler pour ne rien dire. C’était sa maxime depuis… euh, depuis son enfance, maxime qu’il appliquait toujours. Timothy baissa la tête à son tour, mais ses yeux ne suivirent pas le mouvement. Deux soleils obscurs braqués sur l’objet de désir. L’envie d’elle le rongeait. Pouvait-elle comprendre qu’il n’avait cessé de l’aimer ? Qu’ils étaient faits l’un pour l’autre ? Que seul lui, Timothy, pouvait la combler ? Elle pouvait bien s’envoyer en l’air avec dix hommes (mais pas tous à la fois, quoique…), elle reviendrait toujours à son bon vieux Tim. Sinon, comment expliquer sa présence ici ? Mary ne répondait pas. Tant pis. Ça ne le dérangeait pas. Après tout, on n’avait pas à répondre à toutes les questions qu’on nous posait ! Alors que la conversation silencieuse grandissait dans le malaise, un grincement de fin du monde s’éleva. Ah. La porte. Timmy, haussant les sourcils, tourna la tête vers le nouveau venu ou la nouvelle venue.

Lisbeth. L’Impératrice d’Omois. CHIOTTE DE FUCK. (La classe, hein Cool) Le visage du Haut Mage s’effondra. Son regard devint incertain, fuyant. On l’aurait dit sur le point de fondre en larmes, pauvre chou. Mais bon, un peu de virilité, Tim. Ce dernier serra ses couvertures entre ses poings en se mordant la lèvre inférieure. Ainsi, il ne vit le regard meurtrier que jeta Lisbeth à Mary. En tout cas, la voix de sa supérieure n’était pas très aimable. Lui en voulait-elle d’avoir échoué ? Sans doute. Quel plaisir de le voir réveillé… pour pouvoir le réprimander, oui… Au bout de quelques minutes de silence, il leva timidement la tête et rencontra le bleu glacial des yeux de Lisbeth. Ce qu’elle était imposante, celle-là ! Il balbutia :

    « Euh, Votre… Votre Majesté Im-Impéri-riale… Je… J’ai… suis déso… euh, navré de… Mais… pas ma faute… Enfin, si, euh… Vous… »


Il abandonna l’idée de s’exprimer. Il n’y arriverait pas. Que faire, à présent ? Prétexter une immense fatigue et leur dire de s’en aller ? Pas très subtil… Puis il se demanda ce que Lisbeth faisait ici. Elle tenait absolument à lui parler, ici et maintenant ? Ne pouvait-elle pas attendre qu’il soit sur pied ? Apparemment, non. Le sadisme de cette femme le laissait muet… de peur. Eh non, pas très courageux, le Timmy, pour affronter une personne verbalement. À défaut de dire quelque chose de cohérent, il se contenta de regarder Lisbeth à quelques pas de lui. Mais pas yeux dans les yeux, non. Plus bas. Non, pas le cou, encore plus bas… Hem, hem. Réalisant où ses yeux étaient portés, il rougit violemment. Ses joues étaient en feu. Il ferma les yeux, humilié, puis les rouvrit après quelques secondes. Sa peau redevint ensuite blanche. Il ne dit rien. Il n’y avait rien à dire.

[HJ : Un RP bien médiocre bourré d’inutilités, je sais >_>. Je fais mieux la prochaine fois, promis.]


Anciennement Magister, Birthday, Timothy & Neal (2010-2012)
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