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 Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.

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Myakko Vik'A


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Age du personnage : 30 ans

Familier : Spike, un écureuil roux.
Couleur de magie : Bleu nuit
Niveau de magie :
  • Faible
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Assassin de la guilde
Résidence : La guilde, quelque part...
Dans le sac : Pas mal de dagues, matériel de crochetages, d'escalades, un passe partout, sa boule de cristal, pas mal de bidule technologique d'infiltration.

Affinités : Tara.

MessageSujet: Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.   Ven 3 Mar 2017 - 16:58

Le soleil était à son zénith et une douce brise soufflait sur Omois. La jeune elfe sortait du palais et arpentait les rues de Tingapour, traversant la foule effervescente comme un bateau fendait la houle. Sa dernière entrevue avec Tara s’était montrée fructueuse et l’assassin était assez fière des progrès que la jeune héritière faisait. En effet, celle-ci ne serait morte que deux fois pendant leur discussion si Myakko l’avait vraiment voulu, ce qui était une réelle amélioration. Ce boulot était plutôt bien payé et lui permettait de faire autre chose de sa vie que d’ôter des vies. Bien que cela lui fusse demandé de temps à autre. Et elle avait été convoquée à la guilde, alors elle imaginait que, justement, elle allait devoir prendre un contrat.
 

Elle disparut au coin de l’artère principale qu’elle traversait, s’enfonçant dans des petites ruelles dont le pavage laissait à désirer. Elle passa une porte d’une maison comme les autres, salua l’occupant avant de se diriger vers la cave. Un petit dédale de tunnel plus tard, elle débouchait dans la grande cour de la guilde. Les apprentis étaient en plein entrainement martial, et les cris de souffrance et de rage masquaient le chant des oiseaux alentours. Elle traversa le terrain d’exercice sans prêter plus attention à ce qui l’entourait, pour se diriger vers la salle du conseil. Cette grande salle circulaire accueillait mensuellement les maîtres, dont elle faisait partie, pour décider notamment des examens et épreuves à venir. C’était aussi ici qu’ils se retrouvaient quand devait se retrouver les plus éminents membres de la guilde. 
 

Trois d’entre eux l’attendaient, justement, et elle prit place en face d’eux. C’était des anciens, par rapport à elle. Si beaucoup n’osait vraiment l’avouer, ils étaient nombreux à la trouver trop jeune pour occuper le poste qu’elle avait. Elle s’en fichait, si elle était à cette place, c’est qu’elle l’avait méritée. Elle passa donc outre le regard dur du plus âgé. On lui tendit le contrat et elle prit quelques minutes pour l’assimiler. Elle retint un hoquet de surprise en voyant le montant qui se trouvait tout en bas. C’était rare. Une mission de cette envergure, aussi dangereuse. On l’avait expressément demandée, en plus, ce qui expliquait qu’on l’ait convoquée. Elle hésita quelques secondes, affichant une mine pensive. Certes, c’était alléchant, mais elle n’était pas sure d’en être capable. Elle n’était pas sure que quiconque dans la guilde soit capable de s’attaquer à quelque chose de cette envergure. Si ce qui était écrit était vrai, sa cible était surement mieux défendue que la famille impériale. Et elle savait de quoi elle parlait.
 

« Je le prends. Désolé pour vous. »
Il n’était pas rare que des maîtres se disputent, voire pire, pour l’obtention d’un contrat. Dans les trois présents, elle ne doutait pas qu’au moins deux convoitaient la mission. Tant pis pour eux. Elle empocha le contrat et se leva, regagnant ses quartiers pour se préparer. Elle s’assit sur son lit en ressortant le contrat.
 
Ce n’était même pas un noble. Juste un marchand. Mais on était puissant quand on était riche, surtout chez les Vilains. Radek qu’il s’appelait, et il avait fait fortune avec un commerce ciblé de vêtement de soie. Maintenant, il n’avait plus vraiment besoin de s’impliquer et il vivait les fastes de sa richesse bien planqué dans sa maison. Ou plutôt forteresse.  Elle n’avait pas encore faire de repérage, mais la photographie parlait d’elle-même. Vu l’investissement dans l’infrastructure, elle n’osait imaginer les défenses magiques en place, ni la quantité de personnel qui était affecté à sa protection. Le contrat insistait bien sur ce point, il n’existait pas sur Autremonde de paranoïaque fortuné plus persuadé qu’on voulait attenter à sa vie que Radek. Et cela expliquait la somme ahurissante qui se trouvait au bas de la page. De quoi vivre dans l’opulence pendant plusieurs décennies.
 

Mais c’était le défi plus que la récompense qui l’avait poussé à accepter la mission. Ça, et la certitude de faire baver de rage une bonne moitié du conseil des maîtres. Avec un tel trophée sur son tableau de chasse, plus personne ne pourrait remettre en question son rang.Elle sortit de ses placards les habits de Porenn de Sum, une marchante clinquante de textile qui n’hésitait pas à mettre la main à la patte pour son profit, tout en gardant un air supérieur des plus déplaisant. Enfilant la robe sobre mais cossue, ses nombreux bijoux, elle arrangea sa coiffure en bouclettes rousses avec un peu de magie et masqua ses attributs d’elfe, ainsi que sa cicatrice, à la fois magiquement, mais aussi par un astucieux maquillage. Cette pratique humaine était si peu répandue en Autremonde que personne n’imaginait que le cosmétique puisse se faire à la main. Et les assassins s’en donnaient alors à cœur joie. Piochant dans sa réserve, elle remplit sa bourse, car Porenn savait délier les langues avec son mauvais caractère et son ton sec, mais aussi par l’utilisation massive du pot-de-vin. Une pratique répandue dans le milieu marchand, surtout quand on voulait des informations.
 
Elle repartit de la guilde par le même chemin qu’elle avait emprunté, retournant dans les rues marchandes d’Omois. C’était dans ces boutiques et étals qu’elle obtiendrait ses premières indications sur l’homme qu’était Radek. Elle ne s’était même pas donné la peine de chercher sur le réseau cristallin, elle ne trouverait surement rien de bien intéressant sur un homme comme lui, qui devait brouiller les pistes au possible. Elle n’était même pas sure que le château qu’elle avait reçu sur le contrat soit effectivement la bonne, ou au contraire un leurre pour attirer les moins méfiants des assassins dans un traquenard mortel. Même la photo du contrat devait être une fausse apparence.
 
Elle poussa la porte d’un détaillant de vêtement et salua d’un hochement de tête poli le commerçant. Un humain bedonnant qui devait bien vivre sa vie. Au vu de la taille du magasin, il devait être son propre gérant si bien qu’elle s’approcha avec assurance, s’étant assurée d’être seule cliente actuellement présente.
 
« Bonjour mon cher. Porenn de Sum. Bien que je doute que quelqu’un aussi proche des clients sur la chaine logistique ait déjà entendu parler de moi. Il est assez rare de me croiser dans des échoppes aussi peu fréquentées, mais que voulez-vous, c’est par la force de la nécessité que je me trouve ici.»
 
Elle était tout bonnement insupportable, avec sa voix haut perchée et son petit sourire en coin, l’air de dire « je ne suis pas en votre compagnie par plaisir ». Sourire qui s’élargit devant l’air excédé du gérant.
 
« Je cherche, mon cher ami, quelques renseignements sur un certain Radek, de vilain. Il fait dans le commerce de la soie, et je compte me lancer sur ce terrain dans les prochains mois. Il est donc bon de savoir à quoi j’ai affaire. Et pour ça, rien de tel que les gens comme vous. Vous recevez de ses produits ? Si oui, qui est votre contact avec son entreprise ? Ne lésinez pas sur les détails, je sais me montrer très généreuse quand on me sert.»
 
Le son évocateur d’une pièce heurtant le comptoir vint appuyer sa phrase. Celui de la bourse qui suivit le fut d’autant plus. La méfiance et l’aversion de l’homme se changea en une lueur avide et il lui dit ce qu’il savait. C’est-à-dire, pas grand-chose.
 
« J’ai quelques-unes de ses créations les plus abordables pour ma clientèles habituelles. Les magasins qui correspondent aux attentes de l’entreprise sont démarchés et nous recevons un catalogue des différents articles. Il ne nous reste plus qu’à passer commande à cette adresse –il lui nota sur un bout de papier-, et les vêtements arrivent dans la semaine. Un système très efficace et chacun pourrait s’en inspirer. »
 
Myakko prit le papier non sans rajouter une seconde bourse sur le comptoir.
 
« Je vous remercie, très cher. Nous ne nous reverrons surement pas. »
 
Le bruit de la clochette de la porte termina sa phrase alors qu’elle repartait vers d’autres magasins similaires, plus haut dans la rue. Malheureusement, elle n’eut de meilleurs résultats. Tant pis, elle avait de quoi continuer ses recherches un peu plus en avant. Elle repartit donc en direction de sa petite maison du centre-ville, la tête haute sous sa petite ombrelle. Il ne lui fallut pas longtemps pour confirmer ce qu’elle soupçonnait déjà pendant ses petites visites. Elle était suivie. Il n’avait pas fallu beaucoup de temps pour qu’on s’intéresse à la petite négociante qui posait plein de question et qui faisait couler l’or à flot pour avec des réponses. Elle réprima son sourire alors qu’elle poussait la porte de sa demeure. Demeure où elle ne pourrait plus revenir, puisque compromise.
 
La jeune elfe eut le temps de se préparer une tasse de thé quand il entra, sans même frapper. Quel manque d’éducation, même pour un gorille des plus balourds. Il était impressionnant, et c’était bien pour ça qu’elle l’avait tout de suite repéré. Il était grand, large et n’avait pas vraiment la tête d’une personne flânant seule dans la rue commerçante en début d’après-midi. Il portait des habits de cuirs usés par les combats et une sale cicatrice sous l’œil droit. Il portait un nombre non négligeable de poignard sur les différentes ceintures qui serrait ses vêtements. Il semblait tendu mais laissa entrevoir un sourire en voyant la frêle jeune femme, assise sur son sofa, portant une tasse à ses lèvres. Mais il grinça des dents quand elle l’interpella. Un homme de main de bas étage.
 
« Veuillez-vous annoncer avant de faire irruption chez moi, je vous prie. Nous sommes des gens civilisés. »
 
Un poil étonné qu’une damoiselle lui parle sur ce ton, il porta machinalement la main au fourreau de son arme, comme à chaque fois qu’on lui parlait ainsi. Mais, pas le moins intimidée du monde, la jolie Porenn ne s’arrêta pas là.
 
« Asseyez-vous, et parlez-moi de votre employeur. Parce que c’est pour ça que vous êtes là, non ? Radek aurait donc peur d’un peu de concurrence ? Prenez donc ce siège, là, je suis sûre que nous pouvons arriver à un arrangement mutuel. »
 
Enfin, ça, c’était ce qu’elle voulait lui faire croire. Et lui aussi. Vu la quantité d’or qu’elle avait laissé partir de sa bourse aujourd’hui, il était assez confiant en sa capacité à lui en soutirer pour lui avant de lui faire goûter l’acier de sa lame. Il s’affala donc sur le fauteuil en face d’elle, la table basse et la théière entre eux.
 
« J’imagine que je ne vous propose pas de thé ? Mes excuses mais je doute d’avoir un breuvage à la hauteur de votre carrure. Mais peut-être que ceci devrait être en mesure de régler le petit « différent » qui nous oppose, ne croyez-vous pas ? »
 
Comme prévu, la donzelle lui crachait du pognon au visage. Et pas qu’un peu. La bourse qui venait de s’éventrer au milieu de la table lui confirma que la p’tite dame valait son pesant d’or.
 
« Vous n’avez aucune idée de ce qu’il me paye. C’est loin d’être suffisant. Radek ne plaisante pas avec sa sécurité et les fouineuses comme vous ont rarement les pensées aussi honnêtes qu’elle le prétende. Et ce genre de fouineuse, Radek les veut mortes. »
 
Il voulut se lever, mais c’était comme si son corps ne lui obéissait plus.
 
« Qu’est-ce … »
 
« As-tu une idée de qui je suis ? »
 
« Ils vous ont appelé Porenn, mais c’est tout ce que je sais. »
 
Sa voix était plutôt calme, malgré la panique. Elle comptait le faire chevroter. Elle se leva, dissipant l’enchantement, et passa un coup de serviette sur son front.
 
« C’est plus clair maintenant ?»
 
S’il avait su garder son sang-froid, c’était terminé maintenant. Elle vit dans ses yeux la lueur effrayée de celui qui sait sa mort inévitable, et son impuissance certaine. Il fallait dire que le mélange qui badigeonnait le fauteuil sur lequel il s’était assis ne faisait pas vraiment de cadeau. Un de son invention, qui par simple contact cutané, raidissait les muscles au point de les rendre inutilisables. Il était littéralement fixé sur son siège, faute de pouvoir bouger.
 
Sans plus d’agressivité que cela, Myakko s’approcha de lui, lui offrit un dernier baiser, en plantant presque tendrement la lame dans son cœur. Elle se changea ensuite rapidement, rangeant ses vêtements de Porenn dans la poche de son manteau et récupéra ce qu’elle devait récupérer dans cette maison, à savoir quelques fioles et un peu d’argent. Elle sortit ensuite par les toits, prenant soin de déclencher le piège incendiaire qu’elle avait installé dès le premier jour de possession. A peine était-elle dehors que le rez-de-chaussée entier était en proie aux flammes.
 

Elle retourna à la civilisation quelques rues plus loin, s’installant tranquillement dans une taverne un peu douteuse mais qui servait un breuvage correct. Une main sur la hanse de sa chopine, elle réfléchissait à la suite des événements. Comme prévu, Radek était un véritable acharné de la sécurité. Elle avait certes l’adresse d’un des centres de relais de commande, mais elle n’était même pas sûre que Radek soit encore en contact avec sa chaîne d’approvisionnement, ou même qu’il prenne encore des décisions pour son entreprise. Elle vérifiera, mais, bien que cela lui déplaise fortement, elle allait peut-être devoir visiter sa forteresse, ce qu’elle voulait éviter en premier lieu. Mais si elle ne trouvait pas d’autres possibilités d’approches, elle devrait s’en contenter. 
La jeune elfe quitta sa table et sortit dehors, non sans lancer une belle pièce au patron, qui avait l’habitude de son petit manège. C’était là qu’elle venait habituellement pour rencontrer ses indics, mais elle n’allait pas en impliquer cette fois-ci. Elle préférait travailler seule et garder ses complices vivants que de risquer d’en retrouver un égorgé à un coin de rue. Elle prit donc directement direction de l’adresse donnée par le marchand. Après quelques minutes de marche, elle atteignit ce qui ressemblait bel et bien à un entrepôt, comme elle s’en doutait déjà. Elle n’espérait pas trouver quelque chose d’intéressant, si ce n’est le niveau supérieur de la pyramide, qu’elle voulait remonter jusqu’à Radek.
 
Elle fit rapidement le tour du bâtiment avant de rentrer à la guilde. Elle savait comment elle allait occuper sa nuit. Celle-ci tombée, la jeune elfe revint, vérifiant si l’entrepôt était gardé, mais ce n’était pas le cas. Aussi prudent qu’il soit, Radek ne devait pas imaginer risquer quelque chose d’un simple stockage. Et il avait surement raison. Les seules caméras balayaient les entrées principales, en cas de tentative de vol, mais c’était bien tout. Elle se hissa sur le toit à l’aide d’un grappin et prit soin de désactiver l’alarme magique qui était tout de même présente. En moins de quelques minutes, elle était à l’intérieur, éclairée par une faible lueur magique au bout de son doigt. Myakko put donc, à loisir, fouiller un peu partout dans les commandes.
 
La paperasse était plutôt bien rangée et la maître assassin remercia intérieurement de ne pas être tombée sur un bordelique en puissance. Elle trouva donc assez facilement les adresses des différents points de production qui alimentait les entrepôts tels que celui-ci. Elle nota chacun d’entre eux, au cas où. La plupart produisaient divers articles, mais un centre semblait ne produire qu’un seul et unique bien, au nom mystérieux de « matériel de danse ». Les autres n’en fournissaient pas et il n’était fait mention nulle part de ce que ce nom signifiait. Et c’était assez intriguant pour en faire sa prochaine destination. Elle ressortit par où elle était entrée, et termina sa nuit à la guilde.
 
La nuit fut brève. Tout du moins, elle fut interrompue une ou deux heures avant l’aube. C’est Spike qui la réveilla, puisque lui-même avait été alerté par une de ses alarmes silencieuses. Enfin, silencieuse pour les humanoïdes, mais audible par les petits écureuils roux notamment. Elle incanta une rapide illusion d’elle-même dans son lit, et agrippa la corde qui la plaça au-dessus de la porte, dans le coin de la pièce. Après un crochetage efficace, et un sort de silence sur les gonds (on avait tendance à les laisser grincer, par sécurité…), l’homme était dans la pièce. Il s’approcha sans bruit du lit, une dague hors du fourreau. Il se rendrait vite compte de l’illusion, si bien qu’elle devait agir tant qu’elle avait l’initiative. Myakko arracha de son support le couteau de lancer qui se trouvait à sa hauteur, et l’envoyant dans le même mouvement de bras entre les omoplates de sa cible, bondissant de son perchoir et tombant à pied joint sur le dos de l’homme qui hurla de douleur du double assaut. C’était surement un maître qui voulait sa mission, et si elle n’exploitait pas les pleines capacités de son familier il aurait surement réussi à prendre sa place sans problème, car il semblait plutôt doué. Mais pas assez, puisqu’il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit éveillée.
 
Plaqué au sol, une dague fichée dans le dos, il n’en menait pas large. Il ne criait plus mais il était tendu. Assise sur lui, elle avait la main sur l’arme plantée, et en avait une autre dans la main. De celle-ci, elle fit sauter le capuchon. Elle soupira. C’était Sven. C’était le jeune humain apprenti d’Eza, son ancien maître à elle. Il était plutôt bon, pour ces quinze ans, le petit blondinet.  Il complexait énormément (un doux euphémisme) de ne pouvoir marcher sur ses traces si bien qu’il tentait périodiquement de prouver qu’en fait, c’était lui le plus malin. Beaucoup s’étonnait de ne pas le voir mort depuis longtemps, connaissant l’efficacité de Myakko, mais celle-ci l’aimait bien, et prenait tout cela à la rigolade. Pour l’instant en tout cas. Elle n’était pas même sûre qu’il essaye de la tuer. Une simple cicatrice, blessure ou quoique ce soit de ce genre lui suffirait à afficher un sourire stupide de vainqueur. En attendant, il tressaillait alors qu’elle gigotait doucement la lame dans la plaie.
 
« Sven, c’est pas vraiment le moment. Je suis assez tendue en ce moment et j’aurai vraiment pu te tuer ce coup-ci. Salue Eza pour moi, demain, s’il te plait.»
 
Il grogna un truc qui devait ressembler vaguement à une insulte, ce qui la fit sourire. Myakko ne se gênait pas pour le taquiner à chacune de ses tentatives. Elle retira la dague et referma la blessure d’un reparus, avant de se relever, prête à réagir s’il retentait quoique ce soit. Mais il était du genre à admettre (momentanément) sa défaite, et après un dernier regard assassin, il repartit en claquant la porte. Si son regard pouvait tuer, il serait surement déjà maître, lui aussi, mais en attendant, il restait un novice, prometteur certes, comme un autre. Elle réarrangea ses alarmes, et planta son hamac dans le mur au-dessus de la porte, par pure sécurité.
 
Mais personne ne tenta quoique ce soit de plus, et elle reparti au petit matin, pour l’adresse qu’elle avait choisie la veille. Destination étrange puisqu’elle n’était pas vraiment là où on pouvait s’attendre à trouver un entrepôt quelconque. En effet, le quartier dans lequel elle se trouvait n’était pas des plus fameux, et il n’était pas rare que certains rendez-vous avec des cibles ou des contracteurs ne se fassent dans les bouibouis de ce coin-là. Ainsi, elle ne fut qu’à moitié surprise quand elle arriva devant le bâtiment recherché. Ce n’était pas un entrepôt à proprement parler. Cela servait bel et bien à entreposer des marchandises, mais un autre genre, puisqu’il s’agissait tout bonnement d’une maison de passe. Plutôt cossue, d’ailleurs, puisque son état général tranchait pas mal avec les bâtiments des alentours. Elle-même avait l’habitude de ce genre d’établissement, car si la prostitution n’était pas son gagne-pain, il permettait de s’approcher de personne plutôt inaccessible en temps normal. Voilà qui lui offrait un regard nouveau sur le business de Radek. Mais cela voulait aussi dire qu’elle n’obtiendrait rien de plus ici. Personne n’était assez fou pour garder des traces écrites d’un tel commerce, surtout quand on était un marchant relativement connu. Les informations devaient transiter sur un  réseau magique alternatif ou directement à l’oral. Alors à moins de coincer quelqu’un d’important et de lui faire cracher le morceau, elle allait devoir repartir de rien. Ce que l’elfe n’appréciait que moyennement. Poussant au hasard une porte, elle entra dans un bâtiment plus ou moins abandonné. Il devait se remplir le soir, quand on ne risquait plus de venir les chercher ici. La vie de squatter n’est pas forcément facile, mais elle avait l’avantage de laisser ce genre de bâtisse déserte en pleine journée, et c’était pratique quand on savait les reconnaître.
 


Elle installa un petit miroir sur un clou apparent du mur, pour se changer en quelque chose de plus, approprié, au lieu qu’elle allait visiter.  Richement décorée, mais terriblement dévêtue, sa robe de courtisane serait parfaite pour une entrée en matière. Elle avait déjà fait craquer bon nombre de ses cibles dans celle-ci, et ne devrait avoir aucun mal à rencontrer le chef de l’établissement. Elle se recoiffa, et changea la couleur de ses cheveux pour un châtain moins agressif que son noir de jais habituel, avant de réajuster sa poitrine et les différents bijoux de sa tenue. Elle peaufina aussi son maquillage, aussi bien magiquement que réellement, avant de ressortir pour aller frapper à la porte de la maison close.

L’homme qui lui ouvrit était presque aussi large que l’entrée, et s’il renifla bruyamment, la lueur dans son œil lui confirma qu’elle était toujours aussi redoutablement séduisante quand elle le voulait.  Après un grognement un peu, et une fouille au corps à la limite de la décence, elle put pénétrer à l’intérieur. Celui-ci ne différerait pas vraiment avec ceux qu’elle avait déjà visités. L’odeur lourde des parfums mêlés à l’encens, les bruits sourds, et les cris, de plaisir et de douleur. L’homme la guida jusqu’à une porte à l’étage, qu’il poussa, grommelant encore une fois un truc pas vraiment compréhensible pour elle, mais une voix féminine s’éleva à l’intérieur.

 

 
« Fais-là entrer alors ! »
 
Affichant son plus beau sourire, elle s’engouffra dans la pièce, alors que le gorille refermait derrière elle. Myakko constata avec surprise que la patronne était une charmante jeune femme. Il était plus courant d’y voir des matrones dans la cinquantaine, ou des vieux maquereaux fatigués de faire la guéguerre des rues. Elle s’inclina poliment avant de s’assoir sur un sofa qu’elle lui indiquait.
 
« On cherche du travail hein ? Quel est ton nom ? »
 
Faisant mine d’être un peu hésitante pour regarder la pièce, elle répondit doucement.
 
« Eona, madame. »
 
« On m’appelle Roxanne. Tu parais plutôt bien équipée, pour être aussi… Timide. »
 
Il n’en fallait pas plus pour Myakko qui avait déjà son plan en tête. Elle bondit du canapé, saisissant le crayon sur la table entre elles, et plaqua sa main contre la bouche de la belle Roxanne, posant la pointe       contre sa gorge.
 
« Si tu cries, je te tue. C’est clair ? »
 
Elle garda sa bouche fermée le temps que les lueurs de surprise puis de panique se dissipent dans les yeux de la demoiselle.
 
« Si tu te tiens tranquille il ne t’arrivera rien. Hoche la tête si tu as compris. »
 
Le léger mouvement de haut en bas lui confirma ce qu’elle voulait savoir, et elle retira sa main, laissant cependant l’autre, avec le crayon, près de sa gorge.

« Qui êtes-vous ? »
 
Un classique. Ils voulaient toujours savoir qui elle était. Alors que ce n’était pas vraiment ça qui importait le plus. Elle décida de jouer franc-jeu.
 
« Cela n’a que peu d’importance. Je vais faire bref. Je cherche à atteindre Radek. C’est à lui que tout cela appartient non ? »
 
Roxanne ouvrit deux grands yeux ronds, puis laissa échapper un petit rire, étouffé par sa nervosité.
 
« Radek ? Vraiment ? Qui est assez fou pour ça ? »
 
Elle se calma en voyant le regard de l’elfe se durcir, et la mine s’enfoncer doucement dans la peau tendre de son cou.
 
« Vous êtes sérieuse ? C’est… inattendu. Lâchez moi et discutons calmement.»
 
Myakko acquiesça et reprit sa place, gardant le crayon dans la main. Visiblement, la petite allait parler.
 
« J’ai effectivement contact avec Radek. Il aime tester ses filles de temps à autres et apprécie la nouveauté. Je peux, peut-être, m’arranger pour vous envoyer avec sa prochaine commande. Mais il va falloir me rendre un petit service… »
 
Elle ne manquait pas d’air. Mais l’audace était quelque chose que Myakko savait apprécier, si bien qu’elle allait lui laisser une chance. 
 
« La vie sauve me parait être un petit service suffisant… »
 
« Tue-moi, et tu perds ton meilleur moyen de l’atteindre. »
 
Roxanne n’avait pas tort. Et si l’elfe n’aimait pas qu’on lui forçat la main, elle était bien obligé d’accepter ce petit marché qui lui offrirait l’occasion rêvée. Elle fit donc semblant de ne pas avoir entendu le passage au tutoiement. C’était même bon signe. La jeune femme reprenait constance et il était plus facile de négocier ainsi.
 
« Qu’est-ce que tu veux ? Et pourquoi est-ce que ce ne serait tout simplement pas un piège que Radek me tendras ?»
 
« Je ne dois pas beaucoup m’avancer en pensant que tu es de la Guilde. J’aimerai moi aussi voir quelqu’un mort, et mon prix sera l’infiltration dans la véritable base de Radek. J’apprécie ma collaboration avec lui, mais il est parfois un peu trop… avide, avec les bénéfices de la maison. Je m’en sortirai très bien toute seule, je pense, bien que sa protection soit appréciable. Qu’il disparaisse, ou non, m’importe peu. Par contre, celle de Vella, elle, m’intéresse au plus haut point. »
 
« Vella ? Rien que ça ? »
 
« Venant de celle qui veut la tête de Radek, cela me parait approprié. »
 
« Soit. Je reviendrais. »
 
 
« Je n’en doute pas un seul instant, chérie. Et si tu cherches à te reconvertir, je suis prête à te donner une chambre quand tu veux. »
 
 
Roxanne frappa dans ses mains et son gorille réouvrit la porte, totalement ignorant de ce qui venait réellement de se passer.
 
« Notre chère amie reviendra d’ici quelques jours, peut-être. Tu pourras la laisser entrer. En attendant, peux-tu la raccompagner ? »
 
Il hocha la tête, et Myakko quitta la pièce, non sans recevoir un clin d’œil mutin de la jeune maquerelle, qui ne se gêna pas pour fixer son déhanché alors qu’elle s’en allait. Toutes les mêmes. Elle regagna la guilde, en prenant soin de se rechanger avant. Elle préférait éviter de se faire arrêter en pleine rue pour sa tenue racoleuse. Elle venait d’accepter, pour pouvoir éliminer une légende de la prudence, de tuer une légende de protection. Valla était une elfe violette, qui gagnait sa vie, en façade, comme dirigeante d’une honnête entreprise de nettoyage. Il était cependant connu qu’elle était à la tête d’un vaste réseau de prostitution, et sa disparition entrainerait une redistribution totale des territoires. Surement à l’avantage de Roxanne. Ambitieuse, la petite. Mais cela signifiait qu’elle allait devoir s’attaquer à une nouvelle forteresse. Au moins, il était connu que Valla y résidait et elle défiait le monde entier de venir l’y chercher. 
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MessageSujet: Re: Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.   Dim 12 Mar 2017 - 4:18

Si débusquer Radek était une épreuve de finesse et de recherche, Vella n’était rien de moins que l’ultime test de force. Elle y était déjà allée, plusieurs fois. C’était un exemple de sécurité et il n’était pas rare d’y emmener des disciples pour qu’ils comprennent l’ampleur de la chose. Cela faisait beaucoup rire l’elfe violette d’ailleurs. Pour prendre d’assaut sa demeure, il fallait soit une petite armée, soit Tara Duncan, soit être terriblement doué. Malheureusement, elle n’était ni général, et ne pouvait pas demander ce genre de service à la future impératrice. Heureusement, elle était terriblement douée. Il fallait juste qu’elle se prépare correctement, et qu’elle mette à profit son entrainement terrien.

Elle repartit au cœur d’Omois, dans l’avenue marchande, et poussa la porte d’une de ses échoppes favorites. La parfumerie était plutôt chic, et il n’était pas rare d’y croiser une clientèle bourgeoise, et même parfois noble. L’homme qui créait les fragrances était vraiment doué, pour tout vous avouer. Elle patienta, attendant que la boutique se vide un peu, en cherchant un parfum pour Eona, ou pour Gladys, et passa derrière le comptoir quand celui-ci fut libéré.


« Je viens voir l’Alchimiste. »

La vendeuse hocha la tête et lui sourit. Elle était connu, ici, de toute façon. Elle y était restée six mois, à suivre les enseignements du propriétaire. Passant dans l’arrière-boutique, elle appuya sur une des briques qui s’enfonça dans le mur, révélant l’escalier pour descendre à la cave. Comme à son habitude, il était derrière ses alambics, et Myakko patienta tranquillement qu’il termine son ouvrage. C’était la règle numéro un en ces lieux. Le silence et la concentration pendant le travail. C’était d’ailleurs pour ça qu’elle avait pu rester ici aussi longtemps. En général, les assassins qui espéraient apprendre de lui finissaient dehors en moins d’une semaine. Mais la jeune elfe savait se taire et appréciait le calme tout autant que l’alchimiste. Son repaire, dans lequel il accueillait ses clients, malgré le bazar ordonné ambient, était un immense laboratoire chimique, dans lequel il passait ses journées à concevoir des parfums nouveaux, ou à étudier et amplifier les capacités mortelles des poisons. Il les connaissait tous par cœur, les mélangeait, et parvenait même à en changer certaines propriétés.


Elle ouvrit la bouche alors qu’il retirait ses lunettes de protection, signe que sa mixture était terminée. D’ici, elle n’aurait su dire ce que c’était, alors elle resta à distance, n’étant pas protégée des vapeurs. Il leva un sourcil curieux, mais c’est avec affection qu’il lui offrit une accolade chaleureuse.

« Ah, Myakko, cela faisait longtemps que je ne t’avais pas vue, je me demandais si tu ne t’étais pas fait avoir. Même si cela me semblait peu probable. Qu’est-ce qui t’amène ici ? »

Elle sourit. Elle appréciait la voix caverneuse de cet humain d’une quarantaine d’année.

« Aussi prétentieux que cela puisse paraître, je dois m’attaquer à Vella ce soir. Pour atteindre Radek. »

Il aurait éclaté de rire si ce n’était pas elle qui lui avait dit ça. Vouloir faire tomber une de ces grandes figures était déjà douteux, mais deux… Mais il connaissait le sérieux de la demoiselle.


« Alors, il me faudrait ce que tu as de plus fulgurants. De l’inédit, si tu as. Plutôt liquide, tu sais que je n’aime pas le volatil quand je peux l’éviter. Mortel, bien entendu. Je n’aurai pas le luxe d’endormir qui que ce soit. »

L’Alchimiste hocha la tête, et parti fouiller dans ses présentoirs. Il revint avec trois fioles massives, qu’il posa sur sa table de travail.

« J’ai ces trois-là qui ne sont pas encore sorti d’ici. C’est ceux que j’ai fait avec le venin que tu m’as rapporté de ta petite escapade dimensionnelle, alors je te fais une ristourne, puisque tu m’as offert l’exclusivité de ce petit bijou. Je l’ai essayé avec différents catalyseurs et ces trois-là fonctionne le mieux. D’une a cinq secondes selon la proximité du cœur. Et aucune chance qu’il y ait une quelconque résistance, vu la provenance.»

C’était exactement ce qu’il lui fallait, et elle échangea deux des fioles contre une bourse bien remplie. Elle aurait certes pu se débrouiller toute seule, mais rien n’égalait le talent de l’Alchimiste.

« Je te dirai ce que ça donnera. »

« J’y compte bien. Fais attention, même si c’est toi, ça reste Vella. »


Elle acquiesça en souriant, remontant l’escalier pour retourner dans le magasin, attrapant une fiole de parfum au passage. Elle avait une partie de son matériel, mais elle était loin d’être complètement équipée. C’est quelques rues plus loin qu’elle poussa la porte d’un modeste tailleur. Non sans avoir retiré préalablement un bon quart de son compte en banque, sous les yeux ronds du réceptionniste. On ne devait pas retirer l’équivalent d’une petite baronnie d’un seul coup.


L’homme à l’intérieur leva un sourcil, et après un petit rictus joyeux, l’accueillit. Elle avait laissé, délibérément, sa cicatrice apparaître, ce qui avait tendance à lui ouvrir certaines portes.

« Mademoiselle Vik’A. C’est un immense plaisir. J’attendais votre visite avec impatience. Vous étiez la seule maître qui n’était pas encore venue ! »

Elle hocha la tête.

« Je n’en avais pas encore eu la nécessité. Mais il est temps. »

« Alors ce qu’on dit est vrai ? Vous voulez tenter Vella ? »

Elle soupira. Les nouvelles allaient trop vite pour elle. Heureusement, celle-ci resterait dans le réseau très fermé des commerçants du crime, qui savait depuis longtemps qu’il ne fallait pas dire n’importe quoi à n’importe qui, sous peine de se retrouver avec une dague plantée dans le cœur.

« C’est effectivement pour ça que j’ai besoin de ce qu’il se fait de mieux. Camélin et keltril, il me semble ? »

« Entre autre. Mais un bon tailleur ne révèle pas ses secrets. Suivez-moi. »

Myakko le suivit dans la salle suivante, cachée dans un placard. Bien qu'elle en connaisse les propriétés, il lui fit une petite démonstration, plus que satisfaisante, de ce qu'elle recevrait bientôt. Elle retira une partie de ses vêtements pour ne garder que sa chemise et son pantalon. L’homme prit ses mesures, complimentant, comme tout commerçant digne de ce nom, ce qu’il avait devant lui. Elle ignorait qui il était vraiment, son apparence changeait à chaque visite, selon la légende, et tous ceux qui avaient tenté de la connaitre n’ont pas réussi, ou furent retrouver mort. Si bien que les rumeurs allaient bon train, et la plus populaire était qu’il était un elfe, un ancien maître de la guilde qui s’était reconverti. Myakko respectait cela et préférait ne pas chercher plus loin. C’était la qu’elle avait commandé ses affaires en camélin, mais c’était le nec plus ultra qu’il lui fallait aujourd’hui. Offrant les capacités de camouflage habituelles, elle était aussi capable d’arrêter un carreau d’arbalète ou un coup d’épée. Ce qui n’était pas négligeable. Cependant, s’il réduisait à zéro le risque de voir son sang couler, il n’enlevait rien au choc du coup. Mais elle préferait les ecchymoses aux plaies ouvertes.

« Elle pourrait être prête pour ce soir ? Je paye d’avance, avec un petit extra. »

Elle sortit les nombreux sacs de sa poche dimensionnelle. L’homme acquiesça, ayant toute confiance en l’honnête de la demoiselle. Personne n’essayait de flouer leurs commerces..


« Mais bien sûr. Vous voulez repasser le chercher ou je le fais livrer à la guilde ? »


« Je reviendrais dans la soirée. Encore merci. Pouvez-vous m’annoncer au Ferrailleur ?»


« Je crois qu’il se doute déjà de votre venue, très chère. »


Le contraire l’aurait étonnée, de toute façon. C’était effectivement sa prochaine destination. Le Ferrailleur était un peu plus misanthrope, bien qu’il soit assez proche de l’elfe. Et c’était celui qui prenait le plus de risque avec son commerce, bien que Myakko ne soit pas sure qu’ils risquaient réellement quelque chose. Son atelier était donc en bordure de la ville, une forge où il régnait toujours une chaleur étouffante. Elle préférait la douce fraîcheur de sa cave.


C’est sa femme qui l’accueillit, l’invitant immédiatement à l’y rejoindre. Elle admirerait les bibelots ouvragés une prochaine fois. Il l’accueillit à bras ouvert en parlant aussi fort qu’à l’accoutumée. Pour surpasser le son des forges, habituellement.


« Salut Myakko ! Ça fait une paye. »

Il fallait dire qu’elle n’était plus très active en ce moment, et elle était plutôt soigneuse avec ses armes, et devait rarement refaire son stock. Elle n’avait pas non plus nécessairement besoin d’équipement de cette facture. Ni de ce type.

« C’est vrai, bien trop longtemps. Mais tu seras content d’apprendre que j’ai suivi ton conseil. Ce petit séjour sur Terre a été instructif, et il est temps que je mette ça en application. »


« Si tu veux Vella, il va peut-être falloir, effectivement. Quelle idée, aussi ?»


« Je ne suis pas sure de savoir non plus. Mais montre-moi ce que tu as en stock.»

Il savait qu’elle n’avait pas besoin de lame, les dernières étant plutôt récentes, et de sa forge, donc, fiable, par essence. Il l’emmena dans une salle secrète (dans la salle secrète). On n’est jamais trop prudent.


« Tu arrives à point nommé, j’ai reçu un approvisionnement de mon passeur américain. De la bonne qualité. »


« Il me faut du lourd. Du précis. Et de quoi arrêter un loup garou, aussi. »

Il ouvrit une vitrine, en sortit une paire de Beretta. Un grand classique du genre qui était toujours appréciable, efficace pour sa taille. Il ajouta un glock 19, au cas où.

« Pour les petites réjouissances, quand tu commenceras à t’amuser pour de vrai. Pour l’introduction, essaye ça. »

Un 1911 avec un silencieux dernière génération. Pratique et efficace, elle s'en servirait jusqu'à ce qu'elle se fasse attraper.

« Avec assez de chargeur pour tenir un siège. Mais le plus marrant arrive maintenant. Ça, c’est pour les loups garous. Smith et Wesson R8. Avec des balles creuses, remplies de nitrate d’argent. »

Myakko siffla. C’était vraiment nouveau ça. Déjà que l’arme semblait pouvoir arrêter la charge d’un dracotyrannosaure, avec une telle technologie, les loup-garous ne seraient plus vraiment un problème. Cela bloquerait leurs capacités de régénérations en plus de leur faire souffrir le martyr. Ne restait plus qu'à toucher. Elle essaya la prise en main de chacune des armes qu'il lui proposait, vérifiant qu'elles lui étaient adaptées, demanda quelques customisations, comme des pointeurs lasers pour les Beretta.


« On a aussi des munitions ultraviolet, pour les BSH, mais je ne crois pas que tu en croises sur ce coup-là. Et mon petit préféré pour la fin.»

HK G36. Elle ne savait pas s’il l’avait fait exprès, mais c’était son petit favori pendant son séjour sur Terre. Le fusil allemand lui allait parfaitement, et elle constata avec satisfaction qu’il l’avait fourni en chargeur de cent en tambour plutôt qu’avec un classique. Elle avait des étoiles dans les yeux. Avec un viseur point rouge et une lunette au dessus. Parfait.

« Je ne suis pas sûre de tout avoir sur moi, vu ce que tu me sors. »

« Tu reviendras quand tu l’auras descendue. Ou je récupèrerai ma part quand la guilde se jettera sur ton compte en banque. »


« A très bientôt, alors. »


Elle rangea les chargeurs, les armes, rajouta les sangles et baudriers dont elle aurait besoin, vida ce qu’elle avait de son dernier retrait bancaire, et repartit pour la guilde, récupérant sa tunique chez le tailleur. Ce soir, on allait s’amuser.
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Myakko Vik'A


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Age du personnage : 30 ans

Familier : Spike, un écureuil roux.
Couleur de magie : Bleu nuit
Niveau de magie :
  • Faible
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Assassin de la guilde
Résidence : La guilde, quelque part...
Dans le sac : Pas mal de dagues, matériel de crochetages, d'escalades, un passe partout, sa boule de cristal, pas mal de bidule technologique d'infiltration.

Affinités : Tara.

MessageSujet: Re: Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.   Mar 28 Mar 2017 - 15:16

Vella vivait en bordure de Tingapour. Suffisamment riche pour posséder pas mal de terre, elle avait choisi l’est de la capitale pour installer sa demeure, qui relevait plus de la forteresse que de la simple habitation. Il y avait plusieurs murs d’enceintes, des scoops et plus de gardes que dans le palais impérial. Techniquement, elle n’avait aucune chance de l’emporter, et elle comptait uniquement sur l’effet de surprise, son équipement et sa capacité à disparaitre rapidement. Si elle devait massacrer une garnison entière pour atteindre sa cible, elle le ferait. Et elle en avait les moyens.


La nuit était tombée depuis quelques heures déjà. Le premier croissant éclairait faiblement les alentours, si bien qu’une elfe comme elle voyait comme en plein jour. Malheureusement, cela valait aussi pour plusieurs autres races, ce n’était donc qu’une moitié d’avantage pour elle. Sa tunique en kelmélin (oui, j’ai envie !), était cependant suffisante pour s’avancer sans se faire repérer dans le noir. Les scoops n’étaient pas très performantes à cette heure-ci et Myakko n’avait pas vraiment besoin d’y faire attention tant qu’elle restait silencieuse, et qu’elle évitait les immenses faisceaux des projecteurs magiques, qui balayaient la zone. Arrivée du côté de la capitale, elle atteint le premier mur d’enceinte sans accroche, y déposant la petite surprise de sa création. Elle repartit d’où elle était venue, prenant le temps de faire le grand tour, pour se trouver sur le versant opposé à Tingapour.


Elle envoya Spike, qui grimpa sur les remparts avec, dans sa bouche, une petite noisette. Le plus compliqué pour lui était de ne pas montrer ses yeux dorés, car un garde, en tout cas un garde malin, saurait immédiatement ce qu’il se passait. Il attira, justement, l’attention de l’un d’eux qui s’approcha. Aussitôt, il lâcha le fruit sur le créneau et reparti en bas. Le ricanement du garde, et le craquement de la coquille indiquèrent à Myakko qu’elle pouvait commencer son ascension. Elle lança son grappin, et elle fut en haut presque aussi vite que son familier. Le cadavre sans vie du garde, qui n’aurait pas dû manger son petit cadeau l’attendait en haut, et elle le jeta sans vergogne par-dessus le mur. Elle était à l’intérieur. Ou presque, si l’on oubliait les deux enceintes supplémentaires. Elle estimait avoir cinq minutes avant qu’on remarque la mort du mangeur de noisette, et elle devait s’avancer un maximum avant qu’une alarme ne retentisse. Ou éliminer un maximum d’ennemi.

Le 1911  dans la main, elle observa la zone du haut du premier mur. Les patrouilles dans les jardins qui s’y trouvaient étaient régulières, et nombreuses. Et contrairement à l’extérieur, la zone toute entière était éclairée. Si elle avait eu plus de temps, elle se serait infiltrée pour de vrai, plutôt que de tenter une opération furtive suicide. Tant pis. Il fallait juste qu’elle fasse preuve de sang-froid, et qu’elle n’hésite pas une seule seconde. Elle commença à arpenter le chemin de ronde, éliminant d’une seule balle chacun des gardes qu’elle croisait. Myakko récupéra la radio sur l’un deux, s’équipant de l’oreillette. Elle serait au courant de leurs mouvements, dans une certaine mesure. Et si elle était repérée.


Cela ne tarda pas. Une tournée de vérification s’opérait et chacun devait répondre présent. Elle avait de la chance, ceux qu’elle avait tué n’était pas dans les trois premiers qui passèrent avant qu’elle ne presse le bouton, qui provoqua une petite explosion là où elle était arrivée initialement. Voilà qui devrait les occuper un moment, et elle estimer qu’une bonne moitié de la hauteur du mur s’était écroulé, vu le placement de la bombe et de sa charge. La radio cracha plusieurs cris et exclamation de surprise, et une alarme retentit. Profondément prévisible. Si le système était bien foutu, tous les gardes ne quitteraient pas leur poste, mais au moins, elle n’était pas encore spatialement repérée, et elle était loin de l’agitation. Elle atteignit enfin le point le plus proche entre les deux murs, et elle descendit celui sur lequel elle était de la même manière qu’elle l’avait montée, avec son grappin. C’est à ce moment que tout s’accéléra. Si elle voulait atteindre le centre de la bâtisse, elle devait faire vite. De toute façon, les portes principales seraient toutes verrouillées maintenant, et elle voulait garder ses petites charges explosives tant qu’elle le pouvait. Elle commença à courir, pour franchir la centaine de mètre qui la séparait de la seconde enceinte. Pistolet en avant, elle descendit les scoops, et les quelques patrouilles qui eurent la malchance de la croiser. C’était tellement expéditif qu’elle se demanda pourquoi tous les assassins ne s’en servaient pas.

L’autremondien moyen n’en avait jamais vu, et savait encore moins comment réagir aux armes à feu. C’était bien pour cela qu’elle s’en servait pour la première fois, ici et maintenant. Les détonations, étouffées par le silencieux, lui permirent d’avancer sans faire venir plus d’ennemi vers elle, mais la destruction des scoops qui la repéraient ne tarderait pas à indiquer sa position approximative au service de sécurité de Vella. Elle espérait juste qu’ils ne convergent pas tous sur elle, une fois repérée, l’explosion pouvant laisser entendre qu’elle ne soit pas la seule à vouloir sa peau. Elle atteignit le second mur et commença son ascension, priant silencieusement que personne, en haut, ne retire le grappin, car elle serait une cible facile.

Le trait d’arbalète qui ricocha contre sa tunique faillit la faire lâcher prise. Elle grimaça en imaginant l’immense bleu qui l’attendrait dans son dos. Elle imprima un léger mouvement de balancier à la corde pour s’éviter d’être trop linéaire dans sa trajectoire, et redoubla d’effort. Sa position fut transmise par radio et elle savait que le vrai jeu commençait une fois en haut. Au rythme des cliquetis métallique des projectiles qui s’écrasait contre le mur, elle parvint à se hisser par-dessus les créneaux en n’ayant reçu qu’un carreau de plus. Elle arrêta de justesse le coup d’épée du petit malin qui l’attendait la (pas si malin puisqu’il aurait pu tenter de déloger le grappin), bloquant le coup descendant en attrapant le poignet de son agresseur. Elle faucha sa jambe et il s’écrasa au sol, gargouillant un dernier cri alors qu’un de ses poignards se logeait dans sa gorge.


Des renforts arrivaient de chaque côté, et elle eut juste le temps de se plaquer au sol pour éviter un jet de magie. Elle fit tourner la sangle, attrapant le G36 qui pendouillait alors dans son dos, et lâcha une rafale sur le groupe le plus proche. Heureusement qu’elle avait un stock incroyable de balle, car très vite, ils ne se déplaceraient pas sans bouclier magique, qui ne cèderait qu’après une bonne quantité d’impact. Myakko se dirigea immédiatement là où elle avait fait mouche, laissant les blessés agoniser. L’escalier d’un corps de garde n’était pas très loin, et elle s’engouffra dans le bâtiment pour éviter la seconde rafale de magie et de flèche qui la prenaient pour cible.  Elle planta son grappin dans le coin de la pièce, les dents s’enfonçant dans la roche avec un petit crissement, et elle remonta le filin au maximum. Telle une araignée dans son coin de plafond, elle attendit patiemment ses poursuivants, prête à faire feu. Ceux-ci passèrent en dessous d’elle sans lever le nez, présument qu’elle avait descendu les escaliers. Amateurs. Cela brouillerait encore quelques minutes sa position exacte, et lui permettrait d’avancer un peu plus. Elle rangea le fusil dans son dos, et ressorti le 1911, retournant sur le mur d’enceinte. Accroupie, elle longea celui-ci, ceux d’en bas ne pouvant la repérer de toute façon. Le second mur était beaucoup plus proche du troisième, et elle espérait ne pas avoir à descendre pour passer de l’un à l’autre. Les quelques gardes qui étaient encore sur ce chemin de ronde la cherchaient partout, sauf dessus, et ne freinèrent donc pas son avancée.

La trentaine de mètre entre les deux murailles ne serait pas facile à traverser, mais rien ne pourra l’atteindre à part des projectiles. Lançant le grappin de toutes ses forces, le filin se tendit et elle put commencer sa traversée, détachant celui-ci de sa taille pour l’attacher à des créneaux. Courant dessus comme si c’était une route pavée, elle allait réussir son entreprise quand elle capta une ombre dans le coin de son œil. Elle n’eut malheureusement pas le temps d’esquiver quoique ce soit alors que le lycan bondissait sur elle, faisant fi de la quarantaine de mettre en eux et le sol. Elle entendit un craquement inquiétant, et la vive douleur dans le bras qu’elle avait instinctivement levé lui confirma qu’il était surement cassé. Et sectionné, si le keltril n’avait pas été là. Se mordant la lèvre pour ne pas hurler, elle sortit l’énorme revolver et tira sans vraiment viser de point précis, cherchant surtout à se dégager. Le coup de feu retentit et résonna dans toute la zone, mais il fut couvert par le cri du loup-garou qui découvrait les joies de l’argent liquide. Elle eut tout juste le temps de sortir un dispositif anti gravité (un autre petit bijou technomagique qu’elle avait cette fois ci volé dans les laboratoires impériaux) qu’elle touchait le sol, ralentit par la bulle magique de gravité zero qui annula le choc de sa chute. Elle n’attendit pas et tira une seconde balle dans la tête du loup qui agonisait déjà.

Son bras gauche pendouillait mollement à son côté, et elle allait devoir faire sans. Elle n’attendit pas plus en bas et remonta dans le corps de garde le plus proche pour remonter sur son filin, cette fois sous la plus de carreau des gardes attirés par le bruit. Elle parvint à passer, sans encombre cette fois, mais tous allaient rappliquer, maintenant qu’elle était proche de leur maitresse. Elle n’avait que peu de temps. Elle sortit une potion de gel de sa poche dimensionnelle et elle l’appliqua sur son bras, échangeant la douleur lancinante pour la morsure glacée du froid. Prisonnier de la gangue de glace, elle pourrait presque s’en servir, l’os brisé remplacé par la rigidité du givre. Mais elle devait se ménager, et cela lui évitait pour le moment d’aggraver son cas ou de hurler de douleur. Dans cet état, elle pouvait oublier le fusil. Elle sortit son long poignard, qu’elle avait enduit de poison de marcheur, et repartit à l’assaut. Elle sauta du haut de la muraille, amortie par le dispositif magique, et trancha la gorge du garde qui ne s’attendait surement pas à ce que l’on tombe du ciel ainsi. Plongeant au sol, elle faucha son collègue avant de planter la lame dans son estomac, ne la ressortant que pour la lancer sur le guerrier qui se tuait sur elle. Reprenant sa course, elle récupéra l’arme dans la foulée. Elle la plaça dans sa main invalide, attrapant des fumigènes dans sa poche, elle les lança sur son chemin, brouillant les pistes comme elle pouvait. L’épaisse fumée noire couvrait son avancée et sa position exacte.

Elle bloqua une lame de sa gangue de glace, la vibration se propageant dans tout son corps et réveillant la douleur de l’os, et elle se vengea en emportant le malheureux d’une torsion de hanche, empalant un second qui espérait profiter de sa faiblesse. Elle acheva le premier d’un coup de poignard rapide, et repris sa course. Après quelques minutes de lutte acharnée, toute la maison était entourée de gaz, et elle reprenait doucement son souffle, appuyée contre le mur de la maison. La fumée se dissiperait d’ici peu, s’ils avaient la présence d’esprit de la dissiper d’une manière ou d’une autre, ce dont elle ne doutait pas. Elle était cependant assez dense pour résister à un simple sort de vent et il faudrait plus d’une personne pour le balayer entièrement. Elle y avait adjoint de la poudre d’astophèle, qui rendrait tout lycan reniflant sa trace totalement désorienté, privé de leur odorat.  Alors, elle fit comme précédemment, et colla une de ses petites charges explosives sur le mur, puis s’attela à le grimper, s’aidant de son grappin. Elle sortait de la zone opaque, mais le camelin devrait suffire à la soustraire de la vue des hommes sur les remparts. Vella se terrait, normalement, en haut d’une tour dont le seul accès se faisait à l’intérieur de la maison. Dénuée de fenêtre, elle était normalement inattaquable de l’extérieur pour un armement autremondien. Sauf que Myakko était venue avec la science terrestre, qui démontrait par son outrance que parfois, tout faire exploser était la meilleure façon de procéder. Elle n’oubliait pas d’ajouter la faiblesse certaine des protections magiques anti armes humaines, et elle ne doutait pas que son avantage était momentané et très circonstanciel. Elle ne pourrait pas compter dessus trop longtemps à l’avenir.

Elle déclencha l’explosion alors qu’elle commençait l’ascension de la tour. Tout l’édifice fut secoué par l’onde de choc, et il lui fallut quelques secondes pour reprendre son appui. Par-dessus le fumigène qui commençait à s’estomper s’ajouta la poussière et les débris que la détonation avait projetés un peu partout, s’ajoutant à la confusion générale qu’une seule petite elfe au mauvais endroit avait été capable de créer. Les cris venant d’en bas, et le crachotement incessants des voix dans son oreillette lui confirmaient qu’ils l’avaient encore une fois perdue. Amateurs. Elle serait déjà au sommet de la tour qu’ils n’auront pas encore compris où chercher.

Cela se confirma quand elle s’accroupit au sommet du dôme de l’édifice. Le point de rupture. Vu la taille du bâtiment, le dispositif magique, la rune ou quoique ce soit qui protégeait les murs devait se trouver en son centre, à moins qu’il ne soit renforcé aussi en son sommet. Elle espérait que non, mais elle en doutait fortement, elle n’était même pas sûre que Vella s’attendent un jour à être réellement attaquée, et qu’une grande partie de son système de défense et qu’il paraissait imprenable. Sans forcément l’être. Elle redescendit quelque peu après avoir placée la charge, et remonta dès que les secousses se terminèrent. Myakko se dit qu’elle aurait eu plus vite fait de tout faire s’écrouler, mais elle aimait le travail propre. Elle s’engouffra immédiatement dans la petite brèche qu’elle venait fort heureusement de créer.


Elle atterrit au centre d’une pièce éclairée par des torches et constata, sans grande surprise, qu’elle n’y était pas seule. Si elle aperçut effectivement Vella, elle put constater qu’elle avait aussi quantité d’ami avec elle. Avec des lances, des arcs, des arbalètes et plein d’autres armes déjà tirées de leur fourreau.

« Charmant accueil. »

Lâcha-t-elle en fanfaronnant un peu. Pour en ajouter à la légende, vous comprenez. Elle eut tout juste le temps de faire une roulade sur le côté pour éviter les premiers traits qui fusaient sur elle après l’ordre sec de Vella. Un classique « mais tuez-la bon sang ! » qui ravit la jeune assassin. Elle y répondit par le cliquetis d’une grenade flash, qui explosa au centre de la pièce, aveuglant et assourdissant les autremondiens non avertis de cet arsenal non conventionnel. Elle-même, si elle avait pu se protéger les yeux, n’en était pas moins désorientée, ses oreilles sifflantes. Mais elle avait encore ses yeux, et une main valide, qui s’était déjà emparée du Beretta, qui élimina coup sur coup les seize gardes que la capacité du chargeur lui offrait. Pris d’un petit élan de folie, elle tenta de recharger comme on faisait dans les films terriens, mais l’expérience lui prouva que jeter ses chargeurs en l’air pour l’attraper avec l’arme, c’était plus facile avec un montage 3D au ralenti que dans la réalité. Elle se retrouva donc désarmée face à l’un des rares gorilles encore debout qui lui fonçait dessus.

Par reflexe elle fit ce qu’il lui sembla le plus logique compte tenu de son unique main. Elle lui jeta l’arme au visage, stoppant sa course, et lui permettant de dégainer une lame, tailladant sa hanche en passant à côté de lui. Le poison ferait le reste. Les trois qui restaient se regardèrent avant de s’approcher prudemment. L’un ramassa une lance, espérant profiter de son allonge pour la tenir en respect, et les deux autres choisirent d’attaquer en simultané. Grand bien leur fasse. Dégageant son bras congelé, elle s’en servit pour enrouler sa cape de kelmelin autour de la lame, déviant celle de l’autre assaillant d’un revers de coutelas, enchainant sur un coup de pied mortel, puisque la petite pointe qui sortit de son talon était recouverte de poison de chatrix. Elle voulut se retourner pour terminer l’autre quand la pointe de la lance traversa ses chairs. Interrompant sa rotation pour ne pas risquer d’agrandir plus que cela la blessure, elle lâcha sa lame pour empoigner la hampe. Ils restèrent ainsi figés quelques secondes, l’un souriant de voir couler le sang de l’elfe, l’autre tentant tant bien que mal de garder son équilibre malgré la prise qu’il subissait. Elle ne leur laissa pas reprendre l’initiative. Elle se dégagea d’un bon, relâchant sa prise sur le bras comme sur la lance, et retenant un cri de douleur en grinçant des dents. Elle plaqua sa main gelée sur la blessure, tentant de reduire un maximum le flot qui s’en écoulait. De l’autre elle envoya une volée d’aiguille empoisonnées qui eurent raison des deux gorilles restants.

Crachotant de la bile ensanglantée, elle tituba jusqu’à sa lame et son pistolet. Elle rangea se dernier, ne voulant pas laisser ce genre de trace. Ne restait que Vella. Qui la toisait, une lueur guerrière sur le visage. Elle commença à applaudir doucement, sarcastiquement.

« Belle performance. Personne n’était arrivé jusque-là. Dommage que cela s’arrête ici. »

Vella était une elfe, c’était par conséquent une guerrière. Et une douée. Myakko déglutit en la voyant dégainer ses deux lames. Aussi entrainée soit elle, la maitre assassin n’avait que peu de chance, dans son état actuel, de faire tomber sa cible. Enfin, c’était ce que celle-ci devait penser, puisqu’elle s’avança vers elle, confiante. Myakko recula à mesure qu’elle avançait, et s’empara d’une torche au mur. Vella s’arrêta et haussa un sourcil.

« Tu ne vas quand même pas… »

L’assassin ne quitta pas sa cible des yeux alors qu’elle plaquait la flamme contre sa blessure. Celle-ci lâcha presque un hoquet d’admiration. Elle n’hurla pas, bien qu’elle en ait vraiment, mais vraiment très envie. Mais elle perdrait tout l’ascendant qu’elle était en train de créer. Elle jeta la torche au sol, presque avec nonchalance. La chaleur irradiait dans tout son abdomen et elle venait de s’offrir une cicatrice assez vilaine. Cela importait peu. Seul importait la victoire. Et sa survie.

Alors elle commença la lutte pour sa vie. De son seul bras valide, elle fit pleuvoir les couteaux de lancer et autre shuriken qu’elle sortait de divers endroits de sa cape, mais Vella, bien entrainée et disposant du même genre de reflexe qu’elle, les évitait ou les déviait de ses lames. Le sol fut vite jonché de tous les projectiles qu’elle avait pu trouver, retardant l’inévitable combat au corps-à-corps qu’elle ne savait pas encore comment aborder. Ce qu’elle se gardait bien de laisser transparaitre.


« Je ne sais pas combien tu en as encore comme ça, mais ça devient un peu lassant. »

Myakko lui sourit en réponse, mais ne dit rien. Elle arrêta de tourner en rond, et ressorti sa lame de keltril, la longue dague qu’elle maniait habituellement avec un autre, plus court, dans l’autre main. Elle ferait avec. Leurs lames s’entrechoquèrent et le balai sanglant pu commencer Et Myakko se rendit vite à l’évidence qu’elle était condamnée à perdre ce combat. Tout du moins, si elle essayait de gagner de la même façon que son adversaire. Celle-ci était sans faille, une de ses lames toujours prête à la protéger tandis que l’autre frappait. Myakko compensait son manque d’agressivité par des voltes et des coups de pied audacieux mais sans pour autant parvenir à ne serait-ce que l’effleurer. Cela dit, elle aussi s’en tirait plutôt bien et elle n’avait pas non plus subi la morsure d’une épée de Vella.

« Tu te débrouilles pas trop mal pour une assassin. Tu aurais surement pu devenir une sacrée guerrière. »

Mais ce n’était malheureusement pas le cas, et elle ne fit que lui adresser un autre sourire qui ne la quitterait pas du combat. Cela commençait à prendre racine. L’agacement. Une arme redoutable. Elle sentait que Vella devenait plus violente, et les coups qu’elle assenait se faisaient plus appuyés. Elle laissait ses sentiments prendre part dans son combat, ce qui était le propre des guerriers, en général. Leur force, mais aussi leur plus grande faiblesse. Elle avait quelques atouts dans sa manche qu’elle comptait jouer en même temps, tenter le tout pour le tout. Myakko n’avait pas vraiment le choix, de toute façon. Vella se fit moins prudente, tentant de submerger l’assassin dans une tempête de ses deux lames. Parfait, elle ouvrait sa garde, c’était ce qu’elle voulait. Elle perdit son sourire, et adopta une technique plus défensive, choisissant avec soin les coups qu’elle évitait, et ceux qu’elle peinait à bloquer. Enfin, feignait de peiner. Voyant sa nouvelle stratégie payante, la guerrière redoubla d’énergie, criant sa rage de vaincre à plein poumon. Loin d’impressionner Myakko, celle-ci attendit patiemment le moment opportun. L’elfe violette arma une puissante attaque, et l’assassin s’engouffra dans la brèche, bloquant l’autre lame de la sienne, et encaissant le coup, amoindri par sa proximité et bloqué par le keltril. La lame de Vella, elle aussi faite de ce métal précieux, passa l’armure et traversa la chaire de son épaule gauche. Myakko ignora la douleur et lui offrit alors ce qu’elle offrait à ses cibles. Un baiser. Prise totalement au dépourvue, l’elfe mis quelques secondes avant de se dégager, et Myakko recula elle aussi, rangeant son arme, sortant une fiole de sa poche et en ingurgita le contenu, en s’éloignant de Vella, qui écumait littéralement de rage.

« Reviens te battre ! Lâche ! »

Myakko se retourna doucement, lui souriant presque tendrement.

« Mais, tu es déjà morte. »

Elle la regarda sans comprendre, et les convulsions qui la prirent furent pour elle aussi surprenantes que fulgurantes. Elle avait toujours voulu faire ça mais n’en avait jamais vraiment eut besoin. C’était risqué, il fallait l’avouer, mais c’était une façon bien à elle de transmettre du poison à quelqu’un qui s’attends à tous les moyens pour y parvenir sauf à celui-ci. Elle devait juste absorber l’antidote dans les quinze secondes, ce qui lui laissait une fenêtre d’action assez réduite. D’autant qu’il était absolument dégoutant, contrairement au poison qui laissait un petit gout sucré très agréable en bouche.

Ne s’attardant pas plus en ces lieux, elle retourna sur le toit. Leur employeuse était morte, et certains, les moins loyaux, et les plus tire-au-flanc, se garderont bien de lui chercher des noises maintenant que le salaire n’était plus assuré. D’autres chercheront la vengeance, alors elle n’était pas encore tiré d’affaire. Mais presque. Après tout, elle était perchée sur le plus haut point de la bâtisse. Personne ne pouvait la rejoindre ici, tout du moins tant qu’on la soupçonnait pas d’y être. Et, couchée contre la pierre, dans le noir, sa tunique la rendait invisible. Et c’était tant mieux puisque des patrouilles en tapis quadrillaient la zone. C’était bien sa veine. Enfin, peut-être que c’était vraiment le cas. Fouillant tranquillement dans sa poche, elle en sorti une étrange arbalète. Celle-ci n’était pas destinée à tirer des traits, mais à lancer des fioles. Un truc plutôt pratique pour empoisonner des ennemis à distance, ou préparer son évasion dans un nuage de fumée préalablement placé.  Elle arma donc l’engin et y plaça la dernière bombe. On ne changeait pas une équipe qui gagne hein… Myakko n’avait besoin que de quelques secondes, de toute façon. Elle envoya la bombe du côté où elle était arrivée, et en déclencha la détonation alors qu’elle s’élançait, déployant le deltaplane qu’elle avait sorti de ses poches (et monté, parce que c’était en kit, elle n’a pas un garage dans la poche non plus. Même si elle se doutait qu’il ne se précipiterait pas tous près de l’explosion, elle avait l’absolue certitude qu’ils allaient tous regarder dans cette direction-là.

Le bras cassé, la hanche perforée. Mais elle avait vaincu.
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Familier : Spike, un écureuil roux.
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Métier : Assassin de la guilde
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Affinités : Tara.

MessageSujet: Re: Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.   Ven 28 Avr 2017 - 12:58

Elle atterrit quelques dizaines de mètre après la première enceinte de la demeure, abandonnant l’engin ici, ne voulant prendre le risque de trop s’attarder au sol si près des murailles. Elle s’éloigna donc à vive allure sans se retourner. Le sang coulait de façon régulière de son épaule, le dernier coup de Vella, bien qu’en grande partie amorti, avait tout de même laissé une profonde entaille dans son épaule, et c’est tant bien que mal qu’elle avait improvisée une écharpe pour son bras cassé et éviter de plonger celui-ci dans la glace plus longtemps, et une compresse avec des bandages tirés de ses poches. Elle parvint à boiter jusqu’en bordure de la ville, et elle s’effondra sans élégance contre le mur d’une maison modeste. Myakko sortit alors une hor un peu différente, plus petite, et appuya sur l’unique bouton de celle-ci. Après quelques secondes, le visage masqué du standardiste s’afficha à l’écran.

« Que puis-je pour vous ? »

« Compte M894037, j’ai besoin des services du Chirurgien et d’une extraction sur mes coordonnées. »

« Bien reçu. Bonne journée. »

Myakko sourit péniblement en rangeant la boule de cristal, et tenta, sans grande conviction, de mâchonner un peu de camelle brune pour se maintenir à flot et récupérer un peu d’énergie. L’équipe ne fut pas longue, dix minutes tout au plus, et ils l’installèrent sur le tapis volant. Elle voyait trop trouble pour discerner leurs visages, et elle sombra dans l’inconscience juste après qu’ils l’eurent fait boire quelques gorgées d’eau sucrée.

Elle se réveilla dans un lit, reposée et nourrie. Elle avait rarement eu besoin de faire appel à ses services, mais ceux-ci étaient toujours irréprochables. Certes, n’importe quel sortcelier était capable d’incanter un réparus correct, mais le Chirurgien était en mesure de s’occuper de blessures un peu plus spéciales, comme celle de sa hanche. Elle constata, non sans satisfaction, qu’il avait rouvert la brulure pour réparer correctement l’intérieur, et elle n’aurait qu’un léger marquage en souvenir de sa témérité. C’était un expert en antidote également, et il était connu que lui et l’Alchimiste s’adonne à de petits duels, le second tentant de créer des poisons que le Chirurgien ne puisse pas contrer avec une de ses potions. Myakko ne doutait pas qu’une mixture à base de venin de marcheur allait entrer en lice et elle était curieuse de voir si un antidote verrait ou non le jour. Mais elle avait mieux à faire en attendant. L’avantage ici, c’était qu’on ne lui posait pas de question, et qu’on ne la forcerait pas à rester si elle ne le souhaitait pas. Elle était entièrement remise, de toute façon, et son compte avait déjà été débité.

Elle rassembla le peu d’affaires qui n’était pas déjà rangées dans ses poches, et elle quitta la petite pièce. Le garde en faction dans le couloir la salua, et elle y répondit platement. Il était là pour s’assurer que personne ne pénètre dans une chambre qui n’était pas la sienne, et que le sang ne coule pas entre ces murs. De toute façon, quiconque ne respectait cette règle était banni à vie, et les services du Chirurgien étaient bien trop précieux pour se permettre une telle fantaisie. Myakko sortit donc, elle remercierait son sauveur une autre fois. Prenant son hor, elle constata avec fierté (mais pas trop) que son exploit avait déjà fait le tour de réseau magique. Si les autorités étaient incapables de la retrouver, ceux de son milieu savaient que c’était de son fait. Ce qui allait faire grimper en flèche ses honoraires, et en rajouter à sa réputation qui n’était déjà plus à faire. Vella éliminée, il était temps de faire tenir sa part du marché à sa chère maquerelle.

Elle reprit le costume et le personnage d’Eona, retournant voir Roxanne. Le garde à l’entrée la laissa passer la porte sans mot dire, et elle se dirigea dans le bureau de la gérante. Elle frappa doucement à la porte, attendant l’invitation à entrer qui ne tarda pas.

« Moi qui pensais ne jamais te revoir, me voilà agréablement surprise. », lâcha la belle rousse, qui ne s’était, encore une fois, pas gênée pour la détailler des pieds à la tête.

« J’ai fait ma part. A ton tour. »

Son interlocutrice afficha une moue faussement boudeuse, et lui tendit un pendentif doré, qui était surement du toc.

« On ne pourra pas dire que tu es du genre à lâcher l’affaire. Reviens demain soir, avec ce collier. Tu seras mêlée aux filles qui partent pour la demeure de Radek. Cela ne voudra pas forcément dire que tu le verras dès ton arrivée. »

« C’est-à-dire ? »

« La majorité de mes filles qui en reviennent ne l’ont même pas aperçu,  et on lance un mintus sur celle qui passent une nuit avec lui. Il se réserve les mets de choix et attends en général que ses plus fidèles généraux lui indiquent les prouesses d’une de mes demoiselles. Il faudra te faire remarquer, par tes talents, ou par la danse, qu’il apprécie tout autant que les plaisirs de la chair.  Mais j’imagine que je ne dois pas me faire de soucis pour ça ? »

Myakko s’autorisa un petit sourire mutin, confirmant silencieusement ce qu’elle venait d’entendre.

« Il va de soi que si je suis compromise, et que cela me ramène ici, je me verrais dans la triste obligation… »

« N’en dis pas plus. Les femmes savent garder un secret, et celui à l’entrée peine déjà à se souvenir de son prénom. »

« A demain, alors. »

La jeune elfe repartit alors sans plus de frivolité. On ne mélangeait pas plaisir et travail, et tant qu’elle serait en mission, rien d’autre ne l’intéressait. Même les jolies maquerelles. Elle profita de cette journée complète pour préparer son infiltration. Elle ne pouvait pas porter une tenue avec des poches dimensionnelles, si bien qu’elle allait devoir dissimuler ce qu’elle pouvait sur elle, et il fallait que cela soit indétectable. Elle n’irait pas là-bas en tant qu’Eona. S’il fallait d’abord se frotter aux gardes, il fallait une femme plus charismatique, qui les charmerait par son audace et sa façon bien à elle de prendre les devants. Ludmilla. Une danseuse de Selenda qui cherchait momentanément du travail. Elle serait surement fouillée de fond en comble à son entrée dans la demeure de Radek, alors, elle allait se rabattre sur son équipement d’infiltration : les bijoux. Les gardes n’y prêtaient en général pas attention, et il était assez facile de faire passer une arme mortelle pour un objet inoffensif. Les bagues ornées qu’elle portait était toutes creuses, et contenait du poison. Une simple pression sur le côté, et une petite aiguille en jaillissait, éliminant sans effort celui ou celle qu’elle piquerait. Les ornements qui retenaient sa coiffure étaient les fourreaux de stylets tranchants, lames fines et droites qui n’étaient certes pas du tout adaptées au combat, mais remplissaient leur office pour un égorgement rapide ou un lancer précis. De toute façon, elle était assez débrouillarde pour trouver de quoi se défendre sur place, et Spike était capable de lui apporter une dague une fois qu’elle serait à l’intérieur. Toujours est-il qu’elle avait une journée à tuer, et pas grand-chose pour la remplir. Elle aurait pu proposer un entrainement à Tara, qui avait accepté de suivre son enseignement sur sa façon de combattre aussi. Si elle n’était pas mauvaise combattante, elle avait été sous la férule martiale de Sandor, qui était un guerrier.

Et malheureusement, les guerriers vivaient d’eux même sous des contraintes illusoires telles que l’honneur, le courage et la stupidité. Si Myakko n’avait rien contre ça, elle préférait que celle qui se rapprochait le plus de son apprentie se mette dans la tête que ceux qui hésitent à faire ce qu’il faut finissent souvent morts et enterrés. Après, elle ferait elle-même son choix quant à sa façon de combattre. Elle en était déjà capable, puisque l’elfe avait pu la voir combattre avec sa magie physique, ou quelque chose dans ce goût là, ce qui était assez inédit sur Autremonde. Histoire de lui enseigner les bienfaits de l’expérience, Myakko et Tara s’affrontaient à armes réelles, et si rien de létal n’était infligé, Tara repartait avec deux à trois coups de dague par session. Bien entendu, la maître assassin soignait ses blessures après l’avoir touchée, mais laissait tout juste la fin de la cicatrisation, pour que la démangeaison, en plus de la douleur durant le combat, lui rappelle quelles erreurs elle ne devait plus commettre. Tara avait un peu protesté au début, mais voyant que cela n’avait aucun effet, s’était pliée à la pédagogie brutale de la guilde. Et elle apprenait vite, de toute façon.

Mais la jeune héritière était occupée de toute façon. Elle organisait un truc un peu secret avec son frère, et Myakko n’avait pas fouiné plus loin, la laissant piocher dans une partie de son matériel. Cela lui suffisait de savoir qu’elle se préparait un peu plus qu’avant, et elle avait pleine confiance en ses capacités de survie, de toute façon. Peu était capable de se jeter seule dans un portail dimensionnel juste pour sauver l’amie sa petite sœur. Et d’en revenir, avec ladite amie, et vivantes toutes les deux. Elle ne l’aurait pas fait, à sa place. Mais c'était ce qui différenciait les deux femmes.

Puisqu’elle n’avait rien à faire, elle allait se faire bichonner. Après tout, si elle voulait que son déguisement soit parfait, elle se devait d’être impeccable. Le reste de la journée passa vite, comme toujours quand on se fait masser, coiffer et qu'on apprécie, pour une fois, de ne pas avoir à faire les choses par soi-même.  Ses bagages prêts, elle se rendit, comme convenu, le lendemain pour rejoindre les filles de Roxanne. Elle l'avait prévenue que le voyage serait contraignant, et c'était effectivement le cas. Elle dut laisser son hor sur place. Ses valises furent fouillées, et on lui banda les yeux après qu'elle fut montée à bord du tapis volant qui allait les emmener chez Radek. Elle se plia sans rechigner à ces contraintes. Cela n'aurait servi à rien de protester à part faire sauter sa couverture ou son plan d'infiltration. Le voyage dura une bonne heure, et Myakko n'avait plus aucune idée d'où elles étaient exactement maintenant. Le tapis avait changé de trajectoire plusieurs fois, et elle était incapable de retracer la route dans l'autre sens. Mais ce n'était pas vraiment un problème, puisqu'elle était maintenant à l’intérieur. Cependant, elle était maintenant sûre que la maison dont on lui avait donné l'adresse sur le contrat n'était pas celle-ci, mais bel et bien un leurre. Myakko avait bien fait de suivre son instinct et de ne pas s'y jeter la tête la première. Une vieille matrone, bien moins charmante que Roxanne, les accueillit toutes, leur expliquant ce qui les attendait. Radek traitait plutôt bien ses invitées, puisque chacune d'entre elles aurait sa chambre, ainsi qu'une salle commune. Et elles étaient bien une vingtaine. Dans l'idée, elles devaient se plier aux moindres désirs de quiconque entrerait dans cette salle, ou dans leur chambre, jusqu'à ce qu'elles repartent d'ici. Elles seraient toutes grassement payées, et vue la somme, Roxanne et ses dames devaient avoir une sacrée réputation à Omois. Après avoir posé ses affaires et réarrangé son maquillage, elle ressortit dans la salle commune pour détailler ses camarades. Il y en avait plus qu'au départ de chez Roxanne, indiquant que le réseau allait plus loin que ce que Myakko avait pu effleurer, mais il aurait été étonnant qu'un homme de tant d'influence n'ait pas implanté son réseau un peu partout sur Autremonde. Il y avait surtout de jeunes humaines, mais il y avait aussi une elfe et même une vampyre. Au moins, il était plutôt tolérant. Si certaines semblaient à l'aise, l'elfe repéra deux ou trois jeunettes qui avaient l'air de manquer d'expérience. Cela avait du charme auprès de certains hommes cela dit.. Elles n'étaient pas autorisées à sortir de la pièce, et Myakko allait sêrement trouver le temps long avant que quelque chose d’intéressant pour elle ne se produise. Certes, elles avaient des tablettes pour recevoir les émissions du réseau, quelques jeux, et de la compagnie, mais cela manquait terriblement de mouvement. Mais c'était ainsi, et Ludmilla y était habituée. Elle attendit les premières arrivées en parlant beauté avec ses consœurs.

Ils ne tardèrent pas. lls avaient la belle vie, les gardes, hommes comme femmes, de Radek. Elle espérait franchement qu'il changeait régulièrement ses équipes sur place, parce qu'il y avait moyen de se ramollir très vite à garder une bâtisse inaccessible. Ils étaient sûrement bien nourris, et avaient accès à un harem privé. Beaucoup y aurait trouvé un plan de carrière très intéressant. Certain agrippèrent immédiatement une fille par le bras, pour qu'elle les amène dans sa chambre, et d'autres, un peu moins rustres, vinrent s'installer avec elles pour discuter et manger. Ludmilla se prêta donc à l'exercice en servant fruits et boissons à deux humains dans la quarantaine, et une jeune garde qui semblait un peu mal à l'aise ici. Le reste de la soirée fut ainsi ponctuée par les entrées et les sorties des gardes, les cris de plaisir qui s'élevaient des chambres, et les rires grivois des courtisanes aux plaisanteries grasses des soldats. Ludmilla, pour le moment discrète, n'avait pas fait grand-chose pour attirer l'attention. Elle attendait le bon moment, qui ne tarda pas à arriver. Une arrivée conséquente, de gardes comme de bureaucrates, se fit, et eux aussi s'installèrent dans les sofas, en face de ce qui ressemblait à une petite scénette. Même si ce n'était sûrement pas dit, Myakko se doutait que Radek était parmi eux, caché dans la masse, faisant fi de son titre pour l'anonymat que cela procurait. Plutôt que de croire ses hommes sur parole, il venait lui-même se faire un avant-goût. Elle n'en avait pas la preuve, n'avait aucun moyen de le vérifier, surtout qu'il devait cacher son identité derrière un déguisement magique, ce qu'elle ne pouvait tenter de dévoiler. Elle devait juste faire forte impression.

Une courtisane habillée d'une robe ouverte vert émeraude, sûrement une habituée, s'avança alors sur la scène, encouragée par quelques sifflements et des commentaires appréciateurs. Sans plus de cérémonie, elle se mit à danser lascivement au rythme de la musique qu'elle avait fait mettre par une autre fille. En plus d'être assez agréable à regarder pour notre elfe, c'était aussi l'occasion pour Myakko de se mettre en avant. Car si la femme était plutôt douée, Myakko l'était sûrement plus. Certes, ses mouvements étaient bien en phase avec la musique, et son petit air mutin avait son charme, mais sa danse manquait de style. Elle donnait à ses spectateurs ce qu'ils voulaient, c'était un fait. Il manquait le brin d'invitation, de "tu le vois mais ce n’est pas dit que tu l'aies..." qui était la frontière entre le regard appréciateur, et le désir flagrant. Quand elle eut fini, récompensée par quelques applaudissements et une remarque graveleuse, une autre fille prit sa place, et elles défilèrent toutes ou presque, les plus jeunes semblant être exemptées de l'exercice pour le moment. Elle aussi, surement, puisqu'elle n'avait pas de musique à elle. Elle n'en avait pas besoin. Ludmilla se plaça donc sur la scène, sous les regards interrogatifs des hommes comme des femmes.

« Les nouvelles ne dansent pas, tu sais? » lui lança un des hommes affalés sur un sofa, la main dans un décolleté.

« C'est un ordre? » répondit-elle avec une œillade enjôleuse, et une petite moue faussement triste, « J'en avais très envie pourtant... »

Elle se retourna doucement, faisant mine de retourner à sa place, ajoutant un petit mouvement de bassin d'invitation.

Une autre voix s'éleva : « Maintenant qu'elle est là, autant la laisser s'amuser. »

Quel altruisme. Elle frappa deux coups lents, puis trois rapides dans ses mains, faisant cliqueter ses bracelets.

« Mais seulement si vous êtes capables de tenir correctement la cadence. »

Il ne fallait jamais plus qu'une simple provocation pour que tous ces hommes si fiers se mettent bêtement à taper dans leurs mains. Passées les premières secondes de cafouillage pour que tous se calent sur le même rythme, ce qui n'est jamais facile pour eux non plus, Ludmilla se laissa entrainer par la cadence, ponctuant chaque temps avec ses bijoux ou ses grelots aux chevilles. Tout n'était que séduction. Les mouvements lents, sensuels, pendant lesquels elle choisissait une personne de l'assistance, et la fixait dans les yeux alors que ses mains glissaient sur son corps, sa poitrine ou dans ses cheveux. Les temps rapides, pour captiver, récupérer l'attention de celui qui venait de baisser les yeux vers son verre, pour cacher ce qu'elle venait de dévoiler ou pour offrir une œillade, un instant fugace de pur désir, de ses prunelles brillantes de malice. Toutes les deux mesures, elle laissait tomber un des pans de sa tenue, qui s'effeuillait presque magiquement, dévoilant petit à petit ses bras, ses hanches puis sa poitrine. Imperceptiblement, elle prit le contrôle, frappant un simple instant plus tôt le sol de son pied. Imperceptiblement, tous la suivirent, et accélérèrent la cadence qu'elle avait donnée. Leurs regards se balançaient au rythme de son bassin, leurs souffles se suspendaient aux va-et-vient de ses seins à présent à peine voilés par une simple bande de satin rouge. La cadence s'accéléra encore, elle avait presque doublé, et sa jupe diaphane commença à se consumer, sous l'emprise d'un sort lié au vêtement même, libérant une douce fragrance à mesure que ses jambes se dévoilaient. Elle n'eut pas besoin de leur demander d'arrêter de frapper, tant ils étaient accrochés à son corps, et quand elle frappa une dernière fois la scène de son pied, tenant sa pose qui était une insulte à la décence et aux bonnes mœurs, tous suspendirent leur mouvement, comme figés dans ce spectacle grivois.



D'un sourire entendu, et d'un regard promettant milles merveilles à celui qui oserait l’aborder, elle retourna à sa place, dans le silence béat et appréciateur de la salle...
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MessageSujet: Re: Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.   Lun 8 Mai 2017 - 13:33

Alors, les lignes qui vont suivre ne sont pas à mettre devant tous les yeux. On part sur de l'explicite +18, et je m'en voudrais beaucoup si tu te sentais souillé par ce que tu liras sur ce post. Je t'invite donc, si la peur t'as pris, à passer directement au post suivant (quand il existera) ou un petit resumé soft te sera donné :3. Merci !






Elle ne fut pas surprise d'entendre parler de la jouer au dé, quelques temps plus tard. Les activités du harem avaient repris leur cours, et les trois gardes qui s'étaient approchés d'elle à leur arrivé jubilait devant les regards jaloux de leurs camarades.  Elle n'avait plus qu'à laisser mordre son gros poisson. Oh, elle se doutait que ce ne serait pas pour ce soir. Il l'avait vu danser, mais il attendrait surement de savoir si elle était capable de plus. Quelques exclamations à la table centrale lui indiquèrent que son sort était surement scellé. Après une interrogation muette auprès de ses hôtes, elle se leva donc pour voir de quoi il en retournait.

"Alors, qui est l'heureux élu?"


C'était une question rhétorique, puisqu'elle se dirigea vers celui avec le plus grand sourire et le regard satisfait. Un grand baraqué, humain,  qui avait l'air de faire flipper ceux d'à côté. Il avait peut-être triché mais personne n'osait lui dire depuis qu'il avait arraché trois dents au malheureux qui lui avait fait cette remarque. Ou il avait peut-être juste eu la chance de son côté. Elle s'assit à sa gauche, docile. Il entoura son trophée d'un bras possessif.

"C'est quoi ton nom, ma jolie?"

"Ludmilla", lui répondit-elle en caressant son torse.

"Eh bien Ludmilla, c'était une sacrée danse dont tu nous as fait grâce tout à l'heure. J'ai hâte de te voir à l'œuvre dans un lit."

Elle le gratifia d'un petit rire badin. Au moins, il n'y allait pas par quatre chemins. Elle sourit, parce qu'elle savait exactement pourquoi il se la jouait ainsi, et ce qu'il attendait secrètement d'elle, sans le savoir. Ce qu'elle faisait donc, on jouant la jeune fille docile devant le grand gaillard qu'il était. Elle passa le reste de la soirée à ses côtés, le servant quand il le souhaitait. Il devait cependant reprendre le service pour quelques heures, et il la somma de l'attendre dans sa chambre, qu'il rejoindrait dès qu'il aurait terminée. Elle acquiesça silencieusement en se retournant, lui laissant l'occasion d'attraper une fesse. Elle tourna la tête en se mordant la lèvre. Ludmilla était certaine qu'il n'allait pas être très performant pendant sa garde. Il allait avoir la tête ailleurs. Elle l'attendit donc patiemment dans ses quartiers, qui n’étaient rien de plus qu'une pièce avec un lit, quelques rangements et des commodités.

Après un long bain parfumé, elle fouilla dans ses affaires, en sortant d'autres souvenirs de la Terre. Elle était surprise que ce genre de chose ne se soit pas plus répandue sur Autremonde, et surtout chez les elfes. Mais il fallait croire que les Terriens étaient tellement "arriérés" qu'ils ne valaient pas la peine qu'on s’intéresse aux délices qu'offraient certains de leurs vêtements. Elle retira les voiles et chaque pan de sa tenue de danse, jetant un œil critique à son corps nu dans le miroir de la pièce. Il ne lui résisterait pas. Le nylon était une matière inconnue sur cette planète, mais il marchait tout autant que sur Terre. Elle caressa la matière noire qui remontait jusqu'au milieu de ses cuisses. Elle l'imaginait déjà y faire courir ses mains, appréciant les courbes de ses jambes. Elle se fessa, riant seule d'elle-même. Elle ne s'adonnait pas souvent aux joies de la chair, mais elle n’appréciait que trop cette discipline. Son corps aussi, et il était tout aussi impatient qu'elle de se jeter sur son garde. Elle avait choisi sa préférée, celle de satin bleu qui épousait ses hanches, rehaussait sa poitrine et laisser poindre ses tétons déjà durcis par l'envie.


Et les dessous ouvert qui allaient avec sa guêpière raviraient les yeux de son invités tout en lui laissant une disponibilité appréciable. Elle se recouvrit d'un peignoir de soie en l'attendant. Il ne tarda pas, sa journée terminée. Il poussa la porte avec un soupir de satisfaction qu'elle ne lui laissa pas le temps de terminer. Un peu surpris, il tenta de se dégageait alors qu'elle remontait sa jambe contre sa cuisse et venait chercher ses lèvres des siennes.
 
"Ça suffit. Ça ne sert à rien de jouer les durs ici, tu es à moi. Mais je dirai à quel point tu m'as dominée toute la nuit si tu veux, mais toi et moi nous savons pourquoi tu tenais temps à m'avoir ce soir. Alors tu vas être un gentil garçon, d'accord?"
 
Elle avait visé juste, puisqu'il ne protesta pas plus, et se laissa aller contre le mur alors qu'elle l'y poussait doucement. Dans la pénombre de la pièce éclairée par quelques bougies, il ne pouvait que deviner les formes de la jeune elfe, et il la découvrit de ses mains plus que de ses yeux. S'il fut surpris de l'exotisme de sa lingerie, il ne dit rien. Tout du moins, il ne parla pas, mais la pression qu'elle sentit venir près de son bassin lui indiqua qu'elle lui plaisait. Leurs langues jouaient entre elle, alors qu'il pinçait du bout des doigts un de ses tétons, son autre main agrippé à ses hanches, tentant de l'attirer toujours plus près de lui. Elle l'abandonna pour se diriger vers le lit, laissant glisser son peignoir pour dévoiler sa descente de rein. Elle était presque certaine de l'avoir entendu lâcher un petit hoquet. Elle s'allongea sur le côté, caressant doucement sa poitrine et son sexe déjà humide.
 
"Tu peux venir, tu sais."
 
Il ne se fit pas prier, s'approchant presque craintivement de la couche. Elle se redressa sur ses genoux pour l'allonger et retirer une partie de ses vêtements. Puis elle s’étendit sur lui, cabrée pour laisser deviner ses fesses, et appuyant sa poitrine sur son torse, alors qu'elle soufflait doucement dans le creux de son cou, sur son oreille. Elle le mordit quand il s'autorisa à descendre ses mains plus qu'elle ne le souhaitait, et il fut contrait de presser ses hanches avec envie, alors qu'elle jouait avec lui. Elle se redressa, les mains sur son torse, alors qu'elle remuait doucement son bassin, stimulant  l’érection qu'elle sentait déjà. Il agrippa son poignet, presque suppliant, et elle dégagea sa main, lui refusant ce qu'il demandait. Elle avait surement mieux à lui offrir.  Elle recula doucement, retirant le dernier morceau de tissu entre elle et son pénis qui se souleva à peine sorti. Elle prit quelques secondes pour le toiser d'un air appréciateur. Ils aimaient tous ça, qu'on leur fasse penser que c'était le plus beau, le plus grand et le plus vigoureux qu'elles avaient jamais vu de toute leur vie. Il tressaillit alors qu'elle le mit en bouche, et chaque caresse de sa langue lui tirait déjà des soupirs de satisfactions. Ludmilla était toujours aussi douée. Elle entama un doux mouvement de haut en bas d'une main, tandis que l'autre griffait, doucement, les hanches de son partenaire. Elle ne le lâchait pas des yeux, et les rares moments où il avait assez contrôle sur lui-même pour baisser le regard le faisaient s'envoler de plus belle. Elle le surprit même à mordre son poing pour retenir un gémissement, alors qu'elle descendait de plus en plus bas. Il était beaucoup trop mignon. Après une dernière griffure enjôleuse, elle vint frotter son propre sexe, se préparant à ce qui allait suivre.

Elle n'en avait pas vraiment besoin, tellement elle brûlait de désir. Elle reprit sa position initiale, attrapa sa verge pour la laisser doucement la pénétrer.  Elle même lâcha un petit soupir de plaisir quand elle fut en entier en elle. Il attrapa sa poitrine, la massant doucement, tirant ses tétons, alors qu'elle commençait à bouger au-dessus de lui. Bien vite ses hanches se mirent à monter et descendre au même rythme qu'elle, alors qu'elle l'encourageait d'un sourire. Ludmilla se pencha ensuite pour un baiser, lui laissant le contrôle alors qu'il la saisit aux hanches, la maintenant contre lui et qu'il accélérait sa cadence. Elle se mordit la lèvre en gémissant. Il savait aussi ce qu'il faisait.. Il vint chercher son cou, y plantant doucement ses dents, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'elle lâche sa lèvre pour laisser échapper les cris de plaisirs qu'elle retenait. Un peu honteuse de se voir ainsi prise à son propre jeu, elle se dégagea et repris sa position dominante, commençant un va et viens d'avant en arrière, l’empêchant de bouger. Il grogna tout d'abord, bougon, puis la laissa faire alors qu'il constatait avec une satisfaction perverse l'extase qu'elle en tirait. Il était peut-être dominateur, mais il appréciait encore plus de voir une femme se tordre de plaisir sur lui. C'était flatteur, après tout. Il se prit au jeu et accompagna avec de plus en plus de force les mouvements de la belle elfe, serrant sa hanche et sa poitrine alors qu'elle atteignait l'orgasme. Il afficha la mine satisfaite de celui qui avait bien travaillé alors qu'elle reprenait son souffle et ses esprits. Elle n'était pas comme les autres, c'était certain. Il tuerait pour une nuit de plus avec elle, mais Radek allait la rafler dès la nuit suivante, malheureusement. Elle l'embrassa, pour le remercier de l'avoir laissée s'amuser.

"Tu as été sage. C'est l'heure de ta récompense."

Elle se dégagea,  avançant à genoux sur le lit. Elle se cabra, plaquant sa poitrine contre la couette, ses fesses dressées et sa main caressant doucement son sexe en une invitation muette. Il n'en fallait pas plus pour qu'il se redresse d'un bon, et se laisse aller à ses habitudes de gardes rustres. Il attrapa ses hanches, l'attirant vers lui et s'enfonçant de toute sa longueur en elle. Ludmilla tourna sa tête vers lui, les yeux suppliants, alors qu'elle demandait d'une petite voix, entre deux gémissement, d'aller plus vite, plus fort. Galvanisé par ses suppliques, le rythme s'intensifia et c'est sans retenue qu'ils se laissaient aller au plaisir. Il dévorait son corps des yeux alors qu'il la fessait, laissant des marques rouges sur son postérieur alors qu'elle gémissait à chaque coup. Dans un dernier élan de vigueur, il accéléra encore ses mouvements, c'est là qu'elle choisit de se dégager, se retournant prestement et repris en bouche son sexe qui tremblait d'excitation, et elle termina comme elle avait commencé, alors qu'il empoignait sa chevelure brune, soupirant alors qu'il se laissait aller à l'orgasme. Après quelques secondes, il s'effondra sur le lit, le souffle court et le cœur battant, et elle vint se coller à lui après s’être essuyé la bouche.

"C'était à la hauteur de tes attentes?", lui demanda-t-elle entre deux souffles.

Le sourire béat sur son visage aurait suffi comme réponse, mais il opina de la tête également. Elle se dépêcha de reprendre sa respiration, car elle ne se donnait pas dix minutes avant qu'il ne lui en réclame plus. La nuit fut longue, pour elle, pour lui, pour tous les meubles et tous les recoins de la pièce, et l'aube se profilait par les interstices des volets quand ils s'endormirent enfin...
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Myakko Vik'A


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Age du personnage : 30 ans

Familier : Spike, un écureuil roux.
Couleur de magie : Bleu nuit
Niveau de magie :
  • Faible
Niveau de combat :
  • Très élevé


Métier : Assassin de la guilde
Résidence : La guilde, quelque part...
Dans le sac : Pas mal de dagues, matériel de crochetages, d'escalades, un passe partout, sa boule de cristal, pas mal de bidule technologique d'infiltration.

Affinités : Tara.

MessageSujet: Re: Obscurs rouages. Pantin de mort. Trahison.   Mer 10 Mai 2017 - 21:40

Resumé : Myakko est jouée au jeu par un joli garde et elle passe une nuit torride avec lui, haute en animation. Bref je vous fais pas un dessin.






Elle dormit peu, comme elle s'en doutait avant de fermer les yeux. Ludmilla avait peu de temps devant elle avant de devoir retourner jouer les courtisanes. Elle en profita donc pour cacher les déboires de la veille, comme les traces de morsure, qu'elle trouvait charmante mais peu appréciable pour les yeux de ceux qui ne les avaient pas provoquées. Avec de la chance, elle aurait Radek dès ce soir. S'en était presque dommage parce qu'elle s'amusait bien et elle n'aurait pas dit non à quelques nuits supplémentaires de ce genre . Mais le travail avant tout. Radek était sa priorité et elle devait l'identifier au plus vite. En effet, même si on la menait hors de leur zone, c'était peut-être un sosie ou un tampon supplémentaire qui l'accueillerait avant de l'emmener vraiment voir l'insaisissable personne qu'était Radek, la nuit suivante. Elle allait devoir se fier à son instinct. La journée fut agréable, comme toujours lorsque l'on s'amusait. On lui demanda plusieurs fois de danser, certains gardes ne l'ayant pas vue à l'oeuvre, et d'autres l'emmenèrent dans sa chambre. Maintenant, elle ne doutait pas que tous les gardes de la forteresse connaissait son petit nom, le petit recoin de son cou qui l’excitait tant quand on le mordait et la sauvagerie de ses baisers. Elle ne le montrait pas trop, mais elle était fière de s'être ainsi imposée, et elle faisait mine d'ignorer certaines œillades jalouses que d'autres femmes lui lançait. Et d'autres hommes, aussi, puisqu'il n'y avait aucune raison que les dames de Radek ne s'amusent pas non plus. Et puisqu'elle avait eu quelques visiteuses aussi...
Cette journée de débauche se termina quand un garde lui indiqua qu'elle allait devoir se préparer pour Radek. Elle cacha sa jubilation par un regard plein d'étoile, et elle acquiesça en silence. Elle choisit une lingerie noire, se coiffa avec ses armes et enfila ses bijoux empoisonnés. L'homme revint la chercher une demi-heure après, appreciant qu'elle n'enfila sa robe qu'une fois qu'il fut là. Il n'y avait pas de raison de ne pas satisfaire les coursiers aussi. Elle ne protesta pas quand il lui banda les yeux, pour la mener hors de la salle des courtisanes. Si cela se trouvait, il voulait juste se la garder pour elle... Mais il n'en fut rien, puisqu'il n'entra pas avec elle dans la pièce qu'il finit par ouvrir, après dix minutes de déambulations dans la bâtisse.


"Bienvenue Ludmilla. Je t'en prie, tu peux enlever ton bandeau."

Elle s’exécuta et constata non sans satisfaction que c'était bien Radek. Tout du moins, un homme qui ressemblait trait pour trait à la description qu'elle en avait. Elle l'endormirai tout d'abord, lancerait quelques sorts de vérification, et le tuerait si c'était bel et bien lui. Autant lui donner une dernière nuit agréable, non? Elle laissa glisser sa robe au sol, dévoilant ses courbes à peine masqué par la dentelle. Il eut un petit sifflement appréciateur, même s'il avait déjà pu constater de la plastique de la demoiselle. Il l'invita à le rejoindre sur le lit, sur lequel il attendait accoudé, sa tête dans sa main.

"Je n'ai pas pour habitude de faire venir des nouvelles aussi vite. Mais je dois avouer que tu as fait parler de toi."

"J'aime qu'on parle de moi."

Il ricana un peu alors qu'elle le repoussait sur le lit, grimpant doucement sur lui, alors qu'il caressait sa jambe, appréciant silencieusement ce qu'il voyait et touchait. Elle déboutonna doucement sa chemise, et son cœur manqua un battement. Elle se figea au dessus de lui, tétanisée par la surprise. Et il semblait tout aussi surpris de la voir dans cet état. Elle empoigna le pendentif qu'elle venait de faire apparaître, pour être sure.

"Un problème?"

Elle ne lui laissa pas le temps de continuer alors qu'elle dégainait la fine lame de rasoir de son épingle et la plaçait sur sa gorge, tandis qu'elle dévoilait sa cicatrice sur son front. Radek n'était qu'une identité d'emprunt. Et le hasard voulait qu'il ce fut l'une des rares personnes qu'elle appréciait dans ce bas monde.

"Eza, il va falloir m'expliquer là."

Il étouffa un hoquet, et elle se dégagea pour aller récupérer pudiquement sa robe. Elle était prête à beaucoup de chose, mais elle venait de dépasser la limite. Myakko gardait son calme cela dit, et elle revint vers son maitre, qu'elle ne s'attendait pas à voir ici. Et lui encore moins.

"Eh bien Myakko. Nous avons tous nos activités en dehors de la guilde. Radek est une des miennes. "

Il essayait de garder un semblant de contenance, mais il savait que si elle avait été n'importe qui d'autre, il serait surement mort. Il soupira en réajustant ses vêtements.

"Un contrat sur Radek?"

"Oui. Un gros. Je m’embêtais un peu."

"Quand Myakko s'embête, elle s'amuse à faire tomber Vella et s'attaque à Radek dans la même semaine."

"C'est à peu près ça."

Il lui ébouriffa tendrement les cheveux, en essayant d'oublier qu'il avait failli coucher avec sa fille adoptive. Il n'en restait pas moins très fier d'elle et de ce qu'elle avait montré dernièrement. Lui qui pensait être hors de toute atteinte ici..

" Je vais faire chercher tes affaires. Tu comptes me donner plus de détail ou tu veux terminer ton contrat?"

Elle lui jeta un regard noir, elle avait déjà rengainée sa petite lame. Il appuya sur un bouton près du lit et donna pour instructions qu'on ramène l'intégralité des effets personnels de Ludmilla ici même. Myakko prit une chaise et s'installa pas loin du lit, sur lequel Eza était en tailleur, pensif.

"Accroche toi bien. Si je vis ici, un peu reclus, en ce moment, et que je ne fais que de courtes apparences pour mener mes entraînements à la Guilde, c'est parce que je soupçonne le conseil de vouloir ma peau. Je ne sais pas pourquoi, les luttes de pouvoir sont toujours floues ici. Mais je me protège ici en attendant de trouver une solution à ce problème."

Elle leva un œil curieux. C'était plausible. La Guilde n'était que tromperie funeste, et l'utiliser pour atteindre son maître n'était qu'un stratagème parmi tant d'autre. Elle ne l'aurait jamais avoué, mais elle était un peu irritée. Un peu remontée. Un peu furieuse. La Guilde avait fait d'elle un outil, et elle s'en était affranchie quelque peu avec son statut de maître, et elle détestait qu'on lui remette son statut de pantin sous le nez. Et detester était un euphémisme.

"J'imagine qu'ils t'ont convoqués pour te donner le contrat qui t'étais spécialement destiné, misant sur ta fierté et ton goût du risque. Et tu as sauté dedans à pied joint."

Un peu penaude, elle acquiesça en serrant les poings. Elle ne prit pas longtemps pour se décider sur la marche à suivre. Elle avait failli tuer son maitre, son père adoptif, et elle ne se le serait jamais pardonné. Sa voix était grondante quand elle lança :

"Je vais tous les tuer."

Elle avait lâche ça comme un "bonjour, ça va?", en se levant de sa chaise. Eza croisa son regard, et elle crut y lire un certain amusement quand il comprit qu'elle était sérieuse. Elle allait leur montrer ce qu'il se passait quand la marionnette tranchait ses fils.

"Allons. Tu restes l'une des meilleures, mais tout le conseil? On parle d'une trentaine d'assassin du même rang que nous."

"Qui ne s'attendent pas à ce que je m'en prenne à eux. Et encore moins à tous en même temps. Laisse moi retourner à Omois, et ils mourront tous."


Il n'insista pas, ne préférant pas lutter avec la Myakko qu'il connaissait. Elle avait toujours ce regard quand elle avait pris sa décision, et c'était bien là la force de l'assassin. Elle ne reculait devant rien pour arriver à son but. Il le savait, il était pareil. Une garde arriva alors avec les affaires de Ludmilla, frappant à la porte, et elle les récupéra avec un petit clin d’œil. Elles avaient passés un bon moment toutes les deux tout a l'heure. Eza lui tendit un pendentif frappé d'une plume.

"Tu peux te déplacer librement avec ça. J'ai une porte de transfert pirate, tu peux aller où bon te semble. Mais accorde moi une faveur."

"Dis toujours."

"Sois prudente, veux-tu?"


Elle ne lui répondit même pas, quittant la pièce sur le champ. Elle était toujours prudente. Un garde la mena jusqu'à la salle de transfert une fois qu'elle lui ait brandit le pendentif sur le nez, étonné de le voir entre les mains d'une courtisane. Elle choisit l'une des portes pirates d'Omois de la guilde, la moins fréquentée. Personne ne devait savoir qu'elle était sur place. Le garde de la Guilde qui l’accueillit n'eut que quelques secondes pour loucher sur sa poitrine qu'il était mort, la gorge tranchée. La porte, astucieusement placée dans les égouts, était parfaite pour se déplacer sans être vue et rapidement. Elle rejoignit une de ses bases secondaires. Elle n'avait pas beaucoup d'options. Le hasard voulait que la grande réunion mensuelle des Maîtres, pour décider notamment de la prochaine épreuve des apprentis se déroulait cette semaine. Bien entendu, Eza ne s'y rendrait surement pas, vu les circonstances, et elle pouvait à loisir saboter la chose. Lui restait à savoir comment elle allait s'y prendre pour tuer une trentaine d'assassins surentraînés, seule. Elle allait devoir faire avec ce qu'elle avait ici. C'est à dire, ce qu'il restait de son escapade chez Vella, et une partie de son matériel habituel. Alors oui, elle pouvait débarquer dans le petit amphithéâtre avec son fusil d'assaut sur l'épaule et tirer dans le tas, mais elle risquait de ne pas s'en sortir. Non, elle allait faire ça mieux.

Elle se changea, rangeant Ludmilla au placard pour une tenue plus appropriée à l'infiltration. Aussi étrange que cela puisse paraître, le système de sécurité de la guilde était assez lacunaire. Puisque celle-ci encourageait la compétition et la purge par elle-même, le bâtiment en lui même était assez permissif. C'est pour ça que la plupart des maîtres n'y vivaient pas à plein temps quand ils avaient d'autres solutions. Elle prit l'apparence d'une apprentie quelconque. Une gamine humaine presque femme mais pas encore. Qui cherche à faire ses preuves mais qui hésitait
encore à se lancer dans l'action. Le genre de personne qui passe un peu inaperçu. Elle partit immédiatement pour la guilde, avec déjà l'idée de ce qu'elle allait préparer. Comme prévu, personne ne se retourna sur son passage, elle était invisible sans l'être. La salle du conseil était sur une aile un peu isolée de la Guilde, ce qui servait ses intérêts. Elle prospecta quelques heures, ce qui confirma son hypothèse, et c'est avec satisfaction qu'elle rentra chez elle.


Le jour venu, elle arriva avec une vingtaine de minute de retard. Il fallait croire qu'ils ne l'attendait pas ici. Elle se dirigea vers le centre de l’hémicycle, et s'assit à la place de l'orateur, toisant l'assemblée.

"Oui, Maître Myakko? Vous êtes un peu en retard."

Il avait du culot. Ils l'envoyaient tuer son mentor, et faisaient tous comme si de rien était. Peut-être pensait-il qu'elle ne savait pas. Elle ne répondit pas tout de suite, sortant un parapluie de sa poche, qu'elle ouvrit au dessus d'elle. Elle les compta. Ils en manquaient quelques uns, mais rien de grave, elle pourrait les poursivre plus tard. Nombreux furent ceux qui la regardèrent sans comprendre. Ils comprirent encore moins quand elle activa la petite ignition qu'elle avait préparée près des détecteur magique d'incendie. Quelques secondes après, les arroseurs se déclenchaient. Cachée sous son parapluie, et bien protégée par des habits imperméables et étanches, elle regarda avec satisfaction La quasi intégralité de l'assemblée se tordre de douleur alors que le poison qu'elle avait inséré en grande quantité dans les tuyaux entre l'élémentaire d'eau et la pièce consumait leurs chairs. C'était un des plus cruels et un des plus efficaces. Le genre inoffensif sur tout ce qui était synthétique, comme le plastique de son parapluie, et les fibres de ses vêtements. Par contre, c'était affreusement corrosif quand il touchait quelques choses comme... un humain. Elle n'attendit pas la fin de l'averse pour sortir un de ses pistolets et achevait les plus rapides qui avaient érigés un bouclier à la va-vite. C'était triste, de ce dire que des générations de génie du meurtre venait de mourir aussi bêtement, parce qu'ils s'étaient crus inaccessible, invincible. Plus forte qu'elle. Le dispositif se coupa. L'eau cessa de couler. En l’absence d'une flamme encore en vie, rien ne suivait la procédure. Peut-être qu'un gardien viendrait jeter un coup d’œil. D'ici la, l'acide se serait envolé, dispersé dans l'air, inoffensif. Elle se leva, jettant un dernier coup d'oeil sur les corps décharnés de ceux qui furent des camarades, puis des ennemis, puis plus rien. Elle passa la porte, retournant dans la petite cour intérieure du bâtiment, quand un claquement l'arrêta.

C'était Eza, adossé à une colonne, qui l'applaudissait. Elle leva les yeux au ciel en s'approchant de lui.

"On peut dire que tu tiens tes promesses. Je n'en attendais pas moins de toi. Après tout, tu as débusqué Radek deux semaines avant mes prédictions. C'était aussi surprenant qu’impressionnant."

Elle ne comprit pas. Que voulait-il dire? Il lui jeta un œil presque moqueur, alors que son cerveau mettait bout à bout chaque pièce du puzzle. Il fut un peu moins moqueur quand elle lui envoya son poing en pleine face. Il avait osé. Pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, pour la première fois depuis de nombreuses années, Myakko pleurait. C'était les yeux baignés de larmes qu'elle s'était jeté sur lui, qu'elle le frappait avec une rage aveugle que personne ne lui connaissait. De tous les manipulateurs, Eza était le plus grand, et comme elle, il ne reculait devant rien pour arriver à son but. Même sacrifier ce qui ressemblait le plus à de la famille pour lui, pour elle. Il ne disait rien, encaissant avec calme les coups de poing qu'elle lui envoyait en hurlant. Et alors qu'elle s'épuisait, il arrêta son poing, se dégageant d'un coup de pied, et se releva dignement. Enfin, aussi dignement qu'on pouvait l'être avec le nez en sang. Il épousseta sa robe alors qu'elle reniflait sa rancœur, agitée de spasme, à genoux dans le gazon.

"Allons, Myakko. Comment aurais-je pu faire autrement? Tu devrais être heureuse pour nous. Nous sommes libérés des obligations de la Guilde. Et je vais enfin pouvoir lui donner l'aspect dont je rêve depuis longtemps. Cela te plaira, j'espère."

Elle cracha par terre dans sa direction.

"De tous les individus qui vivent dans ses murs, de tout ce ramassis d'êtres abjects que nous sommes, tu étais le seul que j'estimais. Je pensais qu'après ce que tu m'avais fait vivre, ce que nous avions vécus, j'étais plus qu'un simple jouet pour toi. Tu es un idiot. Amuse toi bien avec ta nouvelle Guilde. Tu fais surement une bonne affaire. Tu perds ton apprentie, ta fille peut-être. Quoiqu'il arrive, tu viens de m'enlever une nouvelle fois mes parents. Alors qu'il te suffisait juste de me le demander. Je l'aurai fait, pour toi. Anéantir la Guilde. Il a fallut que tu le provoques par tes petits manèges. Soit. Adieu, maintenant."


Elle se releva péniblement. Il lui lança un médaillon, qu'elle attrapa par réflexe. Un coup d’œil lui suffit à savoir ce que c'était. Le sceau de la dette qu'il avait envers elle. Mais même ce genre de cadeau inestimable ne réparerait jamais l'erreur qu'il venait de commettre. Elle ne reviendrait pas. Myakko regagna ses appartements de la guilde, balança toute ses affaires au milieu de la pièce, et y mit le feu en partant. Et tant pis si ça cramait tous les dortoirs avec. Elle s'en foutait. Elle passa les portes sans un regard en arrière, avec une seule certitude. Pour la première fois de sa vie, elle était perdue.
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