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 Stone and Blood

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AuteurMessage
Tara'tylanhnem Duncan


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Age du personnage : 22

Familier : Galant, pégase
Couleur de magie : bleu azur
Niveau de magie :
  • Très élevé
Niveau de combat :
  • Elevé


Métier : Apprentie Impératrice, catastrophe
Résidence : Omois

MessageSujet: Stone and Blood   Jeu 20 Oct 2016 - 23:25

Dong. Le douzième coup de la cloche retentit dans l’obscurité. C’est une nuit sans lune, brumeuse. Le genre de nuit dans laquelle on n’aime pas trop se retrouver tout seul, à attendre à la lumière sporadique d’un vieux lampadaire. C’était pourtant le genre de nuit qu’elle adorait. Les nuits de crime. Les nuits où les gens qui attendaient tout seul dans la lumière sporadique d’un vieux lampadaire finissaient mort. Dans le meilleur des cas. Ses pas résonnaient sinistrement, par écho, dans les petites ruelles de cette petite ville. Des pas lourds, vifs. Ils s’arrêtent à intervalles irréguliers, comme si elle écoutait, tendait l’oreille. Une traque ? Une chasse ? Pas loin.

Elle a faim. Non pas qu’elle ne pourrait pas manger autre chose, des aliments plus « normaux », mais on a tous ses péchés mignons ! C’est goûteux, tellement goûteux ! La peur, la souffrance, tellement de sentiment qui les étreignait avant le moment fatidique du festin, tellement de sentiment qui la remplissait de plaisir. Ce soir, c’était un homme. Elle l’avait trouvé ce matin, dans un café. Il l’avait regardé de travers. Il s’était vu avec sa tête de morse ? Elle l’avait suivie toute la journée, sans qu’il s’en rende compte. Et maintenant que ce gros porc cherchait une prostituée à son gout, elle allait l’attraper.


« Eh bien mon chou, on ne trouve pas chaussure à son pied ce soir ? »

Elle l’avait interpellé alors qu’il naviguait, entre les voies reconnues pour être « fréquentées », par de petites ruelles. Il s’était retourné, et le dégoût peignit à nouveau son visage. En même temps, il n’avait pas tort. Elle était loin d’être jolie. Terriblement maigre, presque anorexique. Une poitrine inexistante, des jambes grêles, des bras en allumette, le tout recouvert de vêtement noir, résille, en cuir, en tout ce que vous voulez, mais noir. On aurait dit qu’un coup de vent aurait pu la faire s’envoler. Ses bras étaient recouverts de cicatrices, scarifications, piercings et tatouages. Mais son visage. Non pas qu’il n’était pas normal, elle aurait pu être jolie, si elle s’arrangeait un petit peu. Son visage était fou. Elle était folle. Ses yeux écarlates resplendissaient d’une lueur carnassière. Une faim dévorante, sanglante, l’étreignait. Son sourire était malsain, et son nez disgracieux n’aidait pas à la rendre moins prédatrice. Sa peau était terne, presque cadavérique, pleine d’imperfections et de taches. Sa langue sortie, elle salivait, salivait tellement que cela gouttait sur le sol, suintant d’un liquide noir semblable à de la poix. Ses cheveux mi-longs étaient gras, et formaient d’immondes paquets huileux. Enfin, sur ses oreilles et son cou, des crucifix, des tas de crucifix. Un anorexique gothique schizo, elle ressemblait à ça en fait.

« La soirée est finie pour toi, mon chou. »


La salle était déjà colorée de rouge vif et de noir profond quand elle entra dans la pièce. La vaisselle magiquement créée volait dans tous les sens et elle du plusieurs fois se protéger derrière un bouclier magique pour éviter de prendre une assiette dans la figure. Elle tenta bien de la raisonner mais sa rage était palpable et tout ce qu’elle pouvait faire, c’était attendre, et lui envoyer quelques couverts aussi.

Trois jours. Trois jours s’étaient écoulés depuis le premier meurtre. Omois en son ensemble était choqué par tant de cruauté et de bestialité. L’Empire tremblait. Celle qu’on appelait déjà La Dévoreuse avait par trois fois frappé. Tous les cristallistes étaient sur le qui-vive, à l’affût de la moindre information, et les forces de l’ordre d’Omois aussi.  Les Serials Killeurs étaient rares en Autremonde. Tout du moins, des gens qui semblaient tuer uniquement par plaisir. Les criminels étaient rares, car ils étaient identifiés bien plus facilement que sur la Terre. Si bien que l’émergence d’un individu de cette trempe était toujours la cause de beaucoup d’émoi, surtout en Omois.

Le niveau grimpa d’un cran quand les rayons de magie commencèrent à fuser dans la pièce pour détruire divers meubles qui apparaissait ça et là, invoqués par le Palais, qu’elle n’appelait pas Antichambre de la Colère pour rien. Cela devait bien faire dix minutes qu’elle était là et elle n’avait pas encore vu une once de raison se peindre sur le visage de la rage incarnée.

Le mode opératoire semblait toujours le même. La victime était toujours un homme. Assez âgé et friand de dame de peu de vertu. Tout du moins, qui monnayait cette vertu. Le crime se déroulait toujours de nuit et à l’abri de tout observateur. Le cadavre, ou plutôt, ce qu’il en restait, était retrouvé dans une disposition différentes certes, mais néanmoins travaillée. Presque artistique. Mais toujours dans une mare de sang et de viscères. Répugnant.
Au sol, des raclures, semblables à des traces de griffes laissent présumer un animal gigantesque. Rien qui devrait pouvoir se cacher des yeux des enquêteurs. Le mystère est épais, mais la terreur et l’effroi suscité par La Dévoreuse était, elle, palpable.

Fort heureusement, le rouge et le noir commencèrent à se veiner de bleu, et petit à petit l’intensité du cataclysme commença à disparaitre, et elle put commencer à souffler un peu.

Ce climat de tension était mauvais pour l’Empire, très mauvais. D’une part parce que c’était une preuve de faiblesse manifeste que de ne pouvoir arrêter un criminel, et tout simplement parce qu’en général, les affaires marchaient moins bien quand les gens avaient peur de sortir de chez eux. Cela avait le don d’irriter l’actuelle Impératrice. Qui passait ses humeurs sur les gens proches d’elle. A savoir. Sa nièce.


« Lisbeth T'al Barmi Ab Santa Ab Maru T'al Duncan !» , la voix de ladite nièce, quelques peu sur les nerfs, tonna dans la salle. Chose qu’elle pouvait se permettre depuis qu’elle avait un peu muri et que sa tante commençait à considérer comme une égale, bien qu’encore en apprentissage.

Tara était au moins aussi irritée que sa tante, même si elle le montrait moins. Et pas pour les mêmes raisons. Tara n’était pas encore prête pour régner, cela ne faisait aucun doute. Mais s’il y avait bien quelque chose qui ferait d’elle une fabuleuse Impératrice (dans les dents Jar), une fois son accession au trône effective, c’était son amour inconditionnel pour son peuple. L’idée que l’on puisse menacer ses futurs sujets avait tendance à lui mettre les nerfs en pelote. Quand bien même on parlait de pervers dégueulasses.

L’expérience et l’empirisme ayant déjà démontré qu’elle était capable d’enquêter bien mieux que certains des plus fins limiers de l’Empire, elle se décidait à s’occuper de cette affaire elle-même. Tout du moins, elle allait être un peu plus subtile.
Sa tante réagit enfin à sa présence par autre chose qu’une agression en bonne et due forme, et la magie qui illuminait ses yeux et ses mains disparut. N’allez pas croire qu’elle était calme pour autant.


 « J’espère que tu viens m’annoncer que nous l’avons enfin coincé ?»

Malheureusement, ce n’était pas le cas. Tara secoua la tête en signe de négation. Elle venait ici demander une autorisation, qu’elle savait surement difficile à obtenir. Elle espérait que l’irritation pousserait sa tante à accepter son idée.

« Je crains fort que non, ma Tante. Les indices de ce matin ne donnent toujours rien. Toujours la même rengaine.  Nos options sont limitées. On peut attendre qu’Elle fasse une erreur qui nous mène à elle, mais ce serait rester passif, ou nous tentons une approche différente.
Lisbeth hocha la tête, elle était bien d’accord avec ce raisonnement, quand bien même elle aurait préféré qu’il n’en soit pas autrement. Elle fit signe à sa nièce de continuer, bien qu’elle avait déjà une petite idée de ce qu’elle voulait dire.

« Voilà, ce que je te propose. Par le passé, tu m’a utilisé, ainsi que mes amis, pour demasquer une taupe dans l’Empire. N’est-ce pas ? »

« C’est vrai. », répondit sa tante, tendue et un peu réticent à ce qu’elle entrevoyait arriver.

« Et cela avait plutôt bien fonctionné. Pourquoi ne pas retenter l’expérience ? Rien d’officiel, je te rassure. L’idée n’est pas de m’exposer au danger. Je n’ai qu’à me changer comme je le ferai pour devenir vampyr et enquêter sous couvert d’anonymat. Je ne m’exposer pas, et j’aborde cette affaire d’un angle nouveau. Qu’en dis-tu ? »

« Très bien, essaye.»

Tara sourit doucement, victorieuse, et remercia sa tante de lui faire ainsi confiance. L’inspectrice Tara se lançait sur les traces de la Devoreuse.
Se rendant dans sa chambre, elle se « changea » sur place. Elle prit l’apparence d’une femme forte, dans la trentaine, une elfe, cheveux mi- longs, châtains. Un peu le stéréotype de l’enquêtrice des séries policières américaines. En plus elfique. Si elle avait pu enfiler un tailleur sans faire tache sur Autremonde, elle l’aurait fait. Elle opta au final pour l’uniforme classique des enquêteurs d’Omois, et quitta le palais.

Malgré l’effroi ambiant, Omois vivait toujours. L’effervescence était toujours de mise. Les gens rentraient juste plus tôt, et les riches marchands libidineux évitaient de se pointer dans le coin pour le moment.

Le toit de la première scène de crime était interdit d’accès, mais les ordres allaient vite en Omois, et la plaque que Lisbeth lui avait fournie remplit tout à fait son office.  Elle passa la porte donnant sur le toit, et Tara grimaça. Malgré le nettoyage magique, l’odeur d’entrailles pourries étaient encore là, acre et putride. Elle déglutit, prit une grande inspiration et activa le dispositif de rémanence. Ce bijou de technologie magique simulait par magie la scène telle qu’elle était à la découverte du cadavre. De façon très réelle. Trop réelle. Tara vomit sur le côté. Elle ne s’attendait pas à tant de barbarie.

Après de longues minutes pour « s’habituer » à la scène, bien qu’elle ne puisse penser que cela soit humainement possible, elle commença à prendre des photos. Elle voulait conserver des données matérielles, et pas uniquement magique. Son cœur mis à mal, elle se mit à examiner ce qu’elle avait devant elle. Et c’était un véritable carnage.

Le sol avait été creusé, en un cercle informe et irrégulier, qui recueillait le sang du cadavre. Qui baignait donc dans son sang, comme dans une piscine rouge foncée. On aurait pu le croire profitant de sa baignade sanglante s’il avait encore des bras, disparu à partir de l’épaule. Tara le souleva magiquement pour le sortir de là, et lâcha un hoquet, et un autre filet de bile amère, quand elle constata horrifiée qu’il lui manquait aussi l’intégralité de son abdomen, son torse et ses organes. Ne restait que sa colonne vertébrale qui reliait toujours les deux bouts encore « complets » de son corps. Tara s’éloigna pour respirer un peu.

Elle devait s’accrocher. Elle retourna examiner les moignons de bras. L’un avait été arraché, écartelé, comme si une force incroyable avait tiré dessus d’un coup sec. L’autre avait été sectionné et broyé à la fois. Cela ressemblait à une morsure terrible. Le visage de la victime, lui, était intact, et figé en un rictus de souffrance et de peur mêlée. Un genre de mucus noirâtre mais un peu transparent sortait de sa bouche et maculait ses cheveux. Ce n’était pas du sang, ni rien qu’elle connaissait déjà. Elle en récupéra un échantillon.

Pas spécialement de magie dans l’air. L’agresseur ne semblait pas en user, et l’homme n’avait pas voulu ou n’avait pas pu se défendre. La jeune héritière fit disparaitre le corps et le sang du bassin via le dispositif et s’intéressa à celui-ci de plus près. Il était loin d’être lisse. En fait, il avait été raclé dans la pierre du toit. Cela avait dû faire un boucan pas possible, pourtant rien n’avait été entendu la nuit dernière. L’excavation aurait été faite à l’avance ? Cela impliquerait une préméditation. Enfin, elle remarqua une gravure, qui se cachait alors derrière les épaules de la victime.

On avait creusé, remplit de sang les mots :

LE BAIN DU PORC

Le dernier mot avait été recouvert avec les doigts du macchabé, formant les lettres du mot porcin. Tara frissonna et coupa le dispositif, fuyant la scène de crime qu’elle ne voulait plus voir.


Elle commençait à regretter son idée et son implication. Bordel elle n’avait pas les épaules pour ça. Personne ne les avait. Elle voulait rentrer, dire qu’elle laissait tomber et qu’elle n’y arriverait pas. S’enfermer dans sa chambre et n’en sortir que quand le malade qui était derrière tout ça serait derrière les barreaux. Mais son amour pour son peuple, et l’idée e devoir laisser cette corvée à quelqu’un d’autre lui donnait du courage. Elle devait le faire.

La jeune héritière se rendit donc sur les deux scènes suivantes, qui étaient d’une égale atrocité. Elles étaient même très similaire, et Tara n’y appris pas grand-chose de plus. Le second homme n’était plus qu’un tronc avec un trou. Ses jambes et ses bras étaient manquant, mais des débris de chair un peu plus loin laissaient entendre qu’ils avaient été dévorés.  Son cœur avait été arraché et un trou béant se trouvait sur sa cage thoracique. Et il avait été utilisé pour écrire :

J’♥ LE PORC

Un petite affichette avec un prix au kilo était planté dans le crane de la victime, entre les deux pieds qui avaient aussi été entrés en force dans la boite crânienne, la disloquant presque. Une pomme rouge, presque irréelle, étant plantée entre les dents de la victime.

Le troisième avait été dévoré par des chats qui avaient été affamé pour l’occasion. Le cadavre avait été jeté dans une cage gigantesque, au fond d’un trou,  où se trouvaient les chats, et sur l’écriteau : « Au bon cochon » avait été écrit à la craie. Le corps avait été préalablement écorché, peut-être vif, et la peau avait été tendue au-dessus de la cage, cachant la scène sanglante qui se trouvait en dessous. On avait écrit dessus :

Ce que je préfère dans le PORC, c’est la peau !

Tara avait bien tenté d’interroger le voisinage des crimes, en vain. Personne n’avait rien vu, ni rien entendu. Elle n’avait rien obtenu de plus que ce que le rapport lui avait déjà appris. Ce n’était pas ce qu’elle esperait, mais elle ne perdait pas espoir pour autant. Elle n’était pas profiler, mais le message passé par La Dévoreuse était assez évident. Les victimes étaient choisies au hasard parmi le « genre », ils n’avaient rien en commun mis à part leurs fréquentations intimes douteuses.

Elle n’avait aucun moyen d’anticiper les choix de l’assassin, pour le moment, mais fouilla tout de même dans sa mémoire des séries policières pour trouver des idées. S’il n’y avait pas de mobile autre que la vengeance contre les « porcs », il y en avait peut-être un pour l’un d’entre eux, camouflé dans le chaos de ces meurtres…

Enfin, c’est ce qu’elle aurait aimé faire si le devisatoires des archives de l’Empire n’était pas aussi mal tenu. Certes, elles étaient accessible facilement, comme les bibliothèques, mais les Autremondiens n’avaient pas cette tendance maladive à la récolte d’informations personnelles qui faisait pourtant fureur sur Terre. Après pas mal d’appel dans les différentes familles, elle avait quelques suspects potentiels pour chaque meurtre. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était un début. Le plus souvent, l’héritier de la fortune de la victime, ou un ennemi notoire qui pourrait avoir enfin frappé. Mais depuis qu’elle connaissait la guilde des Assassins, elle doutait que quelqu’un s’embarrasse à faire quelque chose de cet acabit, et Myakko lui avait confirmé la non-implication de l’organisation de tueurs. Il allait de leur réputation, si bien qu’elle avait eu le droit de rompre le silence quant aux contrats passés ou non par la Guilde.

La soirée fut donc peu fructueuse, au grand dam de la jeune Héritière, qui finit par partir fautes de résultats plus probants. Et elle savait ce que cela signifiait. La nuit fut courte, bien évidemment, puisqu’elle fut appelée dès le matin sur la nouvelle scène de crime, comme elle l’avait demandé. On ne pouvait que présumer qu’un nouveau meurtre se produirait, mais cela n’avait pas manqué. Enfin, des nouveaux meurtres…

Tara, toujours sous déguisement ADN, entra dans l’entrepôt désaffecté ou s’affairait déjà les enquêteurs habituels. La scène est d’un raffinement malsain et sanglant qui fit immédiatement détourner les yeux à la jeune fille. Qui pouvait avoir des idées aussi ignobles ?

La magie était une belle chose, mais entre les mains de certaines personnes, les pires atrocités issues de l’imagination humaine étaient réalisables. Une sphère irrégulière trônait au milieu de la pièce, pulsant à intervalles réguliers. C’était un amas de métal tranchant. On pouvait voir des lames de toutes sortes, des barbelés, divers crochets et autres hameçons. Le tout gigotait, comme animé d’une vie propre, et les mouvements entrainaient ceux des « automates ». Trois cadavres. Trois robots de chair animés par l’entité tranchante, qui agitait doucement ce qu’il leur restait de bras à la foule environnante. Macabre.

Tara s’approcha des victimes. Deux d’entre eux avaient eu la tête remplacée par celle d’un porc, ce qui restait cohérent avec le mode opératoire. Mais la troisième changeait la donne. Les deux hommes avaient été partiellement dévorés, la phrase « A LA PECHE AU PORC » surmontait sur un panneau les cadavres attachés par les hameçons à la boule d’acier. Les corps étaient lacérés, distendus, déchirés. Et pourtant, la troisième victime était intacte. Posée contre le métal, celui-ci ne bougeait pas et n’abimait pas son corps. Elle aurait pu paraitre vivante si une longue trainée de sang ne coulait pas de sa gorge, sur laquelle était posée sa main, et que ses yeux n’étaient pas crevés, percés par des hameçons qui tiraient ses paupières en arrière. .

C’était une femme. Une jeune femme blonde, la vingtaine. Tara vérifia que le dispositif d’enregistrement de la scène tournait, et elle s’approcha de la femme. Quelque chose l’intriguait. Elle prit la main sur la gorge et la dégagea, coupant un fil de pèche qui la maintenait là. Elle constata avec horreur ce qui était caché. On avait gravé, excavé la chair pour y dessiner un symbole composé de 7 points. Exactement comme… Elle porta la main à sa propre gorge.

Ce ne pouvait pas être une simple coïncidence. La femme fut agitée d’un spasme alors qu’un déclic se faisait entendre. Tara n’eut que le temps d’ériger une barrière magique précaire que l’immense boule de métal explosait dans un vacarme sifflant assourdissant. Les lames, les barbelés et les hameçons criblèrent la pièce et elle-même fut transpercée à l’épaule d’un épieu large comme le pouce. Elle avait eu de bons réflexes et cela lui avait sauvé la vie. Mais pas celle des enquêteurs autour d’elle.

Nombreux étaient gravement blessé, et les rares indemnes tentaient de stabiliser l’état des plus mal en point. Elle avait provoqué tout ça. Elle-même se rua sur ceux à côté d’elle, les mains illuminées de magie, ignorant la douleur qui irradiait de son corps. Tara se concentra sur les soins, n’essayant pas de réfléchir à autre chose, comme sa propre culpabilité.

On déplora deux morts, et les autres furent sauvés. Ce n’est qu’alors qu’elle arracha la pointe de fer qui traversait son corps, et fut soignée. Elle allait la sentir quelques semaines, celle-là… Elle remarqua que sur le métal avait été gravé « Celle qui chasse le chasseur en devient le plus souvent la proie. ». Elle frissonna, contemplant l’étendue des dégâts, et fut prise d’une rage indicible.

Tara quitta la zone en trombe, tant pis pour les indices, elle reviendrait plus tard. Elle savait ce que cela signifiait. Mais elle ignorait comment tout cela était possible. La Dévoreuse savait qu’elle était sur ses traces. Plus préoccupant encore, elle savait qui elle était en réalité. Et avait anticipé ses mouvements au point de lui tendre un piège qui lui était personnellement destiné. Sa tante en entendrait forcement parler, et ce serait surement la fin de l’enquête pour elle. Mais elle ne pouvait abandonner. Elle prenait cela comme… Comme une véritable déclaration de guerre. Une guerre qu’elle ne pouvait se permettre de perdre et qu’elle ne perdrait pas.

La douche chaude qu’elle prit une fois sa chambre regagnée lui permit de se calmer. Elle ne devait pas agir dans la précipitation. Elle avait fini par comprendre cela. L’eau qui ruisselait sur son corps la lava de son sang et de celui des blessés. Mais elle ne lui enleva pas la honte, les remords. Des gens étaient morts à cause de son imprudence. Bien sûr, elle savait que cela serait arrivé même si ce n’était pas elle qui avait déclenché le dispositif. Elle restait cependant celle à qui il avait été destiné et peut-être que si elle n’avait pas voulu se lancer dans cette enquête, il en aurait été autrement. D’un autre côté, elle ne pouvait permettre que d’autres victimes subissent le sort des précédentes . Elle n’avait pas le choix. Le tout était de le faire comprendre à ces proches.

Elle sortit et s’habilla rapidement quand elle entendit la porte de sa chambre autoriser une entrée, dont elle se doutait de l’identité.  Sa tante s’était assise dans un fauteuil en l’attendant, et Tara s’assit machinalement dans son préféré. Elle allait commencé par un « avant que tu ne dises quoique ce soit », mais Lisbeth ne fit pas mine de prendre la parole, ce qui étonna grandement sa nièce.



« Moi qui m’attendais à la tempête… Sache tout d’abord que je ne souhaite pas m’arrêter. S’en est devenu personnel. Que je sois l’héritière n’y change rien, si je ne l’arrête pas je ne mériterais pas plus le trône que Jar. Je crois que tu peux comprendre ça ? »

Elle ne lui ferait pas l’affront de lui rappeller sa terrible offensive sur les quartiers de Magister quand elle avait pris sa provocation pour une attaque personnelle.

« Certes, j’engage en partie l’Empire, mais même si je péris, Mara pourra prendre ma place. Mais si La Dévoreuse continue son œuvre sans que je puisse l’arrêter, qui suis-je pour prétendre au pouvoir ?»

La jeune héritière fixa son regard dans celui, presque amusé, de sa tante. Elle était décidé à ne rien lâcher.

« Bien. Fais ce que tu veux. Je n’en attendais pas moins de toi, de toute façon. Si je te l’interdisais, tu te débrouillerais pour le faire quand même, et avec plus de risques. Comme à chaque fois que tu prends quelque chose trop à cœur. Je ne suis pas exempte de ce genre de déboire, mais j’espère juste que tu apprendras à en faire moins. Avant que ta carrière ne s’arrête brutalement. Cependant, l’expérience a prouvé que tu t’en sortais toujours, avec plus ou moins d’explosion, alors j’espère que tu la coinceras. Ne me fais pas regretter ce choix.»

Tara lâcha presque un hoquet de surprise, alors que sa tante quittait la pièce. Même si elle avait grandi, même si elle avait muri, jamais sa tante ne lui avait laissé une telle liberté dans ses actes. Elle ignorait si c’était un test ou si c’était une récompense, mais dans tous les cas elle en profiterait un maximum pour gagner cette guerre dont elle avait déjà perdu les premières batailles.

Au même instant, sa boule de cristal sonna, envoyant un rapport qu’elle avait demandé aux autres enquêteurs. Les excavations sur le toit semblaient avoir été faites avec des griffes, et des composés minéraux différents de celle de la pierre creusée avaient été détectés. Ce qui ne correspondait pas vraiment à l’idée des griffes, à moins d’avoir utilisé des appendices en roche pour creuser, ce qui n’était pas vraiment efficace normalement. Tara ne savait trop que penser. Un démon inconnu ? Une race qui a su garder son existence secrète ? Les possibilités étaient multiples et elle ne pouvait rien faire de plus en l’état actuel des choses. Si ce n’est continuer à chercher.

Elle prit place dans un devisatoire privé et commença à poser ses questions. Malgré quelques heures dans la bulle, elle ne parvint pas à trouver quoique ce soit parlant de rituel avec des outils en pierre, ni de démon avec des appendices rocheux. Elle finit par dénicher une vieille légende qui faisait mention dans d’un de ses versets d’une créature de pierre, mais elle n’obtint rien de plus. C’était cependant sa meilleure piste, jusqu’à présent. Si cette chose avait vraiment existée, ce n’était plus le cas à cette époque. Il devait donc y avoir une autre explication, plus terre à terre.

Tara ne trouva pas le sommeil cette nuit-là. Ni les deux suivantes. Etrangement, aucun meurtre supplémentaire n’avait été commis. Ce qui soulageait la jeune héritière en même temps que cela l’enrageait. Si elle n’obtenait rien de plus,  La Dévoreuse s’en irait sans risque si elle souhaitait s’arrêter là. Tara en doutait fortement cependant. Ses amis avaient bien tenté de lui remonter le moral, sans grand succès. Elle soupçonnait même Cal de mener sa propre enquête en secret pour lui donner un coup de main, malgré son interdiction formelle. Mais c’était ainsi qu’ils fonctionnaient dans le Magic Gang.

Elle arpentait les rues de Tingapour, les mains dans les poches et la tête baissée. Attendre l’inévitable au palais la rendait insupportable pour tout le monde, alors elle préférait s’isoler. La lune était haute, et avec les lampadaires il faisait plutôt clair. Les alentours étaient calmes et seuls quelques tapis volaient çà et là dans le ciel. Mais Tara avait le pressentiment oppressant que c’était pour ce soir.

La jeune héritière s’arrêta net. Mais qu’elle était bête. Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt (ça vaut pour moi aussi qui avait complètement oublié). Elle sorti de sa poche le fragment de pierre que le Juge lui avait donné, et contacta son père. Si elle n’avait pas de témoin vivant, alors il fallait se tourner vers les morts. Elle lui raconta les faits en marchant, et il lui promit de rechercher les victimes pour en savoir plus. Tara en était presque heureuse quand il partit. Enfin, elle avait de quoi avancer, et c’était quelque chose à laquelle la Dévoreuse ne pouvait rien faire. Tara venait de devenir un atout de poids dans toute affaire d’homicide. Le Juge y avait-il pensé en lui offrant cette opportunité ?

La trombe de liquide qui lui tomba sur la tête l’interrompit dans ses pensées. Le déluge tombé du ciel l’assomma à moitié. Elle tomba à genoux en se frottant les tempes, et ne fut frapper par l’odeur et l’horreur de la situation en ouvrant les yeux. On venait de lui verser l’équivalent d’un tonneau de sang dessus.

Elle leva les yeux vers le ciel mais ne vit rien. Tara savait qu’elle aurait une nouvelle scène de crime demain. Il était temps que cela s’arrête. Elle n’arrivait même plus à être choquée. Sa résolution était bien trop forte pour cela. Elle rentra, de toute façon, elle aurait du travail demain. Elle fit son possible pour éviter de croiser qui que ce soit. Malgré quelques sorts, elle ne pouvait pas cacher ce qui lui était arrivé et le plus efficace était donc de ne pas se faire voir.

La jeune héritière ne dormit pas plus. Elle bouillonnait et l’attente de l’appel des autres enquêteurs se faisait trop attendre à son goût. Et quand il arriva, elle était déjà sur le pied de guerre et partit sans plus attendre.

La scène était plus sobre que d’habitude. Moins… rituelle. Les corps avaient été vidés de leur sang, bien entendu, et il manquait toujours quelques membres.  Trois blondes de plus. Tout avait été sondé et on ne détecta aucun nouveau piège. La phrase sanglante confirma ce qu’il n’y avait pas vraiment besoin de confirmer :


« La douche était bonne ? »

Les autres ne comprirent évidemment pas, et elle dut expliquer ce qu’il s’était passé la veille pour ne pas laisser l’équipe passer à côté de quelque chose d’aussi important. Et qu’on n’essaye pas de l’éloigner, ça ne fonctionnerait pas. C’était son enquête. Et elle comptait bien la résoudre.


Elle s’éloigna quand la pierre dans sa poche chauffa, signe que son père voulait la contacter. Son enquête avait été fructueuse et il avait obtenu une description à peu près sommaire de la Dévoreuse. Et Tara se doutait que ce n’était pas sa vraie forme. Une jeune demoiselle peu agréable, aussi folle soit-elle, ne pouvait creuser la pierre d’un bâtiment à mains nues. Elle remercia son père et transmit les informations à sa tante et aux enquêteurs. Elle savait qu’elle allait devoir passer sa soirée à scruter les enregistrements des scoops à la recherche de sa cible, qui ne se doutait de rien. Le travail était fastidieux mais emplissait d’avance de joie le cœur de Tara. Elle était si proche du but et débordait d’une énergie renouvelée. Elle quitta les lieux dès qu’elle fut sure qu’il n’y avait plus rien à exploiter sur place, et se rendit immédiatement dans une salle de visionnage.

Pourtant, elle buta. Après des heures à scruter les enregistrements, elle ne l’avait toujours pas vue, quand bien même elle avait suivi la victime jusqu’à sa disparition du réseau. Quelque chose forçait contre elle, et elle ne parvenait pas à comprendre quoi, ni comment. C’était subtil mais c’était là, elle était assez expérimenté maintenant pour sentir la résistance. Mais tant qu’elle ne parvenait pas à en comprendre le mécanisme, elle n’arriverait pas à s’en défaire.

Elle finit par repasser en boucle un moment où le sentiment de malaise se faisait le plus sentir, et commença la lutte. Tara avait mis le doigt sur quelque chose de très important, elle le sentait, sans pouvoir l’empoigner. On voulait lui cacher quelque chose qu’elle savait pertinemment là. Si elle n’en était pas sure, elle en était maintenant persuadée, il y avait quelque chose sur ces enregistrements, c’était forcé. Ce quelque chose ne voulait juste pas qu’on le voit.

Et poussé par la certitude que la Dévoreuse était dans ce passage, elle apparut en même temps que le malaise se dissipait. Elle avait toujours été là en fait, sur tous les enregistrements. Mais un genre d’enchantement subtil faisait occulter cette présence à ceux qui regardait. Tara s’empressa d’appeler quelqu’un pour lui montrer le passage.

Au début, l’inspecteur curieux ne vit rien, malgré l’affirmation de Tara, et cru quelques minutes qu’elle se moquait de lui, ou qu’elle était tellement obsédée qu’elle commençait à voir n’importe quoi. Puis Tara commença à décrire ce qu’elle voyait en temps réel et la silhouette qu’il n’avait pas remarqué commença à se former, pour finir aussi net que possible. Et sur tous les enregistrements.

Et dire que c’était sous leur nez depuis le début. Tara comme l’autre enquêteur n’avaient jamais entendu parler d’un sortilège pareil, et celui-ci était terriblement inquiétant. Mais il semblait tellement puissant qu’ils voyaient mal n’importe qui l’utiliser.

Toujours est-il qu’il avait la suspecte, et qu’il pouvait maintenant la voir sur les vidéos. Briser le sortilège n’était pas compliqué une fois  celui-ci connu, mais Tara préféra que cela ne se sache pas. Elle fit garder le secret à son compagnon d’un mintus traitre mais efficace. La jeune héritière ne savait pas comment la Dévoreuse avait su pour elle, et même pour ses déplacements, et elle ne voulait pas lui laisser savoir ce qu’elle avait appris, même si cela impliquait d’être la seule à connaitre ce secret.

Elle quitta la pièce avec une frustration feinte et partit pour le Palais. Elle comptait au moins en parler à sa tante en qui elle avait pleine confiance, ce qu’elle s’empressa de faire une fois arrivée. Celle-ci fut soulagée de voir que sa nièce avait avancé dans l’enquête, mais très inquiète quant à la portée d’un tel enchantement. Soit il était tout nouveaux, et Autremonde allait au-devant de graves ennuis, soit il était très ancien, et cela était tout aussi terrifiant.  Comme d’habitude, l’Impératrice lui imposa une grande prudence, mais Tara savait ce qu’elle faisait, et la peur qu’elle ressentait face à l’inconnu s’était maintenant muée en volonté implacable. C’était elle qui avait un coup d’avance maintenant. Elle s’endormit sereine et ne fut réveillée qu’en fin de matinée avec la découverte d’une nouvelle scène de crime. La dernière, s’était-elle promis.

Elle s’y rendit immédiatement, et constata encore une fois de l’imagination débordante de la Dévoreuse. Les trois corps de blonde avait été partiellement dévoré, puis démembré, et avait été recousu ensemble pour donner une créature maculée de sang, aux multiples bras et jambes. Un spectacle grotesque et macabre.

« Tu nous rejoindras bientôt »

La phrase était taillée sur l’un des torses qui composait l’abomination. C’est ce qu’elle croyait. Tara se tourna vers son équipe et faillait lâcher un cri de stupeur qu’elle contint avec difficulté. Elle était là. Devant ses yeux. Et elle avait été surement là depuis le début, suivant l’avancement de son enquête en riant sous cape devant leurs maigres progrès. Tara se retourna immédiatement pour réfléchir à ce qu’elle devait faire, faisant les cents pas et lançant des coups d’œil vagues autour d’elle, comme si elle réfléchissait. Elle voulait juste la garder à l’œil le temps de monter un plan d’action. Personne ne semblait la voir. Elle était là et en même temps elle n’était là pour personne. Le sortilège était actif à plus d’un niveau. Lui tournant le dos, elle prépara un sort de rigidifus, et qu’elle jeta en faisant un volte-face soudain.


« C’est elle ! C’est la Dévoreuse ! »

Tous se tournèrent vers le point d’impact du sort qui, elle,  regardait Tara, incrédule. Ne sachant comment elle avait été repérée, et maintenant bien en vue de toute l’équipe, elle resta interdite et immobile, les yeux ronds. La future impératrice jubilait intérieurement alors qu’elle voyait son adversaire ainsi surprise. Les autres, le premier temps d’incompréhension passé, reconnurent effectivement celle qu’ils recherchaient depuis un moment déjà. Tara s’en approcha, un sourire victorieux sur les lèvres.

« Enfin, je t’attrape. C’est fini.»

L’Eventreuse s’était calmée aussi, et affichait même un air revanchard qui ne plaisait pas trop à Tara. Et elle se dit qu’elle avait bien raison de ne pas trop l’aimer quand un poing gigantesque lui frappa le côté de la tête avec la violence d’un rhinocéros. Son regard se teinta de noir et elle s’effondra au sol.

Elle reprit difficilement ses esprits. Encore sonnée, elle ouvrit avec peine les yeux pour découvrir une vision d’horreur. Toute l’équipe était décimée. A cause de sa hâte. Elle était toujours là, chantonnant en s’amusant avec les cadavres, les ajoutant à la scène déjà existante. Elle ne faisait pas attention à la jeune impératrice qui reprit sa position inconsciente pour réfléchir. Son sort manquait de puissance ? Ou avait-elle manqué de prudence et ne s’était pas aperçu que son adversaire s’en était défait facilement ? Elle ne saurait le dire, mais elle était certaine d’une chose : elle était dans de beaux draps.

Profitant de l’occupation de la Dévoreuse, Tara commença à se défaire des cordes qui lui liait les mains. Sauf que ce n’était pas des cordes. Mais plutôt un morceau d’intestin grêle. S’en était trop. Ses yeux et ses mains s’illuminèrent et les liens fondirent devant tant de puissance, dégageant une odeur encore plus ignoble. Mais Tara ne pensait plus. Avant que celle-ci ne puisse faire le moindre mouvement, elle pointa les deux mains vers son ennemie et relâcha toute sa puissance, la touchant de plein fouet d’un rayon mortel.

Ses mains retombèrent après quelques secondes, pour constater avec horreur que celle-ci n’avait rien, et la regardait en souriant..


« Comment? »

Elle ne répondit pas, et se métamorphosa. Si elle n’était pas vraiment jolie sous forme humaine, on approchait de la vision d’horreur. Sa peau s’était grisée, rigidifiée, comme… un derme de pierre. Une seconde paire de bras avait poussée sous  la première et des ailes reptiliennes avaient poussées dans son dos. Son visage avait complètement changé pour une gueule monstrueuse garnie de dent de diamant alors que deux petits yeux d’obsidienne inexpressifs la fixaient. Une gargouille. Bien que ce n’était pas censé exister dans ce monde, Tara en avait la preuve devant les yeux.

Elle reprit son assaut magique, mais encore une fois, la créature ne sembla même pas frémir, comme si elle était immunisée à la magie. La gargouille se jeta alors sur elle et un combat perdu d’avance commença pour la jeune impératrice. Ce n’était pas une combattante hors du commun, mais elle se débrouillait bien normalement. Mais pas contre un adversaire de deux mètres cinquante avec quatre bras. Elle fut bien vite rouée de coup et soupçonnait certaines de ses côtes de ne plus être vraiment à leur place. Les coups ou projectiles magiques qu’elle envoyait sur son adversaire ne semblait pas l’affecter le moins du monde, et après quelques longues minutes de combat à sens unique, Tara gisait sur le sol, crachotant du sang. La Dévoreuse la saisit par les bras et la souleva, lui donnant un aspect un peu christique en la maintenant ainsi.

Tara ne luttait même plus. Elle avait perdu et elle le savait. Elle ne comprenait pas les motivations, ni l’existence d’une telle créature, mais elle savait que personne ne pourrait réellement l’arrêter. Insensible aux sorts liés et tout ce qu’elle avait pu lui faire, Tara voyait mal comment quelqu’un pourrait enfin la mettre hors d’état de nuire. La tension sur ses bras commença à se faire sentir. La gargouille tirait, avec une lenteur morbide, comme un enfant arrachant les pattes d’une sauterelle. La douleur était vive, plus vive que tout ce qu’elle avait pu subir. Et pourtant, elle réfléchissait à toute vitesse. Elle avait toujours su s’en tirer, elle ne devait pas abandonner maintenant. Il lui restait cet atout, qu’elle avait su cacher à la vue du monde entier, une forme de combat qu’elle n’avait jamais utilisée et dont elle n’était pas sure de l’efficacité. Mais cela valait le coup d’essayait. Elle était peut-être la dernière personne capable de protéger les Omoisiens, voir Autremonde d’une créature pareille. Et si sa vie ne valait que peu, les espoirs et les rêves de son peuple, eux, pesaient lourds dans la balance. (N’est-ce pas, Jar ?)

Ses os craquaient et ses tendons menaçaient de lâcher à tout moment, mais elle se concentra de nouveau, et ses yeux s’illuminèrent de magie, ce qui fit ricaner la Devoreuse. Tara lui balança alors un coup de pied. La gargouille la lâcha immédiatement et partit s’écraser sur le mur de pierre en face d’elle, alors que Tara s’écrasait mollement au sol, se massant les épaules. Cela avait fonctionné… Elle se mit en position de combat, les mains nimbées de lumières, mais… pas comme d’habitude. D’ordinaire, ses mains étaient l’épicentre d’une sphère de magie pure. Cette fois, celle-ci semblait l’enveloppait comme une aura. Ce qu’elle avait mis des mois à peaufiner dans les salles d’entrainement (cf fiche, descri physique ) semblait fonctionner. L’amplification physique par la magie. Elle gorgeait ses extrémités de magie et relâchait celle-ci à chaque coup, délivrant une puissance physique pure qui ne ressemblait pas à la force énergétique habituelle. Et cela affectait la gargouille.

Le vrai combat débuta alors. Tara, au bord de l’épuisement et déjà rouée de coup, se défendait avec la rage de vivre contre la soif de sang, avec l’envie de protéger son peuple contre le froid méthodisme morbide de la créature. Pour chaque coup que Tara parvenait à asséner, elle en recevait trois. Mais, malgré tout, elle reprenait du terrain. Surement peut habituer à recevoir des coups, la gargouille semblait plus hésitante à mesure qu’elle encaissait les attaques dévastatrice de la jeune fille, et celle-ci aurait juré voir des morceaux de pierre s’effriter ou se fissurer. Bien entendu, elle-même crachait du sang à chaque expiration et avait envie de hurler de douleur à chaque mouvement. Mais l’adrénaline et l’envie de vivre la maintenait debout et la poussait à toujours porter un coup supplémentaire.

D’un coup de pied bien placé, elle réduisit en poussière un des bras de la gargouille qui hurla, poussant un cri d’une portée incroyable et affreusement désagréable. Un râle qui déstabilisa suffisamment Tara pour que la gargouille puisse immédiatement se venger. La jeune héritière fixa avec horreur la tige de métal, surement arrachée à un mur du bâtiment pendant le combat, qui traversait sa hanche de part en part, alors que la gargouille jubilait. Elle vomit une gerbe de sang, hoquetant, mais n’abandonna pas pour autant, attrapant le bras gâché restant de son adversaire, l’attirant sur son autre poing chargé de magie.

L’impact fut si puissant qu’il dégagea une trainée de magie azurée dans l’air qui s’évanouit en un instant. La gargouille se stoppa net, et après quelques secondes, tomba en morceau, ne laissant d’intact qu’un cœur de rubis rougeoyant.

C’était fini. Tara s’effondra, la main crispée sur sa blessure, mais un léger sourire sur le visage. C’était terminé.
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