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 Lots of things are mysteries. But that doesn't mean there isn't an answer to them.

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Lem


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Age du personnage : 19

Familier : Che, une bobelle multicolore
Couleur de magie : Bleu pastel
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Niveau de combat :
  • Faible



MessageSujet: Lots of things are mysteries. But that doesn't mean there isn't an answer to them.   Dim 30 Juil 2017 - 9:33

O r i g i n e sFt. Mel

“It's enough for me to be sure that you and I exist at this moment.”
✯ Gabriel García Márquez.
Avec Mel, on a décidé qu’il était grand temps qu’on sache vraiment qui nous étions. Des vampyrs, certes. Mais qui étions-nous ? Qui étaient nos parents ? Pourquoi nous avaient-ils abandonnées alors que nous n’avions pas encore essayé de les tuer ? Ce dernier motif aurait été légitime, mais nous n’étions pas en âge de tenter un parricide lorsqu’ils nous avaient jetés à l’eau comme de la merde. Les jumeaux vampyrs sont peut-être mal vus, nous ne savions pas. Nous voilà donc en Krasalvie, pays des vampyrs, admirable démocratie, la seule, surtout.

Il s’agit pour nous de retrouver nos racines, de comprendre la part de nous qui appartient à cette terre. Nous avons besoin de réponses à nos questions, et c’est certainement le seul endroit où nous pourrions les trouver.

Nous avons directement pris une porte de transfert vers la capitale du pays, voulant découvrir cette dernière en premier. Nous ne sommes pas déçues de notre choix. La capitale est d’une beauté propre aux vampyrs : à la fois distinguée et sombre. Tous les habitants sont comme nous, la peau diaphane et un charisme envoûtant. C’est étrange de ne pas être une minorité parmi une foule d’humain, et d’être entouré de gens si proches et à la fois si lointains. Avec nos tenues d’exploratrices, on ne fait pas le poids face à la classe ambiante. J’incante immédiatement de sorte à me retrouver en combinaison de toile intégrale, noire, simple et élégante. Je conseille Mel de faire de même, en ayant peur toutefois qu’elle ne joue un peu trop le jeu, et qu’elle en profite pour s’habiller comme une diva séductrice pour retourner la tête de tout le monde. Parfois, je me dis qu’elle aurait dû naître succube, ça lui conviendrait mieux.

Elle aime un peu trop ce genre de jeu, le problème c’est qu’elle n’est pas la seule, ici, tout le monde, ou presque, est comme nous. Une fois au niveau d’un marché, c’est avec les yeux remplis d’émerveillement que j’observe la foule se presser autour de stands riches de multitudes de produits : des livres, des plantes, des armes ; et de personnes différentes : des humains, des nains, des étrangers et des vampyrs. Il y a de quoi faire tourner la tête à de petites campagnardes comme nous.

Mais par où commencer ?

Je demande à certaines personnes où se trouve l’orphelinat le plus proche. Certains nous gratifient juste d’un regard étonné, nous regardant, Mel et moi, comme si nous allions adopter un gosse pour fonder un foyer. You-hou, t’as vu qu’on a la même gueule un peu ? Je siffle et passe au suivant, exaspéré. Il a fallu attendre un bon moment avant de trouver le renseignement tant attendu. Une vieille dame, à l’air nostalgique, nous informe qu’il se trouve non loin du palais, de sorte que les enfants les plus prometteurs deviennent les pupilles des aristocrates de la capitale. Il s’agit donc de s’y rendre.

Dans une ruelle, je m’effondre, à bout de souffle, haletante comme un vieux cabot proche de la mort. Je siffle entre mes dents, demandant à Mel de m’aider à me relever. Les passants nous regardent avec étonnement, et je cache ma rage derrière un rideau de cheveux framboise. La crise a du mal à passer, à chaque fois que je tousse, j’ai l’impression que je vais cracher un à un mes organes. Les larmes me montent aux yeux, en même temps que la bile. Cette fois, c’était fort. Je m’essuie la bouche avec un tissu que je viens de faire apparaître.

Heureusement, Mel ne me regarde jamais avec pitié. Elle est la seule à sembler indifférente à ma faiblesse, alors que je sais pertinemment que c’est la seule qui s’en inquiète véritablement. Les autres me regardent comme un chien battu rampant, comme une étrangeté rare. « Est-elle vraiment des nôtres ? » semblent-ils tous dire. J’entends Mel réagir, et reprends mon masque de glace.

    —Désolée, on y retourne, je murmure.

Je me mets en marche, serrant fort la main de Mel dans la mienne. On a beau être glaciales, c’est comme si ce contact me réchauffe l’âme.

Je m’interroge alors. Quelle pourrait-être la raison de notre abandon ? Est-ce que dès ma naissance, j’ai semblé tellement faible qu’ils se sont dit : « Oh non, à l’eau ! Et puis d’une pierre deux coups, on en refera d’autres ! » J’en doutais fortement. Cependant, quelle place accordait cette société aux jumeaux, étaient-ils regardés avec méfiance ? Personne pour le moment n’a hurlé d’effroi en nous voyant, ce qui écarte cette hypothèse. Peut-être nous faut-il aussi aller dans une bibliothèque, pour en connaître un peu plus sur ce pays qui est pourtant le nôtre.

Derrière les toits des habitations, on peut déjà apercevoir le palais, anciennement royal, et dans lequel réside aujourd’hui le gouvernement vampyr. J’avoue être admirative du système politique de la Krasavie, et je meurs d’envie d’en savoir  plus à ce sujet. Mes yeux pétillaient d’impatience. Nous passons devant, bouches bées par la splendeur des lieux. Il est vrai que nous n’avons pas encore visité les capitales des divers pays, ces dernières étant généralement trop chères pour nous, et qu’il s’agit du premier palais que nous voyons.

    — Dis, tu crois que ça se visite ? je demande à Mel avec envie.

Passant notre chemin, on se retrouve rapidement au niveau de l’orphelinat. Tout autour du château se trouvent des maisons magnifiques, dont l’opulence transpire à travers les murs. La vieille n’avait pas menti, les anciens nobles demeurent amassés autour du palais. Certainement qu’ils y ont aussi un poste important. Comme quoi, les choses ne changent jamais vraiment.

L’orphelinat, en comparaison, à l’air bien triste. Construit dans une pierre sombre, ses fenêtres sont décorées de vitraux, ce qui laisse penser que l’intérieur est plongé dans l’obscurité. Je reprends mon souffle en m’adossant au mur froid, ce qui me fait un bien fou. Puis, après une grande inspiration et un regard vers Mel, je frappe à la porte.Peut-être trouverions-nous les raisons de notre existence.

C'est ici que commence notre quête.
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Oh, father tell me,
do we get what we deserve?
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Mel


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Age du personnage : 20 ans

Familier : Une spatchoune blanche qu'elle n'a pas nommé
Niveau de magie :
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Métier : Exploratrice et preneuse de tout job pendant les escales (serveurs, mannequin, baby-sitter...)
Résidence : Aucune nous voyageons tout le temps
Dans le sac :


MessageSujet: Re: Lots of things are mysteries. But that doesn't mean there isn't an answer to them.   Dim 30 Juil 2017 - 22:29

OriginesAussi vrai que de loin je lui parle. J'apprend tout seul à faire mes armes. Aussi vrai qu'j'arrête pas d'y penser. Si seulement je pouvais lui manquer. Est-ce qu'il va me faire un signe? Manquer d'amour n'est pas un crime. J'ai qu'une prière à lui adresser. Si seulement, je pouvais plus manquer...Calogéro, Si seulement je pouvais lui manquer 
La Krasalvie. Un nom qui me donne toujours des frissons lorsque j'y pense. Pourquoi? Parce que c'est là d'où on vient. J'en suis sûre. En tout cas c'est là d'où nos ancêtres viennent. Nos ancêtres, les personnes avant nous, qui ont porté les même gènes avant de nous balancer dans la flotte parce qu'on était pas à leur goût j'imagine. C'est sur la piste de nos ancêtres qu'on a voulu aller avec Lem. Pourquoi? Parce que j'en ai ras-le-bol de vivre dans un monde où je ne trouve pas ma place. Parce que ma place elle a pas l'air d'être là. Parce que je ne sais pas d'où je viens. Je ne sais pas qui je suis. Je me suis construire seule avec ma soeur sans rien savoir de moi. Je n'en savais rien. Je ne sais toujours rien. Pourtant aujourd'hui je peux dire qui je suis. Ce que je suis devenue. Mel. C'est tout. Pourtant la curiosité me pousse à aller à l'encontre de nos origines. Lem a l'air heureuse de partir aussi. Elle doit peut-être vouloir retrouver nos parents. Si on les retrouve je crois que je les noierais. Sans rancune hein. Chacun son tour. Nous dans un carton qui ne flottait pas et eux dans une cage en plomb qui coulera. Quand on a prévu cette excursion avec Lem je ne lui ai pas dit. A quoi bon? Elle allait sûrement me résonner, ou alors j'allais une nouvelle fois l'entraîner sur une mauvaise pente. J'étais un déchet. Mais pas ma soeur. Je ne voulais pas qu'elle le devienne.

Après être passée par la porte de Transfert la plus proche, nous nous retrouvons dans les rues de la capitale. Eh oui! La capitale. Lorsque nous voyageons nous ne passions jamais par les capitales. Trop chères. Pas assez belles. Trop pleines de monde. En gros, tout ce que je détestais. Mais la capitale de la Krasalvie a quelque chose de différent. Quelque chose qui fout des frissons, qui me donne envie d'aller explorer chaque coin. Sommes-nous à la maison? Peut importe l'endroit tant que Lem est avec moi, s'est ma maison. Je pose mon regard glacial sur les rues sombres et pourtant brûlante. Sur les décors élégants et distingués. A chaque fois que mes yeux naviguent sur quelque chose je ne peux m'empêcher d'y laisser courir mes yeux bleus. J'aimerai dire que je m'en fous, que c'est moche et que ça ressemble à rien. Mais quand je regarde les nouveaux endroits que l'on découvre avec Lem je ne peux m'empêcher de redevenir une gamine avec des putains d'étoiles dans les yeux qui me donne un air gentil. Je juge les gens du regard autant qu'il me juge. Purée y'a que des vampyrs ici! En même temps, qui viendrait mettre son nez dans un endroit bourré de créatures buveuses de sang? Je regarde leur peau blanche et pure, leurs mouvements agiles, leur chevelures sombres, leurs yeux expressifs. J'ai un petit sourire. Je me sens belle. Eh oui! Y'a peut-être que des vampire avec un charisme fou ici mais je me sens belle. Ca me rassure. Lem se change et me dit de faire pareil. Elle a pas tort, la tenue que nous portons est confortable mais je ressemble à une plouc. Je regarde la tenue de ma soeur et un petit sourire taquin fait relever ma commissure gauche. Lem lève les yeux. J'y peux rien. J'incante la même tenue qu'elle sauf que j'en rajoute évidemment. Elle est enfouie jusqu'au cou, elle a peur que quelqu'un la morde ou quoi? Je laisse le tissu se découper pour me faire un magnifique dos nu. Je vais pas laisser les belles vampyr se pavaner devant moi avec leur airs de madame "je suis la plus belle". Vous vous trompez de cheval mes jolies…Vous avez qu'à nous regarder et retourner pleurer avec vos mamans! J'hausse un sourcil. Satisfaite.

Les gens nous fixent. Je me demande si ils nous regardent de travers car on se ressemble comme deux goutte d'eau, où juste parce qu'on est canon mais dans tout les cas je m'empresse de répondre aux sourires de certains beaux garçons et de foudroyer du regard les vieux qui osent me mater. Vous me direz, si je ne le voulais pas j'avais qu'à pas exhiber mes formes. Mais qu'est-ce qui j'y pouvais? Nous avions prévu notre voyage depuis longtemps. Le lieu qui nous semblait le plus approprié pour commencer nos recherches restaient l'orphelinat. Je sais pas pourquoi? Si nos "parents" avaient bien voulu nous laisser en vie ils nous auraient jeté là-bas et non pas dans la flotte, non?

Lem se dévoue pour demander le chemin tandis que mon regard fixe les stands du marché dans lequel nous déambulons depuis quelques minutes. Le mec à qui elle a demandé, la juge des pieds à la tête et je siffle derrière elle en le foudroyant du regard. Non mais pour qui il se prend à détailler ma soeur comme ça? Elle répond exactement comme moi et nous passons par plusieurs personne qui ont la même réaction. Mais cette fois ils me regardent aussi. Je suis sûre le point de les envoyer balader mais je me retiens. Pour pas foutre la honte à ma soeur. Ils ont un problème avec les jumeaux eux? Ils ont pas l'habitude de les voir? Pourquoi ils nous fixent comme ça ces abrutis? Cependant quand un mec viens nous dire "Eh mais vous être jumelles? C'est quoi ça, une maladie?" je ne peux pas me retenir. Je lui écrase le pied et lui crache au visage: "Non...ah bon? J'avais pas remarqué!" Je lâche son pied et traîne Lem derrière moi en émettant un "abruti" si violent qu'il se casse. Et encore j'ai été gentille. Au bout de quelques minutes une vieille femme nous dit alors où se trouve l'orphelinat. Je laisse Lem la remercier. Elle se dévoue toujours pour cette politesse pourrie. Moi je me contente de partir tête baissée dans la ruelle qu'elle nous montre.

Mel s'effondre. Souffle. Halète. Tousse. Crache. Fais chier! Elle m'appelle, je viens vers elle. Derrière mon air de je m'en foutisme, je m'inquiète. Je la laisse reprendre son souffle. Je ne la regarde pas. Je fais comme si m'en foutais mais en fait je suis morte de trouille. C'est la seule chose qui me fait peur. Peur qu'elle s'effondre et qu'elle crève à mes pieds. Fichu corps! Les gens autour de nous la regardent dégoutés. Tandis qu'elle reprend son souffle je crache sur chacun fait un commentaire et foudroie chaque personne qui pose le regard trop longtemps sur elle. J'ai pas besoin de lui dire que je m'inquiète pour qu'elle le sache. Je m'inquiète tout le temps pour elle. Pourtant je fais comme si ce n'était rien car elle a pas besoin de pitié. Elle est forte et pourtant elle laisse son corps faiblard faire la loi. Ca me gonfle. Alors je lui tend la main, la relève.

"Alors la lionne, t'a fini de cracher tes poumons par terre, on peut continuer?"

Je l'appelle la lionne. Parce qu'elle est ma lionne. Avant je me permettais "ma poule", "cocotte" mais depuis que j'ai l'autre truc dégueulasse pour familier j'évite. C'est bon j'ai pas besoin de l'entendre jaquetter dans ma tête en croyant que je parle d'elle. Elle s'excuse et je lève les yeux au ciel. On repart. Elle prend ma main. Je la serre. J'ai besoin d'elle. Je veux pas la perdre.

Je sens qu'elle réfléchit. J'évite de penser. Je regarde autour de moi. Photographie chaque coin pour essayer de le reproduire par la suite sur mes papiers dessins. Elle lui tient tellement à coeur à cette mission. En fait, même si j'en ai envie je préfère pas y penser. Ca me fout les boules. On va essayer de retrouver ceux qui voulaient pas de nous. Autant aller ce jeter dans la gueule du crocodile. Ils ont pas voulu de nous. C'est tout. A croire qu'on était trop nulle ou au contraire trop bien pour eux. Ils ont eut peur. Ils savaient pas quoi faire…Bah t'avais pas à faire des gosses merde!

Le palais apparaît devant nous. Je laisse mon regard errer sur ses tours, ses fenêtres, ses portes, sa pierre sombre et délicate. Le palais est magnifique. Je ne peux pas le nier. Je vois les étoiles dans les yeux de ma soeur. Je souris discrètement. J'aime quand elle est comme ça. Je lui ébouriffe les cheveux dans un geste fraternel:

"Je sais pas, mais on pourra toujours essayer d'y aller plus tard. Ils y a peut-être des visites…enfin rêve pas"

Je veux pas être désagréable ou méchante. Juste franche. Je veux pas qu'elle soit triste par la suite. On continue le chemin. Je traîne un peu ma soeur qui regarde encore le Palais. Ouais bah c'est bon Lem il va pas s'envoler! Des maisons d'aristocrates apparaissent devant nous tandis que de l'autre côté une baraque délabrée se dessine sous mes yeux. C'est ça leur orphelinat? S'il-vous-plait on dirait un abattoir! Pas étonnant qu'ils aient préféré nous jeter par dessus bord. Mes yeux brûlent de détermination. On va peut-être trouver des informations! C'est peut-être là que tout va commencer. Recommencer. J'attend que Lem reprenne son souffle puis hausse un sourcil pour l'encourager à frapper. Vaut mieux qu'il voit la bouille de ma frangine avant la mienne.

Une vampyre d'un certain âge ouvre la porte prudente et nous toise. Je me rapproche de ma soeur et juge la bonne femme du regard. Sûrement la femme qui s'occupe des gosses. Elle a pas l'air horrible, plutôt stricte et à l'air protectrice. Je vais sûrement pas l'aimer. Pas grave, je suis pas là pour me faire des amis. Ma soeur la salue poliment je me contente d'un geste presque imperceptible de la tête. Non pas "Bonjour" j'ai l'air d'avoir une tête de quelqu'un qui passe une bonne journée? La sienne à pas l'air meilleur que la mienne. Alors hein.

"Qui êtes vous? déclare-t-elle d'une petite voix"

Je souffle. Elle m'énerve déjà! Ca se voit pas qui on est? Je toise la petite bonne femme et lui sourit d'un air carnassier. Il y a aucune gentillesse dans mon regard ou mon sourire. Juste un moyen de se payer sa tête.

"Des poulpes de la planète Poulpix! Enfin qui croyez vous que nous sommes? Ca se voit pas?"

Elle me regarde des pieds à la tête. Je retiens un sifflement. Elle hoche la tête. C'est bon elle a capté. Son regard passe de ma soeur à moi. Oui on est jumelle. Le seul truc qui nous différencie Lem et moi c'est qu'elle a des magnifique cheveux framboises et que j'ai des grands yeux expressifs. C'est tout. Sinon nous sommes les même. Les mêmes. Identiques.

"Pourquoi venez-vous? Pour les enfants?"

La bonne femme ouvre toujours pas la porte comme si elle avait peur que je lui saute à la gorge. J'ai une tête à aller chercher des gosses moi? J'ai une tête à aller en chercher un pour former une famille? Elle a besoin de lunettes? Je reste muette. Lem va lui expliquer non? Pourtant ma frangine me regarde. Quoi? Quoi?! C'est moi qui me tape la causette en plus? Je souffle, exaspérée. La journée est pas finie…D'une grâce et d'une élégance que tout le monde me connaît je laisse exploser la rage que je tiens enfermer dans mon coeur depuis des années.

"On cherche les "merdes" qui nous ont donné la vie. On s'est dit qu'il fallait mieux que l'on passe à l'orphelinat d'abord. Peut-être avaient-ils l'intention de nous laisser ici avant de nous jeter dans la flotte. Vous pouvez nous en dire plus?…"

Je la toise. Elle ouvre la bouche sans parvenir à prononcer un mot. Ca t'en bouche un coin hein! Eh oui on est pas des petites filles heureuses qu'on vécu une enfance tranquille. On vient pas chercher des gamins on a déjà du mal à vivre à deux…Elle attend quelque chose. Je sais quoi. Je serre les poings. Baisse le regard et murmure aussi bas que je peux:

"S'il-vous-plaît"

Elle hocha la tête et ouvre la porte. Je lance un regard à ma soeur pour qu'elle ouvre la marche. Pour lui donner le courage qu'elle refuse de libérer, je lui serre une dernière fois la main et relève d'un demi millimètre les commissures de mes lèvres.

"Je vous en prie, installez-vous dans le salon je vais nous chercher du thé"

Je suis ma soeur et m'installe à côté d'elle sur le grand canapé. Je regarde la pièce. Elle sent bon, elle a l'air chaude. Le vieux fauteuil repose dans un coin et en face il y a un grand fauteuil aussi délabré que la façade. Le parquet grince sous nos pieds et les portes couinent dès qu'elles s'ouvrent. J'espère que la vieille vampyre pourra nous aider. Elle pourra peut-être nous dire si nos visages lui rappelle quelque chose, si des parents on voulu mettre deux enfants ici il y a une vingtaine d'année. Elle pourrait nous dire les choses qu'elle voulait tant qu'elle nous aidait à avancer. Ma soeur tenait à connaître la vérité. Elle y tenait si fort que j'y tenais aussi. J'aperçois des gamins qui se cache derrière la porte en nous regardant. Je leur fait un sourire carnassier et fait: "Bouh!". Les plus petits partent en courant et en criant. Un rire secoue mes épaules. Les autres restent à nous observer et je me demande ce que l'on a. Est-ce encore une fois notre ressemblance qui frappe tout le monde? Un des garçons regarde ma soeur en rougissant. Je saisie cette opportunité pour le taquiner. Méchanceté gratuite que voulez-vous?

"Ne la regarde pas trop longtemps même si elle est belle, sinon tu vas te transformer en pierre et ta tête tombera. Couic!"

La gamin blanchit encore plus que sa couleur habituelle et détourna les yeux de ma soeur et s'enfuit en courant. Cette fois je ne me retiens pas de rire. J'évite de croiser le regard de ma soeur. Je sais que je suis imbuvable et que cela l'énerve. Alors soit elle me sourira, amusée, soit elle me foudroiera de ses yeux si semblable aux miens. Je ne voulais prendre aucun risque. J'étais comme ça. La vieille revient avec des tasse fumantes. J'entend un merci de la part de ma soeur et refait mon petit geste de la tête. La femme se pose devant nous et ses grands yeux sombres nous scrute. Je soutiens son regard mais il est tellement puissant que je laisse tomber et baisse les yeux. Honteuse de me soumettre à une vulgaire nourrice. Mais nous venions là pour des informations et je ne vais pas foutre toutes nos chances en l'air. Je me calme et m'installe au fond du canapé.

"Merci de ne pas faire peur à mes pupilles je vous prie"

Je reste silencieuse. On me le demandait. Je ne dis pas pardon. Je n'en ai pas l'habitude. Elle le sait, je le sens. J'ai l'impression que son regard voit au travers nous et pourtant je suis une sacré couche à scanner. Je ne laisse rien paraître et laisse mes yeux vaguer autre part que sur la femme. Non elle ne me fout pas les jetons!

"Je me présente, Dame Peregrine *meurt* et vous?"

Je reste muette et la regarde. Je ne lui répond pas. Je ne lui fais pas confiance. Elle me fait froid dans le dos sans que je sache pourquoi. Mes yeux trouvent ceux de ma soeur et j'essaye de la rassurer silencieusement. En même temps je lui fais comprendre par le regard qu'elle ne me dit rien et que je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. C'est quelque chose que l'on fait souvent avec Lem, se parler avec les yeux. Son regard me rassure et un petit sourire pointe sur mes lèvres. Il n'y a qu'avec ma soeur que je suis comme ça. Quand mon regard croise à nouveau celui de la vieille, le maigre sourire de mes lèvres s'efface. Elle à un rictus afec à mon sourire disparut et elle commence à rire. Mais à rire vraiment. J'hausse les sourcils et me tourne vers ma soeur.

"Elle est timbrée, barrons-nous" disent mes yeux aussi silencieux que ma bouche. Elle arrête de rire et je ne pose même plus mon regard sur elle. Elle me gonfle. Vas-y elle se fout de notre gueule ou quoI? Je commence à perdre mon calme et mes poings se serrent. Calme toi Mel! Calme toi. Elle doit sentir que je suis prête à exploser car elle arrête. J'ai l'impression qu'elle peut nous connaître en un seul regard.

"Que puis-je pour vous, finit-elle par dire"

J'essaye de la percer. De percer son regard sombre. De me montrer méprisante mais c'est comme si elle m'en empêchait. Je suis réduite au silence qui me procure une sensation de supériorité. Je ne sais combien de temps nous sommes restés comme ça à nous fixer avant que l'une de nous brise le silence. Une chose était sûre, ce n'était pas moi qui allait le faire.

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MessageSujet: Re: Lots of things are mysteries. But that doesn't mean there isn't an answer to them.   Mer 9 Aoû 2017 - 18:44

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Au moment où ma main touche la porte métallique du sombre orphelinat, je réalise mon erreur. Mel est habillée comme une diva nocturne, une séductrice dont l’apparence ne sert qu’à attirer les proies les plus fragiles, tentées par son aspect divin. Déesse noire en robe moulante, interdite aux moins de 18 ans. Je soupire avec lassitude, on allait entrer dans un endroit où des gamins vivaient, ce n’est pas approprié. D’un regard en brosse, je la regarde de haut en bas, histoire de manifester ma désapprobation. Elle s’en contrefout, on ne fait pas la morale à Mel, pas même moi. A ses yeux, je suis emmitouflée comme une spatchoune au sommet d’une montagne glacée, alors que mes vêtements dévoilent amplement ma peau diaphane. Mel aime se sentir belle, regardée, admirée, enviée, elle veut qu’on la remarque, qu’on se retourne sur son passage et se prête parfois à des jeux de séductions louches. Dans ce genre de moment, je marche devant en faisant mine de ne pas la connaître. Sans grands résultats, puisque nos visages sont les mêmes. Heureusement pour moi, je n’ai pas eu à me changer à cause de ma crise, j’aurais eu l’air aussi peu crédible que Mel, dans le genre dépravée. La porte s’ouvre, interrompant mes pensées.

Je regarde la vampyre qui semble s’occuper de l’orphelinat. Vieille, enfin, dans la mesure où notre espèce a une espérance de vie d’un demi-millénaire, « d’âge mur » en apparence, mais certainement plusieurs centaines d’années dans la gueule. Elle nous toise d’un air méprisant au travers la mince ouverture de la porte. « Qui êtes-vous ? » La réponse de Mel ne se fait pas attendre, cinglante et juste. Je me retiens de rire au nez de la vieille par simple politesse. J’aimais la franchise de Mel, et son humour complètement barré. Des poulpes de Poulpix, où était-elle encore allée chercher ça ? Elle me sidère.

Mais la question suivante de la gérante me pétrifie sur place. Les gens sont-ils tous complètement cons ici ? Genre, deux clones se pointent à sa porte, et la seule chose à laquelle elle pense c’est « oh mais que c’est mignon, voilà deux jeunes femmes avec le même visage, symboles du LGBTisme vampyr et de la consanguinité outrageuse qui vont fonder une famille. Confettis et paillettes, elles vécurent heureuses et adoptèrent beaucoup d’enfants ! » Le propre de notre race est-il de ne pas réfléchir ? Je regarde Mel, qui affiche un air mi agacé mi choqué. L’avantage, avec elle, c’est qu’on peut lire aisément sur son visage, comme dans un livre ouvert à vrai dire, sa franchise absolue l’oblige à ne pas masquer ses émotions, ce qui en est risible. Je la laisse donc répondre à la vampyre devant nous. Mon choix lui déplaît, et elle manifeste son mécontentement par un soufflement, et un ton rageur, alors qu’elle ouvre la bouche avec sa diplomatie habituelle. La situation était bien résumée, cependant, même si elle l’était avec sa méthodes. Nos parents nous avaient effectivement abandonnées, mais peut-être qu’ils avaient voulu nous déposer à l’orphelinat, avant de nous balancer à l’eau, ou l’orphelinat, dont la garde d’enfants non-désirés ou abandonnés est en théorie la spécialité, aurait eu vent des actes de nos parents.

La vampyre ne semble pas habituée à un tel manque de respect, et ne parvient pas à articuler un mot. Elle reste muette un moment, avant de croiser les bras, l’air d’attendre quelque chose de plus. Étonnée, je regarde Mel baisser la tête et articuler un « s’il vous plait » douloureux. Je prends son poing serré dans ma main, en guise de remerciement. Ce n’est que rarement que ma sœur « s’abaisse » à ce genre de politesse. Elle l’a fait pour moi, parce qu’elle sait que cette enquête me tient tout particulièrement à cœur, même si on l’a lancée sur un coup de tête. La vieille approuve et nous fait invite à entrer, ce que Mel m’incite à faire d’un sourire, en pressant ma main.


Étonnamment, l’intérieur de la pension est chaleureux, on entend des cris d’enfants un peu plus loin, ce qui laisse deviner une ambiance complice, où les gamins peuvent jouer. Mel a beau dire ce qu’elle veut, on n’est certainement pas les premières à avoir une histoire étrange. La vieille en a vu d’autres, des gamins malheureux, délaissés par leurs parents. Nous, au moins, on a eu droit à une vie loin de ces quatre murs de pierre, une vie qui nous a appris plus que n’importe quelle école ou formation. Entre les sangraves et le cirque, nous pouvions nous vanter de notre maturité précoce. Je réfléchis à ce que cela aurait pu être, si nous avions grandi ici : les mêmes têtes, chaque jours, les mêmes repas, la menace de l’adoption de l’une de nous, mais pas de l’autre. Je frissonne. Non, je suis contente qu’ils nous aient foutues à l’eau. Je repense à la façon dont nous avions décidé de nous bouger pour retrouver nos géniteurs : on parlait de nos vies respectives, de nos petits boulots de merde, qui ne nous rapportaient presque rien, et de ce que nous avions envie d’accomplir. Heureusement, Mel était assurée de trouver un emploi dans le mannequinat, et personne ne lui refusait quoi que ce soit lorsqu’elle utilisait son charme. Même sans. Moi, j’use de ce pouvoir vampyrique pour parvenir à mes fins, me faire embaucher dans la restauration, ou plus généralement dans des métiers ne nécessitant pas trop de force et d’endurance. J’aidais les vendeurs, les libraires, les apothicaires, comme ma mémoire me permettait de retenir facilement le nom et les ingrédients nécessaires aux potions, l’emplacement des livres, et autres détails. On essaie d’économiser, mais la plupart de notre argent passe dans la vie de tous les jours. C’est pour ça que l’on évite les capitales, en général.

Des enfants arrivent dans la salle, regardent depuis la porte qui est là, les yeux intrigués. Oui, on a la même gueule, non, on est pas là pour l’adoption. Evidemment, Mel en profite pour leur faire peur. Je parlais de maturité, tout à l’heure ? Oubliez. Un petit nombre reste, et l’un des enfants me fixe en rougissant. C’est l’effet que font souvent mes cheveux framboise. Les gens ne me croient pas lorsque je leur assure que c’est naturel, d’autant plus que Mel n’a pas du tout la même couleur de cheveux. Alors que je lui adresse un léger sourire, ma sœur en profite pour lâcher une farce et lui faire peur, si bien que le gamin en question s’enfuit sans demander son reste. Merci pour la réputation, Mel, je te le revaudrai. Néanmoins, malgré ma désapprobation, je ne peux m’empêcher de pouffer en l’entendant rire de bon cœur. Elle a beau s’amuser du malheur des autres, c’est un son qui me réchauffe le cœur.

La vieille revient alors, et je m’enfonce dans le canapé moelleux. Elle dépose un plateau avec trois tasses sur la table devant nous et s’assoie à son tour. La pièce s’emplit de l’odeur d’un thé vanillé, alors qu’elle nous fixe tour à tour, avant de s’attarder sur Mel avec un regard dur à faire flancher ma tigresse de sœur. Je ne dis mot, observant leur duel muet, et prend une gorgée de thé brûlant. La vampyre la réprimande, avant de se présenter. Mel ne dit rien, se contente de la regarder avec mépris, ce qui déclenche un drôle de rire chez notre hôte. Mel me regarde, à la limite du désespoir, avec un regard criant « au secours, fuyons tant qu’il en est encore temps ! » Je lui adresse un sourire désolé, aussi surprise qu’elle, et redirige mon regard vers la vieille vampyr.

Il faut que je prenne la situation en mains, ou Mel va nous attirer des ennuis. Elle semble prête à exploser, n’ayant pas l’habitude de se faire mener par le bout du nez, et ne supportant pas ça le moins du monde. Je prends donc à mon tour la parole, ma main pressant celle de ma sœur pour la rassurer.

    — Nous sommes à la recherche de nos géniteurs. Notre histoire est un peu…particulière, pourrions-nous avoir un peu d’intimité ?

Je désigne d’un signe de tête les enfants suspendus à nos paroles dans l’ouverture de la porte. Les choses dont nous allons discuter sont trop délicates pour être entendues par des oreilles sensibles, et je ne veux pas qu’elles puissent être répétées aux curieux. Avec un hochement de tête, dame Peregrine se lève pour fermer la porte, en demandant aux enfants d’aller jouer. Elle revient ensuite s’asseoir et prit sa tasse à son tour :

    — Je vous écoute.

Je regarde Mel pour gagner en courage, et reporte mon attention sur la vieille vampyre. Il est temps de se confesser. J’inspire un grand coup, avant de lui déballer notre histoire, une histoire à foutre un psy en asile. Je sais que Mel en avait vu un, lorsque je lui ai demandé, parce que c’était aussi le mien, et il avait mal tourné, entre ma folle furieuse de sœur et notre passé étrange. Je raconte notre adoption malgré nous, comment notre mère nous a trouvées, comment elle nous a éduquées, ce qui nous a forgées. C’est quelque chose que nous avons toujours gardé pour nous, je ne sais pas trop pourquoi je lui raconte tout ça, mais, malgré le mépris de Mel, je sens que cette femme pourra nous comprendre et nous aider. Malgré la teneur de ce récit, elle ne flanchait pas, elle nous regardait tour à tour, en sirotant son thé.

A la fin de la séquence memories, dame Peregrine pose sa tasse sur le plateau et s’éclaircit la voix.

    — Je vois.

Elle ne dit rien de plus, se contentant de réfléchir.

    — Evènement dont vous me parlez s’est donc passé il y a une vingtaine d’années ?

Hochement de tête.

    — Pour vous, cela représente une vie, mais à mes yeux, cela correspond au mois dernier, je me souviens donc bien de ce moment. Je n’ai eu vent d’aucun désir d’abandon ou de placement non réalisé. Il me semble toutefois étrange que vous ayez été abandonnées de la sorte, puisque vous auriez pu mourir.

Mel grimace. « Enfoirés », doit-elle penser. Moi aussi. Qui serait assez inconscient pour balancer ses enfants en pâtures aux habitants des eaux ? Personne de responsable. Personne tenant à nous. Je tortille une mèche de cheveux entre mes doigts, en me mordant les lèvres. Est-ce que notre enquête va bêtement se finir de la sorte ? Je ne veux pas ça.

    — Je peux vous laisser consulter les archives de l’orphelinat, si vous le désirez.

Elle ajoute, avec un regard vers Mel :

    — Tant que vous ne brûlez pas tout.

Toute trace de frustration s’envole, laissant place à du soulagement.

    — Avec plaisir, merci beaucoup.

Elle se lève, et nous fait signe de la suivre. Elle ne semble pas aussi mauvaise que Mel le pense. Je lui emboîte le pas docilement, en tirant ma sœur par le bras. La vieille nous entraine au travers du dédale de pierre qu’est l’orphelinat, maigrement décoré avec des tapis et des tapisseries, ainsi qu’avec des dessins d’enfants. Les archives sont conservées au sous-sol, et s’étendent sur des kilomètres de rayonnages. J’en demeure bouche-bée. La vampyre nous conduit à l’année qui nous concerne, et nous montre les étagères concernées.

    — C’est tout ce rayon-ci, vous avez une idée précise du mois où votre mère vous a recueillies ?

Devant nos mines dépitées, elle soupire, se contentant d’ajouter :

    — Bon courage, j’ai d’autres chat à fouetter, je serai en haut si vous avez d'autres questions.

Sans un mot de plus, elle remonte s’occuper des enfants, nous laissant penaudes, avec Mel. Je regarde cette dernière avec lassitude, espérant ne pas faire les frais de son impatience.

    — Bon, on a plus qu’à éplucher tout ça.

La flamme dans ses yeux parle pour elle, elle est énervée. Avec un sourire d’excuse, j’ajoute :

    — S’il te plait ?

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Oh, father tell me,
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MessageSujet: Re: Lots of things are mysteries. But that doesn't mean there isn't an answer to them.   Ven 11 Aoû 2017 - 0:15

OriginesAussi vrai que de loin je lui parle. J'apprend tout seul à faire mes armes. Aussi vrai qu'j'arrête pas d'y penser. Si seulement je pouvais lui manquer. Est-ce qu'il va me faire un signe? Manquer d'amour n'est pas un crime. J'ai qu'une prière à lui adresser. Si seulement, je pouvais plus manquer...Calogéro, Si seulement je pouvais lui manquer 
Michael Jackson a dit dans l'une de ses chansons: "There's a place in your heart, And I know that it is love". Ouais bah laissez moi dire à Jackson que la place chez moi elle est toute petite. Elle tient dans une main. Dans un coeur. Elle tient en un mot et une syllabe. Lem. La voilà la place dans mon coeur qui est l'amour. Rien de plus. C'est sans doute pour elle que je m'efforce de me calmer et de ne pas sauter sur la vieille pour lui trancher la gorge. Pour Lem. Parce que cette foutue mission lui tiens à coeur. Parce qu'elle lui tient tellement à coeur qu'elle commence à me tenir à coeur moi aussi. Calme toi Mel. Calme toi. Qui a-t-il de si grave après tout? Bah oui, ça pourrait être pire non? Je pourrais être enfermée chez une barrée qui rigole pour un rien. Je pourrais être enfermée chez elle pour parler de nos géniteurs de merdes. Elle pourrait nous faire boire un thé à la vanille pourrie qui embaume l'air et qui donne à la pièce une saveur sucré comme si ça pouvait me détendre! En effet, cela pourrait être encore plus pire que ça ne l'est déjà. Je crispe les poings. Fronce les sourcils et foudroie la grand-mère du regard. Non mais pour qui elle se prend Tatie Danielle? Elle veut ma main dans sa gueule pour remettre ses neurones en place? Serait-ce réellement un euphémisme de dire que je prends sur moi? Je crois pas non. Je prend littéralement sur moi. Genre très profond, dans les profondeur de mon âme pour ne pas exploser dans les secondes à venir. Je sens le sang monter à mes tempes. Mes yeux renvoient des flammes de haines et je m'apprête à exploser. Soudain je sens la main de Mel qui presse la mienne et doucement la fureur redescend doucement dans mon ventre tandis qu'elle commence à reprendre la parole. 


Ma soeur demande de l'intimité, une lueur de folie traverse mon regard. "Vous voulez qu'on vous refasse la scène de notre abandon? Y'a plein de potentiel figurant et acteur si vous voulez". Je retiens un rire et m'accroche à la main de ma soeur comme si elle seule pourrait m'arracher à la folie folle qui traverse mes prunelles. La femme voit ma main dans celle de ma soeur et hausse un sourcil. Satisfaite. Le temps que grand-mère se lève, aille jusqu'à la porte et la referme en faisant attention au mains de ses petits protégés, j'ai aisément le temps de regarder ma jumelle dans les yeux et de lui montrer sur mon visage si expressif, à mon plus grand regret, toutes les émotions qui me traversent l'esprit. La femme revient avec toujours son sourire pathétique aux lèvres. Je n'ai pas le temps de lui faire remarquer qu'elle ferait mieux de s'occuper d'autre chose que de me regarder comme ça mais Lem se met à lui raconter notre histoire. Toute l'histoire. 


Je déteste voir notre vie de merde défiler devant mes yeux. Je déteste que quelqu'un d'autre que nous la connaisse parce que ce soir là y'avait personne pour nous aider. Personne qui s'est bougé le cul avant qu'on coule à part une pauvre bonne femme mu par le désir de se rapprocher d'un grand malade comme elle. Pourquoi raconter son histoire maintenant hein? Quand y'a plus que des yeux de chiens mouillés et dépressifs pour vous écouter? Quand y'a plus que des désespérés qui finissent à l'hôpital psychiatrique après nous avoir écouté? Ils nous aident? On en a rien à foutre de votre aide! Vous aviez qu'à vous montrer avant! Avant qu'on est une vie aussi merdique que celle-ci! Avant qu'on nous donne un destin à aller pleurer dans les jupes des grands! Alors si vous vouliez nous aider fallait le faire avant de nous demander notre histoire. J'aimerai oublier la douleur dans ma poitrine qui fuse comme si j'étais chauffée à blanc, comme si mon coeur s'ouvrait lentement. J'aimerai dire que c'est pas la douleur, que c'est pas de la tristesse. Une putain de tristesse qui me donne le tournis et qui m'entrave la gorge à chaque fois que j'en parle. J'veux pas être triste! J'veux pas qu'on me regarde avec de la pitié! Je sais que je fais pitié j'ai pas besoin de voir les yeux des gens pour le savoir! Je contiens une faiblesse pire que tout au monde et je la cache sous une tonne de sarcasmes, de moqueries. Juste pour pas flancher. Juste pour pas éclater. Juste pour être forte. Je manque d'amour et ça je peux pas le nier. Mais j'ai tellement peu d'amour à donner aux autres que je m'en fous. Je m'en fous! C'est ce que je ne cesse de me répéter, c'est ce que mon coeur ne veut pas comprendre. Je serre les dents, laisse les passages les plus horrible de notre vie effleurer mes oreilles sans essayer de me les rappeler. Mes phalanges blanchissent et je sais que Lem est dans le même état que moi. A l'intérieur. Elle sait se retenir ma frangine. Elle est plus forte qu'elle ne le croit. Parce que moi j'ai peut-être mérité une vie aussi naze, mais pas elle. Elle elle aurait du être né autre part. Avec des robes, avec des diadèmes, dans des palais qu'auraient fait pétiller ses yeux et pas dans une mare qui nous emmenait vers le fond et qui noyait nos gorges. Elle est forte à l'intérieur. Je suis une sauvage. La fin du récit s'achève. Je peux reprendre mon souffle et serre doucement la main de ma soeur pour lui dire qu'elle a bien fait son job même si ça m'en coûte de l'avouer. Elle est douée la lionne plus douée que moi en tout cas. La bonne femme ne sort qu'une phrase. Je me tourne vers elle, la foudroie du regard. Non tu vois pas. Non tu vois rien du tout espèce de vieille pie! Tu crois voir mais en fait tu tournes en rond avec tes lunettes dégueulasses! Parce que tu peux pas voir notre vie à moins de l'avoir vécu. Peut-être qu'au fond c'est ce qui fait notre force. Peut-être. Si on voulait être optimiste. Mais c'était pas mon cas. 

Je prends la tasse, bois quelques gorgées qui me brûlent la trachée et pourtant cette sensation de douleur me fait du bien. Je laisse Mel répondre à ses questions pouraves à l'autre vieille là et je me cale au fond du canapé pour profiter des derniers instants de tranquillité avant que la vieille ne nous donne ce qu'on attendait. Enfin ce que Lem espérait et ce que j'espérais qu'elle allait recevoir...Laissez tomber...Je regarde ma soeur du coin de l'oeil, elle hoche la tête d'une façon si adorable que si j'étais pas si froide je lui ferais un câlin....Relevez pas, j'ai rien dit. Puis la bonne femme nous sort une tirade genre: "vous êtes jeunes et moi je suis une vieille branche et blablabla" Ouai bah alors casse-toi mamie! Je retiens tout juste mes nerfs. La main de Lem m'aide à m'apaiser. Oui je suis calme là...ça se voit pas?! Puis elle sort une phrase qui me fait écarquiller les yeux et je suis à deux doigts de recracher mon thé. J'avale difficilement. Serre les dents. On aurait pu mourir? Ah bon? J'étais pas au courant! Non ils nous ont balancé dans l'eau pour qu'on apprenne à nager plus vite espèce d'idiote! Tu crois que si il nous ont jeté à l'eau s'était pour qu'on survive ces espèces d'enfoirés? Non mais elle veut vraiment que je lui crache dessus la sorcière? Quelle conne...mais quelle conne! Si Lem ne me tenait pas la main je me serais déjà jeté sur la vieille et elle ne serait plus de ce monde.

Très vite elle nous dit en gros qu'elle ne se souvient pas de cette période mais qu'on peut quand même aller vérifier dans les archives. Mais qu'est-ce que j'en ai à faire de tes archives pourries? Elle semble m'adresser un reproche à demi voilé et je grogne malgré moi. Je fais honte à Lem. Je m'en veux pour ça mais je ne peux plus me retenir. Avant de pouvoir lui cracher ses autres vérité, Lem, soulagée, la remercie - ce que je n'aurais pas fait - et me prend la main pour me tirer littéralement vers le sous-sol où il y a les archives - ce que je n'aurais pas fait non plus - puis la vieille nous laisse avec notre année de naissance sans doute sous prétexte qu'elle a d'autres chat à fouetter. Moi aussi tiens! C'est étrange on aurait pas les mêmes chats? Genre il commence pas par: "Peri..." et ce finisse par "...grine" pour aller les battre un petit peu? Une flamme crépite dans mes yeux si bien qu'elle pourrait brûler tous les papiers que contient cette cave qui put. Je retiens un grognement, me force à respirer calmement. Lem essaye de plaisanter. Enfin j'en sais rien à vrai dire. Elle est nulle pour les blagues. Me voyant à bout de nerfs elle me lance un "s'il-te-plait?". Le pire c'est que je peux rien lui refuser. Elle le sait. J'aurais beau me barrer en courant je reviendrais toujours! J'ai déjà fait tant de conneries, je lui fait déjà enduré tant de choses, il faut au moins que je lui apporte de l'aide. Je grimace, m'éloigne d'elle et souffle: 

"Ouais. C'est ça. Je m'occupe de là."

Je ne rend pas le sourire de ma soeur. C'est pas pour être méchante mais soit j'explose sur elle, soit j'explose à part. Je lui tourne le dos et commence à regarder les dossiers poussiéreux. Plusieurs semble tomber en ruine et j'ai l'impression que dès que je le toucherais il tombera en cendre. Moi ça me dérangerait pas...la vieille et ma soeur, plus à mon avis. Le papier sent la poussière et les dossiers sont bourrés de pleins de pages qui ne servent strictement à rien. Si tu veux abandonner ton gosse tu le jètes dans l'eau ça va plus vite. 

"Putain! T'a vu tous les papiers qu'il faut pour laisser un enfant ici? Pire qu'une prison sérieux! Ils étaient illettrés nos géniteurs c'est pour ça...ils ont pas pu remplir les papiers les pauvres choux!"

C'est une hypothèse. Tout à fait plausible. Faut pas être très éclairé pour laisser ses enfants se noyer. J'ouvre les dossiers. Toutes les histoires de ses enfants sont écrits sur le papier. C'est flippant. Je lis les noms, je vois qu'il n'y en a qu'un, je referme le dossier. Tous pareil. Un nom. Un enfant. Une raison différentes. Y'a des gamins qu'on de tristes histoires. Kidnapping. Meurtre. Abandon sur une table. Saut chez le boucher pour faire de la viande. Découverte à côté d'un BSH. Je les plains mais rien n'est pire que la notre. Personne ne nous surpasse de ce côté là, mais je les plains quand même. Pauvres gosses. Ils ont pas mérité ça. Nous non plus à bien y penser. Les autres histoires dont je dépoussière les dossiers sont aussi basiques que d'arracher des mauvaises herbes. Laisser au pied de l'orphelinat. Pas assez d'argent. Enfant illégitime. Bref de la pacotille à côté de notre dossier qui ferait sans doute plus du double des leurs. Puis je finis par tomber sur des dossiers tellement risibles que je mets une main sur ma bouche pour ne pas étouffer de rire. Non s'en blague! Nos "parent" étaient peut-êtres illettrés mais les parents de ce gamin que je tiens dans les mains...enfin pas le gosse mais le dossier, étaient complètement barrés. Ne pouvant laisser cette découverte pour moi seule. Je prends le dossiers dans les mains et me précipite vers ma soeur à l'autre bout de la pièce.

Arrivée devant elle je me jète à genoux, je porte le dossier comme un bébé et fait apparaître dans mes grands yeux bleus de prédatrice, de la tristesse. L'avantage avec un visage expressif c'est que je peux aisément jouer la comédie. Sur commande je laisse mes yeux s'embuer de larmes qui ne couleront jamais. Je ne pleure jamais. Je me prosterne devant ma soeur comme si c'était une Sainte. 

"Oh ma bonne Dame Oh vous êtes ma sauveuse! Je vous prie de chérir mon enfant. Je ne peux point le garder. Vous ne vous rendez pas compte? Nous avons les yeux bleus de génération en génération et il a les yeux marrons!"

Ne pouvant résister plus longtemps je me laisse tomber sur les fesses et est prise d'une crise de fou rire. Incapable de m'arrêter. Tellement risible. Tellement ridicule. Je plaignais le pauvre gosse. Une crampe dans mon estomac me fait me plier en deux. C'est méchant, méprisable de se moquer du malheur des autres mais ça fait tellement du bien. Avouez, il ne fallait pas être crédible pour abandonner son enfant pour ça...si? Le dossier était tombé à terre et réussissant à me calmer je me relevais en le reprenant et replace quelques mèches rebelles de mon visage. Ca faisait tellement du bien. Même si cela désolait Lem de me voir rire du malheur des autres, elle ne pouvait pas nier qu'elle aimait que je rigole. C'était si rare quand je le faisais de bon coeur. Alors elle serait prête à n'importe quel sacrifice pour me voir rire j'en suis sûre. Je vais replacer le dossier et me tourne vers ma jumelle un sourire moqueur au bord des lèvres. 

"Ils nous ont peut-être lâché aussi parce qu'ils avaient des jumeaux garçons de générations en générations et que nous sommes arrivées non pas tels deux gros choux verts mais comme deux belles roses rouges?"

Je tapote l'épaule de ma soeur. Détrompez-vous nous comparer à des belles roses rouges n'était pas de la gentillesse. Juste la réalité. Autre hypothèse susceptible d'être entendue. Qu'est-ce que je m'en foutais d'ailleurs des hypothèses hein? Je voulais juste les preuves. Les preuves que nos géniteurs étaient des merdes, étaient des monstres. Je repris mon travail en grognant. Je trouvais rien et ça me saoulait. Pas besoin d'être un génie pour voir que ma soeur ne s'en sortait pas non plus. Toujours un nom. Toujours un seul. Je commence à perdre patience, tape du pied, fronce les sourcils et grogne tout bas. Lem doit se dire que je vais bientôt craquer. Elle a pas tord, je sens le feu monter dans mon ventre, faire frémir mes tempes, brûler ma gorge et faire flamboyer mes yeux. Au bout d'une vingtaine d'autre dossiers, je les balance à terre et me retourne, furibonde. 

"Ca sert à rien! Ca sert foutrement à rien!"

Je me détourne de ma soeur énervée. Je sens mes joues si blanches essayer de rougir malgré leur nature. On est là à se soumettre à des monstres qui nous ont jeté comme des déchets et je devrais rester calme? Calme? Hors de questions! Qu'ils crèvent! Qu'ils crèvent tous! Je suis blessée de l'intérieur et même si je m'efforce de le cacher ça me blesse. Je veux pas être blessé. Personne ne peux me blesser. Personne ne peux me détruire. Personne. 

 " Ils ont pas voulu de nous, on est jamais allé dans cet orphelinat de merde! Ils ont juste voulu nous couler! Faut pas se faire de fausses joies! Ils nous aimaient pas. Ils nous ont jamais aimé! Faut pas croire qu'on va..."


Je laisse ma phrase en suspens. Quelque chose à attiré mon attention. Dans le genre bipolaire je dois être une des meilleures. Peut-être encore une conséquence de ma folie. Je regarde le coin sombre dans la pièce. Comme hypnotisée, guidée par quelque chose, par une curiosité d'enfant que je cherche désespérément de cacher depuis des années. Je m'approche du coin et découvre une porte fermée à clé. Une clé. Une pauvre, une maigre clé. Comme si ça pourrait m'arrêter. Si cette pièce était fermée à clé c'est qu'il devait y avoir des choses de spéciales à l'intérieur. Trop spéciales pour la laisser à la vue de tous. La colère a disparu de ma voix, mais pas de mes yeux. Je me tourne vers ma jumelle. Un sourire sadique effleure le dessin de mes lèvres. Elle sait ce que je veux faire. Elle le sait et même si elle ne le voudra peut-être pas, elle ne pourra pas m'en empêcher. On ne me refuse rien. Je fais ce que je veux. 


"Tu sais ce qui est bien soeurette? Si les réponses ne viennent pas à nous alors c'est nous qui iront à elles"

Si cette mission tiens à coeur à Lem alors je ferais tout pour la réussir. Quitte à faire des folies. Quittes à aller dans des endroit où je ne suis pas autorisée à pénétrer. Pour Lem je ferais n'importe quoi. Pour elle.

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MessageSujet: Re: Lots of things are mysteries. But that doesn't mean there isn't an answer to them.   Sam 19 Aoû 2017 - 11:49

O r i g i n e sFt. Mel

“It's enough for me to be sure that you and I exist at this moment.”
✯ Gabriel García Márquez.
Pas vraiment rassurée par le regard de Mel et toute la rage qu’elle semble vouloir faire exploser à la gueule du premier venu, j’attends sa réponse sagement. Elle doit être satisfaite du départ de la vieille vampyre, qu’elle n’arrête pas de foudroyer du regard comme une brrraaa folle, c’est limite si de la fumée de lui sort pas des narines. Parfois, j’ai l’impression que Mel est plus proche de l’état d’animal que de celui de vampyr. Elle sait se tenir, mais pas longtemps, et si quelque chose lui déplaît, elle a tendance à vouloir trancher la gorge de tout ce qui lui passe à portée de main. Lui inculquer les notions de meutre, prison et de loi n’a pas été facile avec elle. Cependant, même après le départ de dame Peregrine, ses yeux continuent de flamber d’une lueur mauvaise. Je prie pour qu’elle ne pète pas un câble et fasse tout cramer ici. Je salue d’un sourire satisfait sa décision de m’aider à la tâche. Faut dire qu’elle a du mal à me refuser les choses, et vice-versa. On n’est pas née à deux pour se tourner le dos, au contraire. Et puis personne d’autre que nous même pouvons respectivement nous supporter. Bon, un peu plus Mel et ses conneries, j’avoue.

Avec un sourire narquois, j’ajoute, alors qu’elle se pose dans un coin :

    — Maintenant pas bouger, Mel.

Sa réaction ne se fait pas attendre, la pire chose que l’on peut lui faire, ce qu’elle supporte le moins, c’est qu’on la rabaisse, parce que cela atteint sa fierté. Je lui renvoie un regard rieur, ravie de pouvoir punir son manque de manière face à la vieille vampyre. Si cette dernière n’a pas compris que Mel voulait la tuer, c’est qu’elle a besoin de lunettes, et encore : même un aveugle pourrait sentir toute l’aura de rage et de haine que ma sœur dégage. Et puis, au-delà de la punition, j’aime taquiner Mel, et encore plus lorsqu’elle est à bout, parce que ses réactions pour se maitriser sont tordantes. Elle souffle bruyamment et grogne, comme à son habitude.

Pourtant, nous nous plongeons toutes les deux dans notre recherche impossible, dans cette pièce sombre qui sent le renfermé et la poussière. Du coin de l’œil, j’aperçois de petits insectes, que j’ignore comme je peux. Je sens que la poussière m’enserre la gorge petit à petit, comme si des mains invisibles resserraient au fur et à mesure leur pression sur ma nuque. Je respire par à-coups, ne voulant pas inquiéter Mel et surtout ne pas faire une autre crise. J’hésite à sortir respirer dehors, mais ce serait avouer que quelque chose ne va pas. Alors je reste dans mon coin, toussotant de temps à autre.

Toutefois, c’était sans compter sur le génie de Mel, qui me sort l’hypothèse de l’année en observant la tonne de papiers nécessaires à l’abandon d’un enfant dans cet orphelinat. Face à une telle bêtise, mon visage, d’abord de marbre, ne tarde pas en se fendre en un véritable sourire. Puis en rire. Elle me tue avec ses idées à deux balles elle.

    — T’as mordu un clown toi au petit dej’ ou quoi ?

Je me tords de rire, peut-être parce plus parce que ça fait longtemps qu’à cause du comique de son idée. Elle a l’air un peu vexée de ma réaction, ayant visiblement réfléchi longtemps à une telle hypothèse. N’importe quoi. Sa moue m’achève totalement, et mon rire, que j’avais parvenu à retenir repris de plus belle.

    — T’es un génie Mel !

Seulement, c’était sans compter sur les contrecoups d’une telle crise de fou rire. Rapidement, les toussotements prennent le dessus sur le rire, la faute à la poussière sûrement. C’est encore une fois violent. La pièce a beau être grande, une épaisse couche de poussière recouvre les étagères et les livres. Je tombai à genoux, avec l’impression d’être étranglée. Ma gorge me brûle tant que des larmes me montent aux yeux. Je regarde Mel, encore une fois dépassée par les évènements. Je sais qu’au fond, elle a peur que je crève à cause de ma faible constitution, elle me dit que je suis forte, mais c’est bien la seule qui s’inquiète vraiment pour moi. Je me relève sur mes jambes tremblantes, et me dirige vers la porte, toute seule. La quinte de toux refuse de s’arrêter, j’ai l’impression d’avancer sur un bout de bois, et de faillir tomber à tout moment. La porte me résiste, mais je parviens à l’ouvrir et à m’engouffrer à l’extérieur.

Je m’effondre sur les marches à l’extérieur de la salle des archives, et sent avec soulagement de l’air frais sur mon front en sueur. Je crachote encore un peu, et attend patiemment la fin de la crise. Je n’ose pas remonter et passer dans cet état devant les enfants et la vieille. Je ne veux pas qu’on me voie comme ça. Je me recroqueville en position fœtale, jusqu’à ce que mon souffle reprenne un rythme normal. J’incante alors de sorte à faire apparaître un masque filtrant l’air, de sorte à ne pas respirer la poussière.

Je me redresse sur mes jambes encore tremblantes après le choc, et retourne dans la salle poussiéreuse. Je n’ose pas regarder Mel. Elle sait que j’ai honte de cette faiblesse mortelle. Elle s’inquiète, mais je lui fais comprendre d’un regard que ça va, et ajoute :

    — Tu vois, tu me tues de rire, avec tes blagues.

Je reprends la recherche avec elle, comme si de rien n’était. Je sais qu’elle voudrait me gueuler dessus que c’est de ma faute, à venir m’enfermer ici pour des gens à qui l’on ne doit rien. Qu’on devrait tout laisser en plan et se tailler. Mais elle sait que je suis têtue et que je n’abandonnerai pas cette quête. Même s’il semblerait qu’elle soit vaine.

J’espère que Mel ne me boudera pas, du coup. Elle reste plongée dans les dossiers, et je fais de même, sans me laisser perturber par ses ricanements intempestifs face aux histoires morbides que l’on peut trouver dans la montagne de dossiers. Mais elle sait comme moi que la nôtre est quand même pire. Eux ont été abandonnés, placés dans un endroit où l’on a pris soin d’eux, alors que nous, on nous a jeté à la flotte comme des déchets (non je suis contre la pollution des eaux ne vous emballez pas). Je me sens un peu mal de lire leurs histoires comme ça, alors que cela ne me regarde pas, c’est comme s’introduire dans la vie d’inconnus. J’évite de regarder en détail, par respect pour leur vie privée, mais ce n’est pas le cas de Mel, visiblement, qui cherche à obtenir au moins quelque chose de cette recherche, vu les rires étouffés que j’entends.

Puis c’est elle qui se précipite vers moi. Je la regarde avec effroi, imaginant le pire (parce qu’avec Mel on n’est jamais préparé à ce qu’elle peut faire, même après toute une vie commune). Mais, finalement, elle se contente de se jeter à genoux devant moi, un livre dans les bras. Je la regarde avec scepticisme : se prenait-elle pour une prophétesse détentrice d’un nouveau livre divin ? Un sourcil suspicieux se lève sur mon visage pour saluer sa future connerie. Loin de se vouloir instigatrice d’un nouveau culte, elle prend une moue si triste que j’aurais pu y croire. Si je ne la connaissais pas. Elle ne pleure jamais, bien trop fière, et forte, ou bête, pour cela. Mais c’est une grande comédienne quand elle a quelque chose en tête, il fallait lui reconnaître cela. L’hypothèse du culte revient à la charge en moi-même alors qu’elle se prosterne devant moi. Je commence à trouver tout cela particulièrement risible, à tel point que j’hésite à prendre une photo. Mais je ne veux pas mourir, donc je me résous à attendre que la belle brune me fasse part de son idée tordue. Il fallait reconnaître qu’elle était douée pour la comédie. Elle obtient tout ce qu’elle veut quand elle le veut, bien mieux que moi.

La voilà qui se met à s’exclamer d’un ton tragique que je suis sa sauveuse, une « bonne dame », allons bon, qu’est-ce qui lui prend cette fois ? Je pouffe dans mon masque dès la première phrase, mais la suite m’achève. What the fuck ? comme disent les terriens. Je meurs de rire devant son interprétation, et surtout devant l’imbécilité de cette histoire. Un gosse a été abandonné pour ça ? Mel se fend la poire par terre. J’en suis sidérée mais cela alimente encore mon rire.

    — A mon avis le facteur est passé par là si tu vois ce que je veux dire, dis-je pour renchérir.

Je sais ce qui fait du bien à ma sœur : le malheur des autres, elle s’en repais comme un démon, admire leurs craintes et cherche à provoquer ce malheur. C’est terrible, mais elle est tellement mieux quand elle rit, et c’est si rare. Toute trace de noirceur semble avoir quitté son visage soucieux. Le hic, c’est que ma maladie ne se décide pas à me lâcher une minute, si bien qu’avec cette crise de fou rire, je me remets à cracher mes poumons. J’ôte mon masque pour mieux tousser.

    — Tu cherches à m’achever, avec ton humour douteux, là ? parviens-je à articuler.

Mel se redresse et remet sa tignasse en place. Elle garde son sourire, et je lui renvoie. Puis, elle émet une autre hypothèse, toujours aussi étrange. Les jumeaux sont peut être rares, ou portaient malheur chez les vampyrs, je n’en ai aucune idée. Je grimaçai en reprenant mon souffle, alors qu’elle nous comparait à des roses. Des roses, comme nous : belles mais piquantes, dures à approcher, et qui ne s’ouvrent pas tout le temps.

    — M’ouai, ou alors ils ont eu peur de ta tête.

Je lui adresse une grimace rieuse, dans la mesure où on a la même bouille depuis la naissance. J’écarte une mèche de cheveux framboise de mon visage et me replonge dans mes recherches. J’entends Mel rechigner à la tâche. Bien sûr que c’était long et laborieux. Le problème c’était que ma sœur n’était pas réputée pour sa patience. Elle tape du pied en grognant, ce qui n’augure rien de bon en général. Le volcan ne tarde pas à exploser : elle balance les dossiers à terre et m’engueule à propos de la vanité de nos recherches. Je l’ai perdue, elle ne va pas tarder à laisser ses émotions prendre le dessus, et à cramer cet endroit. Son instinct animal revenait à la charge. Oui, ils ne nous aimaient pas, oui, ils ne voulaient pas de nous. Mais il y a peut-être une raison à ça. Je grimace face au déferlement violent de rage. Je vois ses yeux flamber d’une lueur malsaine. Au fond, je pense qu’elle a peur de trouver les réponses à nos questions. Qu’elle préfère rester dans le confort de l’ignorance.

Mais elle se fige, laissant sa phrase en suspens. Je regarde l’endroit qu’elle fixe. Une porte, verrouillée. Je soupire avec exaspération. Elle va me tuer à l’usure. Mais une nouvelle flamme brille dans ses yeux, celle d’une volonté nouvelle. Je me prépare au pire, alors qu’elle m’annonce qu’elle va forcer les réponses à venir à nous.

    — Ça y est ? Tu as fini de péter un plomb pour rien ? Tsss, t’es pas possible même moi j’ai du mal à te suivre.

Je siffle entre me dents, mais je suis contente qu’elle revienne sur sa décision de tout foutre en l’air pour continuer à m’aider, quoi que ses méthodes sont douteuses.

    — Tu sais, les portes verrouillées sont faites pour rester fermées, en général.

Mais son sourire malicieux n’augure rien de bon, et avec un soupire las, je prends les devants en posant une main apaisante sur son bras. Je m’accroupis devant la porte et utilise ma magie pour la déverrouiller. Mieux vaut ça qu’une solution à la Mel : violente et bruyante. Le cadenas et la chaine tombent à terre au bout d’un certain temps, et je loue les cieux pour m’avoir doté de magie pour compenser mes aptitudes physiques minables.

Mais elle a raison : les recherches que nous effectuions depuis un bon moment déjà ne servaient foutrement à rien, elle avait le mérite de le reconnaître, tandis que je me voile la face.

La porte s’ouvre avec un grincement affreux, libérant au passage une montagne de poussière. Je laisse Mel passer devant, vu que c’est son instinct qui l’a guidée, et que je ne veux pas mourir dans cette cave sombre.
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