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 Gabriel

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Gabriel


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Age du personnage : 42

Familier : Aucun
Couleur de magie : Bleu marine
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Plutôt élevé


Métier : Boxeur professionnel
Résidence : Appartement pas cher à Tingapour

MessageSujet: Gabriel   Sam 15 Juil 2017 - 0:01

VOTRE PERSONNAGE

Nom : Zephoris

Prénom : Gabriel né Franck

Surnom : Gab

Sexe : H

Orientation sexuelle : Gay

Race : Thug à six bras

Age du personnage : 42

Métier : Boxeur

Résidence : Studio très peu cher dans Tingapour

Niveau de magie : Normal

Niveau de combat : Plutôt élevé

Familier : Non

Description physique : Gabriel, c'est un gars balèze. En tout cas c'est ce que disaient mon entraineur de boxe puis mes coéquipiers chez les Ombres. Ça ne saute pas forcément aux yeux dès le premier coup d’œil, parce que c'est vrai qu'il y a des gorilles aux épaules plus larges que moi, ou à la taille plus massive. Mais au deuxième coup d’œil, on remarque que je suis quand même quelqu'un qu'il ne faut pas emmerder. J'ai les épaules musclées suite aux années de pratique de boxe, sans parler de mon passage dans la garde impériale, enfin vous connaissez la suite de l'histoire. Je sais utiliser mes poings et mes compétences en combat ne sont plus à prouver.

Au niveau du visage, je ne m'en sors pas trop mal, enfin je crois. J'ai les yeux bleus, la peau blanche. Mes cheveux sont châtain clair, ondulés. Je les coiffe souvent vers l'arrière, toujours coupés courts.

Pas grand-chose à dire d’autre. Quoi ? Quelque chose vous choque chez moi ? Ah oui, j'ai six bras. Ça peut paraitre curieux pour ceux qui n’en ont que deux. Même certains thugs à quatre bras trouvent ça étrange. Moi c'est vous que je trouve étrange, avec vos membres manquants, ça doit quand même être beaucoup moins pratique. Bref, j'en ai donc une paire au niveau des côtes, et une autre au niveau des reins. Mes quatre derniers bras n'ont pas d'épaule, et ils sont plus petits que ceux du haut. On dit parfois que je ressemble à un homme-insecte, quand je les bouge tous ensemble. Et si ça vous dégoûte, je les bougerai encore plus ensemble juste devant vous. Mais la plupart du temps, je laisse ceux du bas croisés, ceux du milieu dans mes poches et ceux du haut ballants. C'est toute une gymnastique. Avec la boxe, j'ai appris à les utiliser de manière optimale. Mais même dans la vie de tous les jours, c'est très pratique. J'ai toujours une main de libre, je peux porter des charges encombrantes sans problème, et puis je n'ai jamais de souci pour me gratter le dos. Vous devriez essayer.

Depuis la bataille contre les Sangraves, je suis amputé d'une jambe, merci monsieur le nain, brûlez bien dans les limbes. Grâce au Reparus de Nathan (paix à son âme), je n'ai pas eu trop de complications avec mon moignon. On m'a mis une prothèse, enfin surtout une jambe de bois, parce que je suis pauvre et que la technologie, même magique, c’est cher. J'ai l'air d'un con à chaque fois que je marche maintenant. Je boite, et j'ai perdu de ma rapidité qui me donnait un bon avantage pendant les combats, avant. J'avoue que la pilule a du mal à passer. Un bras, ça m'aurait pas dérangé, j'en ai trop. Mais une jambe... Enfin, je suppose que je m'en tire bien. J'aurais pu perdre pire.

Description rédigée par Coin Coin le 14 juillet 2017, jour de fête nationale et veille des Olympiades. C’est aussi le jour où Serge Bertrand acheta un chimpanzé breton dans le bassin d’Arcachon, mais ça, ça n’a aucune importance pour la suite.

Description morale : Gabriel est un type sympa, pas très bavard mais d’un naturel plaisantin. Malheureusement, ça ne se voit pas toujours, parce qu’il est facilement de mauvaise humeur en ces temps-ci, et donc parfois relativement irritable. De toute façon, il a toujours été un poil susceptible, surtout lorsqu’on le traite de minable. Parce que c’est pas un minable, ok ? Il apprécie beaucoup la bagarre. Bien que je ne l’ai jamais mentionné dans l’histoire, notre grand héros a hérité de l’anatidaephobie de sa mère, c’est-à-dire de la peur tout-à-fait rationnelle d’être surveillé en permanence par un canard. Heureusement, peu de gens le savent, parce qu’il faut dire que sa crédibilité en prendrait un sacré coup.


INTERVIEW DE VOTRE PERSONNAGE

Vous trouvez quelqu'un dans une très mauvaise situation qui pourrait le conduire à la mort. Vous pouvez le tirer de là, mais c'est à vos risques et périls, vous pourriez succomber vous aussi. Que faites-vous ?
Normalement, je devrais y arriver.

Vous vous trouvez devant une table sur laquelle sont disposés quatre objets : une part de gâteau, un couteau, un vieux grimoire et un bijou resplendissant. Vous ne pouvez en prendre qu'un seul avec vous. Lequel choisissez-vous ?
L’objet qui aura le plus de valeur en terme d’argent. Je suis un peu à la dèche.

Seriez-vous capable de tuer si vous pensiez avoir de bonnes raisons de le faire ?
J’aime pas franchement faire ça, mais ouais.
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Gabriel


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MessageSujet: Re: Gabriel   Sam 15 Juil 2017 - 0:03

Histoire (1/2) :  
Charles Zephoris n’avait jamais eu beaucoup d’assurance. Silencieux et solitaire, il n’osait jamais affronter qui que ce soit directement dans les yeux et baissait la tête quand on s’adressait à lui. Physiquement, c’était un gars banal, hormis le fait qu’il avait deux paires de bras de plus que la plupart de ses autres camarades. Brun, de taille moyenne, légèrement enrobé, peu musclé. Il était toujours le dernier à vouloir prendre part aux activités sportives et aux combats. Alors, quand on se moquait de lui ou qu’on le frappait, sous prétexte que c’était un faible, une tapette, un pleurnichard, une victime, un mec louche, un pervers, une tafiole, un sociopathe, un idiot, un froussard, un fragile (on lui avait déjà tout sorti), il laissait faire. Quand on l’insultait, quand on fabriquait des chansons sur lui (« Zephoris tu sens la pisse » faisait rire beaucoup de gamins à l’époque), il laissait faire. Il était persuadé qu’il n’était pas de taille à riposter et que s’il essayait de se défendre, ça ne ferait qu’empirer les choses. Alors il se disait que ça passerait, qu’il suffisait simplement d’attendre. Un jour ou l’autre, on finirait bien par se lasser et le laisser enfin tranquille.

Les railleries et les coups continuèrent de façon plus ou moins régulière pendant toute sa scolarité. Il ne s’était fait que peu d’amis, et parmi eux aucun avec qui il garda contact à la sortie de l’école. Il chercha un emploi pendant longtemps avant d’accepter par dépit une offre au sein d’une horlogerie. Les persécutions de ses anciens camarades de classe avaient cessé, mais il se faisait facilement marcher dessus par son patron, et n’osait jamais discuter de son salaire trop modeste à son goût ou de la non-rémunération de ses heures supplémentaires à répétition. Il acceptait simplement en se disant que ce n’était pas si grave et que ça ne valait pas la peine d’en faire toute une histoire.

Il se mit à fréquenter la jeune sortcelière apprentie de la pâtisserie voisine, une certaine Eva Gellor qu’il trouvait plutôt jolie. Il n’avait jamais été très à l’aise avec les relations de ce type (ni avec aucun autre type de relation, d’ailleurs) mais Eva rendait tout très simple. Très timide, elle avait presqu’autant d’assurance que lui. Ils mirent longtemps avant d’oser se regarder dans les yeux. Mais ils finirent par y arriver, s’installèrent ensemble, se marièrent et eurent un enfant. Puis deux. Puis trois. Et un quatrième. Ils vivaient dans la maison la moins chère qu’ils aient pu trouver en ville, achetée à crédit. Charles avait décidé de parler à son boss pour avoir une augmentation, puis avait renoncé, puis avait réessayé, et encore renoncé, et ainsi de suite. Il eut finalement ce qu’il voulait et put gagner un peu plus par mois, ce qui était satisfaisant pour lui mais pas assez pour sa nouvelle famille. Eva quant à elle avait léché les bottes de sa chef du mieux qu’elle le pouvait et réussit à reprendre la pâtisserie lorsque cette dernière partit en retraite.

Fanny était l’aînée de la famille. Grande, mince, elle ressemblait beaucoup à sa mère, à l’exception près qu’elle avait quatre bras de plus qu’elle. À l’image de ses parents, elle était solitaire et peu bavarde, et pouvait passer des journées entières à jouer seule dans sa chambre plutôt que d’aller discuter avec le reste du monde. Elle avait appris à lire très tôt, notamment grâce à son père, qui avait toujours été un grand fan de littérature. Ils lisaient beaucoup ensemble, des livres de toute catégorie ou presque, des récits d’aventures autremondiens aux romans d’amour terriens en passant par des thrillers psychologiques à couper le souffle. Fanny était peut-être la fille préférée de ses parents, parce qu’elle avait des bonnes notes à l’école et qu’elle ne causait pas trop de problèmes. Il y avait bien un ou deux abrutis qui venaient l’embêter de temps en temps, mais elle avait appris à les ignorer avec tant d’indifférence qu’ils avaient fini par se lasser bien vite. Après tout, Fanny était comme ça. Elle se fichait totalement des autres et ne leur portait qu’une attention très limitée, qu’ils soient de simples camarades de classe ou même des membres de sa famille. Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’on lui fiche un peu la paix.

Franck était né deux ans plus tard que Fanny. Il avait les yeux de sa mère, mais le reste était de Charles. Plus énergique que sa sœur aînée, il aimait se dépenser comme il le pouvait, notamment en courant partout dans la maison, ce qui en faisait soupirer beaucoup. Il n’était pas pour autant hyperactif, ni extrêmement bavard, il aimait simplement montrer qu’il était là et se donner en spectacle. Mais un spectacle était fait pour être vu, et Franck trouvait sa famille trop peu enthousiaste à son goût, ce qui eut pour effet de le soûler bien assez vite. Bien sûr, il avait des parents aimants, qui faisaient même parfois preuve d’affection et de tendresse à son égard, tout comme avec le reste de sa fratrie, mais ils semblaient la plupart du temps trop distants, comme des ermites qui auraient voulu ne pas être dérangés. C’était la première chose que Franck n’aimait pas chez ses parents.

La seconde chose, il en prit conscience lors de ses premières années d’école, lorsqu’il voyait certains gamins rire de loin en le regardant, ou le toiser de haut en bas comme par jugement. Au départ, il se disait que c’était lui qui s’imaginait des choses, que ce n’était que du hasard et un enchainement de coïncidences, et qu’il n’y avait aucune raison que de parfaits petits inconnus se mettent d’un coup à le mépriser comme ça. Mais les regards étaient de plus en plus insistants, et il finit par en prendre un entre quatre yeux et lui demander de manière relativement agressive s’il voulait sa photo. Ce à quoi l’autre lui répondit, usant du même ton :

« Non mais on se disait que t’avais la même tête de nullos que ton père ! »

Franck resta un moment sans réagir, interloqué, incapable de comprendre ce que le gars en face venait de lui affirmer. Il n’avait jamais vraiment considéré son père comme un type exceptionnel, comme le gros dur qui faisait sa loi dans le bahut, mais de là à le traiter de nullos, il ne s’y attendait pas vraiment. Il apprit finalement que son père se faisait persécuter pendant son adolescence, et que ceux qui avaient pris plaisir à faire de sa scolarité un enfer ne se gênaient pas pour laisser traîner sa réputation jusqu’aux générations suivantes. Il suffisait qu’ils aillent chercher une photo de classe, qu’ils la présentent à leurs gosses et qu’ils pointent du doigt le petit thug craintif en disant « Celui-là, on pouvait pas s’empêcher de vouloir lui foutre des baffes, regardez-le avec sa gueule de con », et ça y était. Leurs progénitures, très influençables à leur âge, allaient répéter partout et avec fierté ce qu’on leur disait, et dès qu’ils croisaient la route d’un Zephoris, ils savaient ce qu’ils avaient à faire.

Mais il y avait une chose qu’ils n’avaient pas pris en compte. Franck n’était pas Charles. Et même si au départ, il était prêt à ignorer en grinçant des dents les remarques insultantes sur sa famille, il y eut un moment où c’en était trop. Il avait remarqué la façon dont Charles baissait les yeux chaque fois qu’il s’adressait à quelqu’un, son ton faible et bégayant, ses mains qui se tortillaient entre elle. Et il n’en pouvait plus de ces airs supérieurs qu’empruntaient les autres lorsqu’ils le voyaient si fragile et si peu assuré, à se replier sur lui-même comme une souris devant un chat qui aurait perdu tout espoir de s’enfuir. C’en était trop. Si son père acceptait de se faire autant marcher sur les pieds comme ça, soit. Mais lui, Franck, il refusait catégoriquement d’être associé à ça. Il n’était pas une bête de foire à qui l’on pouvait jeter des cacahuètes en ricanant tout en pensant qu’il ne réagirait pas en retour. Il était humain, ou plutôt thug, et il comptait bien leur montrer, à ces insolents, que si on le cherchait, on finissait par le trouver.

Franck n’allait pas chercher lui-même la bagarre. Tant qu’on ne l’offensait pas, il restait calme, jouant avec les quelques amis qu’il s’était fait en classe, et était même plutôt sympathique, quoique peu bavard. Il avait le sourire facile et était toujours le premier à sortir une plaisanterie ou un commentaire sarcastique au moment opportun. Mais dès lors qu’on venait manquer de respect envers sa famille, il ne riait plus. Là où Charles avait autrefois baissé le regard et laissé couler en attendant que ça passe, Franck levait la tête et fixait son adversaire droit dans les yeux, les sourcils froncés, et lui crachait au visage en lui conseillant vivement d’aller voir ailleurs s’il y était. Il n’allait pas encore jusqu’à sortir ses poings, l’autre finissant souvent par capituler et repartir vers sa bande d’amis non sans un dernier regard méprisant envers le jeune thug. Parfois, ils restaient plus longtemps, les yeux dans les yeux, se défiant mutuellement de lâcher prise, puis l’un des deux laissait tomber et ils se séparaient sans rien dire, prêts à se retrouver lorsqu’ils auraient un peu plus de répartie. Certains lui assuraient qu’il ne leur faisait pas peur, mais il aurait été de très mauvaise foi de ne pas l’admettre : Franck imposait bien plus de respect que ne l’avait fait son père à une époque.

Fier d’avoir réhaussé la réputation de sa famille, Franck avait pris goût pour ces affrontements de regards et ces courts duels de répartie, et tentait alors tant bien que mal d’apprendre ses nouvelles méthodes au reste de sa famille, notamment à son père. Tous les soirs, en rentrant de l’école, il donnait à Charles des leçons sur la façon de réagir face à des moqueries et des personnes malveillantes et de ne pas se laisser marcher dessus constamment. Le père acceptait de faire au moins semblant d’exécuter les séries d’exercices de confiance en soi que lui imposait son fils, et avait même l’air de progresser. Il regardait Franck dans les yeux, réglait le ton de sa voix pour qu’elle soit plus stable, plus posée et plus autoritaire, supprimait ses gestes parasites qui trahissaient son manque d’assurance. Franck était fier, pensant qu’il avait finalement réussi à faire de son père un autre homme. Mais ce n’était qu’illusion. Dès que Charles était face à quelqu’un d’autre, il reprenait toutes ses mauvaises habitudes et s’écrasait minablement devant son interlocuteur, ce qui faisait soupirer son fils. Il avait beau essayer, il n’y avait rien à faire. Charles était un cas désespéré.

Mais Franck ne s’était pas seulement contenté de vouloir changer Charles. Il avait la ferme intention de faire en sorte que le nom de Zephoris ne signifie plus timidité, fragilité et crainte des autres, mais plutôt assurance et respect. Il voulait qu’on arrête de parler de sa famille comme une famille de gros nazes et de losers vulnérables. Les Zephoris devaient être des héros, ceux avec qui il ne valait mieux pas être ennemis. Il tenta donc de changer sa mère, mais il s’aperçut bien vite qu’Eva ne faisait absolument aucun effort et ne l’écoutait que d’une oreille. Elle souriait toujours en le regardant faire, fière de la détermination de son fils, et parfois même elle acceptait de faire deux ou trois exercices, comme répéter des phrases sur un ton assuré. Mais au bout de cinq minutes, elle s’en allait, prétextant avoir plein d’autres choses à faire. Franck ne perdit pas espoir. Puisqu’il ne pouvait pas changer ses parents, au moins pouvait-il faire quelque chose pour la génération actuelle. Après tout, ses frères et sœurs formaient, avec lui, l’avenir de la famille. S’il voulait redorer la réputation des Zephoris, c’était par eux qu’il fallait commencer.

Il essaya d’abord avec Fanny, mais celle-ci lui demanda gentiment d’aller voir ailleurs parce qu’elle avait d’autres choses à faire que d’écouter ses conneries. Comme à son habitude, elle s’enferma dans sa chambre et n’en sortit que pour le dîner. Franck dut donc reporter tous ses espoirs sur ses frères et sœurs cadets. Félix avait exactement un an et demi de moins que lui, et c’était peut-être le membre de sa famille dont il était le plus proche. Ils n’étaient pas non plus inséparables, ils ne se confiaient pas toujours tout et ils se chamaillaient parfois pour des choses stupides, mais disons que lorsque l’un cherchait un camarade de jeu, il pouvait souvent compter sur l’autre. Franck comptait beaucoup sur Félix cette fois-là, et il espérait que son frangin ne le décevrait pas. Il lui enseigna donc les mêmes choses qu’à ses parents et fut agréablement surpris de trouver en son frère une oreille bien plus sérieuse et attentive que ses prédécesseurs. Avec les autres, Félix avait un ton très assuré et beaucoup de répartie, n’hésitant pas à faire preuve de sarcasme lorsque l’occasion se présentait. Franck ne savait pas trop si c’était ses leçons qui avaient porté ses fruits ou si son frère était né comme ça, mais pour une question d’ego il décida qu’il s’agissait de la première option. En tout cas, tout comme lui, Félix n’était pas (ou plus) du genre à se laisser marcher sur les pieds, ce qui rassura Franck et le gonfla de fierté. Si ça continuait ainsi, plus personne n’oserait embêter un Zephoris.

Il restait encore à affermir le caractère de la petite dernière, Flora. Mais elle était encore jeune à l’époque, et ne comprenait pas toujours tout à ce que Franck essayait de lui dire. Le jeune thug continua cependant à lui donner des conseils par-ci par-là, espérant qu’à force de les répéter, ils rentreraient inconsciemment dans sa tête et elle deviendrait aussi forte et rebelle que ses frères sans faire trop d’efforts. Finalement, cette méthode fonctionna plutôt bien, peut-être même un peu trop bien, puisque la petite thug développa très vite un caractère de cochon et se mit à faire des caprices pour un oui ou pour un non. Et vu la résistance dont savaient faire preuve ses parents face à ce genre de pression, ils finissaient presque toujours par laisser tomber et lui céder ce qu’elle voulait, tant que c’était possible, pourvu qu’elle arrête de crier.

Bref, entre des parents trop faibles et laxistes, une grande sœur absente et une petite sœur pourrie gâtée, la vie à la maison n’était pas forcément très appréciable. Franck passait la majeure partie de son temps avec son frère Félix, mais ils se disputaient facilement et finissaient souvent la soirée seuls dans leur coin. C’était pour cette raison que Franck préférait passer du temps dehors. Pas forcément à l’école, parce qu’il n’était pas très bon en classe et que les cours de maths et d’histoire lui prenaient la tête, mais il ne refusait jamais une bonne sortie entre amis. Avec quelques-uns de ses camarades, ils avaient formé une bande d’inséparables, qu’il avait juré de ne jamais quitter. Vous savez, ces promesses que l’on fait quand on est jeune et qu’on pense que la vie est simple et que les chemins se suivent tous. Ils avaient tous découvert leurs pouvoirs à quelques mois d’intervalles, sauf pour l’une d’entre eux qui était Nonso. Le reste de la bande s’amusait parfois à la charrier à cause de ça, mais elle le vivait bien. Franck l’avait souvent admirée pour ça, lui qui passait son temps à vouloir être le plus fort.

À l’école, on le laissait plus ou moins tranquille. La plupart des élèves avaient bien compris que Franck n’était pas du même genre que son père et ne comptait pas se laisser marcher dessus, alors les moqueries sur son ascendance s’étaient faites plus rares. On connait tous ce genre d’adolescents un peu lâches, qui prétendent être les plus forts uniquement parce qu’ils s’attaquent aux plus faibles, mais dès qu’il s’agissait d’affronter quelqu’un du même niveau, ils faisaient beaucoup moins les malins. Ils n’allaient pas non plus embêter son frère Félix, qui semblait certes beaucoup moins costaud (il fallait dire qu’il était plutôt maigre) mais dont on disait que les mots pouvaient cracher du venin. Quant à Fanny, ceux qui avaient tenté de l’intimider s’était vite lassés face à l’indifférence totale que leur portait cette dernière. Enfin, Flora était encore trop jeune pour entrer à l’école à cette époque, mais Franck ne doutait pas de sa capacité à se faire respecter. Son objectif était atteint. Les Zephoris avaient perdu leur réputation de loser.

Ou du moins, c’était ce qu’il pensait. Malgré tout, il y avait toujours quelques irréductibles gaulois, ou plutôt sortceliers, qui se foutaient bien de respecter les fils de losers et dont la plus grande passion était de les rabaisser coûte que coûte en leur rappelant qui ils étaient vraiment. Fibb Brannen était l’un d’eux. Le garçon avait plus ou moins le même âge que Franck et n’avait pour plaire que ses muscles. Sa seule façon d’impressionner les autres était de montrer de quoi il était capable en affrontant d’autres élèves. Franck était la cible parfaite. Il suffisait de lui dire une phrase et il partait au quart de tour. Fibb l’avait bien compris. Alors un matin, sans vraie raison particulière, juste par un besoin de rire et de se défouler, il vint voir le thug pendant la récréation et lui lança sur un ton moqueur :

« Eh, le fils de chien. Il parait que tu viens d’une famille de couillons ? Ça sert à rien de se cacher, tout le monde connait les Zephoris, ici. On dit qu’ils se pissent dessus quand ils ont peur. »

Franck ne se laissa pas démonter et le défia des yeux, lui assurant que ça ne l’intéressait pas et qu’il devrait aller bien se faire foutre. La plupart du temps, face à ses combats de regards, les autres finissaient par capituler et s’en aller après avoir craché à ses pieds et lâché un « Fais pas le malin avec moi » ou encore « Tu crois vraiment que tu me fais peur ? » pour se donner un air supérieur. Pas Fibb. Fibb sourit de plus belle, signe que ça l’amusait beaucoup, puis ajouta :

« Ben alors ? C’est tout ce que t’as ? Toi aussi, t’es une tapette ? »

Franck n’avait jamais vraiment frappé quelqu’un avant ça. Il s’était déjà bagarré un peu avec certains par moment, mais jamais avec autant de hargne. Mais là, c’était le mot de trop. Personne ne le traitait de tapette. Personne. Il abattit ses trois poings droits à la suite sur la figure de Fibb, entrainant une bagarre violente qui attira beaucoup de curieux. Des surveillants arrivèrent et utilisèrent la magie pour les séparer, mais les deux garçons étaient déjà bien couverts de bleus et de blessures. Impossible de déterminer précisément qui avait gagné, et chacun revendiquait d’ailleurs sa victoire auprès des autres. Dans tous les cas, cet évènement avait réveillé chez Franck quelque chose qu’il n’avait pas soupçonné avant. Le goût de la bagarre. Ça lui semblait étrange à dire, mais il avait aimé se battre, donner des coups autant qu’en recevoir, comme si pour la première fois de sa vie il avait enfin été ce qu’il avait toujours voulu être. Quelqu’un de fort, de dur, quelqu’un qui savait ce qu’il voulait. Il voulait se battre, contre n’importe qui, avec ou sans raison. C’était devenu sa façon à lui de se détacher une bonne fois pour toute de la lâcheté et de la faiblesse qu’il avait toujours détestées chez ses parents.

À partir de ce jour, Franck enchaîna donc les bagarres, provoquant lui-même ceux qui le regardaient mal de loin, usant de ses six poings avec beaucoup d’enthousiasme et profitant du mieux qu’il pouvait du temps qu’ils avaient avant l’arrivée des surveillants. C’était sa revanche contre ceux qui avaient cru pouvoir mettre à mal la réputation de sa famille. Au moins trois fois par semaine, il déclenchait une bagarre, et de plus en plus de monde se réunissaient autour d’eux, clamant le nom de l’un ou l’autre des combattants, comme s’il s’agissait d’un simple spectacle pour se divertir. Parfois même, certains engageaient un duel avec un autre, et Franck passait du côté du public. Mais ce qu’il préférait, c’était d’être au centre, et de jouer de ses six bras pour écraser son adversaire. La cour était son ring. Il gagnait certaines bagarres, en perdit quelques-unes, mais la majorité d’entre elles furent déclarées comme match nul. Il devint un habitué du bureau du directeur, des heures de colles et des exclusions temporaires, et ses notes chutèrent drastiquement. Il rentrait souvent à la maison avec des bleus et du sang partout, ce qui faisait froncer les sourcils de ses parents et lâcher quelques soupirs. Mais à l’exception d’une ou deux remontrances inutiles, ils ne surent pas dire grand-chose et se contentaient de lui administrer des Reparus. Alors Franck repartait le lendemain, prêt à affronter un nouvel adversaire.

Un an et quelques mois plus tard, Franck avait quinze ans. Il avait réduit la fréquence de ses bagarres par fatigue et lassitude, ayant perdu l’excitation des premiers combats, mais il n’en refusait pas une de temps à autres, histoire de remettre certains gamins à leur place. Ce jour-là, quand il rentra à la maison, il trouva son père recroquevillé sur le canapé, dans un piteux état. Il ne pleurait pas, mais ses yeux étaient rouges. Franck savait que beaucoup de choses pouvaient déprimer Charles, mais jamais à ce point. Il posa son sac à terre et se précipita auprès de son père pour lui demander ce qui n’allait pas. Pour toute réponse, le thug lui tendit une feuille de papier sur laquelle des lignes d’encre étaient inscrites. Intrigué, Franck la prit entre ses doigts et la lut.

« Charles.
Ça fait cinq mois que j’entretiens une liaison avec un autre homme. Aujourd’hui, je n’en peux plus de cette double vie. J’ai fait mon choix. Désolée. Prends soin des enfants.
Eva. »


Eva n’avait jamais été très bavarde. Franck relut sa lettre trois fois, puis la froissa dans son poing et la jeta dans un mouvement de colère. Il n’avait jamais été très proche de sa mère, ni d’aucun membre de sa famille en général, mais il ne pouvait pas comprendre qu’elle l’ait abandonné. Qu’elle les ait abandonnés. Qui faisait ça à son mari et ses gosses ? Pour un homme qu’elle fréquentait depuis cinq mois ? Est-ce qu’elle avait si peu d’affection envers eux pour leur tourner ainsi le dos et s’en aller sans même un au revoir ? Quelques mots sur une feuille de papier, et elle était partie. Eva était restée fidèle à elle-même. Lâche, timide, faible. Incapable de dire ce qu’elle pensait en face. Franck poussa un cri de colère et partit s’enfermer dans sa chambre en claquant bruyamment la porte derrière lui. Comment avaient-ils pu compter aussi peu pour elle ? Il se souvenait de ses sourires lorsqu’elle le regardait, de sa voix douce, pas assez ferme, lorsqu’elle lui parlait. Il n’avait jamais partagé grand-chose avec elle, mais Franck aurait quand même espéré qu’elle l’aime un minimum. Il était son fils, merde !

Il entendit des sanglots provenir de la chambre de Fanny. Il se tut un instant, surpris de l’entendre pleurer. Fanny avait toujours eu l’air de se foutre de tout. Pour autant qu’il se souvienne, il ne l’avait jamais vue aussi émotive. Il se laissa tomber sur son lit, bouleversé. Eh ben. Si même Miss Porte-de-prison montrait ses larmes, c’était quand même un sacré choc. Franck resta ainsi quelques minutes, peut-être quelques heures, à penser et laisser vagabonder son regard, puis il se releva et revint vers son père, toujours affalé dans le canapé. Il s’assit près de lui et lui demanda ce qu’il comptait faire. Charles haussa les épaules sans même le regarder et répondit qu’il n’allait rien faire. Le fils ouvrit des yeux abasourdis.

« Comment ça, rien ? Tu sais qui c’est ce gars au moins ?
- Non, et ça n’a pas d’importance. C’est elle qui a voulu partir, c’est son choix.
- Mais… »


Son père secoua la tête de droite à gauche et la phrase de Franck resta en suspens. Il avait compris qu’il ne pourrait pas le faire changer d’avis. Ça le rendait plus furieux encore. À cet instant précis, il en voulut au monde entier, à sa mère d’être partie comme une lâche, à son père de ne rien faire contre, à Fanny de pleurer enfermée dans sa chambre comme si ça pouvait arranger les choses, au hasard de l’avoir fait naître dans cette famille de nazes. Si au moins il savait qui était cet amant, il serait déjà parti lui péter la gueule. Mais il ne connaissait pas les fréquentations de sa mère. À vrai dire, il ne connaissait pas vraiment beaucoup de choses à propos d’elle. Peut-être que s’il avait fait l’effort d’apprendre à la connaître, elle serait restée. Peut-être qu’elle s’était enfuie parce que ses enfants n’étaient pas assez bien pour elle.

Suite à cet évènement, Franck était plus hargneux que jamais et assoiffé de bagarres. Il avait besoin de frapper. Mais les petites chamailleries à l’école ne lui suffisaient plus. Il voulait du vrai, du grandiose. Alors il s’inscrivit à des cours de boxe. Charles n’était pas totalement d’accord pour financer ces séances, mais il céda au troisième « mais allez stp » de son fils. C’est ainsi que deux soirs par semaine, Franck enfilait ses six gants rouges et apprenait des mouvements et des coups. Il appréciait cette nouvelle façon de se battre, bien plus technique et moins brouillon que ce dont il avait eu l’habitude jusque-là. Tant qu’il se concentrait sur ses gestes, il ne pensait plus à rien d’autre qu’au combat, et ça lui permettait donc de se changer les idées tout en se défoulant. Il rentrait à la maison épuisé mais heureux, prenait une douche et s’endormait immédiatement. À l’école il se bagarrait beaucoup moins, mais quand il le faisait, il en profitait pour appliquer les mouvements qu’il avait appris à la boxe et, même s’il ne gagnait pas toujours, il impressionnait beaucoup les autres élèves. Il réussit même à en convaincre deux ou trois de s’inscrire eux aussi aux cours avec lui.

D’abord un simple moyen de se défouler, la boxe devint rapidement sa passion. Ses trois paires de bras lui donnaient un bel avantage face à la plupart des autres combattants, lui permettant de gagner contre des humains plus grands et forts que lui. Il assistait de plus en plus à des vrais tournois de boxe, sur un vrai ring avec des vrais sportifs et un vrai arbitre, et il adorait ça. Il décida bientôt de s’inscrire à un entraînement plus intensif, à raison de six séances par semaine, ce qui eut un très mauvais effet sur ses bulletins scolaires. Son père n’aimait pas ça, mais comme à son habitude, il laissait faire. Franck rentrait souvent à la maison épuisé, presque mort, mais il refusait d’abandonner, parce qu’abandonner, c’était être lâche, et être lâche, c’était être comme son père. Et il n’était pas son père. Alors il continuait, peu importe les bleus, les déchirures, les évanouissements, la fatigue. La boxe, c’était sa vie, et il le savait.

Deux ans plus tard, l’année de ses 17 ans, il participait à un championnat de boxe amateur dans lequel il devait affronter un thug à quatre bras. Franck était un peu nerveux, mais au fond il était confiant. Il s’était bien entraîné, bien échauffé, il avait revu ses meilleurs mouvements, et il avait l’avantage de deux poings en plus que son adversaire. La victoire était accessible. Quelques minutes avant d’entrer sur le ring, l’arbitre le tint à part et lui demanda par quel nom il devrait l’annoncer. Le jeune thug eut un moment de bug avant de répondre :

« Ben, euh, je m’appelle Franck.
- Je te demande ça parce que beaucoup de boxeurs aiment se donner des noms pour le ring, pour paraitre plus badass, tu vois le truc. Du genre Hulk ou Musclor. Ou un peu moins cliché. Bref, on reste sur Franck, alors ? »


L’adolescent hésita quelques secondes, le temps de se demander si ça valait vraiment la peine de changer de nom pour un tournoi, d’autant plus qu’il n’avait pas franchement d’idées pour ça. Comme l’arbitre, il trouvait ça un peu moyen et très cliché de se donner un nom de super-héros pour sous-entendre qu’il était fort. La force ne se mesurait pas dans le nom qu’on se donnait, ni même dans la taille des muscles apparents, mais dans la capacité à gagner un combat. Ce n’était pas parce qu’on s’appelait l’Homme Invincible qu’on l’était vraiment. Et c’était plus ridicule de perdre avec un titre pareil. D’un autre côté, le thug se dit que changer de nom, c’était un moyen d’enfin s’affirmer, d’être appelé comme lui le voulait plutôt que par un nom imposé par ses parents. Cette obsession stupide des prénoms en F ne lui avait jamais plu, de toute façon. À présent, on lui offrait l’occasion parfaite d’être totalement lui-même et de n’avoir plus rien en commun avec cette famille qui lui faisait honte. Ce soir, sur le ring, il ne serait plus Franck Zephoris, fils de Charles « la victime » Zephoris. Ce soir, il serait un nouvel homme.

Il se souvint d’un livre omoisien, un roman d’horreur à suspens rédigé par un grand écrivain thug du nom de Stéphane Leroy, qui avait toujours terrorisé son père. D’après ses dires, c’était le pire bouquin qu’il n’ait jamais lu, et il avait d’ailleurs tellement peur de s’aventurer plus loin dans l’histoire qu’il ne l’avait jamais terminé. Il avait donc fortement déconseillé à ses enfants de le lire, et c’était la raison précise pour laquelle Franck l’avait lu. Il ne lisait pas beaucoup en général, en tout cas jamais autant que son père et Fanny, mais ce livre-là, il le finit en quelques jours. Le roman racontait l’histoire d’une famille de la province omoisienne qui se retrouvait d’un coup dans la cible d’un serial killer psychopathe du nom de Gabriel qui s’amusait avec ses victimes avant de les égorger. Franck voulait bien admettre que certains moments du roman pouvaient faire frissonner, et que c’était si bien écrit qu’on pouvait très facilement plonger au cœur de l’histoire, mais de là à en faire des cauchemars et rester traumatisé à vie, il fallait vraiment être un grand trouillard. Dans tous les cas, ce livre était devenu pour le jeune Zephoris le symbole de tout ce qu’il n’aimait pas chez son père. Ce fut donc par pure provocation qu’il répondit à l’arbitre :

« Appelez-moi Gabriel. »

Le type parut surpris, mais hocha la tête sans faire de remarques et entra sur le ring pour présenter les deux boxeurs qui allaient s’affronter. Lorsqu’il prononça le nom de Gabriel, Franck courut énergiquement vers le ring, les six bras levés bien en l’air, appréciant les acclamations du public. Le combat fut long et rude, et il dut subit plusieurs coups, mais il parvint finalement à immobiliser son adversaire au sol et remporta la victoire. Les spectateurs scandèrent « Gabriel » et à ce moment-là, Franck décida qu’il ne s’appellerait plus jamais Franck. Franck, c’était l’identité qu’on avait voulu lui donner à la naissance ; Gabriel, c’était lui. Il perdit le round suivant, mais ça n’avait plus d’importance. Il rentra le soir à la maison et annonça fièrement à tout le monde que dorénavant il ne répondrait plus que par ce nom. Charles haussa les épaules, Fanny soupira, Félix eut un ricanement moqueur et Flora répondit machinalement « Ok, Franck ». Bref, ce n’était pas gagné. Suite aux réactions décevantes des membres de sa famille, le jeune boxeur grogna, s’enferma dans sa chambre et abandonna temporairement l’idée de changer de prénom.

Une idée qu’il n’abandonna pas, en revanche, c’était de faire de la boxe son métier. Franck, ou plutôt Gabriel, comme il avait tout de même continué à s’appeler sur le ring à défaut de s’appeler ainsi dans sa vie personnelle, se disait que s’il pouvait gagner de l’argent tout en envoyant des coups sur un adversaire, ce serait vraiment le pied. Il y croyait d’autant plus que son entraîneur avait complimenté ses progrès à plusieurs reprises et affirmé qu’il avait atteint un très bon niveau. Alors, dès qu’il eut 18 ans, il arrêta ses études (ses notes étaient catastrophiques, de toute façon) et signa un contrat avec un club de boxe professionnelle. Il combattait régulièrement sur le ring, toujours sous le nom de Gabriel, et gagna même plusieurs coupes. La rémunération n’était pas bien folle (sur AutreMonde en tout cas), mais ça lui plaisait. Un peu avant ses vingt ans, il avait économisé assez d’argent et quitta sans attendre le foyer familial pour un petit appartement à Tingapour. Il vivait désormais en colocation avec Killian, un sortcelier de 26 ans un peu fauché qui enchainait les petits boulots sans vraiment savoir ce qu’il voulait faire de sa vie. Pendant un moment, Gabriel tenta de lui faire prendre goût à la boxe, mais ce fut vain, Killian n’étant pas franchement un grand sportif dans l’âme.

Il garda très peu contact avec son père et le reste de sa fratrie ; quant à sa mère, il avait encore trop de rancœur envers elle pour même essayer de la chercher. Il n’avait pas non plus tenu à garder ses amis de l’école, même s’il les avait bien appréciés à l’époque. Il était bien trop content d’avoir quitté son ancienne vie et de pouvoir être à présent l’homme qu’il voulait être. Fort, glorieux et indépendant. Franck appartenait au passé ; Gabriel était son présent.
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Gabriel


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Age du personnage : 42

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Couleur de magie : Bleu marine
Niveau de magie :
  • Moyen
Niveau de combat :
  • Plutôt élevé


Métier : Boxeur professionnel
Résidence : Appartement pas cher à Tingapour

MessageSujet: Re: Gabriel   Sam 15 Juil 2017 - 0:04

Histoire (2/2) :
Pendant plusieurs années il continua la boxe, remportant toujours plus de victoires. Il avait réussi à se faire un nom parmi les grands boxeurs et ses étagères se remplissaient petit à petit de coupes, médailles et souvenirs de ses temps sur le ring. Killian l’encourageait beaucoup, allant même jusqu’à assister de temps en temps à certains de ses tournois et faire semblant d’être vachement intéressé par ce sport dont il ne comprenait pas vraiment l’utilité. En échange, Gabriel l’aidait à trouver du travail, ce qui n’était pas bien facile car rien ne semblait passionner le sortcelier. Il changeait de job tous les deux mois quasiment et se retrouvait régulièrement sans emploi, ce qui n’aidait pas à payer le loyer. Ça exaspérait relativement le jeune boxeur, qui ne se gênait pas toujours pour le lui reprocher, et les disputes entre les deux colocataires étaient plutôt fréquentes. Malgré tout, ils s’appréciaient bien et étaient d’assez bons amis.

Killian était bien plus sociable que son colocataire et avait un cercle d’amis plutôt large. Parfois, il les invitait à l’appartement et poussait Gabriel à faire connaissance. Le thug n’était pas contre leur compagnie et avait sympathisé bien volontiers. Parmi eux, il y avait cette fille, Chloé, une jolie rouquine à quatre bras, douce, posée et surtout célibataire. Killian s’était très vite mis en tête d’arranger un coup entre les deux thugs, certain qu’ils formeraient « un joli couple », comme il disait. Il pensait que le refus de Gabriel provenait de sa timidité. Mais la vérité, c’était que le jeune Zephoris n’avait jamais ressenti d’attirance particulière pour n’importe quelle personne de sexe féminin. Ni pour Chloé, ni pour ses anciennes camarades d’école, ni pour aucune fille qu’il avait croisée jusque-là. Adolescent, il s’était souvent posé des questions à ce sujet, à force de voir certains de ses potes former des couples autour de lui. Il se disait finalement que c’était parce qu’il était trop concentré à user de ses poings à la boxe pour penser aux relations amoureuses. Mais c’était faux. Gabriel aimait les hommes. Il avait fini à le comprendre, bien malgré lui, mais il ne l’avait jamais assumé et n’en avait parlé à personne. Et comment l’accepter ? Dans son monde à lui, les hommes aimaient les femmes, sinon ils n’étaient pas des vrais hommes. Les mecs virils avaient toujours des nanas à côté. Et lui, Gabriel, celui qui s’était battu toute son enfance pour prouver qu’il n’avait rien à voir avec le type fragile qu’avait été son père, il ne pouvait pas aimer les hommes. C’était ridicule, ça ne lui correspondait pas, c’était forcément une erreur.

Ce n’était pas une erreur. Les pensées qui lui venaient à l’esprit parfois, les rêves qu’ils faisaient quelques nuits, la façon qu’il avait de se perdre dans la contemplation de certaines silhouettes. Ce n’était pas juste son cerveau qui déconnait de temps en temps. C’était lui, c’était ce qu’il était. Il ferait avec, mais pas question de l’avouer à qui que ce soit. Pourvu que Killian lui lâche un peu la grappe avec cette Chloé. Sérieusement, qu’y avait-il de difficile à comprendre dans « non merci je ne veux pas que tu m’arranges un coup avec elle » ? Gabriel aimait beaucoup son ami, mais il fallait dire qu’il était parfois lourd et trop insistant.

« Tu sais, si tu mettais autant d’énergie à chercher un boulot plutôt qu’à te mêler des affaires des autres, tu serais sûrement chef d’entreprise à l’heure qu’il est. »

Réplique qui fut suivie immédiatement d’un « haha très drôle » vexé de la part du sortcelier. Il lâcha finalement l’affaire au bout de quelques semaines, non sans affirmer à Gabriel que « c’est dommage, elle était partante ». Dommage, en effet. Mais elle était jolie, elle en trouverait d’autres. Quant à lui, et bien… Il ne savait pas trop, en réalité. Il se voyait mal sortir avec des mecs, parce que ça voudrait dire qu’il assumerait son orientation sexuelle, et il n’était pas encore prêt pour ça. En même temps, il ne voulait pas non plus sortir avec des filles qui ne lui plaisaient pas, juste pour faire semblant d’être hétéro. Peut-être resterait-il célibataire toute sa vie. Ou bien peut-être qu’il était capable d’aimer les femmes aussi, il n’avait juste pas encore trouvé la bonne. Ha. Ha. Qui croyait encore à ce genre de choses ? Souvent il se demandait ce qui n’allait pas chez lui. Ce n’était pas compliqué, pourtant ! Si des hommes pouvaient lui plaire, pourquoi pas des femmes ? Après tout, à part quelques seins en plus, il n’y avait pas de grande différence, si ? Il devait juste se forcer un peu, allez Gabriel, un peu d’efforts. Il essayait, au bar, dans la rue, au cinéma, en boite, il se disait que s’il flirtait avec des filles, ça viendrait peut-être, il ressentirait un truc, mais ça ne marchait pas comme ça. Certaines étaient jolies, mais aucune ne l’intéressait.

Bien sûr, comme il n’en parlait jamais à personne, personne n’avait pu lui dire que sa façon de penser était ridicule. Personne ne lui disait que ce n’était pas grave, que ça n’avait rien d’anormal, que ni le genre ni l’orientation sexuelle pouvaient définir une personne. Gabriel n’avait que les films et les livres pour lui dire que les vrais héros se tapaient des nanas canons et que les homosexuels étaient souvent des fillettes. C’était des clichés, des stéréotypes, mais s’il y avait bien une chose que le thug ne voulait pas, c’était d’être rangé dans la catégorie des faibles une nouvelle fois. Alors il était bien décidé à ne donner cette chance à personne et de ne jamais en parler.

Sur le ring, il continuait de se donner comme la première fois. Il perdait de moins en moins, devenait à chaque round un peu meilleur. Ça payait mal, mais il s’amusait toujours autant, alors il continuait. Quand il en aurait marre, il arrêterait, c’était aussi simple que ça. Parfois, il cherchait dans le public les encouragements de Killian, mais celui-ci se faisait de plus en plus rare. Par politesse, Gabriel lui assura que ça ne le dérangeait pas si ça le soulait et s’il préférait arrêter de venir complètement. Alors Killian disparut définitivement du public et cela déçut le thug bien plus qu’il ne l’aurait pensé. Pour compenser, il appela son père et lui proposa de venir le voir, ce à quoi Charles répondit quelque chose qui ressemblait à :

« Oui mais enfin c’est-à-dire que tu sais, enfin c’est pas que je ne veuille pas venir te voir, mais enfin la boxe et tout ça, et puis le travail, enfin voilà désolé Franck, mais demande à tes frères et sœurs. »

Finalement, Félix et Flora acceptèrent de venir l’encourager, ce qui n’était pas si mal. Mais Gabriel réalisa bien vite que sa famille n’approuvait pas forcément son choix de carrière, jugé trop violent et trop peu rentable, au vu de ce qu’il gagnait en moyenne par mois. Surtout lorsqu’on le comparait avec sa sœur aînée, qui terminait tout juste ses études de finance et était déjà embauchée dans une grande entreprise de tapis volants. Forcément, ça avait plus de gueule, même si d’après Gabriel, ça avait l’air chiant comme la mort.

Au bout de quelques années, il finit par se décourager. La boxe n’avait plus la même saveur, et plus personne de son entourage ne venait l’acclamer. Tous semblaient se désintéresser totalement de ce qu’il faisait et, même s’il voulait croire qu’il se battait pour lui et non pour les autres, ça le démoralisait de plus en plus. À l’appartement non plus, ce n’était plus pareil. Avec son aide, Killian avait finalement trouvé un métier qui lui plaisait, et travaillait depuis comme apprenti auprès d’un grand chaman reconnu au centre de Tingapour, dans l’espoir de devenir aussi bon que lui un jour. Il gagnait une belle somme par mois et n’avait donc plus de problèmes pour payer sa part de loyer, ce qui était très bien, mais passait aussi beaucoup moins de temps à l’appartement avec Gabriel, ce qui était moins bien. Quand il avait du temps libre, il sortait avec ses autres amis, délaissant souvent son colocataire. Le thug ne détestait pas la solitude, mais il n’empêchait que le bon vieux temps où il passait des heures entières en compagnie de son ami, à faire un peu tout et n’importe quoi, lui manquait. De plus en plus fréquemment, Killian organisait des soirées à l’appartement, invitant des tas de personnes que Gabriel ne connaissait pas, et le boxeur finit par se sentir de trop.

Il avait 27 ans quand il décida finalement de tout abandonner et de quitter le ring. Au fil des années, il s’était rendu compte qu’il n’appréciait plus vraiment ce sport à sa juste valeur, et ne se battait plus que pour gagner et remporter de l’argent. Or son salaire était minable et ça n’en valait vraiment plus la peine. Il voulait gagner plus, quitter cet appartement et vivre enfin seul. La colocation l’usait. Alors il mit fin à ses contrats de boxe et s’engagea dans la garde Omoisienne. Après tout, c’était là-dedans qu’il y avait le plus de thugs. Tant pis pour l’originalité, au moins son salaire serait plus gros.

Il découvrit donc très vite les joies de devoir obéir à des ordres et de passer des journées entières à ne rien faire d’autre que de surveiller les gens. Ses activités les plus excitantes consistaient à réprimander un gamin pour des délits mineurs tels que du pickpocket et de l’emmener en garde-à-vue au commissariat. Bref, c’était chiant, et il ne serait pas étonné d’apprendre que Fanny s’amusait bien plus dans sa comptabilité que lui dans son uniforme. De l’extérieur, la garde pouvait faire rêver, parce qu’ils arrêtent les grands malfrats et partent en mission pour la paix et la sécurité d’Omois, comme des grands héros. De l’intérieur, ils étaient en fait beaucoup trop et il ne se passait souvent rien. Les grandes missions contre les grands ennemis, ce n’était jamais lui qui les faisait. On n’y envoyait que du lourd, pas des petits nouveaux qui espéraient juste un peu d’argent pour payer leur loyer. Eux, ils n’étaient là que pour patrouiller et dissuader les gens de faire de mauvaises choses.

Enfin, il fallait quand même dire que ce boulot avait du bon, puisqu’il put louer un appartement plus joli et plus spacieux dans un meilleur quartier de la capitale, et surtout sans avoir besoin de supporter la colocation. Killian accepta son départ avec beaucoup plus de facilité qu’il aurait cru et, même s’ils s’étaient promis de garder contact, les deux amis ne se revirent plus. Régulièrement, Gabriel repensait à lui, nostalgique, puis attrapait sa boule de cristal, décidé à l’appeler, avant de se raviser. Qu’est-ce qu’il lui dirait ? Killian était clairement passé à autre chose et il avait des tas d’autres amis, sans compter son boulot de chaman dans lequel il s’épanouissait enfin. Le thug ne serait pas surpris qu’il l’ait oublié. La vie continue, les gens du passé appartiennent au passé et il faut savoir vivre sans. À quoi bon les récupérer. Gabriel n’était pas non plus totalement seul, il s’était fait certains « amis » parmi ses collègues de la garde, avec qui il trainait parfois pendant les pauses. Aucune relation amoureuse cependant, si ce n’est une nuit passée en compagnie d’une demoiselle thug qui l’avait collé de très près la journée. Il avait fini par se dire pourquoi pas, qu’il ne perdrait rien en essayant et que si ça se trouve, il allait bien aimer. Ce ne fut pas le cas. Tant pis. Au moins, il était fixé. Peut-être qu’un jour, il finirait par l’assumer et ça irait bien mieux.

C’est aussi dans ces années-là que Gabriel commença à s’intéresser aux Sangraves de plus près. Chaque personne se baladant dans les rues était susceptible d’en être un, il fallait être vigilant. On disait souvent que les gardes étaient de grands paranoïaques, mais vous entendriez certaines histoires, vous comprendriez bien vite pourquoi. Gabriel n’avait pas peur de se confronter à des Sangraves, au contraire, il n’attendait que ça, pourvu que ça mette un peu d’action dans ses journées ennuyeuses. Mais pendant longtemps, il n’en croisa pas un seul, ou en tout cas il n’en eut pas conscience. Il arrêtait des gens par-ci par-là, pour une raison ou pour une autre, mais ça n’était tout au plus que des petits délinquants sans grande importance.

Des anecdotes à propos des grands masqués lui parvenaient parfois aux oreilles pendant les déjeuners. Un jour, un Sangrave était venu se livrer de lui-même, suppliant les autorités de le laisser libre et qu’en échange il dirait tout ce qu’il savait. Il fut assassiné sauvagement avant d’avoir pu parler, sans qu’on puisse trouver le coupable. De temps en temps, des gardes hauts placés et d’autres employés du palais se faisaient tuer, probablement encore par ce groupe de terroristes. Bref, toutes ces histoires impliquaient que les Sangraves n’étaient pas que des amateurs et que la menace était sérieuse. Pour Gabriel, il était de plus en plus urgent d’agir et de les mettre hors d’état de nuire. Mais comment ? Il ne mit pas longtemps à réaliser que lui ne pourrait rien faire. On ne le laissait pas prendre part aux missions importantes, son niveau étant jugé encore trop faible. Il fallait dire que le thug ne s’impliquait pas vraiment corps et âme dans les tâches qu’on lui confiait et que par conséquent, ça n’encourageait pas sa promotion. Mais que voulez-vous, ce boulot était d’un ennui. Parfois, il en venait à regretter d’avoir arrêté la boxe. Parfois, il était même prêt à démissionner et revenir en colocation avec Killian dans leur appartement ridicule avec un salaire misérable. Mais il se souvenait de leurs derniers mois de vivre ensemble et de ce sentiment de ne pas être à sa place, et il se ravisait. Tant pis pour la boxe, il avait besoin d’argent.

Un jour où il patrouillait dans un des innombrables couloirs du Palais d’Omois, il croisa une jeune femme d’une vingtaine d’années maximum au visage nerveux. Rien de très anormal, jusque-là, mais il était du devoir des gardes d’être parano et d’interroger toute personne qui pourrait être suspecte de près ou de loin. En moyenne, un bon garde menait à peu près dix à quinze interrogations par jour. Ce n’était pas toujours très efficace, mais on n’était jamais trop prudent. L’ancienne star du ring s’approcha donc de la demoiselle qui était une vampyre, si l’on en croyait les longues canines que ses lèvres tremblantes ne parvenaient pas à dissimuler.

« Bonjour, que votre magie illumine. Veuillez décliner votre identité je vous prie. »

La vampyre fut hésitante, commençant par lui demander pourquoi, ce à quoi Gabriel lui répondit tranquillement que c’était une simple question de routine, qu’il ne fallait pas que ça l’inquiète. Vraisemblablement, ça l’inquiéta de plus belle. Elle dit s’appeler Diane Robert et refusa de montrer son truc d’accréditation lorsque le thug la lui demanda. De potentiellement suspecte, elle était passée à probablement très suspecte. Il lui demanda ce qu’elle faisait ici, la vampyre hésita encore, puis lui dit qu’elle s’était perdue, puis s’emmêla dans ses histoires et finit par lui envoyer un violent jet de magie grise avant de s’enfuir en courant. Fort heureusement, Gabriel, habitué à esquiver des coups, se baissa au bon moment et ne fut pas touché. Il se lança à sa poursuite, déterminé à la rattraper. Il utilisa finalement un Transmitus pour la coincer et la plaquer contre un mur.

« Au nom d’Omois, je vous arrête ! »

Il menotta la Sangrave qui se débattait sans succès et l’entraina de force dans le bureau de son supérieur, assez fier de lui. Les gardes qui coinçaient des Sangraves étaient toujours promus, ce qui allait souvent de pair avec une augmentation. Son train-train de vie ennuyeux était sur le point de changer, il allait enfin devenir quelqu’un d’important, pouvoir combattre le crime et être un héros, il allait enfin faire rimer Zephoris avec gloire et héroïsme. Tout ça grâce à cette Diane Robert dont le nom était probablement faux. Le regard du supérieur fit des allers-retours perplexes entre le thug et la vampyre, puis hocha la tête et lui dit qu’il pouvait disposer. Gabriel fronça les sourcils, un peu déçu que ça s’arrête là, mais il obéit en maugréant et referma la porte derrière lui. Il aurait cru qu’on lui donnerait pour mission d’enfermer la Sangrave et de la faire parler, ou qu’il assisterait au moins à ce genre de choses. Il ne pensait pas qu’on le vire aussi vite de cette affaire. En tout cas, il espérait bien recevoir une récompense pour ça. Il s’attendait donc à être convoqué assez vite pour une promotion.

Cinq jours plus tard, personne ne l’avait convoqué. Légèrement sur les nerfs, Zephoris entra sans prendre la peine de toquer dans le bureau de son boss et demanda sa récompense pour avoir coincé une Sangrave et probablement déjoué un plan machiavélique du groupe terroriste. Il avait failli y laisser sa vie, merde ! Autant que ça ne soit pas pour rien ! Evidemment, ce n’était pas la meilleure des façons de demander une promotion, mais ça commençait à bien faire. Son patron resta un moment interloqué puis répondit sèchement :

« Une récompense pour quoi ? La Sangrave que vous avez ramenée ne nous a été d’aucune utilité. Elle est parfaitement incompétente et sans importance. Et elle a rejoint les Sangraves trop récemment pour nous léguer une quelconque information utile. Vous vous êtes bien défendu et on espère que vous continuerez dans cette voie, mais ce que vous avez fait ne mérite pas de récompense. Maintenant, si vous le voulez bien, vous pouvez disposer. »

Non, il ne le voulait pas bien. Mais il le fit quand même. Qu’aurait-il bien pu répondre à ça, de toute façon ? Son supérieur ne reviendrait pas sur sa décision, il le savait. La seule chose qu’il aurait réussi à faire, ç’aurait été de se faire virer. Il valait mieux qu’il laisse couler. Tant pis. Il aurait d’autres occasions de faire ses preuves. Il finit sa journée et rentra chez lui, dépité et démoralisé, songeant qu’il devrait continuer toute sa vie avec ce boulot de merde à patrouiller dans des rues de merde pour surveiller des gens de merde, encore et encore, tous les jours, la même routine, et ça le gavait, mais qu’est-ce qu’il pouvait bien y faire ? Il n’était pas fait pour la vie de héros, il valait mieux autant arrêter d’espérer pour rien et simplement baisser les bras.

Mais il se rendit vite compte qu’il était en train d’accepter tout ce contre quoi il s’était battu depuis l’enfance, à savoir la faiblesse, la lâcheté, l’abandon. Il était en train de devenir exactement comme son père, tout ce qu’il avait toujours voulu éviter d’être. Il regretta le garçon qu’il était autrefois, celui qui n’avait pas peur d’affronter les autres, qui se foutait complètement des conséquences de ses actes, tant que ça le rendait fort et courageux, qui n’aurait jamais baissé les bras en l’échange de quelques pièces d’or. À l’époque, il avait cherché la gloire et le respect. Maintenant, il cherchait l’argent et il était prêt à sacrifier le reste. Mais c’était nul, comme vie. Il ne pouvait pas continuer comme ça. Il était temps de recommencer à faire ce qu’il n’avait plus fait depuis quelques années déjà. Se battre.

Le lendemain, il rentra donc de nouveau sans frapper dans le bureau de son chef et gronda sévèrement :

« Ecoutez, ça m’est égal que vous ne soyez arrivés à rien avec la Sangrave, moi j’ai fait ma part du boulot. Et j’en ai marre, parce que ça fait six ans que je travaille avec vous, j’ai toujours été là, j’ai toujours bien bossé, j’ai de meilleures capacités physiques que la plupart d’entre vous, et pourtant je traîne toujours au même poste. Je veux agir contre les Sangraves, moi aussi, et je peux être un bon atout dans des missions plus dangereuses, mais vous avez l’air d’en avoir rien à faire. Je crois que vous vous fichez de moi. Alors je vais vous dire : soit vous me donnez ma promotion, soit je démissionne. »

L’homme en face écouta son discours attentivement, puis haussa les épaules et répondit que dans ce cas, c’était lui qui le virait. Gabriel rentra chez lui énervé, fatigué et sans emploi. Il appela Killian, raccrocha avant qu’il ne réponde, appela son ancien coach de boxe, raccrocha de même, partit se coucher, puis se releva et passa la soirée au bar. Pour la première fois, il essaya de pécho le barman, parce qu’il en avait marre de refouler sa sexualité, et si quelqu’un le classait parmi les faibles à cause de ça, tant pis, qu’il le fasse, cet enfoiré. Et puis finalement, il rentra dans son appartement, ivre et seul, sa tentative de drague ayant foiré lamentablement. Il s’écroula comme une masse dans son lit et se réveilla dans l’après-midi du lendemain, la tête dans les vapes. Il décida qu’il était temps de prendre sa vie en main et saisit un post-it sur lequel il inscrivit :

« To-do list :
1. Reprendre la boxe
2. Eliminer des Sangraves
3. Arrêter l’alcool
4. Trouver un mec »


Il accrocha le post-it sur son frigo, but un verre de jus d’orange, relut sa liste, laissa échapper un rire puis barra le dernier point, qui faisait trop fillette à son goût. Là, c’était mieux. Il prit sa boule de cristal, nota que Killian n’avait pas tenté de le rappeler, ce qui ne le surprit pas mais le déçut un peu. Il appela son ancien coach et lui annonça qu’il voulait reprendre la boxe, ce qui ravit l’homme au bout du fil. Il reprit l’entrainement et signa de nouveaux contrats, mais remarqua qu’il avait beaucoup perdu de sa technique et de sa stratégie de combat depuis. Il se donna à fond au début, rattrapant très vite le niveau qu’il avait autrefois, puis se mit à espacer ses apparitions sur le ring, à ne venir plus que pour les compétitions, et encore pas toutes. Mais ce n’était pas par simple feignantise. La vérité, c’était que Gabriel avait décidé d’user de son temps pour partir à la chasse aux Sangraves.

Ce n’était pas simple et c’était surtout très risqué, mais il avait enfin l’impression de faire quelque chose de bien de sa vie. Il cherchait dans les jourstaux les derniers évènements traitant d’une activité potentiellement Sangrave, se rendait sur place en tapis volant (ou en Porte de Transfert si c’était bien desservi), interrogeait les locaux en se faisant passer la plupart du temps pour un membres des services secrets omoisiens (OSS : Omois Secret Services) et traquait les Sangraves impliqués dans l’affaire. Il s’était fait une fausse carte d’OSS relativement crédible, sous le faux nom de David Williams, par peur d’être retrouvé ou poursuivi à cause de ça. Souvent, il ne récoltait rien et rentrait chez lui dépité (et un peu soulagé, aussi, fallait dire). Mais de temps en temps, ses efforts payaient et il finissait par retrouver la piste d’un Sangrave un peu trop négligeant, et dans ces cas-là le dénonçait anonymement aux autorités, ou, quand il en avait l’occasion et qu’il se sentait de taille à l’attaquer, le boxait, l’assommait et le traînait de lui-même au poste de police. Il manqua de mourir à de nombreuses reprises et laissa échapper beaucoup d’ennemis malgré lui, mais le risque lui plaisait. De plus en plus, il se mettait lui-même à garder prisonniers certains Sangraves pour les faire parler, même si ça ne marchait pas souvent. Il lui arrivait même parfois d’en tuer certains, ce dont il n’était pas très fier pour le coup, mais heureusement, c’était assez rare.

Malgré la boxe, il gagnait très mal sa vie et fut contraint de vendre son appartement pour un foyer plus modeste. Mais ça valait le coup. Il n’avait jamais été aussi bon en magie et en combat au corps-à-corps, maitrisant à la fois la boxe et les combats plus sauvages grâce à ses affrontements contre des Sangraves. Il se fit aussi quelques contacts dans le milieu, d’autres « chasseurs de Sangraves » qu’il croisait souvent aux endroits où il allait. Un jour, l’une d’elles lui parla d’un certain clan des Ombres, une sorte de groupe organisé réunissant tous ceux qui voulaient éliminer les Sangraves plus efficacement que les autorités locales. Intrigué, Gabriel demanda à y être emmené et la sortcelière qui lui en avait parlé le guida jusqu’au QG, situé à Krankar. À l’époque, le clan était encore très nouveau et était dirigé par un vampyr du nom de Sai. Le thug intégra rapidement les rangs et ne mit pas longtemps à faire du QG son nouveau foyer, son actuel logement étant encore trop coûteux pour lui. Il abandonna donc de nouveau la boxe et s’impliqua entièrement dans les actions du clan.

Au fond, il faisait exactement les mêmes choses qu’avant. Il partait sur le terrain, traquait les Sangraves, les ramenait au QG. La plus grande différence étant que c’était maintenant des missions bien plus organisées, et il bénéficiait de l’aide de coéquipiers. En général, il ne s’occupait pas de torturer les Sangraves, chose qu’il n’aimait absolument pas faire, mais il lui arrivait (rarement) de devoir en assassiner quelques-uns. Concernant la vie au sein du clan, elle n’était pas parfaite, mais il ne s’y déplaisait pas. Il était plutôt bien intégré, s’était fait quelques amis et était assez apprécié par ceux qui le connaissaient. Il sympathisa surtout avec un autre thug du nom de Nathan, de deux ou trois années plus jeune que lui, qui possédait ce qui lui semblait être le plus beau sourire du monde. Nathan était un type absolument génial. La plupart des Ombres étaient trop sérieux et avaient un visage sombre, mais lui était souvent de bonne humeur. Ça le démarquait des autres et c’était ce que Gabriel aimait chez lui. Il riait beaucoup, faisait des blagues et des jeux de mots faciles qui faisait soupirer les autres et, il fallait dire ce qui était, il était souvent lourd, mais toujours à l’écoute des autres. Parfois, il ressemblait à Killian. Parfois, il était son exact opposé.

Nathan était aussi l’homme qui lui fit enfin accepter son homosexualité. De camarades, ils devinrent amis, et d’amis, ils devinrent amants. Bientôt, ils furent absolument inséparables. Gabriel n’avait jamais été aussi bien avec quelqu’un d’autre que lui, jamais parlé autant qu’avec lui, jamais autant aimé une autre personne que lui. Leur couple était devenu un peu comme une évidence. Ils riaient, blaguaient, faisaient soupirer les autres à deux. Ils s’entraînaient souvent ensemble, Gabriel lui apprenait la boxe et Nathan lui apprenait l’épée. Soyons francs, ils étaient parfaitement nuls dans les domaines qui ne les correspondaient pas, mais ils s’amusaient bien. Pour la première fois, Gabriel n’avait plus peur d’aimer un homme. Après tout, qu’est-ce que ça changeait ? Il n’était pas plus faible, ni moins viril, au contraire. Alors merde les stéréotypes, il pouvait bien faire ce qu’il voulait.

Quelques années plus tard, ils durent changer de QG suite à un incendie provoqué par les Sangraves qui ravagea celui de Krankar et causa la perte d’un grand nombre d’Ombres, dont leur chef, Sai. Fort heureusement, Nathan et Gabriel étaient en mission au Lancovit ce jour-là, et ne prirent connaissance du tragique évènement que le soir même, en rentrant au pays des trolls. Le clan resta en deuil pendant plusieurs jours et son avenir était incertain. Le thug songea même brièvement à quitter le groupe et reprendre de nouveau la boxe. Mais les Ombres finirent par renaître, menés par leur ancienne sous-chef, une jeune lycanthrope appelée L’ilne. Ils s’installèrent dans un nouveau QG dans le royaume de Vilains, qui se trouvait être l’ancien QG de secours de Sai. Les Ombres se remirent donc à l’œuvre, toujours autant déterminés à anéantir les Sangraves. La vie continuait, malgré les pertes qu’ils avaient subies (Gabriel avait perdu quelques camarades qu’il appréciait dans l’incendie) et dans le fond, rien n’avait vraiment changé. C’était toujours le même but, les mêmes missions, la même atmosphère lourde que même les jeux de mots de Nathan peinaient parfois à détendre. Et pourtant, Gabriel s’y sentait comme chez lui. En fait, il était chez lui.

Et puis un jour, ce fut la guerre. Ils attaquèrent la Forteresse Grise et tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur. Ce fut un bain de sang immonde dans lequel personne n’était protégé de la mort. Ce jour-là, ils mourraient peut-être tous. Mais c’était aussi leur chance de vaincre les Sangraves pour de bon. Armés d’épées, Gabriel et Nathan combattirent ensemble, dos à dos, chacun surveillant les arrières de l’autre. Ils tuèrent beaucoup de masqués, et manquèrent de se faire tuer plusieurs fois, mais parvinrent à survivre assez longtemps pour accéder à l’intérieur de la Forteresse avec une partie des Ombres. Arrivés au premier étage, ils furent coincés par trois Sangraves furieux et bien armés. S’ensuivit un dangereux combat entre eux et les deux thugs, durant lequel Gabriel se retrouva à affronter l’un d’eux, un nain (à en juger par sa silhouette et la barbe qui dépassait de son masque) tenant une grosse hache. Le duel fut rude et l’Ombre, peu doué dans l’art de manier l’épée, fut bientôt désarmé face à la brute. Il allait mourir. Même s’il avait des talents de boxeur, ils ne lui étaient d’aucune utilité contre un mec avec une hache. Il incanta alors un bouclier et s’apprêtait ensuite à envoyer plusieurs sorts contre le nain, mais celui-ci fut plus rapide et porta un coup puissant et rapide vers l’une des seules zones du thug non protégées par le bouclier : la jambe. Le coup fut si violent qu’il l’amputa et le fit hurler de douleur.

« GAB ! »

Le cri de Nathan résonna dans ses oreilles comme un bruit lointain, et il entendit un Reparus fuser sur ses jambes tandis que sa vision se brouillait. Il resta conscient juste assez longtemps pour voir un feu-mage s’abattre sur son copain et le mettre à terre. Il ne sut jamais si le dernier hurlement qu’il entendit provenait de Nathan ou de lui-même, mais ce dont il était sûr, c’est qu’il perdit totalement connaissance à ce moment-là.

Quand il se réveilla finalement, le silence l’accueillit. Il cligna des yeux plusieurs fois et scruta les environs, se demandant comment il avait survécu. Un peu plus loin devant lui, il vit le nain à terre, le ventre ouvert, et sur sa droite, un des deux autres Sangraves, dont le corps était traversé de part et d’autre par une longue plaie ensanglantée. D’autres Ombres avaient dû intervenir après qu’il se soit évanoui pour finir leur travail. Il ne vit aucune trace du troisième Sangrave qui les avait attaqués, et songea qu’il s’était enfuit. Nathan par contre était bien là. Mort, calciné et le crâne ouvert contre le mur. Gabriel ne voulait pas y croire. Pas lui, pas Nathan, putain. Il essaya de se relever, puis se souvint qu’il n’avait plus qu’une jambe. L’autre avait volé à plusieurs mètres de lui. De là où il était, il la voyait, baignant dans le sang, vêtue d’un bout de pantalon et de sa chaussure. C’était une sensation assez étrange que de voir une partie de soi se retrouver aussi loin.

Il contempla un instant son moignon, parfaitement cicatrisé grâce au Reparus de Nathan. Merde, Nathan. Pourquoi a-t-il fallu que tu lances ce Reparus ? S’il s’était occupé de son combat plutôt que de penser à celui de son petit ami, il serait peut-être encore vivant à l’heure qu’il était. Quel con, putain. Gabriel ravala un sanglot, puis décida qu’il était temps de bouger et incanta des béquilles pour s’aider à se relever. À ce moment-là, il entendit des bruits de pas s’approcher, et il se tint en alerte. Il fut soulagé en reconnaissant la sortcelière brune qui arrivait à l’étage. Il ne savait pas son nom, mais il l’avait déjà vue au QG, elle faisait partie des recrues les plus récentes. Derrière elle se trouvait un homme blond en robe grise et le thug s’apprêtait à crier à l’ennemi lorsqu’il réalisa qu’il s’agissait du type qui les avait aidés. Tout de même, mieux valait rester sur ses gardes. La sortcelière courut l’aider à se remettre debout et Gabriel la remercia, même s’il était certain qu’il se serait bien débrouillé tout seul.

« Quatre bras en trop mais il a fallu qu’on me prenne la jambe. »

La fille répondit par un sourire triste, mais Gabriel vit bien que sa tentative de détendre un peu l’atmosphère avait complètement foiré. Tant pis. Il n’avait pas l’âme à ça, de toute façon. Il contempla Nathan un instant, incapable d’accepter cette tragique vérité. Puis il échangea brièvement avec la brune à propos de ce qu’il s’était passé et affirma qu’il allait s’occuper de ramener les corps des Ombres au QG. Il posa une main sur le haut de la tête de Nathan, salua les deux autres d’un signe de tête (mais le blond-là, il ne lui inspirait pas confiance) et se téléporta jusqu’à la cour. Le sol était noir de cadavres et puait la mort. Etrangement, tous les Sangraves étaient démasqués. Gabriel décida cependant de ne pas se poser trop de questions et commença à bouger tous les corps jusqu’à la Porte de Transfert clandestine qui avait servi à l’arrivée des Ombres. Ça l’occupait, l’obligeait à ne pas trop penser. S’il pensait trop, il allait penser à Nathan, à son sourire brûlé, à son crâne brisé, à son regard vide. Puis il se souviendrait de lui, quand il était encore vivant, rieur, et il se dirait que c’était injuste, qu’il ne pouvait pas mourir maintenant, pas lui, merde. Il savait que cette guerre serait mortelle, qu’ils perdraient beaucoup de camarades et qu’ils mourraient peut-être. Mais il avait pensé que Nathan et lui survivraient ensemble, soit mourraient ensemble. Il ne pouvait pas être en vie alors que lui était mort. Pourtant, il continuait, parce qu’il s’interdisait d’y penser. Pense aux Ombres, aux béquilles et à la Porte de Transfert. À rien d’autre.

Après la cérémonie funéraire des Ombres, le clan se dissipa peu à peu, n’ayant plus vraiment de raison d’exister. Gabriel promit de garder contact avec certains de ses camarades, mais il ne croyait plus vraiment à ce genre de promesses.

Aujourd’hui, il a repris de nouveau la boxe, parce que ça l’occupe et que ça lui permet de gagner un peu d’argent. Il s’est installé dans Tingapour, toujours dans un studio minable. Ses maigres économies lui ont permis de s’acheter une jambe de bois à sa taille, le modèle le moins cher possible. Des douleurs fantômes le poussent régulièrement à voir un chaman et il lui a donc fallu la perte d’une jambe pour qu’il se décide enfin à recontacter son ancien colocataire, Killian. Ce dernier possède maintenant son propre cabinet près du centre de la capitale et le thug lui rend donc visite au moins une fois par mois, pour des médicaments et autres traitements.

Nathan lui manque beaucoup. Enormément. Et il se sent affreusement coupable de n’avoir pas réussi à le protéger. Mais la vie continue. Les gens du passé appartiennent au passé et il faut savoir vivre sans.
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Myakko Vik'A


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MessageSujet: Re: Gabriel   Sam 15 Juil 2017 - 14:19

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

C'était long, c'était bon. Je suis fier de toi. Chy veut rebattre ton record et je la rebattrai derrière.

Validation, blabla bla, toussa. Savoure ta victoire, elle est mérité. (mais putain, t'aurais pu faire plus pour le caractère quand même, naméoh)

Enjoy le jeu.








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MessageSujet: Re: Gabriel   Sam 15 Juil 2017 - 15:13

Ouiiiii merci :DDD
(Je vois pas de quoi tu parles (a))
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MessageSujet: Re: Gabriel   Sam 15 Juil 2017 - 17:30

Je t'aime.


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Gabriel
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